Décès de Pierre Couperie, remarquable pionnier de l’histoire de la bande dessinée

7 janvier 2010 7 commentaires

Nous apprenons incidemment le décès de Pierre Couperie voici quelques jours dans son appartement du cinquième arrondissement de Paris, à l’âge de 79 ans.

Vivant seul et reclus, il aurait été découvert par la police quelques jours après son décès, ses voisins s’alarmant de son absence.

Né à Montauban en 1930, cet historien chef de travaux au Centre de Recherche de l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS), le siège de la « Nouvelle Histoire », était le premier universitaire de haut niveau à avoir étudié la bande dessinée.

Il est surtout connu pour l’exemplaire exposition de 1967 Bande dessinée et Figuration narrative au Musée des Arts décoratifs qu’il entreprit avec Maurice Horn, Claude Moliterni, Proto Destefanis, Edouard François et Gérald Gassiot-Talabot . Elle reste un modèle du genre et constitue, à bien des égards, le point de départ de la reconnaissance de la bande dessinée dans l’histoire culturelle française.

Dès que nous aurons plus d’informations, nous reviendrons sur cette personnalité importante de la bande dessinée francophone.

DP

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7 Messages :
  • Tout cela est effarant ! Quelques mois aprés la disparition de Claude Moliterni, on apprend celle de Pierre Couperie. Le seul survivant de la première encyclopédie de la BD est donc Henri Filippini qui vient d’annoncer sa retraite de chez Glénat !! Ce sont les fondations de la BD qui sont en train de s’effondrer sous nos yeux...

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    • Répondu par LC le 7 janvier 2010 à  20:27 :

      Ca n’a rien d’effarant qu’un homme de 79 ans nous quitte, c’est triste mais c’est dans l’ordre des choses. C’est toujours particulièrement triste d’apprendre que quelqu’un est mort tout seul, ça nous renvoie à nous-mêmes.

      Quant aux "fondations de la BD" elles ne s’effondrent pas, ce sont les oeuvres qui restent, le temps faisant son travail de sélection, de choix et d’oubli.

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      • Répondu par Oncle François le 7 janvier 2010 à  22:34 :

        "Quant aux "fondations de la BD" elles ne s’effondrent pas, ce sont les oeuvres qui restent, le temps faisant son travail de sélection, de choix et d’oubli."

        Vision bien naïve de l’histoire de la BD, ou de l’Histoire tout court. Dans les années soixante et au début des années soixante-dix, il n’y avait quasiment rien. Tout était à faire, car il n’existait rien sur le sujet ? D’où le role HISTORIQUE de fondateur des Blanchard, Vandooren, Couperie, Moliterni, Filippini et François (pas moi, un autre !!).

        Aprés les fondations, donc, d’autres historiens BD bibliographes, érudits etc, ont approfondi et parfois amélioré le travail de leur anciens. La diffusion en temps réel de l’information au niveau mondial de façon gratuite a certainement facilité le mouvement, ainsi que la baisse des coûts de transport aérien, du télephone international et des photocopies.

        Sans mise à jour, une histoire de la BD se retrouve vite périmée, d’où le succès de ces nouveaux livres qui corrigeaient les erreurs inévitables des anciens, et actualisant leur contenu (et avec plus d’images en couleurs, notamment). Le danger vient de ce que certains historiens de la nouvelle génération ont tendance à déformer la vérité historique : on oublie de citer des auteurs traditionnels importants, mais on s’extasie devant l’oeuf que vient de pondre tel nouvel auteur à la mode (comme l’explique si bien Blutch dans son excellente interview de Technikart).

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        • Répondu par Patrick Fonzes le 8 janvier 2010 à  21:32 :

          Pierre Couperie aura passé une grande partie de sa vie a travailler dans l’ombre pour la reconnaissance du 9ème Art.
          Au côté du grand Alain Resnais, il était dans le premier club de BD participant à l’aventure de la mythique première revue d’étude le"Giff Wiff" puis voulant aller de l’avant il participa à la création de "phénix"qui dura quand même jusqu’en 1977 ! "Dix millions d’images",premiére expo de BD, c’est lui, Bande dessinée et Figuration narrative,première expo de bd dans un Musée, c’est encore lui ;"le noir et blanc dans la BD",première expo du premier Salon d’Angoulême c’est Pierre Couperie.Il a fait découvrir aux européens "Little Nemo" chef d’oeuvre prouvant bien que la BD est un Art !Et toutes ses études,analyses dans les réeditions de la Serg (Flash Gordon,Prince Valiant, drago,...)chez Horay (Buck Rogers,Félix le chat, Benjamin Rabier,Buster Brown, Le Petit Roi,...)Et les dizaines de conférences dans les Salons,à la Convention de Paris et au premier salon au monde de BD à Lucca.C’est un Géant qui vient de s’éteindre, un véritable pionnier, "la mémoire vivante de la Bande dessinée", un historien d’une grande érudition ;Il avait rencontré les plus grands noms mondiaux de la BD(nombre de photos en attestent)mais avaient aussi pléthores de violon d’Ingres:il avait fait un livre sur Paris :"Paris au fil du temps"et un sur la Lune avec Moliterni.Sa ville natale Montauban(82) qui a vu naître tant de célébrités:Ingres, Bourdelle,Olympe de Gouges, François Desnoyer, Robert Lapoujade, Hugues Panassié, Etienne Roda-gil,mais aussi Philippe Labro,Gérard Barray, Daniel Cohn-Bendit et Jean-Louis Tripp se doit maintenant de l’honorer à la hauteur du travail qu’il a accompli.A tous les curieux je conseillerai l’article de Thierry Groensteen dans les cahiers de la BD n°62(1985)et la revue espagnole XANADUn°2 de 1972 qui donne tous les détails de cette fabuleuse aventure.

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      • Répondu par Geert le 10 janvier 2010 à  14:04 :

        Tout à fait d’accord !

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  • Putain de camion... bis (après celui de Tibet, cette semaine)

    A ma grande honte, mais je crois que c’était le cas de beaucoup, je pensais qu’il était parti depuis bien longtemps.
    Nous n’avions aucune nouvelle de lui, même pas une ligne sur un quelconque site, un quelconque ouvrage sur la BD, alors qu’on suivait Moliterni dans ses actions.
    M’enfin !
    Après le départ de ce dernier, l’affaire "Archives-Moliterni", c’est encore un de ceux qui ont fait que la BD ait ce statut aujourd’hui, qui nous quitte sans que nous ayons pu apprécier toutes ses connaissances et aventures.

    Heureusement, il nous reste, entre autres, la presque cinquantaine de numéros de Phénix.
    Merci à lui.

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  • et de deux si on me pardonne cette expression un peu grossière à l’occasiond’une dispaqrition, Moliterni, Couperie et Filipini seul rescapé que je salue au passage s’étaient tout trois attaqué à un travail colossal : l’encyclopédie mondiale de la bande dessinnée qu’ils n’ont hélas pu continuer, je possède dans ma collection de BD les deux seuls volumes qui soient parus, je sais que Pierre Couperie je lui rends hommage ce soir

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