Japan Expo 2014 – Une conférence sur le global manga

6 juillet 2014 3 commentaires Actualité

Organisée par J-One, chaîne de télévision dédiée aux animés et à la culture asiatique, cette conférence a réuni des auteurs et des éditeurs pour présenter leur travail dans le cadre du global manga.

Ce vocable désigne les mangas réalisés et édités par des Occidentaux. Loin d’être une simple imitation de la bande dessinée japonaise, il s’agit de reprendre un format de récit qui n’existe pas en Europe pour raconter des histoires d’une façon nouvelle.

Les auteurs présents étaient Reno Lemaire (Dreamland), Rémi Guérin et Guillaume Lapeyre (City Hall), Elsa Brants (Save me Pythie), Tony Valente (Radiant), Michaël Almodovar (Les Torches d’Arkylon), Mig (Ogrest) et VanRah (Stray Dog). Quant aux éditeurs, il s’agissait de Dominique Veret (Akata), Stéphane Ferrand (Glénat Manga), Elise Storme (Ankama) et Ahmed Agne (Ki-oon).

Japan Expo 2014 – Une conférence sur le global manga

Du côté des auteurs, ils nous apprirent que ce format a toujours semblé une évidence pour la plupart d’entre eux, tout simplement parce qu’ils ont grandi avec les mangas. Il était donc naturel pour eux de « faire » du manga.

Revenant sur son parcours, Elsa Brants a indiqué qu’elle avait toujours voulu travailler sur ce format mais qu’elle a débuté par des œuvres de type « franco-belge » simplement parce que ses projets « manga » n’avaient pas trouvé d’écho jusqu’à présent.

Pour comparer « franco-belge » et « manga », une analogie a semblé faire l’unanimité parmi les auteurs présents : celle de la différence entre un film et une série TV. Les deux médias ne développent pas les histoires et les personnages de la même façon, et le manga apparaît être à la bande dessinée franco-belge ce que la série TV est au cinéma.

Du côté des éditeurs, il fut expliqué que publier un auteur revenait quatre fois plus cher que d’acheter une licence. Cependant tous ceux présents étaient convaincus par le global manga, à la fois pour l’aventure humaine qui constitue un véritable travail d’éditeur et pour avoir la maîtrise des œuvres qu’ils éditent, pour les développer, créer des produits dérivés, etc.

La conférence s’est terminée sur le sentiment qu’aujourd’hui le public était prêt à lire du global manga. Cependant Reno Lemaire fit remarquer que cette forme de création nouvelle avait désormais besoin de structures adaptées, à l’image de celles du Japon, tout aussi bien pour pérenniser leur mode de production très intense que pour que le statut de leurs assistants soit reconnus.

Enfin pour Reno Lemaire le rythme d’un global manga doit être de deux tomes par an : c’est seulement à cette condition qu’il pourra s’installer durablement. Un sacré challenge !

GB (photos également)

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