La couverture du dernier album des Tuniques Bleues de Raoul Cauvin

7 juillet 2021 0 commentaire Actualité
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DERNIÈRES ARABESQUES D’UN GÉANT. "Où est donc Arabesque  ?" est le titre de ce 64e et dernier album des Tuniques Bleues scénarisé par Raoul Cauvin, qui avait décidé de passer la main après quelques décennies, vaillamment chevauchées au galop au service de l’humour. Et quel Humour !

Voilà, c’est le dernier, ce 64e, après un album précédent de transition signé Les Beka et Munuera et un 66e en préparation imaginé par le scénariste Kris et l’opiniâtre Lambil, qui fait un retour en fanfare au dessin après la parenthèse du 65e opus (celui des Beka et Munuera sorti avant, vous suivez ?) des aventures de Blutch et Chesterfield.

Où est donc Arabesque, le cheval tant chéri et complice du caporal Blutch ? Bonne question. Pour en connaître la réponse, ceux qui ont préféré patienter plutôt que de lire la prépublication du récit dans le journal de Spirou devront attendre la sortie de l’album le 15 octobre 2021. En voici la couverture.

La couverture du dernier album des Tuniques Bleues de Raoul Cauvin
Blutch, Chesterfield... et la jument Arabesque : un duo mythique de la BD, véritable trio !
© Dupuis, Lambil, Cauvin.

Dans cette histoire, Blutch découvre qu’Arabesque a été réquisitionnée par une autre unité nordiste et part à la recherche de sa jument adorée. Attention aux coups de sabot pour ceux qui vont s’interposer, des bleus partout en perspective !

© Dupuis, Lambil, Cauvin.

Bon, même un champion de l’humour peut être moins drôle, voire pas du tout. Tout récemment le grand Raoul a annoncé qu’il n’en avait plus que pour quelques mois à vivre, victime d’un crabe pas du tout hilarant..

Mais un maître de l’humour tel que Raoul Cauvin ne se laisse pas faire, et on constate que celui, plutôt macabre, déployé dans la série assez unique Pierre Tombal est celui, viscéral, d’un véritable auteur, dans toutes les largeurs. Tout récemment, entre autres sorties véritables leçons de vie et de dignité alors que des fans lui souhaitaient une bonne fête, Raoul n’a pas pu s’empêcher encore une fois d’ironiser : "Merci pour avoir pensé à ma fête. Saint Raoul ? Un mec qui m’a devancé. Je ne le connais même pas… Bientôt il devrait y avoir deux Saint Raoul au paradis." Encore et toujours le verbe, la réplique qui prête à sourire. Un grand monsieur de la BD et grand monsieur tout court.

Photo :JJ Procureur

Allez, soyons fous, alors que le FIBD d’Angoulême se complaît de plus en plus à fêter une BD pour un public, plus aisé et prétendument plus cultivé, dont on peut légitiment se demander s’il sait vraiment la lire par-delà un simple alignement de cases : pourquoi, oui pourquoi ne pas donner dans cette curieuse édition 2021, un Grand Prix Spécial à l’immense Raoul Cauvin pour l’ensemble de son œuvre, souvent précurseur ?

© François Walthéry.

Puisque, après tout, si aujourd’hui la seule BD digne d’intérêt est celle qui prétend faire la recension de la réalité -la réalité de qui, de quoi ? Surtout si on omet d’en signaler toutes les facettes, qui peuvent nuancer, ce qui devient non plus un témoignage mais de l’idéologie, infantilisante- quoi de plus réel alors, qu’une Guerre de Sécession, des infirmières, un fossoyeur, un psy, un être mal dans son genre, un gamin ou un agent des forces publiques. Un juste retour de balancier à coup sûr, sans compter les millions de lecteurs que Raoul Cauvin a amenés à la saine et très vivifiante lecture BD.

Quelle meilleure occasion aussi, de prouver que le festival de la BD d’Angoulême -subventionné - est bien le festival de tout le monde, du plus véloce au plus humble, et que dans le sillage envahissant et contreproductif de "l’autre BD", il n’est pas devenu tristement "leur festival".

PA

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