Décès de Jack Kamen

8 août 2008 9 commentaires Actualité

Jack Kamen, né à Brooklyn, New York, le 29 mai 1920, est décédé mardi 5 août dernier à l’âge de 88 ans.

Il commença une carrière d’illustrateur pour des pulp magazines de Western et de détectives, jusqu’en 1942 où il est appelé dans l’armée.

Après la Seconde Guerre mondiale, il commence à dessiner des comic books pour Fiction House, Iger Associates et occasionnellement pour E.C. Comics avec des histoires de romance. Puis il devient l’un des plus prolifiques artistes de E.C. , dessinant des histoires de crime, d’horreur, d’humour, de suspense et de science fiction… Il était un fréquent contributeur aux titres : « Tales from the Crypt », « The Haunt of Fear », « Shock SuspenStories », « Crime SuspenStories », « Weird Science », « Weird Fantasy », et était réputé pour ses dessins de jolies femmes.

Après les EC comics (qui subirent de plein fouet la censure des années 54-55), Jack Kamen réalise tout le travail de comic book dans le film hommage aux E.C. Comics de Stephen King et George A. Romero : « Creepshow ».

Décès de Jack Kamen

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9 Messages :
  • Décès de Jack Kamen
    8 août 2008 08:53, par Jean Wacquet

    Encore une lourde perte pour les comics US.
    Méconnu, souvent mal considéré, Kamen constituait l’âme des EC.
    Mais qui, de nos jours, se souvient de Graham Ingels ou Johnny Craig ?

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    • Répondu par François Pincemi le 9 août 2008 à  14:20 :

      Exact, Monsieur Wacquet. Dionnet a beaucoup fait avec Xanadu et Fershid Bharucha a édité pas mal de livres sur Jack Davis dans un passé récent. Et vous-même avez tenté de promouvoir ces auteurs du temps de votre librairie chti "Dangereuses Visions". Votre sincérité ne peut être mise en doute.

      Mais puisque vous êtes désormais aux commandes d’un des plus gros éditeurs de BD français, qu’attendez-vous donc pour passer à l’acte ? Il me semble qu’une publication soignée des EC Comics ne ferait pas d’ombre au catalogue Soleil, bien au contraire...

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      • Répondu le 11 août 2008 à  23:07 :

        Vous savez aussi bien que moi que les ventes de ce types de bandes dessinées sont extrêmement modestes. Et donc commercialement risquées. La plupart des collectionneurs achètent d’ailleurs les SUPERBES rééditions en VO qui paraissent actuellement.

        Mais comme vous visiblement, la découverte des EC (dans l’anthologie Williams France) a été un véritable CHOC culturel pour moi.

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        • Répondu par Michel D. le 12 août 2008 à  15:23 :

          c’est bien possible, mais il est aussi anormal que de belles bandes dessinées du passé restent oubliées, alors que les éditeurs français rivalisent de sorties pour occuper le maximum de place en linéaire ou en nombre de titres. Cela passerait encore si c’était un moyen d’exprimer leur créativité. Mais si les vraies idées sont rares, il y a des dizaines de suiveurs de récupérateurs et d’imitateurs à l’écoute. Jusqu’ici, ils se contentaient d’aller à la pêche aux auteurs talentueux découverts par leurs minuscules collègues les éditeurs indépendants. Maintenant, c’est "Tel confrère a une collection qui marche bien, il a du trouver un bon créneau, il y a un public, je vais donc lancer une collection similaire". On parle beaucoup de sur-production en BD. C’est ridicule, il n’y aura jamais assez de bons livres à lire et à acheter. Le problème c’est qu’actuellement sur les centaines de livres qui sortent chaque mois, il y en a en fait beaucoup trop qui se ressemblent et sont juste moyens.

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          • Répondu par François Pincemi le 12 août 2008 à  23:18 :

            et notamment le mix burger-frites-coca qui inoculé à l’age de la tendre enfance peut ensuite devenir une drogue insidieuse, source de nombreux problèmes à l’age adulte (obésité, boulimie, problèmes cardiovasculaires etc). Le gouvernement envisage donc une augmentation de la TVA sur ces produits qui servirait à financer la Sécurité Sociale dans ses remboursements de frais liés à l’obésité, la boulimie, les problèmes cardio vasculaires etc.

            Un peu comme si l’on demandait aux fabricants de sucreries de rembourser le traitement des caries de leurs patients. Dans le même ordre idée, les grosses voitures sont déjà soumises à l’écotaxe.

            Je suggère donc l’instauration d’un système équivalent pour la bande dessinée. Les conditions économiques actuelles ne permettent plus aux petits éditeurs indépendants et aux associations à but non lucratif de publier leurs oeuvres expérimentales, passionnantes mais peu rentables, ou leurs redécouvertes du patrimoine mondial de la BD. Je propose donc l’installation d’une taxe spécifique qui toucherait uniquement les gros tirages des éditeurs de BD(à partir de plus de 50 000 exemplaires vendus pour un album par exemple ; il s’agit déjà d’un bestseller dont tous les frais ont largement été amortis). Les fonds collectés seraient transférés aux petites structures qui pourraient ainsi continuer leur travail qualitatif (à moins que les éditeurs ne bestsellers ne s’engagent sous contrôle d’organisme gouvernementaux à recycler les fonds collectés dans l’édition de belles oeuvres).

            Qu’en pensez vous ? L’idée me semble bonne , je pense la transmettre à mon député et au Ministère de la Culture pour étude approfondie !

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  • Décès de Jack Kamen
    11 août 2008 20:01, par Alex

    Qui se souvient d’Ingels ou Craig ? Moi, par exemple... Mais tous 2 ont fait école : Ingels avec Wrightson et toute une descendance de dessinateurs expressionistes et Craig -ni plus ni moins- comme un précurseur du Pop Art.

    Kamen c’était un dessinateur au trait "vieillot", ou disons plutôt porteur d’une certaine tradition. Et c’est pourquoi il était et est encore à ce jour mon dessinateur favori des E.C ! L’effet était très pervers : un dessin très sage, un peu raide, mis au service de scénarios horrifiques.
    Ces femmes psychopathes aux joues rebondies, ces meurtriers à la chevelure toujours impeccablement gominée... et cet air de furie meutrière dans les yeux ! Seul Kamen était capable de produire cet effet.

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    • Répondu le 11 août 2008 à  23:03 :

      Tout à fait ! On aurait plus vu Kamen uniquement au service de la BD de Romance pure et dure. C’est ce "contre emploi" dans le registre de l’épouvante qui inspirait un malaise certain à la lecture de ses pages.

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    • Répondu par Michel Dartay le 11 août 2008 à  23:23 :

      J’ai trouvé ton post intéressant, donc je te passe le mien en échange.

      Je trouve qu’il y a une similarité certaine avec les comics de Simon and Kirby de cette époque (notamment avec l’effet un peu gras de l’encrage). Regardons ensemble le dessin qui illustre cet article. Il y a un contraste saisissant entre le gangster au couteau (crispé sur lui-même, renfrogné) et la jeune femme insouciante que l’on pourrait croire sortie d’une BD de Frazetta ou de Williamson(insolente et aérienne, le doigt pointé vers le ciel ; hum, pour avoir lu quelques EC Comics je me doute qu’elle n’est pas si innocente qu’elle en a l’air). Peu importe que la mise en page soit bizarre. Effectivement, le gangster n’a pas le recul nécessaire pour être planqué derrière les poubelles, et il ne sort pas non plus du mur. Mais son expression suffit à le rendre inquiétant et à faire deviner ses intentions. Voila. Paix à JK ( initiales similaires à celles d’un autre Maître du comics).

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  • En souvenir de Kamen
    14 août 2008 02:22, par Alex

    Tout à fait d’accord Michel, la comparaison avec Simon et Kirby. Bizarre d’ailleurs (et c’est une idée que je lance comme ça, sans plus de réflexions) que les dessinateurs de "Romance" se soient trouvés si bien utilisés par la suite dans des genres assez inattendus. Simon et Kirby... mais ils étaient très versatiles. Kamen, donc. Et Romita, un bel contre-emploi avec Spiderman pour l’époque aussi.

    Ton analyse de la couverture reproduite ici (Crime Suspenstories 25) rejoint la mienne, Tout est distordu dans ce dessin, effectivement l’assassin au coin du mur semble s’applattir au niveau de la taille. Et la caisse en bois en face de lui est ridiculement petite. Le sol est placé bien trop haut et -mais là c’est moi qui extrapole- la femme pointe son index mais ça aurait pu être aussi son majeur.

    C’est symptomatique que cette couverture, aussi tordue et bizarre qu’elle apparaisse soit une des plus reproduites quand on veut illustrer les E.C. Kamen était un dessinateur qui plaçait chaque élément en vertu de sa force de tension extrême, fi de la réalité, de la perspective. Un dessinateur.

    Pour l’anecdote : j’ai ce numéro des E.C entre les mains. La couverture ne correspond à aucune histoire interne -ce qui est assez rare. Il y a bien dans ce numéro une histoire de Kamen "3 for the money". L’histoire est un Kamen typique, mais au top de sa forme. On ne saurait sous-estimer Bill Gaines dans son choix de scénario et de dessinateur pour l’illustrer. Ce numéro est un véritable chef-d’oeuvre : Kamen donc, mais aussi Reed Crandall avec une histoire d’un sadisme sans bornes, Krigstein -ce maniaque virtuose avec une histoire de...maniaque virtuose. Et G.Evans avec une des b.d les plus tristes et déprimantes que j’ai jamais lu.

    On a du mal croire que tout ça un jour, il y a 50 ans, a existé en vrai...

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