"Droit de réponse" du Syndicat BD à Henri Filippini

19 novembre 2009 56 commentaires Actualité
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Dans le dernier numéro du magazine DBD, Henri Filippini, éditeur historique de Glénat, critique la politique des éditeurs qui paient de moins en moins bien leurs auteurs, préférant généraliser un prix forfaitaire plutôt que le traditionnel prix à la page.

Dans cette prise de position, Henri Filippini met en cause le silence du SNAC, groupement syndical des auteurs de BD, face à cette situation.

En réaction, le SNAC fait paraître un « droit de réponse » pour préciser que la critique est en partie justifiée : le syndicat ne se ferait pas suffisamment entendre. Nous reproduisons ci-dessous l’intégralité du communiqué, afin que le débat puisse avoir un plus large écho auprès des auteurs.

La réponse de l’organisation syndicale ne prend pas en compte la manœuvre implicite d’Henri Filippini qui, une fois de plus est ici juge et partie : celle d’attaquer d’autres éditeurs que Glénat qui, évidemment, la main sur le cœur, ne procède pas à ces pratiques.

Si M. Fillipini voulait imposer un SMIC pour les créateurs de BD, il pourrait tenter de convaincre son patron grenoblois.

Il est évidemment plus facile de parler de "certains éditeurs".

Quant au SNAC, son invitation aux journalistes à leur poser des questions est bien angélique. Dans toute communication, il y a un émetteur et un récepteur. Le SNAC, pour se justifier, met en avant le dur apostolat de ses bénévoles. Qu’ils soient rassurés, ils ne sont pas les seuls à pratiquer le bénévolat. Le plus souvent, les journalistes de la BD le pratiquent aussi.

Et là, bien entendu, plus question de parler de SMIC...

MDS + DP

VOIR EN LIGNE :
Le site du Syndicat BD


« Mercredi 18 novembre 2009
En réponse à...

Certains d’entre vous ont pu remarquer dans le dernier numéro du magazine DBD que monsieur Henri Filippini, dans un article critique vis à vis des éditeurs qui paient de moins en moins les auteurs, évoque au passage le syndicat, accusé de rester silencieux face à cette constatation. Voici un extrait de cet article :

"La somme globale proposée pour la réalisation d’un album est la toute nouvelle trouvaille des éditeurs, afin de mieux faire passer des conditions de contrat de plus en plus misérables. [...] La réalisation d’un album demande un investissement en temps considérable, contraignant les dessinateurs à plus de dix heures de travail quotidien, parfois sept jours sur sept.Dans plus de cinquante pour cent des cas pour percevoir moins d’un SMIC. Quel salarié accepterait un tel traitement ? Ce n’est pas le syndicat d’auteurs, inaudible surtout en ce qui concerne les conditions financières, qui fera bouger les choses."

Nous avons décidé de nous accorder un droit de réponse, non pas pour dire à monsieur Filippini qu’il se trompe sur notre compte mais au contraire, pour admettre qu’il a raison, du moins en partie.

Effectivement, le syndicat ne se fait pas suffisamment entendre. Nous en avons conscience, nous nous sommes attelés à la tâche et déjà nous avons pris le temps de refaire le site internet et nous avons ouvert le groupe Facebook pour mieux communiquer sur nos actions. Nous préparons d’autres opérations mais n’oublions pas que les membres du comité de pilotage sont bénévoles et que tout ça prend du temps.

Les membres du comité de pilotage discutent aussi avant de prendre la décision de publier tel ou tel communiqué ou de mener une action. La question du revenu des auteurs est un sujet complexe et nous ne voulons surtout pas nous positionner maladroitement sur le sujet sans avoir au préalable entendu et soupesé les différents points de vue, ceux des auteurs comme ceux des éditeurs. Or la communication avec les éditeurs n’est pas toujours facile, surtout avec un SNE (Syndicat National des Éditeurs) qui refuse l’idée même de poser les problèmes, et de chercher ensemble des solutions.

Le sujet des nouvelles pratiques de certains éditeurs qui consiste à verser aux auteurs des à valoir sous la forme de forfaits plutôt que sous la forme d’un prix à la page est donc largement discuté au sein du comité depuis quelques semaines. Cette tendance représente à l’évidence une tentative de masquer sous l’aspect d’une somme totale rondelette un prix à la page en diminution. Nous en sommes conscients et nous dénonçons cela. Mais cette dénonciation se doit d’être accompagnée d’un argumentaire précis car les arguments opposés par ces éditeurs ne peuvent toujours être balayés d’un revers de main.

Le syndicat assure un travail de médiation et toute bonne médiation nécessite une qualité d’écoute. Les éditeurs nous disent subir les effets de la crise. Mais il est important de leur rappeler qu’il est inacceptable de faire supporter ces réductions de budgets aux seuls auteurs alors qu’ils représentent toujours le maillon le moins bien payé de la chaine du livre. Nous avons privilégié le dialogue plutôt que la recherche de conflit et de rapport de force, il est de la responsabilité des éditeurs de participer à ce dialogue s’ils ne veulent provoquer de durcissement de la position des auteurs.

Une dernière chose tout de même, à destination de monsieur Filippini mais aussi de tous les journalistes qui se sentent concernés par la question de la mobilisation des auteurs. N’hésitez pas à nous contacter si vous désirez savoir ce qu’on fait chaque jour pour améliorer nos conditions de travail. Nous avons beaucoup de choses à vous raconter.

A bon entendeur. »

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

 
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56 Messages :
  • Mouais... vous faites vraiment tout pour que je ne me syndique pas. Vous êtes aussi mous que la CGT et son Bernard Thibault.

    Le problème du forfait. Bin, il suffit de diviser la somme par le nombre de pages à effectuer et puis si le forfait est minable, demander plus. Et si l’éditeur ne veut pas. Bin, vous ne cédez pas parce qu’ensuite, vous serez dans la merde et que casser les prix, c’est dangereux pour tout le monde.

    Pour ce qui est d’un SMIC du prix de la page. Tout dépend du type de livre, du nombre d’images par pages et de la difficulté technique. La notoriété de l’artiste, elle devrait se négocier plus sur les pourcentages des ventes que sur les avances... Ce serait économiquement plus sain.

    Il y a un autre truc qui m’amuse. En France le partage des droits entre dessinateur et scénariste est de 50/50... traditionnellement. En Belgique, toujours traditionnellement, le partage entre dessinateur et scénariste est de 2/3 1/3...
    Alors, il y a deux logiques. Pour le SNAC, laquelle est la bonne ?
    Pour moi, je crois que très souvent le dessinateur est aussi metteur en scène... Et donc, le 2/3 pour lui correspond plus à une réalité sur le temps passé et l’investissement intellectuel.
    Vous en pensez quoi de tout ça ?

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    • Répondu par Patrice Buendia le 20 novembre 2009 à  13:30 :

      Moi, je pense que vous devez être dessinateur !
      Le scénariste serait moins "auteur" que le dessinateur ? Quelle triste plaisanterie... Si je ne m’abuse, le scénariste produit non seulement le traitement d’une histoire mais également son découpage, c’est à dire (pour les néophytes) la description de ce qui se déroule dans chaque case, avec les dialogues. Si ce n’est pas de la mise en scène, je ne sais pas ce que c’est...

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      • Répondu le 20 novembre 2009 à  15:12 :

        Si ce n’est pas de la mise en scène, je ne sais pas ce que c’est...
        Bah c’est du scénario, avec un découpage. La mise en scène c’est autre chose, c’est le choix du cadre, de la mise en place des différents éléments dedans et de la manière de faire jouer les personnages.

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        • Répondu par Patrice Buendia le 20 novembre 2009 à  15:38 :

          Plein de choses que je mets dans le découpage, quoi...

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      • Répondu le 20 novembre 2009 à  15:57 :

        Moins metteur en scène. Je n’ai pas dit qu’il était moins auteur. Vous déformez mes propos.

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      • Répondu le 20 novembre 2009 à  16:02 :

        Oui, la mise en scène, c’est une interprétation du scénario. Si vous donnez le même scénario a deux dessinateurs différents, vous n’aurez pas le même ton, les mêmes choix, donc, c’est bien la preuve que le dessinateur n’est pas qu’acteur, décorateur ou costumier mais aussi réalisateur ou metteur en scène. À ce titre, la proportion de 2/3 se justifie pleinement, non ? Excepté si le découpage est tellement précis et le scénariste tellement directif que le dessinateur n’est plus qu’un exécutant...
        Ce n’est pas une question d’être dessinateur ou scénariste, c’est une question de bon sens.

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        • Répondu par Patrice Buendia le 20 novembre 2009 à  16:59 :

          Cela doit être du bon sens de dessinateur. Moi, je suis scénariste, je dois en avoir un autre.
          Et le fait d’être précis n’implique pas forcément que le dessinateur ne soit qu’un executant. Cela s’appelle un travail de collaboration, d’où le 50/50.
          En tout cas, c’est clair que taper sur les scénaristes en revendiquant une partie de leurs droits d’auteur, c’est moins compliqué que d’affronter les éditeurs.

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          • Répondu le 20 novembre 2009 à  17:27 :

            Non non non. Je ne marche pas !!!
            Ce n’est pas parce qu’il y a à se battre sur le front ouest qu’il faut oublier de se battre sur le front est. Et si en tant que scénariste vous estimez que "travail de collaboration" est un argument suffisant pour justifier 50/50. Alors, avec la même logique simpliste, le coloriste doit partager à 50/50 avec le dessinateur... Et si au résultat, le scénariste met 4 heure pour pondre une page de scénario, le dessinateur met 70 heures pour pondre une page de dessin et que le coloriste met 4 heures. Expliquez-moi en quoi 50/25/25 serait sain... et même 50/40/10...
            C’est n’importe quoi votre argument parce qu’alors, les répartitions que je propose sont absurdes même pour un enfant de 4 ans. Vous voulez simplement 50/50 pour conserver vos privilèges et vous montrez du doigt les éditeurs pour détourner le problème.
            Alors, en quoi le scénariste est-il collaborateur à 50/50. Développez,argumentez, Monsieur le Scénariste, puisque vous savez écrire et inventer des mensonges auxquels les gens croient !
            Et je n’ai pas peur d’affronter les éditeurs. J’en veux à certains de surproduire et de se contenter d’être plus des passeurs que des éditeurs. Parce que c’est carrément malsain et suicidaire pour l’ensemble de la profession. C’est pour cela que je crois qu’une augmentation des tarifs de base permettrait de réajuster les choses. Si Monsieur Filippini tient se discours, après tout, peu importe qu’il soit de chez Glénat et que cela sonne la langue de bois... parce que le question de fond est parfaitement exact.
            Il y a un sérieux problème de rémunération de la plupart des auteurs et ce n’est pas qu’une question d’auteur à éditeur, c’est aussi une question d’auteur à auteur.
            Franchement, je rigole tellement je me marre !

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            • Répondu le 20 novembre 2009 à  22:59 :

              Je ne vois pas ce que vient faire ce débat sur la répartition des droits entre auteurs ici mais bon...
              Il ne faudrait pas confondre les avances sur droit (faites pour rémunérer les auteurs pendant qu’ils travaillent sur leur oeuvre) et les droits d’auteur (qui sont des pourcentages sur les ventes). Autant il est normal que le dessinateur touche plus d’avances sur droit que le scénariste puisque son travail demande plus de temps (encore que je connaisse des dessinateur qui font entre 3 et 5 pages par jours...), autant ça n’a aucun sens d’indexer les droits d’auteur sur le "temps passé" (on n’est pas dans le BTP).
              Rappelons que les auteurs ne touchent ces fameux droits qu’une fois leurs avances remboursées, c’est-à-dire uniquement lorsqu’une BD a très bien marché (+ de 15000 ex vendus généralement - ce qui est de plus en plus rare). Et dans ce cas-là, qui peut dire ce qui du dessin ou du scénario est responsable de ce succès ? Moi quand une BD me plaît c’est parce que l’ensemble scénario+dessin fonctionne. Je trouve donc normal que les auteurs se partagent équitablement les dividendes de ce succès.

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              • Répondu par Patrice Buendia le 21 novembre 2009 à  00:30 :

                Tout à fait d’accord avec vous, ce débat n’a pas grand chose à voir avec cet article.
                Merci en tout cas d’avoir argumenter, cela m’évite de la faire. C’est bien dans ce que vous dîtes que je trouve du bon sens.

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                • Répondu le 21 novembre 2009 à  14:22 :

                  "Moi quand une BD me plaît c’est parce que l’ensemble scénario+dessin fonctionne. Je trouve donc normal que les auteurs se partagent équitablement les dividendes de ce succès."

                  Équitablement, ça veut dire que l’histoire vaut la moitié et le dessin l’autre moitié ? Et le temps passé sur une page par l’un ou l’autre importe peu. L’heure rémunérée pour un scénariste vaut plus que pour le dessinateur et c’est normal parce que c’est ainsi depuis toujours. Drôle de façon de considérer l’équité. L’argument du succès comme mode de financement de la création, c’est carrément démagogique. Le dessin, c’est AUSSI une part de la mise en scène. C’est comme si on décidait de ne pas rémunérer le réalisateur d’un film et de ne rémunérer que le scénariste, les acteurs et les techniciens...
                  Vous êtes bien hypocrites et bien capitalistes quand ça vous arrange. Ensuite, vous oserez dire tous les auteurs ensemble face aux éditeurs-exploiteurs. Bravo pour votre vision de l’équité...
                  Et quant à "Merci en tout cas d’avoir argumenter, cela m’évite de la faire." c’est bien révélateur de votre mentalité. Après tout, si les autres peuvent faire une partie de votre boulot à votre place et que vous puissiez vous en créditer, c’est tout bénéf’ !

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                  • Répondu par florent le 21 novembre 2009 à  17:09 :

                    Ce questionnement me semble absurde.
                    le scénariste et le dessinateur sont co-auteurs, leurs compétences complémentaires font d’eux des associés, et le partage à 50% des droits d’auteurs me semble parfaitement normal... sur la longueur !
                    Par contre, là, où on pourrait éventuellement discuter, c’est le remboursement des avances sur droits, sur les premières ventes des albums. on peut envisager (ça se fait) un partage plus favorable au dessinateur sur les premières ventes du livre. (histoire de compenser les durées inégales de travail).

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                  • Répondu le 21 novembre 2009 à  17:38 :

                    De plus en plus ridicule...

                    Comme si c’était le temps passé sur la réalisation d’une oeuvre qui lui conférait sa valeur artistique et assurait son succès.

                    La rémunération principale des auteurs ce n’est pas les droits (très peu d’auteurs en touchent) mais les avaloirs dont la répartition est généralement favorable au dessinateur (au moins les 2/3 de l’argent versé par l’éditeur lui reviennent). C’est cette rémunération que les dessinateurs doivent négocier au mieux avec leur éditeur, parce que c’est elle qui les fera vivre le temps qu’il mettront à réaliser leurs planches et que c’est la seule rémunération véritablement acquise.

                    Les droits ne sont perçus qu’une fois que l’album a été commercialisé et ils ne viennent récompenser que les très grosses ventes. Et dans ce cas, les deux auteurs sont responsables à part égale de ce succès.

                    Quand une BD me plaît c’est parce que le scénar et le dessin me plaisent (j’ai même envie de dire : surtout le scénar - je peux apprécier une BD dont je n’aime pas le dessin si l’histoire est bonne et bien racontée, mais pas l’inverse). Et je me fous de savoir combien de temps le scénariste et le dessinateur ont passé chacun à la faire.
                    Le droit d’auteur n’a rien à voir avec le temps passé, sinon les besogneux (scénaristes ou dessinateurs) devraient toucher des pourcentages plus importants que les autres.
                    J’ajouterai que le temps travail d’un scénariste ne se résume pas à celui qu’il met pour découper un album. Il faut aussi prendre en compte le temps passé à concevoir une histoire, avec tous ses rebondissements, celui passé à se documenter, etc.

                    Et enfin... n’oublions pas que, si le travail du scénariste représente un pourcentage du travail total fourni pour produire les planches (que ce soit 10, 30 ou 50 %, peu importe), c’est le dessinateur qui est propriétaire à 100% de ces mêmes planches. Quand il les vend, l’argent qu’il encaisse il le doit donc en partie au travail du scénariste (qui lui ne touche absolument rien).

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                    • Répondu le 22 novembre 2009 à  09:54 :

                      Donc, pour vous, c’est simple. Le scénario d’un côté et le dessin de l’autre. La mise en scène n’existe pas et ne doit pas être considérée comme un travail intellectuel important du succès d’une œuvre. Votre raisonnement n’est pas ridicule mais il est tronqué. Le temps passé à mettre en scène, vous le placez où dans le partage des droits ? Comment vous le répartissez entre scénariste et dessinateur ? Voilà, c’est ça qui m’intéresse. Puisque le temps passé ne compte pas, vous reconnaîtrez tout de même qu’en définissant le processus de création, on définit plus clairement le partage des droits... enfin, j’espère, sinon, c’est de la mauvaise foi de votre part.

                      Pour ce qui est de l’original sur lequel le scénariste ne touche rien, j’ai toujours trouvé ça absurde. Le scénariste devrait avoir sa part... comme il a sa part sur les produits dérivés même si un Schtroumpf en plastique est plus l’interprétation d’un graphisme que d’un texte.

                      Comme j’ai toujours trouvé absurde de ne vouloir posséder qu’une page d’un livre. C’est comme si, on n’achetait que 10 secondes d’un morceau de musique où qu’on découpait le sourire de la Joconde pour l’encadrer chez soi.

                      Reconnaissez que les habitudes de cette profession ont créé des situations paradoxales qui mériteraient d’être repensées. Et il faudrait aussi revoir à la hausse la totalité des avaloirs versés par les éditeurs... Parce que là, c’est vraiment ridicule.

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                      • Répondu le 22 novembre 2009 à  10:08 :

                        Et je précise encore. Ou le scénariste est considéré comme metteur en scène, alors, pour simplifier, on va dire que le dessinateur n’est qu’illustrateur. Ou le dessinateur est considéré comme metteur en scène, alors, il est plus a considérer comme co-auteur de la conception intellectuel de l’œuvre. Ou la mise ne scène se partage entre les deux à part égale, et là, décrivez-moi comment et pourquoi...

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                        • Répondu le 22 novembre 2009 à  12:37 :

                          La mise en scène est le produit commun du scénariste et du dessinateur. C’est là où leur collaboration prend tout son sens.

                          Le scénariste donne des indications de mise en scène (disposition et posture des personnages, séparation des plans, angles de vue, etc.), le dessinateur en donne une première interprétation sur un story-board et ensemble ils l’améliorent, pour que tout fonctionne correctement.

                          Après, chaque "couple" à sa façon de travailler. Certains scénaristes ne livrent que des séquences dialoguées au dessinateur, d’autres vont jusqu’à faire des story-board détaillés. Généralement, ce degré d’implication dans la mise en scène dépend de l’attente du dessinateur. Moi je sais que je préfère travailler sur mon propre story-board parce que ça me permet d’adapter la mise en scène à mon style de dessin. Mais ça n’empêche pas mon scénariste d’apporter des corrections, de proposer des améliorations et donc de participer à la mise en scène.

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                          • Répondu le 23 novembre 2009 à  06:45 :

                            Dans le cas où le scénariste ne livre que des séquences dialoguées, il ne peut pas du tout être considéré comme metteur en scène. Et ce n’est pas les quelques conseils qu’il donne une fois la page terminée qui peuvent lui permettre de prétendre l’être. Dans le cas où il livre un story-board ou un découpage détaillé, oui, il si le dessinateur n’y ajoute rien, le dessinateur est est simplement illustrateur. Dans le cas ou le dessinateur et le scénariste travaillent à part égale sur le découpage, les cadrages, le jeu des personnages, l’ambiance colorée... Oui, là, ils sont tous les deux auteurs de la mise en scène.
                            La collaboration n’est pas toujours à 50/50 et le succès d’une œuvre dépend aussi de la mise en scène.
                            Donc, le partage des droits dépend de la nature de l’œuvre et de l’implication de ses auteurs.

                            Pour négocier la hausse du prix des pages, il faudrait aussi tenir compte de cette répartition. L’histoire d’un côté, le dessin de l’autre, c’est simpliste. Ce qui se passe entre les deux, c’est aussi la raison du succès d’une œuvre et celui qui s’y investit le plus doit être récompensé en conséquence. Ce qui se passe entre les deux, la mise en scène, fait que la bande dessinée n’est pas un Art hybride.

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                            • Répondu par Sam le 23 novembre 2009 à  13:03 :

                              Si je pousse un peu votre raisonnement, j’en déduis que dans le cas de l’adaptation d’une BD en film (je pense notamment aux cas récents de Watchmen, XIII ou Largo Winch) le dessinateur devrait toucher 0 % de droits et le scénariste 100 %, puisque c’est l’histoire qu’on adapte et pas le dessin ni la mise en scène (sauf évidemment dans le cas d’un dessin animé). J’ai bon ?

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                              • Répondu le 23 novembre 2009 à  13:40 :

                                Non vous avez faux, dans le cas de Watchmen, le réalisateur a beaucoup repris la mise en scène de la BD, donc du dessinateur.
                                (en plus tout l’aspect visuel, dont les costumes vient du dessinateur)

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  • bah oui, si vous cherchez un peu sur les forums, vous voyez des prix par album de 40 pages proposés à... 2000 roros ! je le confirme j’y ai eu droit aussi, ou des pages payées 32 euros !! Des avances sur droits ridicules, des droits à - de 10% du PVP. HT, donc moins de 90 cts d’euro, ce qui fait que le maillon créateur du système est celui qui palpe le moins et de loin !
    Tous smicards ou sous-smicards, donc pas question de verser un seul centime
    à un syndicat inutile, alors qu’on juste de quoi bouffer ... un peu

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    • Répondu le 20 novembre 2009 à  15:28 :

      l est évident que rester à grogner dans son coin, à maudire la terre entière, à se laisser truander, à détruire tout vélléité d’actions collectives (bbooouuuhh !!collectif ! quel mot insupportable dans cette société de nombriliste dépressif...), même modeste,même en devenir...c’est beaucoup plus constructif.

      J’aime bien les Fillipi qui se sont auto octroyé la posture du vilipendeur, du "parler vrai", tout en restant d’une passivité légendaire pour ce qui est d’amender sa propre maison d’édition....

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    • Répondu le 20 novembre 2009 à  15:53 :

      J’ai lu quelque part que le seuil de rentabilité d’un album se situait entre 3000 et 5000 exemplaires pour un éditeur... et aux alentours de 20.000 exemplaires pour un dessinateur (SMIC sur 9 mois), si j’en crois ce qui se dit ici.

      Étonnez-vous, après ça, de la réaction du syndicat des éditeurs !

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      • Répondu le 20 novembre 2009 à  17:31 :

        LE seuil de rentabilité dépend aussi de la taille de la maison d’édition et de ses charges... Mais, ce qui est certain, c’est que le seuil de rentabilité est en moyenne plus vite atteint pour l’éditeur que l’auteur. Ceci dit, il faut aussi considérer qu’une maison d’édition à besoin de gagner de l’argent pour financer de nouveaux albums et que beaucoup d’albums ne sont pas rentables pour les éditeurs. Donc, ce serait simpliste de vouloir se baser sur ce type balance pour évaluer ce qui serait un SMIC-auteur cohérent pour le prix d’une page ou d’un album.

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        • Répondu le 21 novembre 2009 à  14:32 :

          Je ne cherchais nullement à utiliser ces chiffres pour évaluer un SMIC-auteur éventuel. Juste à pointer du doigt la différence entre les intérêts de l’un et de l’autre (même si l’auteur n’en vit pas, l’éditeur peut être gagnant... ce que certains ont érigé en modèle économique permanent).

          Résumons le schémas économique habituel :

          1) Insuccès : l’auteur et l’éditeur perdent de l’argent. L’éditeur évalue la perte et la comble avec ses succès, en espérant que globalement il dégage tout de même des bénéfices. L’auteur... a puisé dans ses économies et l’aide de l’état pour subsister et tente de trouver du travail dans la pub ou un dans un mi-temps supplémentaire pour survivre (les conjoints stables, c’est bien aussi).

          2) Ventes moyennes : l’éditeur dégage un bénéfice, qu’il affecte aux pertes puis aux charges fixes (dont les salariés), puis à ses revenus, puis à d’autres investissements (dont d’autres albums), puis aux bénéfices (et autres actionnaires éventuels). L’auteur est en-dessous d’un SMIC : même situation que précédemment.

          3) Ventes suffisantes pour l’auteur (c’est à dire exceptionnelles par rapport à la moyenne) qui va pouvoir renflouer ses réserves en prévision de nouvelles déconvenues... et peut-être s’acheter une Cintiq (pour produire plus vite et abaisser ainsi son seuil de rentabilité). Même situation que précédemment pour l’éditeur.

          En relisant votre réponse, j’en déduis que l’éditeur doit gagner de l’argent sur des albums dont les auteurs arrivent à en vivre (1/4) ou pas (3/4) (les points 2 et 3 ci-dessus)... pour pouvoir sortir de nouveaux albums qui auront le même ratio de réussites (3/4 des nouveaux n’auront pas assez pour vivre) !

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          • Répondu le 21 novembre 2009 à  17:25 :

            1. La surproduction entraîne inévitablement une stagnation ou une baisse de la rémunération des avances pour la majorité des auteurs. C’est tellement logique et mécanique que je ne vais pas m’étendre sur la démonstration.
            Je suis d’accord, l’éditeur est rarement le plus perdant dans cette affaire. Donc, il y a un problème de financement de la création et si l’éditeur arrive à tirer des bénéfices, je ne trouve pas sain que les organismes publics servent à subventionner plus cette création.
            2. Pour financer la création, il y a aussi à revoir, la part qui rémunère le scénario, le dessin, la couleur. Cette rémunération doit être en grande partie fixe et pas simplement à récupérer sur les avances. Ensuite, la part qui revient au scénario, au dessin, à la couleur doivent être cohérents avec le travail effectué et pas juste un droit de propriété léonin et basé sur un simple "arrangement" entre les auteurs.

            Si le SNAC et les gens en poste comme Filipini n’ont pas le courage d’aller plus loin et de faire les États Généraux de la BD qui s’imposent... Ben, ce sera toujours la loi de la jungle et les plus malins sans sortiront toujours mieux. Les plus malins n’étant pas toujours les plus talentueux...
            Qu’on ne me sorte pas la carte d’un syndicat comme solution. Ce n’est pas juste gentils auteurs contre méchants éditeurs. L’hypocrisie est de faire croire que c’est aussi manichéen.

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  • C’est rigolo de voir les interviews des auteurs sur leur site. Arleston, Davodeau,Dupuy et Berberian, Trondheim... des auteurs qui n’ont pas vraiment besoin d’être syndiqués pour vivre correctement de la bd... C’est quand même bien qu’ils se préoccupent du sort des autres auteurs qu’ils étouffent avec leur surproduction ou leur suffisance d’auteur à la mode... C’est évident qu’il manque un syndicat fort au sein duquel se retrouverait une majorité des auteurs bds. Mais au prix où est l’adhésion, en voyant les "combats" des membres et les actions menées.... J’ai des doutes....

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    • Répondu le 20 novembre 2009 à  16:35 :

      Oui, là, je me dois d’admettre que cela me pose aussi soucis. la vigueur très relative du syndicat est elle du au fait que les "têtes de gondole" n’ont pas grand chose à gagner en plus ? Cet esprit assez peu revendicatif, cette volonté de concertation, alors que la situation de 90% des auteurs empire jour après jour, c’est troublant..pourquoi s’investir dans une structure qui revendique si peu, qui renacle devant le conflit ?

      la concertation , c’est bien beau, mais quand on fait le constat d’un discours de sourd (avec le syndicat des éditeurs...), il est peut etre temps de se montrer plus vigoureux....

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    • Répondu par LC le 20 novembre 2009 à  16:40 :

      Arleston, Davodeau,Dupuy et Berberian, Trondheim... des auteurs qui n’ont pas vraiment besoin d’être syndiqués pour vivre correctement de la bd...

      Ils sont justement en position de force pour imposer leurs conditions aux éditeurs, bien plus qu’un auteur au succès moindre qui se verra viré s’il la ramène trop avec des exigences syndicalistes.

      C’est quand même bien qu’ils se préoccupent du sort des autres auteurs qu’ils étouffent avec leur surproduction ou leur suffisance d’auteur à la mode...

      C’est le public qui fait leur succès, on reste dans la loi de l’offre et la demande. Que des jaloux voient ça d’un mauvais oeil c’est humain et un peu stupide, mais on peut aussi considérer que le succès d’un Zep ou d’un Arleston donne à leurs éditeurs les moyens de donner leur chance à de nouveaux auteurs ( a priori moins commerciaux, mais Zep et Arleston l’étaient-ils à leur tout débuts ? Non).

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      • Répondu le 20 novembre 2009 à  17:25 :

        Tout à fait d’accord, ils sont en positions de force pour imposer LEURS revendications aux éditeurs !!! Et votre deuxième réponse n’a rien à voir avec le syndicat des auteurs bd.... Leurs succès est justement mérité. Il n’y a aucun soucis là dessus. Pour reparler du syndicat, des forfaits par album et des auteurs qu’on étrangle, je crois vraiment qu’il faudrait imposer un prix minimum. Je ne vais pas parler ici de mon expérience personnelle, mais entre ce que je touchais à mes débuts et maintenant, je me dis que certain s’en s’ont mis plein les poches... Et dans cette jungle de l’édition, si le syndicat jouait au moins son rôle pour accompagner et protéger les jeunes auteurs, ça serait un immense pas vers plus d’égalité. La petite guéguerre avec Filippini, leur nouveau site, les interviews des auteurs... Ca fera peut-être avancer les choses... Mouais, peut-être...

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        • Répondu par kamarade ! le 20 novembre 2009 à  18:11 :

          Le Syndicat des auteurs de Bd est mou !! Je suis d’accord avec vous !

          Il suffirait que les auteurs de bande dessinée fassent une grêve illimitée pour paralyser le pays. Grâce à ce rapport de force, de toute évidence en leur faveur, les auteurs pourraient alors obliger les éditeurs à augmenter les prix de page, ne plus payer au forfait, renoncer à proposer des rémunérations ridicules pour l’édition numérique, ne plus systématiquement demander la cession des droits audiovisuels sans contrepartie etc etc…

          Au lieu de ça, que fait ce "syndicat" soutenus par des Trondheim, des Berberian, des Davodeau, dont on se demande bien pourquoi ils s’amusent à être solidaires d’auteurs qui n’ont pas la chance d’avoir leur succès ?

          Lorsque des éditeurs ne payent pas ce qu’ils doivent aux auteurs, il les rappelle à leurs obligations et les auteurs perçoivent ce qu’il leur est dû.
          Lorsque des éditeurs ne respectent pas leurs contrats, refuse de publier des ouvrages sans rendre leurs droits aux auteurs, ne leur donnent pas de relevés de leurs droits, il intervient pour que les situations soient régularisées.

          Cette bande bras cassés pousse la nonchalance, si cette intervention n’est pas suffisante, à accompagner les auteurs devant les tribunaux, leur trouver un avocat, payer les frais de procédure. Et le pire c’est que parfois les auteurs gagnent ce qu’ils n’auraient jamais obtenus seuls.

          Plus grave, ils font tout ça pour tous les auteurs, les jeunes, les vieux, les stars, les inconnus...

          C’est lamentable.

          Je ne parle même pas de ce que syndicat molasson fait pour accompagner les auteurs dont les éditeurs sont en redressement judiciaire, ni comment ce ramassis de mou du genou a plaidé pour que les scénaristes et les dessinateurs de bande dessinées bénéficient tous des mêmes avantages pour le financement de leur retraite, ce qui vient d’être malencontreusement accordé.

          Ce syndicat est nul, et il serait temps que tout le monde comprenne qu’il ne sert à rien.
          Vous avez bien raison de ne pas adhérer, il vaut mieux que chaque auteur français et chaque auteur belge se débrouille dans son coin.

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          • Répondu le 21 novembre 2009 à  02:02 :

            Dans tous les exemples que vous citez, à part la retraite qui est une avancée notable, on note surtout des actions de protection de l’auteur pour défendre la simple équité, dans un respect du système tel qu’il est actuellement. C’est à dire un status quo de droits pour des revenus en baisses constantes. Or, le problème, ce sont les revenus.

            Défendre les règles établies, c’est bien. Obtenir la possibilité de survivre, ce serait parfait.

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            • Répondu par kamarade ! le 21 novembre 2009 à  09:08 :

              Ce n’est pas défendre les règles établies, c’est faire appliquer le droit, et c’est déjà une révolution : combien d’auteurs ont renoncés à se faire payer des pages, parce que l’éditeur ne répondait plus au téléphone, et parce que pour faire valoir ses droits, il faut engager des procédures, longues, coûteuses...

              Maintenant, c’est possible, il y a des auteurs organisés ensemble pour se donner les moyens de défendre nos droits.

              Quand un éditeurs vous doit un mois de travail, eh ben pouvoir être enfin payé ce n’est pas du tout anecdotique.
              C’est même un élément de base pour accompagner les auteurs, leur donner des moyens de garantir "leur survie", comme vous dites.

              Et je trouve un peu facile de balayer ça d’un revers de main en disant "ah ben oui mais pourquoi ce syndicat ne change pas tout le système".

              Parce que le syndicat ne sait pas comment changer tout le système.
              Parce que le syndicat n’a pas pour l’instant trouvé un moyen d’empêcher un éditeur de proposer des contrats honteux, ni d’empêcher un auteur d’accepter ce contrat.

              Nous ne sommes pas dans le monde de l’entreprise ( où même là les combats sont très difficiles).Nous sommes dans le monde du livre, où tout le monde s’en fout si on arrête de travailler, où les auteurs ne sont pas rassemblés sur un même lieu de travail, où tout les auteurs sont des cas particuliers, avec des problèmes particuliers.

              Mais si vous avez une super solution pour donner plus de force et plus de pouvoir aux auteurs, venez boire un café rue de Taitbout au syndicat, ça nous intéresse !

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          • Répondu le 21 novembre 2009 à  08:37 :

            Bizarre de voir comme vous vous emportez dès qu’un auteur vous suggère quelque chose... Ok, je ne dis plus rien. Vous avez raison, vous êtes super. Qu’est-ce que je me sens épaulé et rassuré par autant de vaillants syndicalistes. Merci pour tout ce que vous faîtes pour nous. C’est génial.

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            • Répondu par kamarade ! le 21 novembre 2009 à  14:46 :

              C’est à dire qu’en fait je n’ai pas compris ce que vous suggériez.
              J’ai relu vos messages, j’ai lu ce qui ne vous plaisait pas, le côté mou pas assez ceci ou pas assez cela, mais je ne vois pas ce que vous proposez.
              Mais peut-être que vous n’avez pas envie d’en parler.

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      • Répondu le 20 novembre 2009 à  17:40 :

        "Ils sont justement en position de force pour imposer leurs conditions aux éditeurs, bien plus qu’un auteur au succès moindre qui se verra viré s’il la ramène trop avec des exigences syndicalistes."

        Mouais... Staline aussi avec la concentration des pouvoirs était en position de force pour défendre l’intérêt des travailleurs. Ou bien vous êtes complètement naïf ou bien vous êtes un débutant, ou bien vous êtes un Bisounours.

        Prenons le cas de la revendication des droits audiovisuels qu’il ne faut plus céder au méchant éditeur. Vous croyez que les jeunes auteurs publiés dans Shampooing ne cèdent pas ces fameux droits audiovisuels à Monsieur Delcourt et que Monsieur Trondheim les défend ?

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        • Répondu le 20 novembre 2009 à  21:15 :

          OK, syndicat= Staline pour vous. La profondeur de votre réflexion me donne le vertige.

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          • Répondu par WallaSs le 21 novembre 2009 à  09:34 :

            où a-t-il dit ça ? il a simplement fait une comparaison, il n’a jamais dit que les syndicats étaient staliniens

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          • Répondu le 21 novembre 2009 à  09:52 :

            Non non non. Syndicat pas toujours égal Staline. Mais cessez de me faire croire que les auteurs qui ont créé ce syndicat sont tous des altruistes.

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            • Répondu le 22 novembre 2009 à  14:30 :

              cessez de me faire croire que les auteurs qui ont créé ce syndicat sont tous des altruistes.

              Eh bien si, les deux que je connais le plus, Trondheim et Arleston sont des altruistes. La défense des droits des auteurs (et pas que des leurs donc) est profondément dans leurs idées et leur caractères, sachez qu’il y a des gens qui ont des convictions.

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  • "Droit de réponse" du Syndicat BD à Henri Filippini
    20 novembre 2009 22:59, par Oncle Francois

    J’aimerai si vous le permettez apporter ma modeste contribution à cet intéressant débat.

    Quand on parle de partage de droits d’auteurs entre le scénariste et le dessinateur, il faut toutefois avoir à l’esprit que :

    A:les scénaristes importants dans l’histoire de la BD ont toujours été très productifs : Charlier, Lecureux et Ollivier (Vaillant Pif), Duval, Tillieux à partir de 1970, Maric,Marijac, Greg, Duchateau, Jodorowsky, Cothias, Letendre, Goscinny, Cauvin et Van Hamme par exemple. La moyenne de 44 pages produit par scénariste peut être de 4 à 10 albums par an dans le cas des plus prolifiques, ce qui n’exclut pas des réalisations hors BD : romans classiques, pièces de théatre, émission TV ou radio, nouvelles ou feuilletons dans la presse généraliste.

    B : difficile de comparer le nombre d’heures nécessaires à un excellent dessinateur classique (Hislaire, Druillet à ses débuts sans Pilote, Bourgeon, Hergé assisté de son studio)qui prendra parfois une semaine (voire un mois) pour produire une planche travaillée, magnifique à regarder, qui restera dans les annales de la BD, comme une superbe vision venue d’un monde extérieur, profondément artistique, évocateur, avec celui des adeptes de la ligne rapide et spontanée (je ne voudrai pas faire de peine à monsieur Salma et à ses amis, donc je ne donnerai pas d’exemples nominatifs) qui fournissent 4, 6 ou 8 albums par an. Ils sont surtout dans l’humour qui se prète bien à un travail réalisé dans l’urgence, sans doute avec l’efficacité du rire du lecteur comme objectif. Donc on peut penser à un amateur de la musique de Gainsbourg, à un natif d’une ville de Norvège qui s’habille en jeans de marque, voire à un familier du combat de rhu-(n)-es (arf arf !° j’espère que vous apprécierez cette marque d’humour subtil à la Greg).

    Voila mon point de vue personnel sur la question. Sachant qu’il me semble qu’avec les blogs, un auteur sans éditeur peut trouver le moyen de se faire remarquer s’il a du talent. Mais cette forme de publication semble avantager les dessinateurs d’humour. Comment peuvent faire des dessinateurs réalistes ?

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  • Si M. Fillipini voulait imposer un SMIC pour les créateurs de BD, il pourrait tenter de convaincre son patron grenoblois.

    Mouais, faudrait déjà qu’il balaye devant sa propre porte avant de dénigrer les autres éditeurs

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    • Répondu par Sergio Salma le 22 novembre 2009 à  10:52 :

      Je suis particulièrement étonné ( et même effrayé) par le fait que la plupart des interventions restent anonymes. Au moment où justement il y a débat pour défendre les individus et leurs différentes approches , n’y a-t-il pas là un vrai paradoxe ? Et si ces intervenants( on sent que la plupart sont auteurs ) ne signent pas, cela veut-il dire qu’ils se sentent en danger ? Inquiétant.

      Les différents points de vue sur ces multiples questions peuvent encore une fois amener à la conclusion que jamais une charte simple ne sera édictée ; il y a une violence chez beaucoup à défendre leur façon de voir. Mais le simple fait de voir que toutes ces propositions sont envoyées et non signées prouve bien des choses sur le climat dans lequel pas mal de gens vivent.

      Chaque projet doit amener un type de contrat différent. Quand on est soi-même auteur complet sur un projet, scénariste sur un autre, co-auteur sur un troisième, les contrats à négocier sont très différents.

      Le temps de réalisation n’a rien à faire dans le débat sur les droits d’auteur.

      Des dizaines de paramètres sont à étudier. Si je fais une bande dessinée a priori casse-gueule pour tout le monde, je peux comprendre que l’éditeur et moi on prenne un risque. Si en revanche, l’éditeur voit arriver un projet d’un ou plusieurs auteurs reconnus, les conditions ne seront pas les mêmes.

      Dans tous ces métiers il s’agit de négociations au coup par coup. Cela dépend du niveau de notoriété, cela dépend aussi de l’éditeur chez qui on propose ce projet. Quels moyens a-t-il ?
      Est-ce un projet habituel dans son catalogue ? Le plus simple souvent pour un éditeur est de ne pas éditer. Dès qu’il engage le processus, il doit calculer au plus juste. Aux auteurs de voir si ces calculs correspondent aux leurs.

      C’est à chacun de voir et d’adapter ses possibilités , qualités et défauts.
      Pardon d’être un brin matérialiste mais entendre parler d’un Smic me semble quand même un peu dérisoire. On choisit un certain métier pour sa liberté , il faut en tirer les conséquences. Nous avons l’obligation d’adapter nos capacités à nos besoins. Il faut apprendre à se protéger et surtout anticiper les soucis éventuels. C’est une profession où il faut se prendre en main .

      Un syndicat peut sans doute aider beaucoup d’artistes qui sont sans arrêt débordés. Les débutants mais aussi les autres dont les situations évoluent sans cesse. Un syndicat pourra venir à la rescousse mais il me semble que là il sera déjà trop tard. Au moment où un auteur a des soucis avec son éditeur , ça veut dire pas d’entrée d’argent, donc mauvaise atmosphère pour tenter de rebondir sur un autre contrat et c’est donc mal embarqué.

      Si je défendais l’idée d’un syndicat, ce serait pour donner des informations essentielles quant aux démarches en amont . Il y a une série de procédures, un timing qu’il faut connaître et anticiper pour éviter les déconvenues. La plupart (tous ?) des auteurs sont déconnectés des réalités (sans compter que la vraie vie elle aussi continue) et ils ont besoin d’être épaulés. Les discussions entre auteurs sont très souvent inutiles car elles ne prennent pas en compte l’individualité.
      Chaque auteur est éminemment unique. Et un dessinateur très rapide qui travaille pour la presse n’envisage pas la vie et le travail de la même façon qu’un auteur qui aime les longs récits . Instinctivement, on va vers des projets qui nous ressemblent. Il faudrait à chaque fois savoir dans quel cas de figure on est et connaître les possibilités.

      le monde de l’édition traverse la crise comme le reste de la société. Un syndicat qui se crée à ce moment est indispensable mais prouve aussi que les priorités n’ont vraiment pas été respectées. On se met à fabriquer des bouées de sauvetage alors que le bateau est en train d’affronter du gros temps.

      Sacré Oncle François avec ses approximations . Les scénaristes d’antan étaient très productifs. Les auteurs d’aujourd’hui bâclent. .

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      • Répondu le 23 novembre 2009 à  09:02 :

        Les belges sont bien plus libéraux que les français...

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      • Répondu le 23 novembre 2009 à  14:12 :

        Pourtant il me semble qu’une base de contrat commune serait bien utile. Au moins pour ceux qui débutent.
        Elle pourrait être mise au point de la façon la plus réaliste possible. Les rémunérations, pourcentages et autres pourraient être ensuite négociés. Mais au moins les erreurs les plus courantes et les clauses douteuses acceptées par les jeunes auteurs pourraient être évitées. Les syndicats et autres organismes de défenses connaissant bien ce contrat pourraient mieux le défendre et on saurait aussi quels éditeurs le refusent et pourquoi...
        En fait j’ai un peu l’impression qu’auteur de BD c’est un métier seulement pour ceux qui le sont...

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  • C’est pas le syndicat qui est mou, c’est les auteurs !
    23 novembre 2009 11:37, par Joseph Behe

    Merci Sergio, moi aussi je suis consterné par l’anonymat des réponses.
    J’en tire la même conclusion, c’est pas un très bon signe. Les auteurs sont terrorisés à l’avance d’un éventuel conflit avec les éditeurs. Ca en dit long sur la l’état d’esprit des auteurs.

    Cela dit les choses bougent : Les auteurs qui sont dans le groupement BD du Snac passent beaucoup de leur temps pour obliger les éditeurs à respecter les contrats. Certes, c’est pas la révolution, mais c’est déjà un pas énorme.
    J’ai vu des dizaines d’auteurs se faire aider (On n’en fait pas grand cas, car quand les éditeurs régularisent la situation, on ne leur fait pas de procès public)
    Pour répondre à Sergio sur l’aspect "conseil aux auteurs", d’autres collectifs d’auteurs se créent. Certes, ils n’ont pas la vocation du syndicat qui peut payer des actions en justice, mais ils ont plus une vocation professionalisante : L’ÉPICERIE SÉQUENTIELLE à Lyon, l’ADABD à Angoulême et plus récemment LE GRILL à Strasbourg.

    Au Grill (dont je suis aussi un membre fondateur) (et qui regroupe plus d’illustrateurs que d’auteurs BD à proprement parler), nous avons une base de données où nous regroupons les conditions des contrats passés. Nous avons un forum par mailing liste. Nous proposons des formations professionnelles (techniques, mais aussi juridiques et de gestion) et nous proposons à nos adhérents une expertise juridique gratuite.
    Nous sommes pour l’instant, financés par la Région Alsace, l’ADAGP, la SOFIA et la Ville de Strasbourg. (ce qui exclut d’en faire un syndicat) Le syndicat est complémentaire, il est à vocation plus défensive que professionnalisante.


    Pour répondre aux auteurs anonymes de ce forum : NON, ce qui est mou, c’est pas le syndicat, ce sont les auteurs en général.

    pour faire un (trop) rapide constat (en enfonçant quelques portes ouvertes), beaucoup de facteurs nous poussent à la mollesse.

    1. LES AUTEURS N’AFFRONTENT PAS LA RÉALITÉ.
    Beaucoup d’auteurs (principalement les dessinateurs) préfèrent passer des heures bien tranquilles sur leur table à dessin avec l’excuse que "c’est tellement mal payé qu’on a pas le temps pour autre chose" (les comptes, les contrats, la sécu, la retraite...). C’est d’autant plus facile que pour créer, il faut se dégager de la vie courante et plonger dans des mondes imaginaires "ou tout n’est que luxe, calme et volupté".

    2. LES CONTRATS SONT SIGNÉS PAR DES AMATEURS SANS MÉMOIRE :
    Que sait un auteur, qui a démarré sa carrière en 1990, des contrats signés en 1970, en 1980 ? Et s’il lui prend l’idée de chercher, où peut-il trouver l’information ? En face, les éditeurs savent ce qu’ils accordent ou pas, ils négocient des centaines de contrats par an. Ils ont la mémoire et les avocats qui travaillent dessus. De plus, ils sont habitués à négocier avec les imprimeurs, les papetiers, les libraires, les diffuseurs négocient tout naturellement avec les auteurs. Ils avancent en terrain mou.
    Les auteurs ne sont pas formés à la négociation, dans ce domaine presque tous sont des amateurs, même des "grands". Dans d’autres branches artistiques rien n’est signé sans agent. Je ne dis pas que les agents sont la panacée, mais ils remplissent un rôle important d’interface professionnelle entre les auteurs et les éditeurs. Les agents, eux auraient au moins la "mémoire des contrats"

    3. L’INFLATION DES TITRES :
    Cela a été développé précédemment, je n’insiste pas.

    4. LA FORCE DE LA CRÉATIVITÉ :
    c’est un aspect essentiel qui favorise le dumping... "la puissance du moteur créatif". Même dans une société où les éditeurs ne verserait AUCUN droit d’auteur, ceux-ci continueraient tout de même de créer. Cela explique la prolifération des maisons d’éditions qui déjà ne versent plus d’à-valoir par exemple. Ces éditeurs se retranchent derrière le fait qu’eux-même ne gagnent "pas plus que l’auteur". Dans la réalité, ces éditeurs "pauvres mais indépendants" feront gagner leur vie aux imprimeurs, diffuseurs, libraires... qui se servent tous de ce "moteur créatif" gratuit.

    5. LES CONDITIONS D’EXERCICE DE NOS MÉTIERS :
    Il est plus sympa de se lever à 10h, de prendre un café-clop tranquillement en jetant un coup d’oeil à la planche de la veille... que de se lever à 5h du matin pour aller travailler sur un chantier sous la pluie à se faire enguirlander toute la journée. L’envie d’être "auteur de BD" est phénoménale (je suis chargé de cours à l’ESADS Strasbourg, je sais de quoi je parle). Pour rentrer "dans le métier" les jeunes auteurs sont prêts à beaucoup de sacrifices (payés souvent encore plus lourdement par leur entourage).


    Je n’ai pas hésité une seconde lorsque j’ai eu les premiers mails sur la création du syndicat. Le moment était venu de mettre les choses en route (même si la mise de départ était conséquente)
    J’ai compris que c’était vital et important quand nous avons eu les premières réactions des éditeurs. Notamment par la virulence de certains éditeurs.
    Les auteurs que j’ai croisé dans le syndicat ne sont pas des bisounours. Ils travaillent concrètement, comme ils le peuvent sur un principe de réalité.
    Et ceux qui trouvent que c’est pas assez, qu’ils se questionnent sur leurs motivations réelles à faire changer les choses.

    Le Grill
    http://www.legrill.org

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    • Répondu le 23 novembre 2009 à  17:00 :

      Le dessinateur est mou et le scénariste est dur... mouais... c’est simpliste...

      En tout cas, j’ai bien été obligé de jouer l’avocat du diable en postant pas mal de commentaires pour commencer à vous faire réagir en nombre. Le plus difficile est rarement d’apporter des réponses mais d’inventer des questions.
      Internet est quand même un super outil pour observer, analyser et manipuler l’opinion... Je suis certain que les éditeurs les plus malins s’en servent.

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    • Répondu par BZH le 23 novembre 2009 à  19:25 :

      Il est plus sympa de se lever à 10h, de prendre un café-clop tranquillement en jetant un coup d’oeil à la planche de la veille... que de se lever à 5h du matin pour aller travailler sur un chantier sous la pluie à se faire enguirlander toute la journée.

      Allez, Cosette et les trois orphelines carrément ou les Misérables !!!!
      Engueuler ??? Tu vois, perso, c’est plutôt moi, qui passait des branlées aux 43 acheteurs sous mes ordres et pour négocier, ben c’était notre taf de tous les jours, pour des sommes qui te fileraient le vertige ;)

      Alors le dessineux sous la pluie du chantier et ayant peur d’aller parler argent avec l’éditeur, et ben, un peu raté sur ce coup là !

      Juste un coup de gueule contre la généralisation stéréotypée à outrance ( tous dans le même sac et pas une seule tête qui
      dépasse chez les dessineux sans courage )

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  • SI ON PARLAIT CHIFFRE...
    27 novembre 2009 12:51

    Admettons qu’un dessinateur débutant soit payé à l’équivalent du SMIC par son éditeur, il devrait gagner au moins 12 000 euros net pour un album (puisqu’il faut un an pour faite un album de BD honnête ). 12 000 divisé par 44 planches = 272 euros (arrondi) par planche. Or les éditeurs ne payent actuellement que 120 à 150 euros par planche à un débutant. Ensuite il lui font miroiter des royautés (pourcentage sur les ventes ) de 8 pour cent ( pourcentage habituellement offert aux débutants ) ; soit sur un album à 10 euros : 0,80 cents d’euros par album vendu. et encore à la condition que l’éditeur ne considère pas que chaque planche payée EST une avance sur les royautés à venir (ce qui est souvent le cas ! )
    Donc notre débutant à touché (allez soyons sympa) 150 X 44 pages = 6600 euros d’avances et il lui manque à gagner 5400 euros pour boucler son année.
    Il faudra donc que son album se vende à plus de 6750 exemplaires dans l’année pour qu’il gagne cette somme. Mais malheureusement, les éditeurs ne tirent pas les albums de débutant à plus de 3 ou 5 000 exemplaires de nos jours. ET en plus notre dessinateur est à son compte (et oui, ce n’est pas un métier salarié) , donc il doit encore payer ses charges...

    Du coté éditeur : il a déboursé 2 euros par album pour frais d’impression ( 3000 ex X 2 = 6000 euros ) et une avance de 6600 euros au dessinateur, soit un total de 12600 euros. Les librairies vont vendre sont album 10 euros mais ne lui reverse que 6 (40 pour cent de ristourne, c’est comme ça que ça fonctionne ) . Si les 3000 albums sont vendus dans l’année (mais ne rêvont pas...) il fera donc un Chiffre d’affaire de 3000X 6 = 18000 - 12600 = 5400.
    Bien sûr il lui reste aussi , à notre éditeur ses frais de structures (personnel, etc. ) , mais par contre il n’aura pas lui passé un an sur l’album, tout au plus un mois.

    En conclusion , et dans ce cas, le point mort (seuil de rentabilité de l’album) sont différent chez l’auteur et chez l’éditeur. En dessous de 2100 album vendu, l’éditeur perd de l’argent, et en dessous de 6750 albums vendus le dessinateur perd de l’argent.

    Oh flûte, j’allais oublié... et le scénariste la dedans !

    Alors à votre avis dans les grandes structures d’éditions, qui risque gros ? et ne peut-on pas décemment augmenter les auteurs ?

    à vous de juger maintenant.

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    • Répondu le 27 novembre 2009 à  15:05 :

      puisqu’il faut un an pour faite un album de BD honnête

      Ce genre de déclaration débile met à terre l’argumentaire d’entrée de jeu.

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      • Répondu le 27 novembre 2009 à  19:19 :

        vous pouvez étayer votre commentaire ? un an c’est une moyenne, tous les dessinateurs de BD (franco-belge s’entend, puisque l’on parle de l’industrie du livre français ) vous le diront.

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        • Répondu par LC le 27 novembre 2009 à  23:26 :

          un an c’est une moyenne,

          Si c’est une moyenne, certains mettent plus d’un an et d’autres moins d’un an, je ne vois pas en quoi ceux qui mettraient moins d’un an ferait un album de BD malhonnête (puisque, c’est vous qui le dîtes "il faut un an pour faite un album de BD honnête").

          Vous semblez ignorez qu’Uderzo a longtemps fait bien plus d’un album par an, jusqu’au début des années 70 il faisait deux astérix par an, plus au début des années 60 des albums des Chevaliers du ciel et d’Oumpah-Pah. Que Morris faisait aussi plus d’un Lucky Luke par an, et que Hergé a réalisé 5 albums de Tintin (du Crabe aux pinces d’or aux 7 boules de cristal) en 3 ans, de septembre 1941 à septembre 1944 (publiés dans le Soir volé).

          Classez-vous tous ces chefs d’oeuvre dans la catégorie des
          albums de BD pas honnêtes ?

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          • Répondu le 28 novembre 2009 à  06:20 :

            Je n’ai pas dit pas dit qu’une BD faite en moins d’un an était malhonnête et ce n’est pas le sujet de la conversation, monsieur le borné !

            Ici on parle des revenus des dessinateurs et des éditeurs et ... de chiffres !

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          • Répondu le 28 novembre 2009 à  08:28 :

            Hergé travaillait en équipe et ne dessinait pas tout. quand à uderzo, morris etc, vous ont-ils dit combien d’heures ils passait par jour derrière leur planche à dessin pour avoir une telle production... parfois 10 heures ? et si ils dessinaient tant... c’est qu’ils avaient besoin de croûter , ce qui revient à dire qu’il faut toujours un an à compter de 7 heures de dessin/ jour pour faire un album. Quoi qu’il en soit les chiffres donnés précédemment dans cet article sont proche de la réalité , puisqu’ils viennent directement de pros !

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            • Répondu par Nat le 28 novembre 2009 à  12:54 :

              Je crois quand même que passé un certain niveau, il est possible de faire un à deux albums par an. En travaillant 6j sur 7 et en moyenne 8 à 10 h par jour, c’est envisageable. Il y a certains caps à passer. Les 5 premières années sont difficiles. Il faut le temps de se faire la main, un nom et toucher des royalties. Je parle en tant qu’auteur réaliste. Pour un dessin plus lâché, les chiffres sont différents. Ca n’est pas plus simple, mais, me concernant, un peu plus rapide. Après, chaque dessinateur est différent et le prix de planche dépend de tellement de choses différentes ; la notoriété de l’artiste, le projet, les ventes de la série, l’intérêt de l’éditeur pour certains thèmes particuliers...Pour l’instant, c’est la jungle...

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            • Répondu par LC le 28 novembre 2009 à  13:56 :

              Vous êtes tous deux (si vous êtes bien deux) d’une mauvaise foi sidérante. Et, à l’époque citée, Hergé travaillait seul sur ses albums, ce n’est que sur Les 7 boules de cristal que Jacobs l’a rejoint pour mettre en couleurs les précédents albums. Quand au rythme de travail d’un Uderzo ou d’un Morris, il n’est pas différent d’un auteur actuel, mais si vous comptez dans les heures de travail le surf sur le net, les coups de fil aux copains, les pauses café/pastis/wiskie (selon l’heure), le temps passé sur la planche est fortement diminué.

              Effectivement, si vous considérez "qu’il faut un an pour faire un album de BD honnête", j’en déduis que vous considérez qu’un album bd ayant demandé moins d’un an est un travail pas honnête. Si vous voulez être bien compris la prochaine fois, n’utilisez pas ce genre de formule stupide et lapidaire qui ne veut rien dire.

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    • Répondu par Xav le 28 novembre 2009 à  12:45 :

      Mouais.... C’est pas si simple... Déjà, un dessinateur débutant met assez souvent plus d’un an pour faire son premier album. Le prix de planche est très variable d’un éditeur à l’autre. 120 à 150 euros par planche, est-ce pour vous avec le scénario et la couleur ? Ok, vous avez fait une sorte de moyenne, mais il y quand même pas mal de variables d’ajustement.

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