En Belgique, le roi s’amuse (d’une bande dessinée)

29 juin 2007 0 commentaire

On a beau dire, même dans une situation politique inextricable, les Belges gardent leur humour. Les dernières élections législatives belges avaient laissé le pays dans une confusion politique sans précédent. La victoire des Chrétiens démocrates flamands (CDV) signifiait un changement de gouvernement et la nécessité de constituer une nouvelle coalition, tandis que les partis du centre avaient progressé en Wallonie au détriment des Socialistes, deuxième force politique du pays. La constitution d’une coalition gouvernementale qui doit obligatoirement compter des partis francophones et flamands devenait "très difficile" selon la plupart des observateurs.

Dans ces cas-là, le roi des Belges Albert II joue un rôle-clé. Il est parfois amené à concilier l’inconciliable. Comme cela est prévu par la constitution, Sa Majesté Albert II demande à un informateur de consulter les différentes forces politiques sorties des urnes afin de proposer une formule de coalition. Ensuite, un formateur est nommé, en général issu du parti majoritaire, qui forme le gouvernement et qui, très souvent, en devient le premier ministre. Le chef du parti libéral francophone, M. Didier Reynders, avait été nommé informateur.
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Or, dans cette période critique, Sa Majesté a fait une mauvaise chute dans son château de Laeken et s’est brisé le col du fémur, ce qui nécessita une opération qui, à 73 ans, n’est pas une mince affaire. L’intervention semble néanmoins s’être déroulée de manière satisfaisante.

Venu rencontrer le roi dans le cadre de ses fonctions constitutionnelles, M. Reynders –que l’on sait grand amateur de BD (ministre des finances, il avait considérablement aidé le Centre Belge de la Bande Dessinée)- a eu l’idée aussi incongrue qu’originale d’offrir au roi une reproduction d’une scène célèbre des Tintin et les Bijoux de la Castafiore, celle où le Capitaine Haddock en train de s’étaler de tout son long sur les escaliers de Moulinsart. Le roi a compris l’allusion et a paraît-il beaucoup ri. Heureusement, car sinon, notre informateur aurait fait un faux pas…

DP

En médaillon : Didier Reynders. Photo : Daniel Fouks/CBBD.

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