Le Japon durcit sa législation contre le téléchargement illégal de mangas

16 juin 2020 0 commentaire

PIRATAGE. Au Japon, la recrudescence du téléchargement illégal de mangas a obligé le gouvernement à durcir sa législation sur la question. Après s’être attaqué au piratage de musique, puis de films, depuis 2012, c’est donc au tour du 9e art d’être dans le collimateur de l’équivalent nippon d’Hadopi.

La question du droit d’auteur et de son application est un enjeu majeur d’Internet, et aucun pays, ni aucune discipline culturelle n’est épargnée par le piratage. Ce qui rend la lutte contre cette pratique si difficile, c’est la versatilité de « l’ennemi » et la difficulté voire l’impossibilité matérielle de mettre définitivement à terre les sites et organisations qui en sont responsables. En France, on le voit très facilement avec les multiples sites de torrent ou téléchargement en peer to peer qui changent de nom de domaine comme de chemise pour échapper au législateur.

Face à cette problématique, la solution est bien souvent de dissuader les utilisateurs, et c’est sur cette voie que s’est engagé le gouvernement japonais pour endiguer le téléchargement illégal de mangas, un fléau dénoncé par les plus gros éditeurs nippons qui voient là une perte colossale d’argent.

À compter de 2021, les internautes téléchargeant illégalement des mangas s’exposeront donc à des peines allant jusqu’à deux ans de prison et l’équivalent de 16 000 € d’amende. Des sanctions exemplaires qui représentent toutefois un plafond : tous les cas qui seront judiciarisés ne finiront pas forcément en cellule...

On trouve malgré tout des exceptions dans ces nouvelles lois concernant notamment le téléchargement de quelques pages d’une œuvre. Reste à savoir combien de pages cela représente, quelle proportion de l’œuvre en totalité... Autre versant de la nouvelle législation, et non des moindres : la loi prévoit aussi de s’attaquer aux sites n’hébergeant pas de contenu illicite mais indexant ou recensant d’autres sites qui ; eux ; contiennent du contenu piraté.

À priori toutefois, cette nouvelle loi n’affecte pas la lecture en ligne de mangas, très répandue au pays du Soleil Levant, et également en France où le scantrad est très pratiqué, plus encore que le téléchargement de mangas.

Si la lutte contre le piratage marque donc une nouvelle étape au Japon, le combat est encore loin d’être terminée pour les ayants droits.

JBDP

Le Japon durcit sa législation contre le téléchargement illégal de mangas
Un magasin de mangas au Japon
© Wikipédia / CC.

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

  Un commentaire ?