Doggy Bags : Stress Killers on the loose

2 novembre 2020 0 commentaire

NATIONAL RIFLE ASSOCIATION. Doggy Bags nous offre dans le chapitre seize de sa 2e saison trois histoires et une nouvelle en accord avec le style pulp-fiction d’horreur qui fait toute sa réputation.

Les contenants de cet album publié par Ankama Éditions, sont : Rotten Heart de El Puerto et Tomeus, Tool de Mud et Evin, en intermezzo La coloc, une nouvelle de Tanguy Mandias illustré par Viizage Montaraza, puis Real Sociopath ! de Run et Ké Clero.

Rotten Heart raconte un épisode mystérieux survenu lors d’un accrochage armé entre un groupe de mercenaires et une guérilla, quelque part entre la Sierra Leone et le Liberia. Arrogants et cruels, des soldats de fortune venus des États-Unis tentent de réduire les milices improvisées d’un village, mais sont stoppés par les pouvoirs surnaturels qu’utilisent les Africains pour contrer le déséquilibre de forces.

Dans Tool, Mud et Evin réinterprètent un fait divers survenu quelques jours après les attentats du 11-septembre, connu comme « la chasse aux jumeaux diaboliques ». Dans cette histoire, le lecteur est guidé par le récit que tissent les armes des frères Stovall. Arrêtés après avoir tué le chien d’une voisine, ils parviennent à se libérer et tuer l’officier qui les gardait, pour entamer une course-poursuite de 24h sur les routes du Colorado. Tout ceci nous est rapporté par les armes elles-mêmes, que l’on suit par un code rouge-sang, qui utilisent un vocabulaire plein d’allusions vulgaires, nourrise de données statistiques sur la violence armée aux États-Unis.

Doggy Bags : Stress Killers on the loose

La coloc, petite nouvelle de deux pages, est une satire des émissions de télé-réalité, qui rappelle certains chapitres de Black Mirror, par une ironie et une humour noir qui explorent la complaisance des spectateurs vis-à-vis de spectacularisation de la violence.

Voici une autre réinterprétation d’un fait divers : le double homicide de Donnah Winger et Roger Harrington par Mark Winger en 1995. Dans Real Sociopath !, les auteurs se sont penchés sur les méthodes et motivations du meurtrier, un être profondément sociopathe qui dissimule avec sang-froid le meurtre de sa femme par l’inculpation d’un chauffeur de bus innocent.

Real sociopath !

Colorés et puissants, ces récits sont une sélection à retenir en ces jours surréalistes. Le graphisme des dessinateurs, très accompli, fonctionne efficacement dans chaque histoire pour recréer les atmosphères nécessaires. Le premier prend l’aspect d’un jeu vidéo de guerre, le deuxième fait usage d’une ambiance obscure et sinistre qui incarne la vision du monde des narratrices (les armes), tandis que dans la dernière histoire, le graphisme explose en traits aigus et en contrastes forts qui décrivent parfaitement la tension sous-jacente d’une personnalité antisociale.

Sans grande prétention, ces récits viennent accompagnés d’un florilège d’informations relatives aux faits réels qu’ils décrivent, tels les techniques de « vaccination » contre les balles réalisées par les sorciers centre-africains ou les particularités de la législation sur les armes domestiques aux États-Unis à la veille des présidentielles américains. Ce mélange d’informations véridiques accompagnées d’histoires cntrouvées fera sans doute les délices des lecteurs amateurs de gore et de suspens, tout en lui apportant des connaissances sui generis.

Voir en ligne : L’Amérique des fous, c’est aussi dans "Doggy Bags"

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