De grands noms pour la préquelle de Watchmen

10 décembre 2011 8 commentaires Comics
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De grands noms pour la préquelle de Watchmen
(C) DC Comics/Dave Gibbons

Vous n’êtes pas sans savoir que la série Watchmen d’Alan Moore & Dave Gibbons va se voir dotée d’une mini-série de quatre numéros retraçant les origines des Vigilantes.

Joe et Andy Kubert travailleront sur les origines de Nite Owl. Kubert père et fils travailleront sur une histoire d’héritage.

Darwyn Cooke et JG Jones, quant à eux, seront en charge de retracer les origines du Comédien, que l’on aperçoit uniquement dans des flash-backs dans la série originale.

Cette annonce a fait grand bruit auprès des fans qui s’entredéchirent entre conservateurs hostiles et adeptes de ces développements, les uns considérant que l’œuvre de Moore est "parfaite" et doit restée inchangée, les autres, au vu des stars présentes sur la série et comprenant bien que DC possède les droits des anciens héros de Charlton Comics, voulant voir ce qu’il en adviendra.

AB

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8 Messages :
  • Pas Charleston Comics
    10 décembre 2011 14:32, par Michel Dartay (ZOO le mag)

    mais Charlton Comics

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  • De grands noms pour la préquelle de Watchmen. Oui, et alors ?
    12 décembre 2011 01:39, par Jean-Paul Jennequin

    D’abord, une remarque au sujet de la phrase "comprenant bien que DC possède les droits des anciens héros de Charlton"…

    Les personnages de Watchmen sont des créations originales inspirées des héros Charlton, dont DC a bel et bien les droits, et ne se prive pas pour les exploiter depuis plus de vingt ans. Il y a eu, ou il y a encore des comic books avec Captain Atom (inspiration du Dr Manhattan), Blue Beetle (inspiration de Nite Owl), the Question (inspiration de Rohrschach)…

    Il n’y a donc pas de réel rapport entre la volonté de DC de relancer ce qu’elle perçoit comme une licence (et non pas comme une œuvre) et une autre licence qu’elle exploite déjà depuis longtemps.

    D’autre part, nul n’est besoin d’être "conservateur" pour estimer que donner une "suite" ou une "pré-suite" à une œuvre contre la volonté de son créateur (Alan Moore) n’est, à tout le moins, pas faire preuve de beaucoup de respect vis-à-vis de lui. Pas besoin non plus de considérer que l’œuvre est "parfaite". Ce n’est d’ailleurs même pas une question de point de vue. Elle l’est, effectivement, de la même manière que n’importe quelle œuvre menée à bien par ses créateurs au plus près de ce qu’ils avaient conçu au départ est parfaite. La "pré-suite" de "Watchmen" ne fera pas partie de "Watchmen", ce sera un appendice, une variation, un apocryphe, tout ce qu’on voudra mais en aucun cas quelque chose qui modifierait, enrichirait, voire amoindrirait "Watchmen". Alors quel intérêt ?

    Imaginez que moi ou n’importe qui d’autre décide de reprendre les personnages de "Guerre et Paix", ou de "Madame Bovary", et de leur inventer des aventures qui se situeraient avant l’histoire principale, ou dans les intervalles laissés libres par l’intrigue. Cela paraîtrait sans doute prétentieux et un peu vain. À quoi bon prétendre compléter ou développer une œuvre qui se suffit à elle-même et n’a certainement pas besoin de moi pour exister ?
    La différence, pour "Watchmen", c’est que l’œuvre n’est pas dans le domaine public et que sa maison d’édition possède, outre le droit de l’éditer, celui d’en exploiter les personnages sous d’autres formes sans demander l’avis de personne, à commencer par leurs créateurs. Un peu comme si l’éditeur de la "Recherche du Temps perdu" avait eu le droit de lancer des spin-offs mettant en vedette Albertine, Odette Swann ou le Baron de Charlus. Tiens, voilà une idée ! Raconter le premier amour du Baron de Charlus ! On appellerait ça "Un Amour de Charlus" et on demanderait à un écrivain à la mode de l’écrire.

    Un peu ridicule, non ? Comme si "la Recherche" avait besoin de ce genre de stratagème pour relancer ses ventes, pour que de nouveaux lecteurs viennent, encore et toujours, la découvrir. Le fait que DC ne considère pas "Watchmen" comme ce genre d’œuvre est regrettable. Ce n’est pas là l’attitude d’un éditeur, qui exploite et développe un catalogue d’œuvres développées par des auteurs, c’est celle d’un exploitant de licence, qui exploite des "properties". Actuellement, DC met toute son énergie dans la perpétuation de licences souvent très anciennes (Superman, Batman…) mais délaisse complètement tout ce qui pourrait ressembler à des œuvres d’auteur.

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    • Répondu par la plume occulte le 12 décembre 2011 à  22:02 :

      Les comics sont une industrie ...Certains -Stan lee le premier -n’ont jamais considéré ça autrement que comme un business !Heureusement bien des artistes s’en sont accommodés avec talent(s).Voire plus......

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      • Répondu par Alex le 13 décembre 2011 à  00:18 :

        Les comics sont une industrie ...

        Et le marché de l’art est un marché- pour me citer. 2 poids 2 mesures donc ?. Les artistes ne s’en accomodent pas mais survivent- avec la qualité des oeuvres que l’on peut prévoir dans ces circonstances. Vous préférez le status-quo quand cela vous arrange. Vos interventions ne font aucun sens.

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      • Répondu par Jean-Paul Jennequin le 13 décembre 2011 à  12:02 :

        Je suppose que lorsque vous utilisez le terme "comics", vous le faites dans le sens réducteur de "BD de super-héros". Qu’on appelle cela "industrie", "business" ou autre, il ne reste pas moins vrai que publier de la bande dessinée, c’est faire de l’édition (et se trouver en concurrence avec d’autres éditeurs). Je ne pense pas que ce soit une très bonne politique, à long terme, de se concentrer sur l’exploitation perpétuelle des mêmes séries et des mêmes personnages tout en négligeant l’apport de sang neuf.

        Les conditions de travail au sein de l’édition de comic books mainstream ont changé depuis l’époque de Siegel et Shuster, en grande partie parce que dans les années 1970-80, pas mal d’auteurs ne s’en accommodaient plus, justement, de ces conditions, et allaient voir ailleurs que chez Marvel et DC. La réaction des deux grands à l’époque a été plutôt saine : accorder davantage de droits aux auteurs sur leurs créations. Mais la démarche n’a pas été jusqu’à développer, au sein de Marvel et DC, des secteurs consacrés à la publication d’œuvres d’auteur, ou plutôt, pas de manière durable et soutenue.

        Pour prendre l’exemple de DC, la maison d’édition a développé dans les années 1990 au sein de son groupe un label d’édition de romans graphiques, Paradox Press, qui a quand même édité "The Road to Perdition" (dont on a tiré un film) et "Un Monde de différence", deux romans graphiques qui se vendent encore aujourd’hui sans que l’on ait besoin de relancer périodiquement la machine à coups de "pré-suite", de "suites" ou de "relaunch". On peut comparer cela, toutes proportions gardées, à la collection Aire Libre de Dupuis, qui n’empêche pas la publication de séries jeunesse et tous publics. Mais DC n’a pas persisté dans cette voie du roman graphique et ses derniers efforts dans ce domaine (la série de polars en BD "Vertigo Noir") sont passés plutôt inaperçus.

        Les frontières du mainstream et de la "BD d’auteur" ne sont pas infranchissables, bien au contraire. Réécrivons l’histoire : si DC ne s’était pas aliéné Alan Moore, qu’est-ce qui l’aurait empêché de devenir l’éditeur de "From Hell" ? Et de rester celui de la "League of Extraordinary Gentlemen" ?Est-ce que cela ne serait pas autrement plus profitable que de faire travailler des auteurs de talent à un sous-produit qui se vendra au mieux à quelques dizaines de milliers d’exemplaires.

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        • Répondu le 14 décembre 2011 à  20:05 :

          Quand je parle de comics,je parle de la BD anglo saxonne au sens large,avec la coloration et les particularités qui en font la singularité.La saveur même.Pour le reste,on dit que les américains font une industrie de tout ce qu’ils touchent...On peut aussi y voir une notion de grand professionnalisme !

          Pour les super héros,ce sont leur mythologie à eux(on a dit de Stan Lee qu’il était le Homère du 20 ième siècle),la perception qu’ils en ont n’est pas la même que la notre.

          Quant au fait de concentrer la création sur ces derniers,croyez bien que les acteurs du milieu le déplorent.Ils regrettent vraiment l’époque où l’offre était plus diversifiée.Dans tout les genres.Mais malgré les tentatives,ça "n’accroche"pas.Mais ils essaient pourtant vraiment ,encore et toujours,sachez-le.

          Il y a aussi une politique d’aide à la création originale qui peut prendre divers aspects,sans que l’on sache toujours que ce sont les deux "big two"qui sont derrière,en accompagnement en recherche,tant ils ont conscience du risque de calcification.Et ils veulent (DC et Marvel)être présent dans toutes les niches créatives,avec leur force de frappe financière,pour contrôler la concurrence.Et surtout que la prochaine star qui vend leur échappe....

          On peut voir ça comme la face vertueuse de l’industrialisation.

          Enfin sachez -le ;là comme ailleurs ,les acteurs de ce milieux sont des passionnés.Donc...

          Après,qui dit industrialisation dit commerce ,et donc:markéting...La préquelle de Watchmen fait partie des effets d’annonces régulièrement utilisés.Rappelez-vous The Dark Knight Returns 2 Strikes Again de Miller.C’est comme ça....

          Oui les frontières du mainstream ne sont pas infranchissables et ne l’ont jamais été !Pour le reste,faîtes confiance aux artistes.Le talent ne se laisse pas faire.

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