Jul s’attaque à la romance de Sarko/Bruni

16 janvier 2008 5 commentaires

Le nouveau label du groupe Glénat, Vent des Savanes, publiera le 5 février prochain « Conte de Fées à l’Élysée », un album regroupant les dessins humoristiques que Jul a publiés dernièrement dans Charlie Hebdo. Ce livre sera tiré à 40.000 exemplaires.

Le Journal du Dimanche avait annoncé le mariage du Président et de l’ancienne Top Model devenue chanteuse pour le 9 février prochain. L’Est républicain, quant à lui, citant "une source proche d’un témoin ayant assisté à leur union" suppose que leur union a déjà eu lieu jeudi dernier. La mère de la mariée n’était "pas au courant" ajoutant que "tout est possible"...

Quoi qu’il en soit, jamais un auteur et un éditeur de bande dessinée n’auront été aussi près de l’actualité « politico-people »…

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5 Messages :
  • Jul s’attaque à la romance de Sarko/Bruni
    16 janvier 2008 11:48, par PPV

    « Quoi qu’il en soit, jamais un auteur et un éditeur de bande dessinée n’auront été aussi près de l’actualité « politico-people »… »

    ...et certaines maisons d’édition proches de la "télé poubelle"...

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    • Répondu par Sergio Salma le 16 janvier 2008 à  13:59 :

      Je crois que l’intervenant précédent (PPV) se trompe de cible. Il y a confusion. Si des auteurs,des journalistes,des dessinateurs de presse réagissent à l’actualité, ils font tout simplement leur métier. Sans doute le malentendu vient-il de notre environnement très bousculé.

      On a constaté une quantité invraisemblable de bandes dessinées collant à l’air du temps, reprenant et mettant en scène des personnes ou des concepts issus de la télévision, du monde du spectacle, le show-biz en somme. Outre le fait qu’ il faille d’abord à chaque fois étudier l’objet avant de condamner le concept tout entier( il y a de bonnes choses dans ce segment très décrié) on parle ici d’un réel ouvrage , un pamphlet, une caricature. On ne vend pas un objet à la gloire de ...on prend pour cible, on se moque et c’est très sain en réalité.

      Mettre tout dans le même panier c’est de nouveau faire preuve d’un manque de discernement( comme ceux d’ailleurs qui condamnent la bande dessinée en bloc). Il y aurait des secteurs nobles et des secteurs honteux. Tout ça est bien plus subtil . Car il y aussi de la daube, des choses bâclées, peu soignées, pas terribles ou ratées dans la bande dessinée intimiste, l’autobiographie,les récits romanesques, les études de moeurs ...) .

      Le rapprochement à la télé-poubelle est abusif dans ce cas-ci puisque justement Jul et bien d’autres dessinateurs( de l’école Charlie-Hebdo pour schématiser) sont les premiers à vomir ces dérives médiatiques.

      Si Jul ou d’autres réalisent des bouquins sur des sujets actuels, c’est bien obligé puisque l’exercice n’aurait aucun sens autrement. Je me souviens d’une excellente bande dessinée de Régis Franc sur Marcel Dassault ; quand les humoristes interpellent les acteurs de l’actualité, ils ne sont pas taxés d’opportunistes. C’est la loi du genre.

      Bien sûr, le marché de l’album de bande dessinée a intégré un fait nouveau. Ces oeuvres-là arrivent aujourd’hui directement sur les tables des librairies alors que la démarche journalistique, la caricature politique ou de société se cantonnaient jusque là à une présence dans un quotidien , un hebdo ( genre qui se perpétue d’ailleurs toujours )

      Quand Curtis Hanson fait un film sur Eminem, quand le cinéma fait dans le biopic( Johnny Cash, Kurt Cobain...) quand on met en scène un personnage public dans un livre, un essai , un roman, il faut d’abord connaître les intentions réelles , comprendre avant de rejeter. Les grands textes du théâtre classique relatent parfois les hauts faits de personnages historiques .

      Laissons à la bande dessinée cette capacité -là aussi. Elle est à même de pouvoir observer le monde dans ses travers et ses outrances.

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  • Il n’est certes pas question ici de nier la liberté d’opinion des caricaturistes, mais de faire remarquer, quand même, que le jeu est un peu facile avec un tel sujet, et qu’il est, quelque part, déontologiquement "malhonnête" :

    - faire de l’argent (40.000 exemplaires tout de même !) en critiquant le monde de l’argent

    - critiquer "l’exposition médiatique populiste" du président... en surfant soi-même sur la vague médiatique au point de sortir un livre lorsque "l’affaire" est encore toute chaude (mieux vaut 40.000 que 20.000...)

    - s’indigner de voir ledit président "cacher" ses magouilles politiques grâce à l’immense masque de sa vie privée... en en faisant soi-même des tonnes (40.000 exemplaires) qui viennent s’ajouter aux tonnes déjà produites, imposant de facto une "politique-spectacle" que l’on fait semblant de stigmatiser (il serait tellement simple de l’ignorer pour contenir l’emballement médiatique, comme avec tout bon troll qui se respecte)

    Jul et ses confrères prèchent pour une société et un monde politique plus sains... tout en employant les pires avatars du milieu qu’ils critiquent. Au point même de participer à l’emballement médiatique qu’ils suscitent pour profiter encore plus du marigot dans lequel ils se vautrent.

    C’est ce que je ne comprends pas, dans la caricature : elle peut être saine dès lors qu’elle a pour but de défendre des IDEES respectables et argumentées (émotionnellement si ce n’est par des arguments construits). Et ce, même si son sujet principal va systématiquement dans le sens de l’opposition plutôt que dans la construction...

    ...mais elle peut AUSSI elle-même être sujette aux dérives qu’elle stigmatise : jouer dans le facile, critiquer une apparence, une présence ou une attitude plus que des idées, par exemple, ou confiner à la "blague de toto" ou à un comique de répétition plus ou moins bien décliné... Bref, au populisme le plus abject !

    Je me demande même si l’objectif ultime de cet exercice n’est pas d’ailleurs de renvoyer vers le populisme des principes nobles et réfléchis qui ont construits notre société et auxquels les caricaturistes disent se réfèrer...

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    • Répondu le 17 janvier 2008 à  09:12 :

      Sarkozy est déjà une caricature. Le spectacle permanent qu’il donne depuis des mois et des années est déjà tellement comique que les caricaturistes sont tous bien pâles à côté. Il est à la fois président et bouffon.
      Président bling bling, caricaturistes bling bling.
      Et pourquoi pas une petite BD populiste sur la politique belge ? Dans la burlesque, c’est pas mal non plus...

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    • Répondu par Sergio Salma le 17 janvier 2008 à  12:00 :

      Ce débat est intéressant car il touche mine de rien à 3 ou 4 sujets sensibles . Le problème est donc complexe. Mon réflexe premier est de voir cette parution d’un bon oeil. D’abord parce qu’un livre qui se publie c’est un peu de liberté qui jaillit. Puis parce qu’il me semble que malgré les apparences , ce genre de bouquin (en fait, faudrait l’avoir vu et lu d’abord, je me permets juste d’y voir la preuve d’une santé éditoriale ) ne participe pas vraiment à l’emballement médiatique. Il vient après, il proposera un autre regard, il sera justement l’actu vue sous un autre angle que celui de l’hebdo télé, le news, le magazine culturel, le quotidien.

      C’est l’ensemble de tous ces médias qui donne cette impression de profusion, de débordements. Personnellement, je suis assez amusé par tous ces feux de paille et je prends même plaisir à décrypter cette pseudo-information. Je compare les moyens, la façon de faire des journalistes, des journaleux et des gratteurs de papier.

      Que tout ce cirque (car c’en est un je suis pas dupe hé !) soit à la limite de la déontologie, je suis le premier à l’accepter. Mais en voyageant un peu hors de nos frontières , je vous assure que ces dérives ne sont rien que du vent. Vaudrait-il mieux adopter cette démarche sévère qui consiste à faire un tri, surveiller, inspecter tout ce qui risque de se publier. On instaurerait alors des comités, des groupes d’observation qui jaugeraient si oui ou non, certains livres ou certaines revues peuvent paraître.
      Et on se dirigerait alors vers l’horreur totale.

      La démocratie car c’est d’elle qu’il s’agit c’est la moins pire des situations. Acceptons ces débordements sous peine, si on va jusqu’au bout de la réflexion, d’ôter toute possibilité de s’exprimer.

      Ce qui se passe autour du président Sarkozy (déjà le fait de l’appeler Sarko ou Nicolas ça me choque...) est évidemment un sujet de choix. Déjà un peu ridicule je le concède volontiers aussi. Vu de l’extérieur(demandez aux Allemands ou aux Suédois) c’est même une espèce d’ atteinte à la dignité mais je m’interdis de mettre tout dans le même panier. Même si le rapprochement avec Berlusconi constitue la preuve ultime qu’on frôle le n’importe quoi.

      Ne soyons pas heurtés par les moyens que se donne un éditeur pour atteindre un public. Si le chiffre des tirages est élevé( et il sera peut-être réédité, ça va encore vous fâcher ! ) c’est un jugement hors-propos. Le succès ou l’insuccès des choses qui nous entourent n’a pas à être légitime. Il dépasse tout le monde. Le succès d’une telle série (télé, bd) , le succès d’une chaîne de resto, les formidables scores de certains films, les ventes mirobolantes de certains musiciens n’ont rien à voir avec la morale.

      Si je me permets de vous reprendre c’est justement à cause d’un danger à vouloir un monde trop sain . Il n’est pas question de tolérer tout et n’importe quoi sous prétexte de liberté d’opinion, il est question de tolérer tout et n’importe quoi parce que...c’est bien obligé ! Et que chacun fait ce qu’il veut.

      Le procès que vous faites aux caricaturistes me fait très peur. Parce que je suis un peu artiste, un peu dessinateur sans doute mais aussi parce que je suis citoyen . Je suis choqué dès lors qu’un autre individu( un frère, un pote , un ami, une connaissance) se dit heurté par telle ou telle vision. Il y a eu tellement de démarches violentes qui sont parties du même principe. Celui qui dit en substance " c’est intolérable, ça devrait être interdit, où allons-nous ? Non,il faut interdire ".

      A chaque fois, je voudrais faire comprendre que la cible ou le sujet qui nous préoccupent ne devrait pas nous faire oublier l’attitude que l’on adopte à son encontre. Je ne vous traite pas de fasciste, mais les dictatures utilisent la même pensée. Ils décident pour se faciliter la vie qu’il y a des artistes dignes et des artistes dégénérés. Des oeuvres acceptables et d’autres à brûler.

      Quand le président Sarkozy met en scène ses amours , ses emmerdes, ses succès, il tend le bâton en toute connaissance de cause et il sait qu’il va s’en prendre plein la gueule. Si des auteurs ont l’inspiration de s’en moquer, sachez qu’il ne s’agit pas là d’un coup , d’une arnaque montée de toutes pièces. Ce sont des gens qui voient d’autres gens vivre et qui décident de se payer leur fiole. Et de vendre du papier ?! D’avoir du succès ?! Ben oui, votre travail à vous aussi a pour but d’être bien accueilli, de ne pas être fait pour rien.

      L’observateur qui voit dans le monde artistique une congrégation fréquentée par requins, des hyènes ou des magouilleurs me fait autant frissonner que celui qui considère ce monde là comme un repaire de coeurs purs.

      Si vous êtes inquiet de la démarche des polémistes, des dessinateurs, des humoristes et des éditeurs qui les épaulent, si ceux qui en ciblant les médias et leurs travers (certains anodins d’autres dangereux) et qui participent un peu à cette hystérie vous révulsent , c’est en définitive que le désordre vous fait peur.

      Je suis beaucoup plus inquiet par des centaines d’autres faits. Des centaines d’autres publications
      La bande dessinée ( on est sur un site qui lui est dédié ne l’oublions pas) vit une période faste, riche. Forcément il y a beaucoup de choses biscornues, incongrues qui voient le jour. Mon point de vue sur la question est anecdotique mais ne pensez pas que je suis fier de tout ce qui se publie en arguant le fait que tout ça DOIT être publié puisqu’il s’agit de liberté d’expression.

      Non, je suis même un peu gêné de voir que le monde de l’édition est obligé parfois de se compromettre dans de drôles d’affaires. Mais je sais aussi les enjeux, le prix de tout ça. Et que, chanson connue, le succès de certaines séries permettra à d’autres séries de voir le jour.

      Mon jugement ,s’il y en a un, se basera uniquement sur la qualité du travail ( réflexion tout à fait subjective évidemment) ; je me tiendrai en tant que lecteur à cet aspect des choses.

      Et il ne faut pas taxer de populiste un travail qui tend à vouloir être un succès. Si vous faites partie d’une masse qui va voir comme des millions d’autres un film, une oeuvre, ceux qui ne participent pas à cet engouement qualifient aussi cette oeuvre , ce film de populiste. Là c’est vous qui pour étayer votre thèse utilisez une dialectique un peu méprisante.

      C’est tout à fait dommage à mon avis de faire un procès à un livre ( qui est un peu satellite à la bande dessinée d’ailleurs) sous prétexte qu’il y a overdose d’informations sur un sujet controversé.

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