Le "Connardvirus" – Par Bad

18 mars 2020 0 commentaire

LA CHRONIQUE DU CONFINEMENT PAR NOS LECTEURS. Auteur Lorrain plus connu sous le pseudonyme de « Bad », Karim-Francesco Badachaoui a publié la série FDC chez Clair de Lune, « De Milian à Saint Emilion - Itinéraire d’un Saint » aux éditions du Signe, « 24H du Mans 1999 - Le Choc des Titans » aux éditions Glénat et « avec Turenne » aux éditions du Triomphe. Voici sa contribution.

Bonjour à toutes et à tous,

J’emboîte le pas de Monsieur Mirror en vous proposant mon modeste point de vue face à cette situation inédite par l’ampleur, que traverse actuellement le pays et le reste du monde.

J’ai déjà eu l’occasion d’intervenir sur votre site, dont j’apprécie la pluralité du ton et des éditos. Votre nouvelle démarche "d’ouverture de la parole" sur le Covid-19, en est une preuve supplémentaire. Merci.

Personnellement, cette mise en quarantaine ne bouleverse pas trop mon quotidien. Tout au long de l’année, lorsque je travaille sur une commande éditoriale, j’ai la tête dans le guidon et je sors très peu, sauf par nécessité vitale ou pour décompresser de temps à autre. Il est vrai que nous autres, dessinateurs de BD, sommes des forçats du dessin. Il faut tenir les délais des contrats d’édition (de plus en plus courts !) et surtout essayer, je dis bien "essayer", de s’en sortir financièrement à la fin du mois. Bref, l’exercice de la survie (je suis un spécialiste des pâtes à toutes les sauces et à tous les ingrédients !), étonnamment devenu à la mode ces jours-ci, par la force des choses...

Outre ce virus, ce sont les conséquences sur le monde de l’édition qui risquent de faire des ravages : les publications reportées, les albums en cours de réalisation qu’il faut continuer à soutenir financièrement, et surtout, la mise en péril de projets qui devaient être signés ou étaient en cours d’étude.

Il est évident que la perte financière de toute la filière (éditeurs, distributeurs, diffuseurs, libraires) va devoir entrainer des choix stratégiques sur le bon déroulement des entreprises et de la protection sociale de leurs personnels dans les mois à venir. D’autant plus que les médias nous annoncent une récession mondiale sans précédent. Que va devenir le débat du statut social des auteurs et de leurs revendications pour leur travail dans ce marasme économique qui se profile ?
Je pense également à certains de mes amis(es) dans l’autoédition, dont l’exercice de la vente en festival risque aussi de devenir plus difficile. Il est fort à parier que le chômage qui va suivre après le Coronavirus, n’améliorera pas le pouvoir d’achat.
Je ne fais pas du catastrophisme, mais des équations essentielles sur l’avenir de la BD qui risquent de se poser à court terme.

Espérons tout de même, que la suite des carrières de chacunes et de chacuns, ne prendra pas des allures de "confinement" !

Bad

Le "Connardvirus" – Par Bad

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