La vente Maghen/Tajan‏ dépasse le million !

23 octobre 2010 12 commentaires Actualité
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Cette ’reconnaissance’ de la bande dessinée dans les milieux artistiques ne fait que progresser. Valeur refuge ou réel engouement ? Sans doute, un peu des deux, mais les résultats de ces dernières ventes aux enchères ne font que le souligner : la dernière vente Millon & Associés flirtait cette année avec le million d’euros, montant atteint rien que pour Bilal l’année dernière, etc.

La vente Maghen/Tajan‏ dépasse le million !

Cette fois-ci, le galeriste réputé Daniel Maghen s’était associé à l’étude Tajan pour préparer une vente de haut vol. On s’y est bousculé et les prix se sont envolés : plus de cent mille euros pour une planche du Mystère de la Grande Pyramide, plus de cinquante mille euros pour une planche de Johan et Pirlouit, 31.000 € pour la couverture du premier tome de Largo Winch, 20.000 € pour une planche d’Arizona Love de Blueberry (sans doute un record pour une planche de Giraud) et 15.000 € pour un dessin de Moebius.

105 571 euros pour planche de Jacobs en noir et blanc issu de l’album "Le Mystère de La Grande Pyramide" tome 2

D’autres auteurs se partagent également les faveurs du public : respectivement dix-sept, quinze et dix mille euros pour des planches de Vance (XIII), Gibrat (le Vol du Corbeau) et Rosinski (Thorgal).

Les couvertures n’ont pas été oubliées avec près de 10.000 € pour celle des Lumières de l’Amalou de Wendling, 8000 € pour la couverture de l’intégrale de l’Epervier par Pellerin, et 7000 € pour Il était une fois en France.

15 640 euros ! Un record pour Gibrat, avec cette planche du "Vol du Corbeau"

En atteignant le montant total d’un million deux cents cinquante mille euros, les organisateurs confirment leur « volonté de défendre et d’imposer la Bande Dessinée comme un Art Majeur ».

CLD

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12 Messages :
  • Dans les années 90 les spéculateurs pensant à la bonne affaire se sont rués sur les comics qui se sont alors vendus par millions.Puis les spéculateurs déçus sont partis.

    Maintenant les comics sont à plat ventre...

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  • La vente Maghen/Tajan‏ dépasse le million !
    25 octobre 2010 10:08, par PPV

    bulle spéculative ou pas bulle, cette tendance donne un peu de baume au coeur aux auteurs dont cela devient un à-côté lucratif, alors que les ventes moyennes par album et les avances sur droit, elles, diminuent.

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    • Répondu par Moynot le 25 octobre 2010 à  11:38 :

      À moi, ça ne me met aucun baume au cœur. La vente d’originaux ne peut compenser le manque de visibilité des livres. Seuls comptent les livres (et les lecteurs).

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      • Répondu par Monsieur le web Lecteur le 25 octobre 2010 à  12:01 :

        Monsieur Moynot : C’est un peu paradoxal ce que vous dites. Si une de vos planches ou illustrations se vendent à plusieurs millier d’euro, vous allez susciter une certaine curiosité, et dès lors, créer une forme de visibilité sur votre travail.
        Même si ça n’aura pas un impact direct sur les ventes de vos albums, ça aura l’avantage de mettre une corde en plus à votre arc.

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      • Répondu par PPV le 25 octobre 2010 à  12:32 :

        Mr Moynot, c’est dommage... En ce qui me concerne, sachez que j’aime beaucoup votre dessin, je n’ai malheureusement pas les moyens de payer le prix "Maghen"

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        • Répondu par Moynot le 26 octobre 2010 à  12:27 :

          Aux deux réponse qui me sont faites : même si je vends parfois mes pages par nécessité, je reste convaincu que ce marché parasite la bande dessinée. Quant au prix "Maghen", qui, pour moi, n’atteint pas (loin s’en faut) les milliers d’euros, vous pouvez le contourner en cherchant un peu. Et (au pire), si vous aimez mon dessin, vous pouvez lire mes bouquins, ils sont faits pour ça…

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    • Répondu le 25 octobre 2010 à  13:46 :

      Ce soit-disant "à-côté lucratif" donne malheureusement une bonne excuse aux éditeurs pour ne plus payer d’avances sur droits, alors que très peu d’auteurs peuvent espérer faire vivre leur famille par la vente d’originaux, voilà un des principaux effets pervers de ce petit commerce qui n’enrichit que les galeristes.

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      • Répondu par PPV le 25 octobre 2010 à  16:13 :

        re-pas d’accord. certains auteurs donnent mandat à des galeristes de vendre des planches pour justement soit se créer un petit "à côté", soit se profiler dans du dessin "pur". Il y a peu, j’ai acheté chez Petits Papiers (Bruxelles) une planche d’un auteur "alternatif" que j’adore. Après rencontre avec celui-ci, son témoignage va dans le sens de mon interpretation. Bien sur, un cas n’est pas l’autre, il y a des auteurs qui ne vendent rien du tout (exemple : Schuiten), d’autres de temps en temps en laissent filer une ou deux, et enfin il y en a quelques uns (beaucoup sans doute) qui en font une activité à part entière. Je lisais il y a qq minutes sur le blog d’un dessinateur qu’il réalisait des commandes. Si vous surfez sur des sites de galeries comme Maghen ou Petits Papiers, vous verrez beaucoup de dessins qui ne figurent dans aucun album. Cela a toujours existé... Ce qui est plus douteux selon moi c’est lorsque les galéristes obtiennent une planche de crayonnés, ensuite ils prennent un cuter, et en ressortent avec 4 strips séparés vendus à prix d’or (je pense à du Gibrat, par exemple). Pire : vente case par case de dessins d’auteurs décédés. Un cuter est encore une fois passé par là. A vous de voir si vous êtes prêts à payer pour ça, apparemment d’autres le font, perso je suis content qu’il existe encore des dessins et planches à prix abordables pour un public de passionné, 12.000 pour Gibrat c’est déjà du haut de gamme, mais rikiki par rapport à du Franquin ou du Hergé.

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        • Répondu le 25 octobre 2010 à  19:20 :

          C’est bien ce que je disais, ça n’enrichit que les galeristes, pas les auteurs, au mieux ça leur permet de boucler les fins de mois, mais un auteur qui a du mal à avoir des droits d’auteur en aura encore plus à vendre des originaux (la demande est faible et les tarifs ridicules dans ce cas), donc une fois de plus l’argent mène à l’argent et cette vente n’enrichit que ceux qui n’en ont pas vraiment besoin ET, effet pervers, incite les éditeurs à moins verser ou à ne plus verser du tout d’avance sur droit, en particulier aux auteurs peu vendeurs, donc déjà en situation précaire financièrement parlant (les gros vendeurs peuvent toujours recevoir des avances sur droits, les éditeurs étant sûrs que les ventes seront en adéquation).

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        • Répondu par Monsieur le web Lecteur le 25 octobre 2010 à  19:54 :

          C’est le cas de certains auteurs tels que Moebius. Un article d’actuabd (Moebius transforme) soulignait cet à côté financier en parlant de toiles qu’il réalisait exclusivement pour des commandes.
          On ne peut pas reprocher aux auteurs de passer par des salles de ventes pour s’accorder un petit plus en fin de mois, jumelé avec un certain prestige artistique.

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          • Répondu le 26 octobre 2010 à  14:54 :

            Mais je ne parlais pas d’ "auteurs" comme Bilal ou Moebius, qui eux sont hors cadre, ils sont déja richissimes et n’ont pas besoin d’un petit plus pour boucler les fins de mois difficiles, je parlais plutôt d’auteurs trentenaires qui sortent des albums mal payés au forfait (le prix par page devenant ridicule) et qui, dès la sortie ou même avant, de l’album, exposent l’ensemble des pages du livre en expo-vente dans des librairies comme Super-Héros à Paris. Dans ce cas de figure, la vente des originaux est programmée dans la rentabilité du travail de l’année, le livre en devient presque un prétexte, le catalogue de l’expo, et l’éditeur se dédouane de l’obligation morale de faire vivre l’auteur pendant la création du livre (par les avances sur droit, avances que l’éditeur récupèrera par la vente de l’ouvrage s’il fait correctement son travail) arguant que la vente des originaux compensera ce qu’il ne verse plus.

            Voilà pourquoi ce petit commerce de la planche originale est vicieux, car il ne concerne pas l’ensemble des auteurs (les acheteurs de planches originales ne sont pas légions il faut dire que c’est cher) mais touche financièrement à la baisse l’ensemble des auteurs, et en particulier les plus précaires, car soyons logiques, ce n’est pas un auteur publié à 1500 exemplaires avec 1000 euros d’avances sur droits qui va vendre les pages du-dit livre à 500 euros pièce.

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            • Répondu par Economiste le 14 novembre 2010 à  09:51 :

              Il y a une erreur dans le raisonnement là. Le prétexte que peut utiliser l’éditeur, n’a rien à voir avec la réalité économique. A savoir, qu’un grand nombre de nouveautés sont déficitaires, et peu sont bénéficiaires.

              Le marché n’est pas infiniment expansible, et est saturé. La BD a échappé un temps à cette contrainte, car elle était plus rentable que le livre classique, mais elle rentre dans le rang du livre.

              Chez les nouveaux auteurs littéraires, peu reçoivent des avances (sauf pour les biographies célèbres, et les guides établis, etc). Il est logique économiquement, que l’éditeur veuille minimiser ses risques.

              Même si c’est son métier, il n’a pas de raison de travailler à perte. Car il prend déjà un risque important sur le tirage et la distribution, qui sont des frais incontournables.

              Voilà pourquoi réellement l’avance disparait, car comme son terme l’indique, il implique une recette (profit). Bien sûr, les créateurs ne voient que leur investissement temps, mais le bien produit n’est pas indispensable, et on ne voit pas bien pourquoi l’état, revendication ultime des artistes (en fait la communauté), se substituerait au risque de la création individuelle.

              C’est pourtant le cas dans le cinéma, qui utilise l’argument du prestige et peut-être du nombre d’employés. Arguments que ne peut avancer le livre, même s’il peut être par la suite source d’adaptations et de mythes.

              Finalement ce qui se passe, est le cas de l’art en général. A savoir que c’est un métier à haut risque, car l’offre est quasimment infinie (beaucoup de gens se croient des artistes, car il "suffit" d’imaginer), face à une demande finie (il "faut" payer pour consommer cet art).

              Donc faire porter la responsabilité sur les galéristes est complétement erroné. Ce n’est qu’un marché annexe, qui augmente les débouchés des artistes. Il en a été ainsi des produits dérivés, qui ne vont plus aussi bien maintenant.

              En final, c’est le public qui décide avec son propre argent.

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