Jean-Marc Thévenet met le FIBD en difficulté et réclame 290.000€ au Festival

7 juillet 2007 8 commentaires

La Charente Libre relate l’audience du tribunal des Prud’hommes, qui s’est tenue hier à Angoulême, dans l’affaire opposant Jean-Marc Thévenet au Festival International de la BD d’Angoulême.

L’ancien directeur du FIBD avait été brutalement limogé en février 2006. Le Bureau de l’Association qui gère le festival lui reprochait principalement de travailler également pour la Biennale d’art contemporain du Havre et de délaisser ainsi la manifestation angoumoisine. Des moyens alloués par le FIBD auraient été utilisés pour d’autres objectifs que ceux qui avaient été contractuellement assignés à son directeur.

L’avocat du FIBD attaqué par M. Thévenet axe sa stratégie sur le fait que cette autre activité était incompatible avec le poste de directeur général du Festival. Celui-ci explique à la Charente Libre que « non content d’être rémunéré mensuellement 8.000 euros par le festival, le directeur touchait 10.000 euros d’une autre association. Le temps de travail passé à cette autre manifestation n’était pas compatible avec celui nécessaire au festival d’Angoulême ».

Jean-Marc Thévenet et ses avocats dénient qu’il y ait eu une quelconque malversation et affirment que leur client a agi en toute transparence. D’ailleurs, les avocats du Festival, d’après La Charente Libre, ont été incapables de présenter au juge un contrat signé par les parties mentionnant une clause d’exclusivité à leur profit. Or, M. Thévenet affirme qu’il est d’un usage courant qu’un directeur de Festival assure d’autres prestations ailleurs. Les avocats de M. Thévenet parlent de "cabale des collaborateurs parisiens" du Festival (clairement MM. Bondoux et Mouchart) et explique que d’autres membres du personnel ont eu des activités extérieures.

Ces arguments, que l’on découvre à l’occasion de cette audience, affaiblissent singulièrement la position du FIBD. Selon le quotidien charentais, les avocats du Festival ont répondu en tentant de démonter « le système Thévenet » qui aurait consisté à détourner les moyens du FIBD à des fins personnelles. Comme le dit La Charente sous la signature d’Alexandre Le Boul’ch, « les deux scénarios écrits par chaque camp n’ont pas permis de lever l’épais rideau qui entoure cette affaire. »

Jean-Marc Thévenet, sans activité depuis le mois de mars 2006, attend le jugement qui aura lieu le 24 septembre prochain, et réclame, via ses avocats, 290.000 € d’indemnités.

NA + DP.

[Cette brève a été modifiée durant l’été 2007]

Lire aussi : Les Prud’Hommes déboutent Jean-Marc Thévenet, l’ex-directeur du Festival d’Angoulême (jugement du 24 septembre 2007)

Jean-Marc Thévenet met le FIBD en difficulté et réclame 290.000€ au Festival
Angoulême, le 17 janvier 2006 : de g. à dr. M. Franck Bondoux, Benoit mouchart, actuels directeurs du Festival, avec Dominique Brechoteau, alors président du FIBD et Jean-Marc Thévenet.
Photo : D. Pasamonik

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8 Messages :
  • Attention, sans préjuger aucunement de l’existence ou de l’absence d’une faute éventuelle de la part de Jean-Marc Thévenet envers le FIBD (qui reste effectivement à démontrer), je ne crois pas que l’on puisse rapprocher sa situation de celle de Benoit Mouchart arguant du fait que ce dernier a publié un ouvrage en parallèle de son activité salariée de directeur artistique du FIBD.

    A ma connaissance, sauf interdiction particulière apparaissant dans le contrat de travail (interdiction devant alors être strictement encadrée), une activité d’auteur est toujours compatible et cumulable avec une activité salariée. Cette situation est même socialement et fiscalement reconnue par les textes et la pratique de l’Administration.

    Le fait que l’ouvrage en question ait été publié dans une collection dirigée par le directeur salarié du FIBD pour le compte d’une maison d’édition n’ayant rien à voir avec le festival ne devrait rien changer à cette situation juridique.

    Il me semble qu’il serait particulièrement déplacé (et dangereux) de reprocher à Benoit Mouchart d’écrire à côté de son activité salariée, voire de renoncer à son activité d’auteur tant que durera son contrat de travail.

    Voilà, c’était juste une petite précision (du moins j’espère) au passage.

    Sébastien Cornuaud (juriste)

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    • Répondu par Didier Pasamonik le 3 juillet 2007 à  16:54 :

      Vous avez parfaitement raison, et notre intention n’était en aucune façon d’accuser M. Mouchart, ni quiconque d’ailleurs. Nous précisons même que M. Mouchart travaillait à ce moment-là à mi-temps.

      En revanche, cette publication est un fait qui vient conforter les arguments de M. Thévenet puisque nul ne pouvait ignorer cette activité parrallèle (il est crédité comme directeur de collection dans cet ouvrage). Par ailleurs, l’audience a montré que le FIBD n’a pu produire aucune clause d’exclusivité dans les contrats qu’il détenait. Sa position est donc moins solide que prévu, et ce que nous disons.

      Attendons le verdict du tribunal.

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      • Répondu le 4 juillet 2007 à  00:14 :

        8000 € par mois (sans compter le reste) dans une profession où les revenus dépassent difficlement le Smic -salariés du FIBD compris- il y a de quoi se poser des questions sur un système qui autorise ce genre de disproportion...

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        • Répondu le 5 juillet 2007 à  09:12 :

          "il y a de quoi se poser des questions sur un système qui autorise ce genre de disproportion." Vous parlez sans doutes du capitalisme...

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          • Répondu par bib le 25 août 2007 à  18:39 :

            Le capitalisme est invoqué ici à tort, une personne demande réparation du préjudice en argumentant son dommage.

            Si les auteurs ne veulent pas passer par les "grands" éditeurs, ils n’ont qu’à s’autoproduire.

            Discours facile me direz-vous, sans doute, mais si le système était aussi intenable, cela ferait longtemps qu’il serait tombé.

            Si l’organisation du festival d’Angougou doit tomber, hé bien qu’elle tombe !

            Et reconstuisons un festival mieux pensé.

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            • Répondu le 26 août 2007 à  20:11 :

              "Si les auteurs ne veulent pas passer par les "grands" éditeurs, ils n’ont qu’à s’autoproduire."

              Voila un discours et un raisonnement bien primaire, le système tient debout car il satisfait les gros éditeurs et le public friands de bd populaire, s’il etait aussi facile et rentable (et gerable surtout) de s’autoediter, alors beaucoup plus d’auteurs démarcheraient de cette façon, l’inégalité de la diffusion d’oeuvres dans le monde de la bd rend difficile la situation de certains auteur qui justement, sont beaucoup plus attiré par l’opportinuté de rester plus de 3jours dans les gondoles que des pseudo lignes editoriales. Il est juste malheureux de constater que ce système de bougera pas compte tenu de "l’offre et la demande", ce qu’a très bien compris et ce depuis longtemps les grosses boites d’editions (ce qui leur a d’ailleurs donné leur statut)

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  • JM THEVENET n’a rien a ce reprocher, il a le talent d’organiser des manifestations culturelles hors normes et le fait qu’il puisse gagner de l’argent à hauteur
    de son talent me semble justifié, voir BIENNALE D ART CONTEMPORAIN DU HAVRE , ARCHI ET BD, Le Corbusier etc

    Je ne comprends pas la jalousie envers les personnes qui réussissent en France

    Je comprends bien ce genre de situation car pour les commissaires d’expositions
    il est usuel de pouvoir travailler sur plusieurs projets en même temps et puis c’est justement cela le talent et la reconnaissance

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    • Répondu par Vous avez dit bizare... le 30 octobre 2010 à  12:01 :

      Témoignage étrange, longtemps après les faits.
      N’oubliez pas tout de même que JMThévenet, à l’époque, n’était pas un commissaire d’expositions, il était directeur du FIBD. Cette activité lui offrait des revenus directs et indirects sans commune mesure avec la qualité de commissaire et très disproportionnés avec les autres salariés de la structure. D’ailleurs il a été débouté de sa requête il y a quelques mois...

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