Le Gaffeur en espéranto

11 août 2005 10 commentaires

Créé en 1887 par le Polonais Louis Lazare Zamenhof, l’espéranto a représenté l’espoir de doter l’humanité d’une langue de communication unique, constituée de racines communes aux principales langues européennes et dont la structure serait la plus simple possible.

Plébiscité avant 1914, le projet a été mis à mal par la Première Guerre mondiale. Plus tard, le second conflit a contribué à l’expansion de l’anglais grâce à l’arrivée en Europe des Américains. L’espéranto a perdu beaucoup de son rayonnement et de ses locuteurs.

Cette invention qui virerait presque au désastre ne pouvait qu’intéresser notre gaffeur. Serait-ce pour cela que les éditions Dupuis ont entrepris de faire une version de Gaston Lagaffe en espéranto, vendue conjointement avec l’album français ?

Il n’est pas dit si le contrat de Monsieur De Mesmaeker n’avait pas justement été rédigé dans cette langue, provoquant la colère de l’homme d’affaires qui se serait particulièrement offusqué en découvrant que certaines clauses avaient été écrites « avec des petits caractères » !

DP

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10 Messages :
  • > Le Gaffeur en espéranto
    11 août 2005 22:11, par Sinjorineto

    « Cette invention qui virerait presque au désastre »

    Saluton, je ferais juste remarquer que l’espéranto marche très bien actuellement.

    Gxis.

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    • Répondu par François Peneaud le 11 août 2005 à  22:46 :

      Il me semblait assez évident que l’auteur de notre brève faisait de l’humour.

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      • Répondu par Euroccitan le 12 août 2005 à  01:12 :

        L’humour c’est toujours marrant quand c’est dirigé contre les autres, pas forcément contre soi-même ou ses amis.
        Pour ma part je me réjouis sans arrière pensée du succès actuel de l’espéranto qui représente désormais un moyen extrêmement efficace de communication mondiale, surtout avec l’Internet.
        Skype (avec l’espéranto) me permet chaque jour de converser avec tous les pays du monde.
        Dans quelques jours la télévision en espéranto qui a déjà fait ses essais fonctionnera par le même Internet.
        Si votre ironie décapante vise à détruire l’espéranto, il faudra aussi qu’elle détruise l’Internet. Ce sera peut-être difficile !

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        • Répondu par Parole à Tous le 12 août 2005 à  09:11 :

          Je ne pense pas que l’ironie de l’article vise à "détruire l’espéranto".

          C’est tout simplement le signe que la désinformation (ou la sous-information) médiatique est très efficace pour masquer l’existence, ainsi que le succès croissant de cette alternative équitable, et que la "rumeur" est, à l’heure actuelle, plus influente que la connaissance objective des faits.
          J’ai rédigé récemment quelque chose à ce sujet dans mon blog.

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  • > Le Gaffeur en espéranto
    11 août 2005 22:12, par Axel

    Outre les erreurs commises sur la langue espéranto, il y a une autre erreur : celle de l’éditeur.
    Pour cette version de Gaston, l’éditeur n’est pas Dupuis mais l’association Espéranto-Jeunes qui a fait cette BD pour faire connaitre notre gaffeur préféré auprès des espérantophones répartis un peu partout dans le monde - plusieurs millions de personnes parlent l’espéranto, d’autres bandes dessinées existent aussi en espéranto, comme Tintin au Tibet (sorti y’a quelques mois), Bob et Bobette, des mangas japonnais ...

    Plus d’infos sur les BD en espéranto :
    http://esperanto-jeunes.org/article.php3?id_article=67
    http://esperanto-jeunes.org/article.php3?id_article=130

    Voir en ligne : Espéranto-Jeunes

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  • > Le Gaffeur en espéranto
    12 août 2005 08:59, par Parole à Tous

    Parmi les erreurs "classiques" sur l’espéranto : celle qui consiste à dire que son créateur voulait en faire une langue "unique" de communication.

    Il voulait en faire une langue COMMUNE, ce qui fait une sacré différence.

    En effet, non seulement le fait de savoir l’espéranto n’empêche en rien d’apprendre en plus (et d’utiliser) : l’italien, l’allemand, ou même le letton, le hongrois ou le quéchua... Au contraire, son économie est telle qu’il encourage et facilite l’apprentissage des autres langues. Ce qui est loin d’être le cas de celle qu’on nous impose actuellement.
    Voir l’ouvrage des éditions "Autrement" : Langues sans frontières, à la découverte des langues de l’Europe.

    J’ai acheté "Gastono" voici deux semaines, au congrès international de Vilnius. A ce congrès annuel, 2300 personnes venues de 60 pays ont travaillé pendant une semaine (c’est une durée très longue pour un congrès) sans aucun traducteur. Avec la présence (entre autres) de deux ambassadeurs...
    Pour en savoir plus : blog "Parole à Tous" sur Le Monde

    Voir en ligne : Parole à Tous

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    • Répondu par François Peneaud le 12 août 2005 à  11:41 :

      L’erreur de terme est de cette fois-ci de mon fait.

      Je sais très bien que Zamenhof ne cherchait pas à empêcher l’apprentissage des autres langues. Ne mettez pas cet "unique" sur le compte d’une quelconque volonté de ma part de rabaisser l’espéranto, pour lequel j’ai le plus grand respect.

      Vilnius est une belle ville, n’est-ce pas ?

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  • > Le Gaffeur en espéranto
    12 août 2005 13:41

    Les espérantistes n’ont rien contre l’ironie, qui va effectivement dans le sens de l’ambiance des Gastons, mais l’espéranto a trop longtemps souffert des moqueries des médias ou des journalistes qui cherchent une chute à leur article, et parfois lancent un cliché à défaut d’une autre idée. Par ailleurs, comme dit dans une autre réaction, l’espéranto connaît un regain d’intérêt, grace à Internet, aux candidatures électorales, et peut-être au contexte européen actuel. Mais c’était sympa de parler de cette BD.

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  • > Le Gaffeur en espéranto
    12 août 2005 18:06, par Christian RULLIERE

    Un petit coup de pub sympa pour la internacia lingvo même si le commentaire tombe dans le piège des préjugés souvent rebatus contre l’espéranto.
    Ne gravas. L’important c’est d’exister ... et cette langue malgré tous les obstacles mis sur son chemin, continue après plus de 120 ans d’existence son petite bonhomme de chemin.

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