Drones (Runberg/Louis/Daviet) : suite et fin du diptyque au Lombard

27 juillet 2016 0 commentaire

Le premier tome de ce diptyque nous avait attiré par sa thématique porteuse. Le scénariste Sylvain Runberg y abordait la thématique de ces drones pilotés par des soldats complètement détachés du terrain, comme dans un jeu vidéo en quelque sorte : cette lecture critique d’un guerre "gamifiée" constituait à nos yeux un coup gagnant, d’autant qu’il était servi par le dessin de Louis, qui nous avait notamment enchanté avec Tessa et 42 A.I.. L’affiche annonçait une réussite.

Malheureusement, à l’issue du deuxième tome, le bilan est plutôt maigre.

Drones (Runberg/Louis/Daviet) : suite et fin du diptyque au Lombard

Au-delà de leur présentation dans le premier volume, les personnages de Runberg manquent singulièrement de relief, et même lorsque les événements se déchaînent, on peine à ressentir leurs émotions, comme si la distance créée avec les drones s’était transmise au lecteur. Le sens de certaines actions demeure flou, alors que 96 pages auraient permis d’aller plus en profondeur sur pas mal d’éléments. Les séquences de questions-réponses aux journalistes auraient par exemple pu être retirées. Leur ton froid domine l’album.

Le dessin de Louis n’est pas étranger à ce bilan mitigé. Est-ce l’atmosphère militaire qui a tétanisé ce dessinateur habituellement prolifique en détails ? Que l’on passe de l’intérieur d’un cachot à un bloc militaire, les arrières-plans restent relativement nus. Certes, les scènes d’action sont formidablement rendues et on ressent le véritable travail de documentation réalisé sur les drones, mais au-delà de ces prouesses techniques, une grande partie des planches réalisées manque d’âme, tout simplement.

D’un tel duo d’auteurs chevronnés, on attendait mieux...

CLD

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Lire notre chronique du premier tome de Drones

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