La lecture numérique en France, un développement en demi-teinte

17 juin 2019 0 commentaire

La plateforme française de streaming Youboox a publié, aujourd’hui même, les résultats d’un sondage réalisé auprès de 16 050 Français, à l’échelle nationale. Le sondage entend questionner tant l’usage que la pratique de la lecture numérique, mais également les attentes et désirs. Retour sur ces chiffres.

72 % des sujets de l’étude déclarent lire de plus en plus de contenu numérique. Ce chiffre, bien qu’important n’est en aucun cas révélateur de l’état actuel du secteur littéraire numérique français. Bien que la question intègre entre parenthèses « livres, magazines, journaux, romans, etc », aucune information complémentaire concernant la nature des écrits consommés n’est demandée. De la même façon, ce type de questionnement ne donne aucune information claire d’un point de vue quantitatif.

La lecture numérique en France, un développement en demi-teinte

Nous pouvons supposer que ces lectures sont en grande partie liées à l’utilisation des réseaux sociaux et au développement des médias sur ces plateformes. La lecture d’article journalistique gratuit via internet est en effet de plus en plus fréquente. Il est probable que le chiffre avancé de 72 % soit en réalité dû à cette pratique.

Cette interprétation est appuyée par le fait que pas loin de la moitié des personnes sondées, 47 %, considèrent que l’accès à la lecture numérique devrait être gratuit. Cette donnée est également révélatrice de la méconnaissance des coûts de l’édition numérique et peut-être plus généralement, du numérique.

De la même façon, si les Français voient, en grande majorité (63 %) le numérique comme le « sauveur » de la lecture, les modalités d’application de cet avenir radieux restent floues. Sur les 53 % considérant le paiement nécessaire, les sondés sont partagés, à part quasi égale, entre un paiement à l’acte et un paiement par abonnement.

L’autre donnée intéressante à retenir de ce sondage concerne les structures devant prendre en charge le développement de la lecture numérique. Les trois acteurs prépondérants sont les opérateurs et fournisseurs d’accès, les éditeurs et les médias, les marques et grand groupe arrivant en quatrième place, relativement loin derrière. Il est intéressant de noter que la plateforme à l’origine de l’étude, s’est attachée ces dernières années à nouer des liens et partenariats avec les opérateurs français SFR et Free.

Concernant la bande dessinée, le secteur du numérique peine à se lancer. Jacques Glénat déclarait au début du mois de mai dernier à nos confrères de La Tribune, "Dans l’édition, le numérique est un flop total." En effet, bien que le secteur tente de se développer, avec des plateformes spécialisées dans la BD comme Izneo ou Sequencity cela ne prend pas.

Nous apprenions à l’occasion de sondages réalisés pour le Salon du Livre Paris 2019, qu’une grande majorité des albums achetés étaient destinés à une autre personne que l’acheteur, donc à être offert. De nos jours, faire cadeau d’une carte prépayée de X euros, destinés à être dépensés sur telle ou telle plateforme de vente ou de streaming de bande dessinée est loin d’être une pratique courante. Faut-il y voir un potentiel développement futur du marché dessiné français ?

TF

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