L’Essai - Par Nicolas Debon - Ed. Dargaud

9 mai 2015 0 commentaire

Après les réussites de L’Invention du vide et du Le Tour des Géants, le nouvel album de Nicolas Debon était attendu avec intérêt. Si l’auteur y montre une fois encore son affection pour la fin du XIXe et le début du XXe siècle, le propos de L’Essai est moins sportif, et plus orienté vers le politique et le social que ses prédécesseurs.

Dans son nouveau one shot, Nicolas Debon s’inspire en effet de l’histoire authentique d’une communauté anarchiste installée dans les Ardennes en 1903. Fonctionnant sur les préceptes libertaires, la communauté de "L’Essai" illustre l’espoir d’un modèle de société exempt de toute autorité, dans une France plongée dans la misère.

L'Essai - Par Nicolas Debon - Ed. Dargaud

Le récit tourne essentiellement autour de Fortuné, le créateur de cette communauté, qui veut vivre en dehors de la société, presque en autarcie. Les premières pages de ce portrait sont intrigantes, s’attellent à décrire comment un homme seul fait sortir de terre un hameau et comment il est rejoint par des réprouvés du système. Mais l’intrigue ne parvient à maintenir cet intérêt jusqu’au bout. Est-ce parce que ce personnage central, taciturne, ne se livre pas assez au lecteur, qu’il lui demeure finalement étranger ? C’est possible. La quasi linéarité du récit et sa résolution trop rapide en sont sans doute également la cause. Même si les échos du monde parviennent jusqu’à la communauté, ce quasi huis-clos est certes intéressant, mais pas vraiment captivant.

Restent les superbes décors à la couleur directe d’un des dessinateurs les plus inspirés du moment. Cadrages, jeux chromatiques et découpages illustrent à la perfection les difficultés rencontrées par ces hommes, mais également, on l’aura compris, une (trop faible) partie des sentiments de Fortuné.

Dans sa postface, Nicolas Debon décrit la fascination que cette expérience qu’a exercée sur lui ce nouveau modèle de société. L’auteur nous fait partager ses archives dans cette double-page finale. Il explique les liens qui se tissent entre entre les théories anarchistes, communistes et les valeurs judéo-chrétiennes face à une société industrielle qui déshumanise l’humain.

La sincérité démonstrative de l’auteur n’empêche cependant pas la légère déception qui reste en fin de la lecture.

CLD

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A propos de Nicolas Debon, sur ActuaBD, lire :

- L’Invention du vide
- Le Tour des Géants

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