Le Petit Nicolas en yiddish, en arabe, en breton...

30 août 2013 5 commentaires

Dans la plupart des pays du monde, Le Petit Nicolas est traduit. C’est que la création de René Goscinny et de Jean-Jacques Sempé est une valeur universelle, car tous les petits garçons du monde trouvent que la planète est peuplée de gens bizarres qui s’appellent les adultes presque aussi drôles, sinon plus, que le "gros tas de chouettes copains" que l’on fréquente à l’école.

Et voici que la maison d’édition d’Anne Goscinny entreprend de le publier dans de nouvelles langues, plus bizarres les unes que les autres,dans une collection "langues de France" : en yiddish (22 août 2013), en arabe maghrébin (3 octobre) et en breton (8 novembre)...

Il est vrai que chaque langue a son génie et que l’ingénuité de Nicolas a une saveur à chaque fois renouvelée selon le point de vue qu’il nous impose : un petit garçon juif n’a pas forcément la même perception du monde et des adultes qu’un petit garçon maghrébin ou breton. La langue y est pour beaucoup... Pour le non-initié, voir Le Petit Nicolas écrit en lettre hébraïque ou arabe, a quelque chose d’exotique. Mais un titre comme "Nikolazig e brezhoneg" n’est pas moins intrigant. En fait, il faut le dire, cette publication n’est pas communautaire, elle est identitaire, ce qui n’est pas la même chose.

Mais pourquoi le yiddish ? Parce que cette langue est pour partie née en France, en particulier en Alsace et en Lorraine. "Nous avons appris que le yiddish faisait partie des 75 "langues de France" officiellement reconnues par la République française" écrit l’éditeur dans son communiqué. Comme le breton, le corse, l’alsacien, l’occitan... Des langues parlées par une minorité de citoyens français.

Le yiddish est cette langue qui était parlée jadis par 11 millions de juifs européens. La Seconde Guerre mondiale et la destruction des Juifs d’Europe par les nazis est passée par là : moins de 2 millions le parlent encore dans le monde, selon le traducteur de cet ouvrage Gilles Rozier. Un regain se fait sentir, de New York à Paris. Anne Goscinny, dont l’arrière-grand père maternel, Abraham Beresniak, était l’auteur d’un Dictionnaire étymologique yiddish-hébreu, a voulu apporter sa pierre à cette regénération.

La Maison de la culture yiddish à Paris organise pour accompagner la sortie de l’ouvrage une série d’événements les 28 et 29 septembre 2013. Le 28, la Maison fait une porte ouverte aux enfants qui veulent venir y dessiner leur Petit Nicolas (des tas de cadeaux sont prévus) et le dimanche 29, les éditeurs du livre, Anne Goscinny et Aymar du Chatenet, de même que ses traducteurs, Sharon Bar-Kochva et Gilles Rozier, participeront à une table ronde.

L’ouvrage sort d’ailleurs à un moment opportun qui est celui du nouvel an juif (nous serons en septembre en l’an de grâce 5774 chez les Juifs) et juste avant la fête consacrée aux enfants. Chana Tova, comme on dit dans ce cas-là.

DP

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Maison de la Culture Yiddish

29 rue du Château d’eau

75010 Paris

Tel : 01 47 00 14 00

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5 Messages :
  • En fait, il faut le dire, cette publication n’est pas communautaire, elle est identitaire, ce qui n’est pas la même chose.

    J’adore ce genre de subtilité langagière.

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  • Le Petit Nicolas en yiddish, en arabe, en breton...
    14 septembre 2013 16:37, par jfchanson

    Au Maroc, il est annoncé en arabe dialectal (darija), l’arabe maghrébin n’existant pas, chaque pays, voire chaque ville, ayant son propre arabe dialectal.
    Les éditeurs locaux essaient depuis quelques années de se lancer dans l’édition dans cette langue pourtant la plus parlée par les marocains,mais avec de piètres résultats. Les marocains semblent privilégier les livres en arabe classique ou en français.
    Un article intéressant sur le sujet dans le dernier Telquel.

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    • Répondu le 16 septembre 2013 à  01:19 :

      De même qu’en France les français semblent privilégier les livres en français plutôt qu’en langue régionale, ce qui est plutôt bon signe je trouve, le contraire serait un repli sur soi-même.

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      • Répondu par jfchanson le 16 septembre 2013 à  18:28 :

        Sauf qu’au Maroc, dans la rue, en famille, personne ne parle l’arabe classique ou le français, tous parlent le darija.
        La comparaison n’est pas valable.

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        • Répondu le 16 septembre 2013 à  21:11 :

          Vous êtes le genre de personne à confondre le yiddish et l’hébreux.

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