Disney rachète Astérix

1er avril 2020 1 commentaire

On croyait le groupe Walt Disney Company en petite forme, affaibli par la crise mondiale du coronavirus et prêt à être racheté par l’ogre à l’affût Apple

Mais la souris a encore les dents longues, et c’est un véritable tremblement de terre que la firme aux grandes oreilles a déclenché : le groupe rachète Astérix, prototype de la licence européenne qui manquait à son impressionnant catalogue (Mickey, Marvel, Pixar, Star Wars...) pour son développement, notamment sa plateforme de streaming Disney+ lancée il y a une semaine chez nous. Une négociation orchestrée sous cape depuis longtemps, qui a attendu la disparition du grand Albert Uderzo, notoirement affaibli, pour s’officialiser. Pas très glorieux...

Topolinix l’épisode parodique de Mickey de 2015 n’était donc pas sans arrière-pensée. La négociation a été facilitée par le fait que le groupe Hachette, qui détient les droits d’Astérix, et les éditions Albert René est en France depuis 1930 l’éditeur de Mickey. Disney qui, en Allemagne et en Scandinavie, est par ailleurs publié par le groupe Egmont... qui est aussi aussi là-bas l’éditeur d’Astérix  !

Pour certains le monde est petit, et les gros poissons semblent ne pas craindre les contaminations fatales en multipliant les rapprochements, plus ou moins élégants et hygiéniques.

Disney rachète Astérix

Le développement de la série Astérix va donc être retiré à Ferri et Conrad les auteurs en charge de la série, pour l’instant muets comme des carpes, pour être confié à un studio de dessin italien sous le contrôle du grand artiste disneyen Giorgio Cavazzano, enthousiaste et grand fan d’Uderzo, son maître spirituel en BD.

Après le décès d’Uderzo, il n’hésitait pas à dire aux médias italiens, peut-être pour préparer le terrain : "Sans le grand Maître, je n’aurais jamais trouvé mon chemin créatif. Grâce à son génie, je lui dois d’avoir ouvert à mon tour un nouveau monde.

Je me souviens quand j’ai accidentellement acheté mon premier Astérix, Astérix légionnaire, et que je l’ai apporté plein d’enthousiasme à Romano Scarpa. Romano était alors l’auteur le plus important de Mickey Mouse. Il feuilleta certaines pages de l’album avec désintérêt et me dit : " - Cher Giorgetto, ce n’est pas du Disney." Il a fermé le livre et me l’a rendu en retournant à ses crayons. J’étais stupéfait et sans voix. De retour chez moi, j’ai commencé à étudier ces magnifiques dessins, les expressions des personnages et cette merveilleuse dynamique qui allait plus tard être toute ma vie. Que puis-je dire de plus sur le grand Uderzo ? Peut-être parler de tous les achats que j’ai faits dans la librairie française via Hoepli à Milan ? Son Oumpah-pah, ses Tanguy et Laverdure, des livres que je garde jalousement et usés par mes lectures ? J’espère qu’il pourra sourire par dessus les nuages lumineux pour ce sincère merci. Une révérence, grand Albert."

Disney Italie prévoit de sortir un épisode mensuel, en kiosque pour commencer, pour aider à la relance de ce type de point de vente stratégique de la BD dans la péninsule, et en grande souffrance depuis l’urgence de la pandémie du Covid-19. Une initiative en Italie d’abord, dans le monde entier ensuite. Très vite le studio de dessin pense pouvoir produire un épisode hebdomadaire sur lesquels se relaieront les célèbres scénaristes Tito Faraci (auteur de la parodie Topolinix), Giorgio Pezzin, vieux compagnon de route de Cavazanno et Tiziano Sclavi , et cocréateur du personnage-phare de la BD transalpine Dylan Dog. Une manne.

Dans l’écurie Ferrari, on promet d’être des lecteurs fidèles. Pour ne pas bousculer les habitudes des vieux fans, un épisode dessiné par Cavazzano himself, qui s’est déjà penché avec bonheur sur le destin de Spider-Man et Corto Maltese, sortira tous les deux ans, en album pour soutenir les librairies et surtout les espaces culturels et grandes enseignes, eux aussi en souffrance.

Disney, la firme de Burbank, prévoit en parallèle de rapidement développer l’univers du petit Gaulois en film et séries, animées ou non. Les pots de moutardes à l’effigie et autres monuments de l’esthétique contemporaine devraient suivre. Pour l’instant le film développé par le cinéaste Guillaume Canet déjà impacté par l’affaire du coronavirus n’est pas remis en question.

Un programme toujours valide si Apple rachète Disney ? Se demande-t-on légitimement. Apple c’est toujours mieux qu’Amazon entend-on à ma gauche. Oui mais Astérix, c’est nous, et pas eux, lance-t-on à ma droite...

Toujours est-il que si l’affaire se confirme, nous saurons que dans la recette si bien gardée de la potion magique, il y a une souris et de la pomme !

PA

IL N’EST PAS FRAIS MON POISSON ?

Évidemment, certains d’entre vous ont senti l’odeur de la marée en lisant la date du jour : rien de tout cela n’est vrai. Que les malheureuses victimes de notre plaisanterie nous pardonnent, ce n’était qu’un poisson d’avril...
Crédits illustrations : © DR.

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