La bataille d’Astérix : une tragédie familiale ou une affaire de gros sous ?

28 janvier 2009 2 commentaires

Nous vous avons parlé longuement déjà de la vente surprise des éditions Albert-René par Albert Uderzo à Hachette, ce dernier ayant brutalement débarqué sa fille d’une entreprise dont elle avait été la directrice générale depuis des années au service exclusif de son père.

Non seulement la société est vendue, mais en outre, à l’encontre de ses propres déclarations plusieurs fois répétées, Uderzo décide qu’il y aura des albums d’Astérix après lui scénarisés et dessinés par d’autres auteurs. Un revirement totalement surprenant.

Nul ne sait quelles sont les raisons profondes qui ont poussé Albert Uderzo à renier ainsi sa fille unique, laquelle détient encore 40% des parts de la société cédée au groupe Hachette.

À coup de communiqués, le père et la fille s’affrontent. La première déclarant dans une tribune au Monde entrer en résistance contre le « quarteron de conseillers » qui semble manipuler son père. Le père considérant dans un communiqué à l’AFP que les déclarations de sa fille visent «  à abuser les lecteurs d’Astérix  ».

En réalité, on se trouve ici face à deux droits opposés. Celui d’un auteur qui tient à disposer comme il l’entend de son oeuvre ; et celui d’une fille qui considère qu’elle n’a pas à être dépossédée d’un patrimoine qui lui revient de droit. Une procédure aux Prudhommes est en cours entre la société Albert-René et son ancienne directrice générale. L’affaire devient une tragédie familiale qui prend une œuvre mythique en otage.

Les zones d’ombres subsistent cependant : Qu’a-t-il pu se passer entre Uderzo et sa fille qui justifie des positions aussi extrêmes ? Qu’adviendra-t-il d’Astérix à l’avenir ? Sera-t-il géré par une Fondation et dans ce cas qui la dirigera ? Il est clair qu’entre l’édition, le cinéma, le parc d’attraction et les revenus de droits dérivés générés par l’œuvre, nous sommes davantage dans une question de gros sous que de respect d’une création artistique.

DP

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

 
Participez à la discussion
2 Messages :
  • Il me semble que sans Uderzo rien de tout cela n’aurait eu lieu, ni Astérix, ni les problèmes qui vont avec. Ce dernier est donc parfaitement libre de disposer de ses personnages comme il l’entend.
    Mais, à titre personnel, je suis contre la continuation des aventures d’Astérix par de nouveaux auteurs. Ça ne servirait qu’à dénaturer le personnage, comme on a pu le voir sur beaucoup d’albums de Spirou.

    Répondre à ce message

  • Oui, tout cela ressemble en effet à une affaire de grous sous dans la mesure où on se demande bien où se trouvaient les vertus revendiquées par Madame Uderzo quand Astérix vivait des aventures médiocres sous la plume moins inspirée de son père, où lorsqu’il s’agissait de vendre la licence rubis sur l’ongle aux multinationales de tous horizons. Et puis on a vu des reprises de qualité (Black et Mortimer, Boule et Bill, même Lucky Luke n’est pas honteux), et il existe bien des vrais talents, scénaristes et dessinateurs, capables de poursuivre les aventures du petit gaulois. Lançons plutôt les paris sur "qui" après Uderzo ? J’aimerai bien Guarnido personnellement, ou alors Jean-Louis Mourier...

    Répondre à ce message