Décès de Claude Guillot, vaillant timonier du Collectionneur de bande dessinée

31 octobre 2020 3 commentaires

DISPARITION. « Tout a une fin » écrivait Claude Guillot dans le dernier numéro du Collectionneur de bande dessinée qui, anticipant un déclin éventuel de la revue, l’arrêta au numéro 114 (le nombre de sourates du Coran, souligne Dominique Petitfaux, son complice) en octobre 2008. Ce pilier du Collectionneur vient de s’éteindre, touché par la Covid-19, hier le 30 octobre 2020 à son domicile de Rennes, à l’âge de 91 ans.

« C’était un extraordinaire savant dans tout ce qui concernait la culture populaire : la bande dessinée, le roman-feuilleton, la chanson, le jazz, le cinéma…, nous dit l’historien de la bande dessinée Dominique Petitfaux, collaborateur du Collectionneur et de l’Encyclopedia Universalis . Une culture d’autodidacte que le monde universitaire a longtemps eu du mal à reconnaître. »

Il était né le 21 mai 1929 à Paris et cumulait ses passions et ses collections avec une activité de fonctionnaire délivrant des permis de construire au Ministère de l’équipement. Il avait rencontré Michel Bera à la librairie Dupuis en 1977. Il lui annonçait qu’il allait créer un fanzine intitulé «  Le Collectionneur de bande dessinée. » Claude Guillot ne mit pas longtemps à rejoindre cet amateur de BD passionné qui imprimait son fanzine sur la photocopieuse de l’École normale avec son ami Olivier Grimprel. Il les rejoint en compagnie de l’équipe de L’Oeil à roulettes composée par Philippe Mellot et Michel Denni. Bera, Denni, Mellot sont le B, le D et le M du BDM, le célèbre guide-argus de la BD dont le nouvel opus sort ces prochains jours aux éditions Les Arènes.

Décès de Claude Guillot, vaillant timonier du Collectionneur de bande dessinée
Claude Guillot (devant), avec Jacques Bisceglia et Dominique Petitfaux.
Photo : D. Pasamonik (L’Agence BD)

Guillot transforma leur feuille dédiée à la collection en une véritable revue d’étude sur la bande dessinée. Tous les érudits de la bande dessinée des années 1980-1990 y contribuèrent : Dominique Petitfaux, Thierry Groensteen, Benoît Peeters, Patrick Gaumer, Michel Angot, Evariste Blanchet, Louis Cance, Jacques Dutrey, Danny Evrard, Jean Fourié, Edouard François, Yves Frémion, Jean-Paul Gabilliet, Thierri Martens, Maurice Patinax, Michel Roland, Gérard Thomassian, Dominique Thura, Jean-Paul Tibéri, pour n’en citer que quelques-uns... jusqu’au signataire de ces lignes...

Il assura pendant plusieurs décennies la rédaction en chef de la revue, de même que la maquette, coordonnant le contenu du journal tandis que Jacques Bisceglia gérait l’impression et les finances et Dominique Petitfaux la correction et le secrétariat de rédaction.

C’est un grand savant de la BD qui nous quitte. La rédaction d’ActuaBD salue ce précurseur magnifique du fandom de la bande dessinée. Nos pensées vont à son épouse Josianne et à ses proches.

DP

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3 Messages :
  • Décès de Claude Guillot, vaillant timonier du Collectionneur de bande dessinée
    1er novembre 12:23, par Evariste Blanchet (Bananas-comix)

    Je signale que 9e Art, la défunte revue dirigée par Thierry Groensteen, a publié dans son numéro 9 (octobre 2003) un entretien avec Claude Guillot (et Louis Cance) sur le thème de la bédéphilie.

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    • Répondu par Dominique PETITFAUX le 1er novembre à  14:55 :

      Merci Didier pour ce bel hommage. Claude Guillot aimait beaucoup ta photo de lui, qui le faisait penser à ses chers Pieds-Nickelés (de gauche à droite, Ribouldingue, Croquignol et Filochard).

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      • Répondu par douvry jean-françois le 24 novembre à  15:33 :

        Je découvre à l’instant cette nouvelle, et je suis bien triste.
        Il m’est arrivé récemment de relire ses éditoriaux du CBD qui faisaient ma joie : son humour mêlé d’érudition n’a pas pris une ride !
        Son amour de la bande dessinée venait de très loin puisqu’il avait été membre du premier Club dans les années 60, même s’il s’intéressait à toutes les littératures populaires, au cinéma, à la chanson, à la poésie.
        Ses lettres sont une mine de souvenirs dont je mesure davantage aujourd’hui le profond intérêt.
        Au revoir, cher Claude.
        Toutes mes pensées émues à ses proches.

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