"Le Monde" s’intéresse aux affaires judiciaires des Uderzo

29 décembre 2013 3 commentaires

Sous un titre un peu facile ("Ils sont fous ces Uderzo - Embrouilles dans la famille d’Astérix"), Le Monde a rencontré les belligérants de l’affaire "Uderzo vs. Uderzo" dans son supplément hebdomadaire, une enquête menée par Fabrice Lhomme, Gérard Davet et Frédéric Potet.

L’article permet de détailler l’affaire judiciaire qui oppose Sylvie Uderzo, 59 ans, à son père de 86 ans, le dessinateur du fameux Astérix.

On y apprend que le patrimoine du dessinateur et de son épouse serait, "selon la justice, d’environ 32 millions d’euros. Sans parler de ces 1 300 planches originales que détiendrait l’ex-dessinateur, un vrai trésor quand l’on sait que l’une d’elles s’est vendue récemment à plus de 200 000 euros." Dont 121 planches d’Astérix, d’une valeur estimée de 12,5 millions d’euros, ont été données récemment à la Bibliothèque nationale de France.

Chacune des parties porte des griefs à l’autre. Uderzo reproche à sa fille d’être sous la coupe de son époux Bernard de Choisy, décrit comme un "ignoble individu", un "coureur de dot", voire un "Iznogoud". De son côté, Sylvie Uderzo pointe un entourage de l’artiste particulièrement intéressé (un plombier, un comptable, un notaire...) qui a su profiter des largesses du couple et qui aurait écarté, sous la houlette d’un avocat en lequel Albert Uderzo avait confiance, Me Sicard (décédé en 2011), Sylvie Uderzo et son gendre des affaires de son père, lesquels en auraient bien profité eux-aussi lorsqu’ils étaient aux commandes...

En tout cas, l’intention d’Albert Uderzo de déshériter le mieux qu’il le peut sa fille (la loi interdit de déshériter complètement un enfant), au profit, dit-il, de ses petits-enfants, est patente. Et celle de Sylvie Uderzo de ne pas se laisser faire est tout aussi évidente...

Un nouveau scénario pour Astérix

Albert Uderzo profite de cette enquête pour annoncer qu’il écrira possiblement le scénario d’un prochain Astérix.

Au-delà des détails de cette affaire qui n’intéresse plus que les prétoires depuis que l’essentiel est accompli : Astérix poursuit sous d’autres signatures et survivra donc à ses créateurs, Hachette-Lagardère devenant le principal opérateur du destin du Gaulois (c’est pourquoi nous nous sommes peu intéressés aux échanges de plaintes et aux procédures interminables entre les parties), nous ne pouvons que souhaiter pour 2014 que cette famille se réunisse à nouveau dans la concorde, qu’elle prenne en compte que les fautes et les erreurs des uns et des autres peuvent se réparer et qu’elles pèsent bien peu face à la valeur incommensurable de la quiétude et du bonheur.

Comme l’écrivent René Goscinny et Albert Uderzo dans La Zizanie : "Oh, ils sont braillards, tête en l’air, farfelus, mais il faut bien les aimer… Ils sont humains !"

DP

Voir en ligne : L’ENQUETE DU MONDE

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3 Messages :
  • Uderzo ou la bandelette dessinée
    3 janvier 2014 10:28, par Simon

    Peut-être qu’Uderzo devrait plutôt se réjouir d’avoir eu cette occasion de se renier et de revendre la momie d’Astérix à Hachette ? Ça promet encore beaucoup de bandelettes dessinées.

    Quant à cette peu judicieuse affaire judiciaire, il y a au moins un point sur lequel on pourrait constater un certain « abus de faiblesse » du Bettencourt de la BD : depuis la mort de Goscinny, la série est faible et il y a de l’abus.

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  • "Le Monde" s’intéresse aux affaires judiciaires des Uderzo
    4 janvier 2014 10:45, par jacques langlois

    En tout cas, l’intention d’Uderzo de s’atteler à un nouveau scénario n’est pas une bonne nouvelle pour commencer l’année...

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  • "Le Monde" s’intéresse aux affaires judiciaires des Uderzo
    4 janvier 2014 19:00, par Sergio Salma

    Je trouvais complètement déplacées les illustrations de cet article du journal le Monde . Toujours cette stupide approche de la bande dessinée par ses conventions graphiques même lorsqu’il s’agit de drames familiaux. Un reportage télévisuel du même acabit nous donnerait les sempiternels coups de klaxon et les musiques crétines qui accompagnent , c’est une tradition, la moindre apparition d’un auteur de petits miquets.

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