L’affaire "La Marque Jacobs" : Les ayants droits déboutés de toutes leurs demandes

31 octobre 2012 11 commentaires

Nous vous en parlions il y a peu : les éditions Delcourt devaient publier une biographie d’Edgar Pierre Jacobs signée Rodolphe & Louis Alloing.

Un peu comme Les Aventures d’Hergé de José-Louis Bocquet, Jean-Luc Fromental & Stanislas (Dargaud), ou encore Gringos Locos de Yann & Schwartz (Dupuis) qui racontaient un épisode de la vie de Jijé, Morris et Franquin. Cette dernière avait fait l’objet d’une bronca de la part des enfants de Jijé qui n’y reconnaissaient pas leur père. Cela s’était conclu par un petit arrangement, les héritiers de Jijé publiant à même l’ouvrage un "droit de réponse".

Et encore, dans ce cas-ci, nous ne nous trouvions pas dans une biographie extrêmement romancée : le matériau de base étant fourni par les mémoires de Jacobs, Un Opéra de papier (1981, Gallimard) ou encore la biographie de Jacques Van Melkebeke, À l’Ombre de la Ligne Claire de Benoît Mouchart (2002, Vertige Graphic). Rien que du très respectueux, sinon du saint-sulpicien...

Mais ce n’était pas du goût de Claude de Saint-Vincent, PDG des éditions Dargaud, en charge des éditions Blake & Mortimer, qui assigna les éditions Delcourt en plagiat, considérant en particulier que la couverture était constituée d’une reprise des codes graphiques de Blake et Mortimer, "au-delà du droit de citation."

Or, très objectivement, la biographie d’Hergé publiée par Dargaud ou l’album Gringos Locos chez Dupuis procédaient de la même démarche. Il n’ a donc pas dû être trop compliqué pour l’avocat de Delcourt de convaincre le tribunal que l’album n’était pas un plagiat.

Le tribunal a suivi cette argumentation, déboutant le plaignant de toutes ses demandes.

L’album sera donc en librairie le 7 novembre (Belgique) et le 14 novembre (France). Nous ne manquerons pas de revenir sur cet ouvrage et sur cette affaire dans les prochaines heures.

DP

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

 
Participez à la discussion
11 Messages :
  • Je n’ai pas lu l’album, mais avec la couverture, ça commence mal : le kiosque de style Atomium a été construit pour l’Expo 58 sur la place de Brouckère. Les aventures de B&M avaient déjà 12 ans à cette époque.

    Répondre à ce message

    • Répondu par Henri le 1er novembre 2012 à  01:40 :

      Et alors ? Rien ne dit que cette scène ne se passe pas en 1958.

      Répondre à ce message

      • Répondu par alain de kuyssche le 1er novembre 2012 à  10:30 :

        Le style des voitures n’est pas très 58...

        Répondre à ce message

        • Répondu le 1er novembre 2012 à  17:02 :

          Ce style de voitures circulait encore dans les années 60.

          Répondre à ce message

        • Répondu le 1er novembre 2012 à  17:26 :

          Pour des voitures fidèles, lisez Michel Vaillant

          Répondre à ce message

          • Répondu par Laurent Colonnier le 1er novembre 2012 à  21:15 :

            En 2012 je roule encore en 2CV.

            Répondre à ce message

          • Répondu par Robert Nick le 1er novembre 2012 à  21:39 :

            Fallait pas s’attaquer à Jacobs ! Les empapaouteurs de mouches constituent une bonne partie de ses fans hardcore qui désespèrent les repreneurs du maitre dans les colloques et salons !

            Et la forme du phare est elle correcte ? Et la couleur des boites aux lettres étaient elle déjà en vigueur à ce moment là ? Et cette expression est elle vraiment dans l’esprit du créateur originel ?

            On s’en moque un peu non ? Qu’ils gardent leurs intégrismes pour les organes spécialisés où ils s’auto-alimentent, et les vaches seront bien gardées !

            Répondre à ce message

            • Répondu le 2 novembre 2012 à  11:59 :

              Blake et Mortimer s’adresse à un public de vieux (dont je commence à faire partie). Quand j’en lis un, je ne lis pas les encadrés : "Il assena soudainement un uppercut du bras droit qui fit virevolter scmulbluck et l’envoya violemment au sol dans un fracs épouvantable et patati et patata". Mais BON SANG ! On n’est pas aveugle ! On voit bien ce qui se passe dans le dessin ! Enfin ... ce qu’il reste du dessin, car ces gros pavés hideux et inutiles bouffent toute la place. De plus, ils sant un frein à la limpidité de la lecture. Le respect de ce qui été fait avant a inscrit B&M dans une style scénaristique et narratif antédiluvien. OK qu’on respecte le style de dessin et l’univers ... mais de là à ressasser toujours, les mêmes recettes, ça en devient fade et ridicule.

              Répondre à ce message

              • Répondu le 3 novembre 2012 à  12:37 :

                L’opposition fondamentale entre Hergé et Jacobs. Le premier reste moderne. Chaland a bien tourné en dérision cette utilisation des cartouches. Y revenir au premier de gré ensuite, c’est affligeant.
                Blake et Mortimer s’adresse à un public de vieux. Mais bientôt, la BD ne s’adressera plus qu’à un public de vieux (dont vous faites déjà partie).

                Répondre à ce message

              • Répondu par Jérôme le 3 novembre 2012 à  13:18 :

                D’autant plus que Jacobs avait tout de même évolué dans le traitement de ses histoires... A la fin, il y avait nettement moins de didascalies (ou de récitatifs) et les dessins étaient plus clairs (Sato). Enfin, c’est mon avis...

                Répondre à ce message

                • Répondu par Norbert le 14 novembre 2012 à  11:21 :

                  Relisez "SOS Météores" bien calé dans un fauteuil (ou dans un bon lit douillet), en prenant le temps de tout lire, et vous verrez qu’il n’y a pas photo ! "Les trois formules du professeur Sato" ne tient pas la route à côté (je ne parle même pas de Sato 2).

                  L’intérêt des récitatifs est d’imposer un autre rythme à la lecture et, personnellement, j’y trouve mon compte. Il faut accepter différentes formes de BD, sans pour autant en faire une barrière de clivage entre vieux et "modernes".
                  On peut apprécier une BD sans détester obligatoirement une autre qui ne présente pas les mêmes caractéristiques. Cela s’appelle le choix et la diversité.

                  J’aime "Corto Maltese" ou "Buddy Longway" (qui ne connaissent pas les didascalies ni les "petits pavés"), mais aussi "Naruto", "Nausicaa" qui ne sont pas, peu s’en faut, sortis du même tonneau que B&M...

                  Répondre à ce message