(Chère) Université d’été au CNBDI du 10 au 13 juillet 2006

5 juillet 2006 6 commentaires

Le Centre national de la bande dessinée et de l’image organise sa première « Université d’été de la bande dessinée ». Le thème ? La bande dessinée : bien ou mal culturel ? (sic)

« Au moment où de nombreux débats témoignent de la vitalité de la bande dessinée comme moyen d’expression artistique, dit le communiqué de presse, ces quatre jours d’échanges permettront d’ouvrir des pistes de réflexion critique. Il sera question du statut culturel de la bande dessinée, à travers une série de conférences, de communications, de tables rondes et débats, en présence d’auteurs de bande dessinée, d’éditeurs, d’historiens, d’universitaires, d’enseignants, de critiques, de journalistes. »

Au menu, si j’ose dire :

(Chère) Université d'été au CNBDI du 10 au 13 juillet 2006 Un bilan historique de la BD à 1830 à 1970 par Harry Morgan.
- Un point sur la situation actuelle de la BD avec Antonio Altarriba, Paul Gravett, Benoît Mouchart, un débat animé par Jean-Philippe Martin.
- Une conférence sur « les pratiques culturelles » par Gilles Ciment.
- Une conférence sur « l’enseignement par la bande dessinée » par Didier Quellat-Guyot du CRDP de Poitiers.
- Une intervention sur « l’enseignement de la bande dessinée » par Gérald Gorridge.
- Une présentation du master de bande dessinée de l’Ecole Européenne Supérieure de l’Image par Thierry Smolderen.
- Une intervention par « la situation de l’édition » par Guillaume Husson.
- Une intervention d’Yvan Delporte sur « l’évolution du statut de l’auteur ».
- Une table ronde entre auteurs et éditeurs avec Jean-Luc Fromental,Corinne Bertrand, Philippe Osterman, Jean-Louis Gauthey, Edmond Baudoin, , Johanna Schipper, Fabrice Neaud, animée par Jean-Pierre Mercier.
- Une table ronde sur « La place de la bande dessinée dans les médias » avec Olivier Delcroix, Jean-Christophe Ogier et Thierry Bellefroid.
- Une intervention de Jean-François Hersent intitulée « Quels lecteurs pour la BD aujourd’hui ? »
- Une Visite du CNBDI : musée, bibliothèque, expositions, librairie, centre de documentation, archives, réserves.
- Une Visite de la Maison des Auteurs suivie d’un apéritif.
- Une conférence de Thierry Groensteen sur « l’Histoire et situation de la critique » .

Plusieurs de ces manifestations qui se tiennent sur trois jours feront l’objet d’un reportage dessiné par Oliver Bramanti et Tanitoc ; la publication des actes de ces journées est également prévue.

Trois remarques :

1. Que le Centre National de la Bande Dessinée et de l’Image se pose encore la question de savoir si la BD est « un bien ou un mal culturel » nous semble un peu pathétique, quarante ans après qu’Evelyne Sullerot en ait fait une « antichambre de la culture ». Décidément, à Angoulême, les processus de réflexion sont un peu tordus.

2. Qu’un monsieur comme Harry Morgan, dont nous avons exprimé dans nos colonnes toutes les réserves que nous inspirent ses travaux, soit le rapporteur de l’opération nous inquiète grandement sur la vision de la bande dessinée qui va sortir de ce colloque.

3. Le communiqué ne précise pas une chose importante : c’est que la participation à cette université d’été coûte entre 400 et 600 euros, selon le statut du participant ou les modalités de l’hébergement. D’accord, cela a lieu au château de la Pouyade à Saint-Yrieix sur Charente, un cadre bucolique, surtout en été. Mais je vois mal les amateurs de BD lambda payer ce prix si, par extraordinaire, les sujets traités méritaient le déplacement.

En ce qui nous concerne, nous attendrons sagement que les actes du colloque soient publiés.

DP

RENSEIGNEMENTS : Catherine Bourgouin
Tel : 05 45 38 65 52
Courriel : cbourgouin@cnbdi.fr
LE SITE DE L’EVENEMENT.

En médaillon : Le château de la Pouyade à Saint-Yrieix sur Charente. photo : CNBDI/DR

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

 
Participez à la discussion
6 Messages :
  • Le CNBDI garde toujours pour mission de réfléchir sur l’actualité et le devenir de la BD : la question n’est pas de savoir si la bd est en "pleine vitalité ou pas" puisque l’on sait qu’elle s’impose partout directement ou indirectement(expos, campgnes de pub, cinéma...sauf là où elle devrait puisque la télévision publique n’en parle JAMAIS ou presque et que les grands auteurs actuels sont inconnus du grand public. La véritable question est donc de savoir à quel degré la bande dessinée fait-elle encore partie en tant que telle de la sphère culturelle, alors que l’ado de 2006 se dirigera plutôt vers le jeu vidéo (évolution naturelle de la bd et du cinéma, soit les deux arts majeurs développés lors du siècle passé). De tel stage coûte cher et ce n’est guère une surprise mais vaut-il mieux payé 400 euros pour 3 ou 4 jours avec des intervenants renommés (même si "poil à gratter" pour certains) ou débourser 1000 euros pour 90 minutes de finale de foot ??? Quant on aura ajouté en plus que (DE SOURCES SURES), le 1er inscrit à ce stage n’est autre que...Lewis Trondheim en personne (!!!!!) on y réfléchira à deux fois avant de critiquer.
    Et je précise que je ne travaille pas au CNBDI ni ne fait partie des intimes des intervenants.

    Répondre à ce message

    • Répondu par Jean-Paul Gabilliet le 9 juillet 2006 à  12:01 :

      Lewis Trondheim est peut-être le 1er "inscrit" mais a-t-il déboursé 400 euros de sa poche, sans remboursement à la clé ni dispense de droits d’inscription ? Les sources "sûres" connaissent-elles ce détail là ?
      Plus sérieusement, d’autres "sources sûres" (des libraires en contact avec les bibliothèques) signalent que c’est la débandade au niveau du public des bibliothécaires, qui auraient été intéressés au premier chef par une telle manifestation. Mais, et c’était hélas assez prévisible, la plupart des municipalités et organismes finançant les bibliothèques se refusent à payer 600 euros (droits d’inscription + logement), somme considérée comme excessive, pour y envoyer leurs bibliothécaires. Je crains que le déficit de cette université d’été ne devienne aussi mémorable (sinon plus) que certaines des interventions qui s’y dérouleront.

      Répondre à ce message

      • Répondu par Augustin le 17 juillet 2006 à  16:04 :

        J’y étais et c’était très bien. Cela n’avait pas pour vocation d’être "grand public" et le titre était une provocation volontaire.

        Harry Morgan reste un excellent intervenant.

        Quant au prix, un peu excessif, sans doute, mais je n’ai rien payé. Ha ha.

        Répondre à ce message

      • Répondu par jm compte directeur du CNBDI le 21 juillet 2006 à  19:21 :

        Oui, je l’atteste, Lewis Trondheim a bien acquitté ses droits d’inscriptions. Pourquoi proférez-vous de telles insinuations ?
        Quant aux nombre de participants, vous devez savoir mieux que quiconque qu’il a moins d’importance, dans ce type de rencontre, que la qualité des débats et la pertinence des interventions. La trentaine de participants, réunis du 10 au 13 juillet, ont eu de quoi se réjouir, même si tout n’a pas été absolument parfait.
        Je ne comprends pas l’attitude qui consiste à fusiller par avance une initiative qui n’a pas ou plus d’équivalent, et à dénigrer ce qu’il est dans les missions du CNBDI d’organiser, pour faire avancer un tant soit peu les réflexions sur le présent et le devenir de la bande dessinée.
        Quoi qu’il en soit, tout s’est bien passé. Merci.
        J’espère que vous serez des nôtres l’été prochain. Sans rancune.

        Répondre à ce message

  • Pathétique en effet ! Une petite réunion de "théoriciens",parmis les plus beaux parasites de la BD, et quelques gogos qui à l’issue de cette fumisterie se sentiront plus léger de quelques centaines d’euros. Allez plutôt acheter des albums avec cet argent ! La Bd se trouve dans les librairies pas dans des colloques aussi inutiles qu’imbéciles.

    Répondre à ce message

    • Répondu par icecool le 6 juillet 2006 à  10:40 :

      "Parasites" ??? "Fumisterie" ??? "Colloque inutile" ??? Voila toute l’intelligence d’un grand penseur de la bd actuelle...Quelle consternation ! Si au contraire, réfléchir à l’avenir de l’enseignement de la bande dessinée ou à sa critique sur des thématiques précises avec des intervenants reconnus (quand même Ciment, Smolderen, Groensteen, Mercier, Quellat Guyot...) peut être formateur et enrichissant, pourquoi s’en priver ?
      Et dire que cette année je ne peux pas aller à ce stage pour des raisons de planning personnel..

      Répondre à ce message