Disparition de Richard Médioni, "l’inventeur de Pif Gadget".

17 novembre 2016 4 commentaires

Nouvelle aussi brutale qu’inattendue, Richard Médioni nous a quittés mercredi au terme d’une longue maladie. Si, pour beaucoup, ce nom n’évoque pas spontanément une série ou un auteur à succès, la simple évocation de Pif Gadget remettra en mémoire le souvenir d’un des plus grands rédacteurs en

Disparition de Richard Médioni, "l'inventeur de Pif Gadget".
Le premier numéro de Pif Gadget paru en 1969

chef des éditions Vaillant. Après avoir participé au lancement de la nouvelle formule du journal de Pif, Richard Médioni impulse à partir de 1971, un nouveau souffle au magazine alors étroitement contrôlé par le Parti communiste français.

L’histoire complète, l’incontournable ouvrage de Richard Medioni.

Le jeune rédacteur, alors âgé de 24 ans va non seulement contribuer au décollage des ventes du journal (certains numéros atteindront le million d’exemplaires !) mais aussi à un renouvellement du medium.

Invitant les grands noms de la BD comme Pratt, Chéret, Poïvet , Paul Gillon, Jean Tabary, Mandryka ou Marcel Gotlib à le rejoindre Médioni va faire de Pif un grand magazine et non un simple… gadget éditorial !

Quelle revue pourrait aujourd’hui rassembler un tel aréopage d’auteurs ? À partir de 1973, épuisé par des contraintes éditoriales et surtout politiques qui pèsent sur le contenu et les stratégies commerciales, Richard Médioni se tourne vers d’autres horizons notamment le domaine des beaux livres, comme directeur artistique.

Il n’en oubliera pas pour autant l’extraordinaire aventure de Pif Gadget, sur laquelle il reviendra avec notamment deux ouvrages majeurs : Pif gadget, la véritable histoire aux éditions Vaillant Collector et Mon camarade, Vaillant Pif Gadget L’histoire complète 1901-1994, véritable somme de plus de 500 pages consacrée aux journaux pour enfants de la mouvance communiste.

Hervé Cultru, Christian Potus et Mariano Alda en compagnie avec d’anciens dessinateurs de Pif Gadget : Jacques Kamb (Couik, Dicentim), Jacques Nicolaou (Placid et Muzo) aux côtés de Françoise Bosquet collaboratrice et compagne de Richard Médioni.
Mon camarade, l’integrale, dernier ouvrage paru cet automne.

Infatigable passionné, on lui doit un travail colossal diffusé d’abord sur Internet autour de ce qu’il appelait la Période Rouge, allusion malicieuse au contexte éditorial et politique des publications et au fameux bandeau figurant sur la couverture du magazine. Ceci fournira la matière des livres cités plus haut mais aussi des films documentaires et d’un site Internet dédié à ces publications, Vaillant Collector.

Richard Médioni venait tout juste de publier un ultime ouvrage Mon camarade l’intégrale 1933-1939 consacré à une revue emblématique des années Front populaire. Ceux qui ont eu la chance de le rencontrer garderont le souvenir d’un homme jovial, chaleureux dont la passion pour le neuvième art restait, à 70 ans, toujours intacte !

PG

Lire sur ActuaBD.com la chronique de l’Histoire complète 1901-1994

Lire sur ActuaBD.com l’interview de Richard Medioni

Voir en ligne : Le site Vaillant-Collector

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4 Messages :
  • Bien sûr, la nouvelle est triste, mais ce n’est pas une raison pour être ... imprécis. Avant Pif, il y avait l’hebdo Vaillant où étaient déjà publiés depuis de nombreuses années Chéret, Poïvet , Paul Gillon, Jean Tabary, Mandryka ou Marcel Gotlib, tout comme Forton, Nortier, Gaty, Coelho,Kline, Cézard et d’autres.
    Mandryka et Gotlib ont d’ailleurs peu publié dans les pages de Pif-Gadget, occupés par leurs nombreuses participations à Pilote-hebdo, les pages de Gai-Luron publiées dans Pif Gadget étaient uniquement l’oeuvre de Dufrane, en parfaite continuité avec la série de Gotlib.
    La révolution Pif, à part son gadget gratuit (mais Pif valait plus cher que les Spirou et Tintin de l’époque), c’est surtout le "tout en récits complets", l’arrivée de nouvelles séries comme Doc Justice, Rahan et Corto Maltese... et M. le magicien de Matotti !

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    • Répondu le 19 novembre 2016 à  14:18 :

      « La révolution Pif, à part son gadget gratuit »
      Le gadget n’était pas gratuit, il était compris dans le prix du magazine.

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    • Répondu le 22 novembre 2016 à  04:38 :

      M le magicien de Mattioli, pas Mattoti.

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  • Disparition de Richard Médioni, "l’inventeur de Pif Gadget".
    21 novembre 2016 08:07, par Frenchoïd

    « Nous a quittéS », par pitié...

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