Encore une « larcenèterie » de Manu Larcenet

24 juin 2011 19 commentaires
Encore une « larcenèterie » de Manu Larcenet
Manu Larcenet, en 2006
(c) Nicolas Anspach

En Mars 2010, Jean-Claude Mézières déclarait à ActuaBD qu’il n’était pas opposé à ce que d’autres auteurs apportent des « miroirs déformants » sur Valérian et Laureline, les personnages qu’il a créés avec Pierre Christin. Il n’y mettait qu’une seule condition : « Je ne veux pas qu’un dessinateur fasse du sous-Mézières ! ».

Au travers cette petite phrase d’apparence innocente, le dessinateur parisien nous dévoilait un coin de l’ambitieux cahier des charges mis en place par Dargaud autour de la saga de science-fiction créée dans Pilote en 1968.

En surfant sur le site d’information d’un groupement de libraires néerlandophones, De Stripspeciaalzaak, nous tombons sur quelques images d’un prochain album de Valérian vu parManu Larcenet. Nous n’étions donc pas surpris.

De passage aux éditions Dargaud à Bruxelles, le rédacteur en chef d’ActuaBD, Nicolas Anspach, en parle à l’attachée de presse de l’éditeur et annonce qu’il a l’intention de publier une brève à partir de ces éléments. Celle-ci s’en trouve ravie. Après tout, l’album sortant en octobre, il est normal de commencer à en faire le buzz. Nous sommes contents car, dans notre rédaction, nous affectionnons particulièrement Mézières et Christin. Il faut noter que cette info est loin d’être un scoop : elle traîne sur les forums depuis des mois et Larcenet a rendu ces pages publiques sur son propre site depuis janvier dernier (Il vient subrepticement de les retirer).

ActuaBD ne devait-il pas en informer ses lecteurs ? Bien entendu, comme toujours lorsqu’un album est dans sa phase promotionnelle et en application de l’exception du droit de citation que nous accorde la loi sur le droit d’auteur (ces visuels sont montrés quotidiennement aux libraires qui prennent les commandes pour l‘album), nous publions des images qui viennent appuyer cet article d’actualité. Aucune des images publiées sur ce site n’ont fait l’objet d’un accord préalable de publication, comme il est de règle dans la presse. Même nos amis de Moulinsart ont compris cela.

« The French "comics mafia" »

Quelques minutes après la publication, nous recevons un mail embarrassé de Dargaud (Paris) nous demandant gentiment de retirer ces visuels. Comme c’est demandé gentiment, nous nous exécutons. Nous trouvons cela un peu bizarre et nous en faisons part à nos lecteurs. « Encore une larcenèterie ! » écrit Didier Pasamonik, notre éditeur adjoint, en réponse au service de communication de l’éditeur.

Il ne croit pas si bien dire : quelques minutes plus tard, Sa Suffisante Punkitude vient poster lui-même en-dessous de l’article : « Ce qui est bizarre, c’est qu’il est bien spécifié sur mon site que toutes les images sont copyright et qu’il est interdit de les diffuser hors de leur lieu d’origine. Manifestement, vous ne vous êtes pas plus embarrassé de scrupules que tous les autres qui eux, entre parenthèse, ne sont pas des journalistes, pour piquer ces images sans prendre même la peine d’en demander l’autorisation. Voilà ce qui est bizarre, même venant de vous. » écrit-il.

Un Nick Rodwell des pâturages

Là, il est nécessaire de faire un petit rétroacte. Colérique et incontrôlable, comme le témoignaient naguère les Inrockuptibles, SSP Larcenet a les critiques et les forums de BD dans le collimateur depuis longtemps. Il a même fait une BD pour tourner les critiques en ridicule (Critixman, Les Rêveurs). Rien à redire, c’est son problème et c’est son droit.

Là où il commence vraiment à nous les brouter, c’est qu’en Nick Rodwell des pâturages, beaucoup moins connaisseur du droit que lui, il se pique de mettre des copyrights partout (un truc anglo-saxon) et s’arroge le droit même de faire retirer des images qui ne lui appartiennent pas.

Il avait déjà tenté le coup chez nous en exigeant de nous faire retirer un dessin de Joann Sfar. Nous avons raconté toute l’histoire dans un article à ce propos. Même le dessinateur du Chat du Rabbin en était embarrassé. L’affaire défraya la chronique jusqu’en pays étrangers, comme dans cet article au titre évocateur : « The French « comics mafia » and other follies », lequel ne se gêna pas de reproduire le dessin litigieux.

On vous passe les charges et autres invectives qui ont fait suite sur le blog d’un auteur qui adore accuser les autres de malhonnêteté alors que, pour sa part, il y publie des vidéos musicales sans demander l’autorisation préalable de quiconque. Que fait l’Hadopi ?

Des personnages et un univers qui ne lui appartiennent pas

Dans cette affaire-ci, même chose : SSP Larcenet prend en otage les personnages de Mézières et Christin qui ne lui appartiennent même pas et prétend que ce dessin est sa propriété. Or, là encore, c’est un mensonge. Il en est, au mieux, co-propriétaire puisqu’il en a cédé les droits aux éditions Dargaud et que Mézières et Christin en sont les co-auteurs.

Sa Suffisante Punkitude préfère publier seul ces images sur son blog, pérorant de façon méprisante sur les journalistes, pleurnichant sur sa triste condition d’auteur best-seller, faisant le siège d’honnêtes attachées de presse qui, pour ne pas faire de vague, en sont réduites à demander gentiment à des sites comme les nôtres de retirer des images dont il s’arroge la propriété exclusive, alors que nous ne faisions que d’en faire la promo.

Que la chose soit écrite : les vraies victimes de cette affaire-là ce ne sont certainement pas SSP Manu Larcenet et son œuvre, ce sont Valérian, Laureline, Mézières et Christin, pris en otage par un égo insupportable qui a tout simplement peur que l’on critique son travail.

Il va falloir pourtant le faire, le moment venu...

Nicolas Anspach et Didier Pasamonik

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

 
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19 Messages :
  • Encore une « larcenèterie » de Manu Larcenet
    24 juin 2011 14:04, par Wayne

    en tant qu’auteur (très très modeste), je suis évidemment un fervent supporter des droits d’auteur et du copyright. Mais là je ne comprends pas la réaction de Larcenet... Ces planches précises sont soumises à droits pour lui, Dargaud et Christin-Mézières, OK, donc il a à priori le droit de dire non, MAIS pas dans un cadre de "droit de citation" pour une promo. Et ça normalement ça doit être écrit qqpart dans son contrat avec Dargaud. Je pense que Dargaud ne demande pas à tous ces auteurs, un par un, l’autorisation de diffuser des extraits des albums dans le cadre de promo ou d’articles de presse, sinon ça n’en finit plus !

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  • C’est de l’information ? Ou vous crevez un abcès ? J’avoue qu’en tant que lecteur lambda, je suis un peu "interloqué". En milieu de lecture, je me suis même demandé si je n’étais pas au milieu d’une cours de récré (pourquoi lui mettre un sobriquet ? pour informer, blaguer(...) ou insulter ?). Sans partie pris, j’ai eu l’impression de lire la sentence d’un "tribunal sur la place publique".
    En tant que journaliste, ne devez-vous pas vous mettre au-dessus de la mêlée ?

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    • Répondu par Didier Pasamonik (L’Agence BD) le 24 juin 2011 à  15:14 :

      C’est de l’information ?

      Bien entendu. Il est temps de rectifier la désinformation mise en place par M. Larcenet qui a une vision toute personnelle du droit de la presse. Notre article est de bonne foi et d’intérêt général. Il répond à une mise en cause de notre site par M. Larcenet.

      Ou vous crevez un abcès ?

      L’un n’exclut pas l’autre. Il est vrai, et je ne suis pas le seul, que les dérapages de M. Larcenet commencent à nous agacer sérieusement. Nous ne pouvons pas laisser ce genre de comportement proliférer sans réagir. Nous nous réclamons de la liberté d’expression qu’il essaie de réprimer avec ses oukases ridicules. Les insultes à l’égard des journalistes et des critiques ne manquent pas sur son blog.Alors, oui, réglons nos comptes.

      Par ailleurs, ces dessous du métier intéressent une partie de notre public. Ces questions sur le droit d’auteur concerne certains qui nous lisent. Nous exerçons avec ce genre d’article, que vous le veuillez ou non, une pédagogie.

      J’avoue qu’en tant que lecteur lambda, je suis un peu "interloqué".

      Nous ne pouvons pas complaire à tous les fanboys de M. Larcenet. Je m’attends à d’autres réactions comme les vôtres.

      En milieu de lecture, je me suis même demandé si je n’étais pas au milieu d’une cours de récré

      Ça c’est l’argument facile. Sur le fond, vous ne vous prononcez pas.On doit vous parler de BD sans vous donner de visuel à voir sous prétexte qu’un auteur nous a dans le pif ou parce qu’il chie d’avance dans son froc des critiques qu’il peut recevoir ? Nous ne sommes pas dans cette puérilité, contrairement à ce que vous voulez bien nous faire croire.

      (pourquoi lui mettre un sobriquet ? pour informer, blaguer(...) ou insulter ?).

      Ça, Monsieur, c’est un style. Les sobriquets touchent toutes les personnes publiques, ouvrez le Canard enchaîné et vous en verrez des tas. C’est une façon amusante d’écrire, sinon ce serait trop sérieux. Nous sommes dans la caricature, au même titre que quand Larcenet épingle Critixman.

      Sans partie pris, j’ai eu l’impression de lire la sentence d’un "tribunal sur la place publique". En tant que journaliste, ne devez-vous pas vous mettre au-dessus de la mêlée ?

      Mais votre intervention suinte le parti-pris. Vous est-il venu à l’esprit qu’il existe un journalisme d’opinion, que la prétendue neutralité que vous prétendez invoquer pour les journalistes n’est qu’une vue de l’esprit ? La pire des choses est un journalisme fade, formaté, neutre, pravdéen. Nos lecteurs savent où ils sont quand ils viennent ici, ou ils s’en aperçoivent bien vite.Nous avons le droit d’interpeller, d’invectiver s’il le faut, de nous tromper aussi.

      Un journaliste n’a pas à être au-dessus de la mêlée (vous, lecteur, vous l’êtes). Il est dans la mêlée. L’opinion est un combat.

      Larcenet est, en son genre et toute proportion gardée, un petit tyran (je vais finir à préférer les "dictateurs graphiques", si ça continue).

      Lisez son blog :

      "D’ailleurs, parfois, une sorte de martien m’envoie un mail pour me demander simplement l’autorisation de reproduire les images. D’abord je regarde ce que le gars veut en faire et, si rien n’est douteux, je le laisse utiliser comme il l’entend."

      On devine ce que veut dire douteux dans un esprit comme le sien.

      Le coup du pauvre auteur brimé quand on vend comme lui des centaines de milliers d’albums, ça ne marche pas.

      La liberté de la presse, il s’assoit dessus. Il veut des laquais à sa botte. Nous ne sommes pas ses laquais et ses vitupérations nous font rire.

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      • Répondu par V.R. le 24 juin 2011 à  18:44 :

        Je me doutais d’avance d’une "discussion" impossible avec vous, a part les fautes d’orthographes et de chronologie que vous corrigez volontiers (merci pour "parti-pris" :) ), le reste, ça vous est difficile à entendre. Oublions.

        Par contre, y a sous-entendu ici, non ? : "Nous ne pouvons pas complaire à tous les fanboys de M. Larcenet. Je m’attends à d’autres réactions comme les vôtres."

        Je suis un fanboy de Larcenet ? Si il y a ce sous-entendu journalistique (le style, d’opignon), je tiens juste à corriger sans me justifier : non.

        Sans rentrer dans vos... développements, beaucoup de choses arrivent à mon esprit, merci de vous en inquiéter :)

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    • Répondu par franck aveline le 24 juin 2011 à  18:52 :

      Sans partie pris, j’ai eu l’impression de lire la sentence d’un "tribunal sur la place publique". En tant que journaliste, ne devez-vous pas vous mettre au-dessus de la mêlée (...)

      Juste quelques mots de Charles Baudelaire afin de rappeller à certains l’essence de la critique en cette ère de publi reportage, de copinage, de position et d’écriture consensuelles : "Je crois sincèrement que la meilleure critique est celle qui est amusante et poétique ; non pas celle-ci, froide et algébrique, qui, sous prétexte de tout expliquer, n’a ni haine ni amour, et se dépouille volontairement de toute espèce de tempérament (...) Pour être juste, c’est-à-dire pour avoir sa raison d’être, la critique doit être partiale, passionnée, politique, c’est-à-dire faite à un point de vue exclusif, mais au point de vue qui ouvre le plus d’horizons."

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  • Soyons brefs...
    24 juin 2011 16:55, par Arnaud

    Larcenet est un très grand auteur de Bandes Dessinées ! Il a un talent remarquable et manie avec un égal bonheur émotion et humour, mêlant parfois adroitement les deux.
    ....
    Et il vaut mieux s’arrêter là parce que le reste devient vite désagréable...

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    • Répondu par franck aveline le 24 juin 2011 à  20:46 :

      Et il vaut mieux s’arrêter là parce que le reste devient vite désagréable...

      J’ai eu le plaisir de le rencontrer lors d’un entretien pour la revue L’Indispensable. Il était alors disponible,simple, humain et sympathique en diable (certains objecteront avec raison que c’était il y a 10 ans)et déjà, effectivement, bourré de talent(s). Ce qui lui est reproché, peut-être à raison, a du mal à effacer mon sentiment (certes, "historique").

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  • Encore une « larcenèterie » de Manu Larcenet
    24 juin 2011 17:18, par Argelès

    J’ai vu il y a 2 ou 3 semaines Larcenet à la télé dans "Ce soir ou jamais", ce monsieur a joué à la racaille en se levant et allant s’asseoir à côté d’un intervenant qui avait dit quelque chose qui n’avait pas plu à Monsieur Larcenet, collant au plus près, menaçant physiquement par sa présence et verbalement, avec sa casquette de rappeur (tenue bien ridicule sur un homme de presque 50 ans). Bref, quoiqu’on pense de l’auteur, l’homme a des manières bien peu respectables.

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  • Etant moi-même auteur, tout petit auteur, si je ne veux pas voir diffuser mes dessins, je ne les mets pas sur le net. Donc si un dessinateur ne veut plus voir diffuser ses dessins inédits sans sa permission (ce qui est, bien entendu, son droit) , il lui suffit de ne pas les mettre lui-même sur le net. Ainsi ils resteront inédits sauf pour lui. Et si les journalistes ne parlaient pas de son travail une fois celui-ci publié, tout resterait confidentiel... On ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre, plus la culotte de la fermière. Et certains artistes sont ainsi : ils veulent tout. Comme un acteur qui veut être reconnu, célèbre et célébré mais veut aussi pouvoir vivre une vie heureuse sans paparazzi et autre voyeur. Pas possible. Il faut choisir.

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    • Répondu le 24 juin 2011 à  21:12 :

      Je suis d’accord, surtout en ces temps de surproduction ou des dizaines d’auteurs rêvent de voir une de leur planche sur un site de bd. C’est franchement déplacé. J’imagine que du haut de sa tour d’argent il ne se rend plus compte des réalités du monde de la création et de l’édition. En principe, c’est l’inverse, on se plaint à son attaché de presse de ne pas être assez médiatisé.

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      • Répondu le 25 juin 2011 à  15:56 :

        Effectivement, c’est d’une indécence rare en comparaison à une bonne partie des autres auteurs qui n’ont pas l’occasion de faire parler d’eux de la sorte et qui aimeraient pouvoir bénéficier de publicité bienfaisante pour leurs ventes.
        Le don, le talent, si fort soit-il, ne justifie pas la puanteur de l’égo et ses conséquences.... Bref le mieux avec ce mec, serait de ne plus parler de lui.... du tout.

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    • Répondu par Maester le 3 juillet 2011 à  12:00 :

      Cher auteur,
      il me semble que vous avez une vision un peu biaisée des choses ; ce n’est pas parce qu’un auteur choisit de publier ses oeuvres sur son site ou sur son blogue que ces images appartiennent de fait au domaine public et que chacun peut les utiliser à sa guise. Les "oeuvres de l’esprit" restent protégées par le Code de la propriété Intellectuelle, quoi qu’on en pense et quoi que certains en disent. Même sur internet.

      L’argument qui consiste à dire "si tu ne veux pas qu’on repique tes images, t’as qu’à pas les mettre sur internet" me rappelle furieusement un argument (?) que je trouve très primaire ; "si t’es pas content, casse toi".

      Ce n’est pas parce que quelque chose est techniquement possible (et facile) que c’est autorisé et qu’il faut abdiquer tout droit et tout respect.

      En tant qu’auteur, vous devriez y être particulièrement attentif si vous ne voulez pas connaître de sévères déconvenues ("ben oui, coco, on a repiqué un de tes dessins/une de tes photos/un de tes textes pour nos produits, sans te demander ton autorisation ni te payer, mais ça te fera de la pub... Et pis, c’était sur internet, alors...").

      Quant à votre vision de la "célébrité", elle est également fort curieuse ; on peut choisir d’être un acteur (ou une actrice) reconnu, célèbre et célébré sans exposer sa vie privée, les exemples ne manquent pas. Il faut savoir faire la différence entre le métier, l’activité professionnelle qui s’adresse au plus grand nombre, et la vie privée, familiale, qui ne s’adresse qu’à un cercle plus restreint. Le mélange est certes pratiqué par certains, mais il n’est ni obligatoire, ni inévitable.

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      • Répondu par Didier Pasamonik (L’Agence BD) le 3 juillet 2011 à  12:56 :

        Cher auteur,

        Ne soyez pas impressionné.

        M. Maester, ce Michel-Ange de l’humour, a évidemment raison quand il dit que le droit d’auteur doit être protégé et que la publication sur Internet ne justifie pas que l’on reproduise à sa guise une œuvre quelle qu’elle soit.

        Mais, en Coluche du droit, M. Maester fait semblant d’ignorer qu’il y a une exception à ce droit : c’est le droit de la presse qui autorise une courte citation à partir du moment où la reproduction d’une œuvre est liée à l’actualité, avec la contrainte de citer précisément le nom de l’auteur et l’oeuvre, ce que nous avons toujours fait.

        Exemple : si je veux illustrer un article sur le tabagisme avec une vignette de Tintin, il faut que je demande l’autorisation préalable à Moulinsart qui peut me demander de l’argent pour reproduire ce dessin. Ce n’est pas très agréable, mais c’est juste : le droit d’auteur doit être protégé.

        Mais quand Libération remplit tout son journal de dessins d’Hergé à la mort du grand homme, aucune autorisation n’a été demandée, ni aucun droit versé. De même, quand un dessin est commenté par l’actualité. ActuaBD reproduit près de 22.000 illustrations, à de très rares exceptions, elle n’ont fait l’objet d’aucune demande préalable, ni fait l’objet d’aucune rétribution. Nous n’avons essuyé aucun procès en contrefaçon.

        Je souligne que, dans cette affaire, M. Larcenet demande de retirer des dessins dont il ne dispose pas des droits puisqu’ils sont la propriété de ses coauteurs et de Dargaud à qui il en a cédé les droits de reproduction.

        Le droit d’auteur est protégé, mais le droit à l’information l’est aussi.

        En Raymond Marcellin de la liberté de la presse, Maester qui aime bien pourtant qu’on lui laisse la liberté de se moquer, retrouve brusquement son sérieux et offre une vision restrictive du droit (quoiqu’on en pense sur Internet, hein...) pour voler au secours de la diva de la pleurnicherie numérique, son ami Larcenet. Corporatisme, quand tu nous tiens...

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        • Répondu par Maester le 3 juillet 2011 à  21:19 :

          Mon cher Victor Hugo de l’internet,

          je suis confus des flatteries que vous utilisez à mon égard et c’est m’ériger une statue bien trop haute pour mes modestes prétentions que de me comparer à Michel Ange et Coluche dans la même présentation (vous me permettrez de ne pas relever la référence à Raymond Marcellin, référence qui trahit votre grand âge).

          Mais souffrez (au figuré, bien sûr) que je corrige vos flèches plus perfides qui se trompent de cible. Vous me faites en effet un mauvais procès. Je n’ignore pas l’exception du droit de citation, mais si je n’en ai pas fait état ici c’est que je ne parlais pas de ça, ni de votre mésaventure vous opposant à Votre ami Larcenet. Je ne faisais que répondre au précédent commentateur qui prétendait que si l’on ne veut pas voir ses images reprises sur internet, il ne fallait pas les y poster soi-même.

          C’est un argument simpliste que l’on trouve de plus en plus dès que l’on prétend défendre le droit d’auteur aussi sur la toile.

          Si vous relisez bien ma réponse, je ne fais aucune allusion au droit de citation que je connais parfaitement, dont j’use à l’occasion et dont je profite parfois, parce qu’il ne s’agit pas de cela dans le message de cet auteur.

          La reprise de certains de mes dessins sur des sites qui n’ont rien d’informatifs m’a sensibilisé à cette question, et le prétexte si souvent évoqué de me faire ainsi "de la pub" (quand ils daignent citer leur source) me fait doucement rigoler. C’est plutôt une façon commode pour ces sites de SE faire de la pub avec un joli dessin qui ne leur a pas coûté bien cher.

          Voilà, cher Zola de la liberté d’opinion, ce que je disais et seulement ce que je disais. Nulle vision restrictive du droit dans mes propos, convenez-en. Evitez donc de projeter sur mon discours votre sensibilité exacerbée de grand écorché vif "sauvagement piétiné" et de voir forcément du copinage là où il n’y a ni corporatisme, ni amitié.

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          • Répondu par Didier Pasamonik (L’Agence BD) le 3 juillet 2011 à  22:43 :

            Mon cher Alfred Dreyfus des forums,

            Le malentendu est donc levé, vous ne cherchiez pas à nous attaquer bien, mais seulement à faire la leçon à un de vos jeunes confrères.

            À votre exemple, je trouve à mon tour que la référence à Victor Hugo (hélas !, comme dirait Gide) est bien trop immense pour correspondre à mes réelles et modestes compétences. De même que la chemise de BHL que vous essayez de me faire porter est bien trop grande pour moi, même si, comme Jules Renard, je crois que, par hygiène, il faut changer d’avis comme de chemise et que j’ai bien l’impression qu’il ne change pas souvent la sienne.

            Désolé que vous ne soyez pas l’ami de M. Larcenet. J’ai entendu dire que, quand il n’était pas dans sa phase épaisse et tordue, il était capable d’être un bon camarade.

            Je dois aussi à la vérité que l’exception au droit d’auteur que je mentionnais est vraiment restrictive. Elle porte sur un extrait de l’œuvre. Si on voulait reproduire l’une de vos caricatures (de même pour une toile de Picasso), il faut bien entendu une autorisation préalable car il ne s’agit plus ici d’un extrait, mais d’une œuvre dans son intégralité.

            Pour revenir aux demandes de M. Larcenet, l’illustration citée (que nous avons retirée par courtoisie à la première injonction de Dargaud, rappelons-le) n’était bien qu’un extrait de l’œuvre à venir. Et nous ne pouvions lui occasionner aucun préjudice puisqu’il l’avait publiée publiquement des semaines avant que nous le fassions.

            ActuaBD n’a aucune hostilité vis-à-vis de M. Larcenet. Consultez notre moteur de recherche et vous verrez qu’à part ses saillies, en ce qui concerne ses oeuvres, nous lui faisons un traitement mesuré et normal. Nous savons faire la part des choses.

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  • Encore une « larcenèterie » de Manu Larcenet
    25 juin 2011 01:02, par mmarvinbear

    Cette histoire est assez ironique quand on relit son excellent " Combat Ordinaire " et que l’on se concentre sur le passage ou Marco se rend compte que son idole photographe est dans la vie courante un con fini, apprenant ainsi à différencier l’homme de son oeuvre.

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  • Encore une « larcenèterie » de Manu Larcenet
    25 juin 2011 11:41, par Reval Zelantius

    Je viens d’aller faire un tour sur son site Épais et Tordu. Il est vrai que l’honnêteté intellectuelle n’est pas le fort du bonhomme dont retour à la terre me fait rire. Son site est bourré de dessins d’auteurs morts ou vivants pour lesquels le copyright n’a pas droit de cité pour lui.
    Le seul copyright qu’on y trouve est "Copyright © 2011 Manu Larcenet (et c’est pas là pour faire joli...) ".
    S’attribue-t-il alors les droit de Krazy Kat ? De Gaston ? De Jonathan ? A t il pris les photos de Woody Guthrie, designé les pochettes des disques qu’ils représente ?
    Quand on aboie il faut avoir un peu de consistance. Il lui en manque.

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  • Pourquoi il est en colère ? si C en libre sur son site, C libre pour tou le Web, c’est çà la liberté d’exprétion, on se sert et fuck le system, il faux pas être hipocrite, quelle censureur ce Larcenet ; LOL

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    • Répondu par Brigade aurtografik le 27 juin 2011 à  03:41 :

      La liberté d’expression n’inclut pas la liberté de se foutre de l’orthographe (ni du français : on dit "censeur" pas "censureur") :-)

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