« Le Secret de la potion magique », un film doublé d’un album illustré

28 juin 2018 11 commentaires
« Le Secret de la potion magique », un film doublé d'un album illustré
L’âge de Panoramix est inconnu, mais Panoramix est déjà très âgé dans le premier tome des aventures d’Astérix.

Panoramix prend de l’âge. Il lui est de plus en plus difficile de grimper aux arbres pour cueillir le gui, ingrédient nécessaire à la confection de la potion magique. Une chute, jambe fracturée, et c’est décidé : il lui faut un successeur.

C’est ainsi que Panoramix, Astérix et Obélix se mettent en route à la recherche d’un jeune druide talentueux. Un périple qui n’est pas sans rappeler Le Tour de Gaule d’Albert Uderzo et René Goscinny, mais aussi La Serpe d’or, puisqu’il amènera nos héros à rencontrer de lointaines connaissances du druide, notamment son grand rival Sulfurix.

Uderzo voulait dessiner Astérix grand et fort, mais René Goscinny voulait « un physique marrant ». Obélix est un compromis !

Ce n’est pas la première fois qu’Alexandre Astier et Louis Clichy font un film sur les irréductibles gaulois : en 2014, ils sortaient Astérix - Le Domaine des Dieux. Le film avait eu un certain succès auprès du grand public, malgré quelques critiques sur le passage du dessin plat d’Uderzo à la 3D. C’est le 48ème long métrage à franchir le cap du million d’entrées. Cette fois-ci, ils s’essayent à l’inédit avec un scénario imaginé par Astier.

Le film, prévu pour octobre 2018, s’accompagnera d’un album illustré chez les éditions Albert René. Publication éponyme de 48 pages, ses dessins seront signés par Fabrice Tarrin. Ce dessinateur reprenait déjà des personnages cultes en 2006 : Spirou et Fantasio.

Espérons que cette histoire inédite contiendra des trouvailles aussi astucieuses que l’Alexandrin qui s’exprime en alexandrins dans le Domaine des Dieux !

CB

« Le Secret de la potion magique » sortira en film le 5 décembre 2018, et en album au moment des fêtes de fin d’année

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11 Messages :
  • malgré quelques critiques sur le passage du dessin plat d’Uderzo à la 3D

    Si il y a un dessin qui n’est pas plat pourtant, c’est bien celui du génial Uderzo, venant du dessin disneyen et parfaitement adapté à l’animation.

    Les quelques illustrations crayonnées de Fabrice Tarrin disponibles sur le net sont magnifiques, quel talent ce type !

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    • Répondu le 30 juin 2018 à  09:34 :

      "parfaitement adapté à l’animation."

      Justement, non. Si son dessin était adapté à l’animation, les model sheets seraient invariables depuis le tome1. Hors, sous la plume d’Uderzo , les personnages n’ont pas cessé d’évoluer. Résultat, lorsque vous voulez adapter du Uderzo en animation, ça ne fonctionne pas. Le trait d’Uderzo est pensé pour le dessin fixe, pas pour l’animation. Pareil pour son sens du mouvement. Vous êtes obligé de dénaturer son dessin. Par contre, en 3D, ça marche parce qu’on change de codes.

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      • Répondu par Deplomb le 30 juin 2018 à  14:31 :

        sous la plume d’Uderzo , les personnages n’ont pas cessé d’évoluer

        Cela n’a pas d’impact sur l’animation, on choisit d’animer le Uderzo de telle époque et on s’y tient. Je suis d’accord avec Laurent Colonnier que le dessin d’Uderzo est parfait pour l’animation façon Disney à l’ancienne. En 3D effectivement ça marche pas trop mal, en changeant de codes comme vous dites. Niveau couleurs et textures le résultat précédent était toutefois plutôt médiocre, et à voir les images montrées il ne semble pas y avoir eu de progrès de ce côté-là. Malgré tout le précédent film était réussi, et on en souhaite autant pour le nouveau.

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        • Répondu le 30 juin 2018 à  22:03 :

          "Je suis d’accord avec Laurent Colonnier que le dessin d’Uderzo est parfait pour l’animation façon Disney à l’ancienne."

          Vous vous trompez complètement. Le dessin d’Uderzo est fait pour la bande dessinée même s’il va puiser des racines chez Disney. Essayez d’animer Astérix et vous allez voir les difficultés que vous allez rencontrer.

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          • Répondu par Laurent Colonnier le 1er juillet 2018 à  19:49 :

            Les proportion d’Astérix sont ni plus ni moins celles de Mickey, qui est, c’est bien connu, hyper difficile à animer.

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            • Répondu le 2 juillet 2018 à  07:59 :

              Sauf que Mickey a été conçu par Ub Iwerks pour l’animation afin qu’une équipe puisse le dessiner de manière identique. Destiné d’emblée à l’industrie, Mickey est plus codifié qu’Astérix, plus simple à reproduire. Astérix a été conçu pour être dessiné par un seul homme : Uderzo. Même s’il y a quelque chose de Disney dans les proportions, Astérix est plutôt une écriture, i a trouvé sa forme au fur et à mesure des planches. Seul Uderzo peut le dessiner exactement. C’est vrai une émanation de lui-même. Pas Mickey. Mickey est une petite mécanique qui a connu des évolutions mais à chaque fois qu’il changeait, les model sheets étaient dessinés en amont de la fabrication et non pas pas pendant.
              Conrad et Tarrin ont beaucoup de talent et ce sont en plus d’habiles faussaires. Mais par exemple, prenez les yeux d’Astérix par Conrad, bah, ce n’est pas du Uderzo et ça se voit. Prenez tous les dessins animés d’Astérix, vous voyez bien que le personnage ressemble à Astérix mais il y a sans cesse des problèmes d’interprétation, de rotations des modèles, d’expressions. Le trait d’Uderzo est impossible à reproduire industriellement à moins d’avoir une armée de clones d’Uderzo. Pourquoi ? Parce que le dessin d’Uderzo est intuitif, conçu pour la bande dessinée et pas pour l’animation. Son encrage est très particulier. Le respect des proportions ne suffit pas pour donner l’impression qu’on a du Uderzo qui s’anime…

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              • Répondu par Deplomb le 2 juillet 2018 à  11:32 :

                Vous expliquez bien votre très intéressant point de vue. Le mien diffère quelque peu. En ce qui concerne Astérix, je ne pense pas qu’il soit tant que cela une écriture - pour l’œil je suis persuadé que Conrad fait cela intentionnellement, du moins à présent, tout comme il le fait pour les rayures d’Obélix. Astérix est assez facile à reproduire je trouve, jeune passionné j’en ai fait des pages de ce petit personnage pour un résultat pas trop éloigné de l’original (hors encrage, mais en animation l’encrage ouvragé de la BD est remplacé par un trait uniforme). Il faut choisir une époque d’Uderzo et s’y tenir. Pour l’animation, le dessin d’Uderzo ne permet certes pas une animation à l’économie, on ne peut pas se contenter d’un seul cycle de marche par personnage par exemple - c’est cela peut-être qui vous pousse à dire qu’Astérix n’est pas fait pour l’animation. Regardez Obélix, il lui faut un cycle de marche penché en avant quand il descend à auteur d’Astérix pour lui parler, un cycle de marche debout les mains dans le dos, un cycle de marche où il balance sa masse à droite et à gauche, et toute une gamme d’attitudes qu’il peut avoir en marchant, serein, en colère... Et ce à plusieurs angles. Et il faut prévoir des coupes, des ellipses, pour s’éviter d’avoir à concevoir les transitions entre tous ces mouvements. Je pense qu’on peut faire quelque chose de très beau en animation classique, incorporant beaucoup de poses dynamiques d’Uderzo en maniant habilement les coupes pour éviter les transitions entre les mouvements (mais bien-sûr il faudra tout de même en réaliser un certain nombre). Je revois à l’instant des passages des films d’animations de 1985/86/89, il y a de très bonnes choses, de superbes mouvements à la Uderzo, des attitudes très uderziennes bien supérieures à celles du film en 3D - certes entourés d’autres choses plus simples qui s’en éloignent un peu, pour faciliter la production, mais le fait est là qu’on peut faire du très bon Uderzo en animation classique.

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                • Répondu le 2 juillet 2018 à  12:35 :

                  "Je revois à l’instant des passages des films d’animations de 1985/86/89, il y a de très bonnes choses, de superbes mouvements à la Uderzo, des attitudes très uderziennes bien supérieures à celles du film en 3D"

                  De mon point de vue, les films des années 80 sont médiocres. Des disproportions à chaque plan, des mouvements inutiles et appuyés d’animateurs rarement virtuoses qui cherchent plus à se faire plaisir qu’à servir un récit. Heureusement, on en n’est plus là et on pourrait probablement faire mieux. L’avantage de La 3D : l’adaptation. Les codes ne sont plus ceux du dessin au trait et ce qui fait toute la puissance du dessin d’Uderzo ne peut plus être comparé. Je préfère 1000 fois l’animation en 3D d’Astérix que les tentatives en animation 2D classique. Le trait uniforme de l’animation classique retire tout ce qui fait le charme du dessin d’Uderzo.
                  Astérix est facile à reproduire. Oui et non. On peut facilement dessiner un Astérix qui s’approche de celui d’Uderzo. Mais le faire comme Uderzo, c’est extrêmement complexe. Uderzo dessine comme il est et il ne cherche pas à imiter le dessin d’un autre. C’est cette petite différence qui fait toute la différence. Astérix dessiné par lui est vraiment incarné. Des artistes comme Didier Conrad et Fabrice Tarrin capables de faire du Astérix, c’est très rare. Et même, l’Astérix de Conrad est différent. Il ne bouge pas pareil. Vous imaginez le nombre de virtuoses du dessin qu’il faudrait pour faire un super dessin animé d’Astérix classique ?

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                  • Répondu par Deplomb le 2 juillet 2018 à  15:43 :

                    Je respecte nos différences de point de vue sur l’animation.
                    Pour le dessin, on s’est focalisé sur Astérix mais chez Uderzo ce n’est pas ce personnage qui est complexe à dessiner - du moins à mon avis -, c’est son univers avec pléthore de personnages secondaires au dessin très précis et aux mouvements et attitudes si caractéristiques.
                    Pour ma part je trouve que ce n’est pas son truc, à Didier Conrad, il a son style à lui et il est un peu embarrassé d’aller sur le terrain d’Uderzo, duquel il reste loin en ce qui concerne les mouvements, les attitudes et la composition des cases.
                    Contrairement à vous, je pense qu’on pourrait trouver beaucoup d’illustrateurs "bons copieurs", maîtrisant le dessin réaliste et le dessin cartoon, qui pourraient faire beaucoup plus proche d’Uderzo. Mais ces illustrateurs ne sont pas auteurs de BD et je pense que les éditions Albert René ont voulu un auteur chevronné pour reprendre la série, minimisant ainsi le risque de défaillance mais s’éloignant plus du style d’Uderzo.
                    Parlons de l’animation 3D, vous admettrez qu’il est possible de faire mieux. Je ne vais pas étudier le mouvement maintenant, mais que pensez-vous des couleurs et des textures ? Sur cette bannière promotionnelle, où les personnages sont en file indienne, que c’est terne... Le chaudron en cuivre a l’air d’un pot de terre, les ustensiles qui en dépassent sont tous ternes, rien ne brille, la serpe ne fait pas serpe d’or, on n’ose pas les contrastes pour les ombres ni pour les reflets ; c’est bien médiocre tout ça, à mon humble avis.

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                    • Répondu le 2 juillet 2018 à  17:34 :

                      L’adaptation est toujours une trahison. L’auteur est toujours obligé de faire son deuil. Le mieux est encore de proposer une alternative. Dans le cas de la série 3D, le côté bonshommes en vinyle ne me dérange pas, au contraire ! Je préfère ça plutôt qu’on essaie de me vendre du Uderzo et Goscinny pas fait par Uderzo et Goscinny. Ça évite les vaines comparaisons. Louis Clichy s’en sort très bien avec sa vision d’Astérix et Alexandre Astier aussi. Il fait du Astier plutôt que du Goscinny. Uderzo était enthousiaste en découvrant le premier film en 3D alors qu’il a toujours été déçu par les adaptations en animation. Pourquoi ? Parce qu’avec Clichy et Astier, il redécouvrait son univers à partir d’une déclinaison mais une déclinaison qui ne dénature rien. Une alternative. Il pouvait prendre une distance et laisser à cette adaptation son droit d’exister et de s’épanouir. S’il leur a donné l’autorisation d’en faire un second, c’est probablement parce qu’il a envie d’être surpris à nouveau, comme un gamin. Pour ce qui est de Ferri et Conrad, je ne suis pas convaincu. Ce duo me semble artificiel. Trop de faiblesses dans les scénarios de Ferri et Conrad se contente de mimer Uderzo au lieu d’inventer son propre Astérix. Ce n’est même pas une question de dessin mais de façon d’être. C’est comme dans L’Etre et le Néant, lorsque Sartre parle du garçon de café qui joue au garçon de café alors qu’il devrait se contenter de l’être. Conrad et Ferri devraient se contenter d’être dans le monde d’Astérix plutôt que de jouer à Uderzo et Goscinny. Clichy et Astier, eux, ne jouent pas à être, ils sont dedans.

                      C’est complexe d’adapter. Si je ne suis pas convaincu par les dessins animés d’Astérix, c’est parce que la difficulté est de ne pas sombrer dans la parenté trop évidente et tyrannique qu’il y a entre un dessin fait pour être fixe et un dessin conçu pour le mouvement. Penser qu’Uderzo ferait les poses clés et que des animateurs placeraient des intervalles, ne serait pas une bonne solution non plus. C’est illusoire. Personne ne pourra penser comme Uderzo et un excellent dessinateur a mieux à faire que de jouer au faussaire.

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                      • Répondu par Laurent Colonnier le 3 juillet 2018 à  17:37 :

                        On n’est plus du tout dans le sujet de départ, à savoir "le dessin d’Uderzo est-il plat et non-adapté à l’animation". Là on est dans le ressenti, du niveau "le Capitaine Haddock n’a pas la même voix dans le film que dans les BD".

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