Le dessin de presse, un droit fondamental pour l’ONU

19 décembre 2019 0 commentaire

La liberté pour le dessin de presse et la caricature nous semblent acquis, pourtant ces dernières années et encore en 2019, ce droit a sérieusement reculé de par le monde.

Le dessinateur algérien Nime condamné à trois mois d’emprisonnement ferme pour une caricature en est l’exemple le plus récent.

D’autres peines d’emprisonnement ont été prononcées contre des caricaturistes cette année comme celles visant Musa Kart en Turquie ou Jiang Yefei en Chine (après avoir été enlevé en Thaïlande). De plus, en juin dernier, la décision d’arrêter la publication de cartoons dans le quotidien américain de référence New-York Times signifie aussi qu’ après l’attentat contre Charlie Hebdo en 2015, même les pays de tradition libérale sont atteints par la contagion.

Jean Plantu rappelle à qui veut l’entendre que l’usage de dessin de presse est un « baromètre précis de l’état d’une démocratie ». Un constat qui l’a mené à créer en 2006 la fondation Cartooning for Peace afin d’en faire progresser la cause à l’échelle mondiale.

Son confrère Xavier Gorce, également collaborateur du Monde, coordonne depuis 2017 une autre action visant à faire reconnaître par l’ONU, le dessin de presse en tant que droit universel fondamental corollaire de la liberté de conscience. Le 3 mai 2019, à l’occasion de la journée mondiale de la liberté de presse célébrée par l’UNESCO à Addis-Abeba en Éthiopie, une déclaration a été publiée en ce sens.

Le dessin de presse, un droit fondamental pour l'ONU

La Déclaration pour la reconnaissance du dessin de presse comme un droit fondamental rappelle « la liberté de critiquer un gouvernement ou une institution » et « le droit intangible à l’intégrité physique du dessinateur (ou de la dessinatrice) de presse ». Elle propose par ailleurs « qu’un rapport spécifique (relatif à l’état de la liberté du dessin de presse dans le monde, NDLR) soit remis chaque année à la Direction Générale de l’UNESCO et transmis aux États membres. » et appelle « les États et la communauté internationale à ouvrir des processus de discussions et de réflexions sur "le droit à la satire et à l’irrévérence"  »

À ce jour, plus de trois cent cinquante dessinateurs représentant plus de cinquante pays ont signé la déclaration. On notera parmi eux la présence du regretté René Pétillon disparu huit mois avant la proclamation de cette déclaration. Interrogé par nos soins, Xavier Gorce a justifié sa présence : "le texte a été rédigé fin 2017 [...]. Pétillon a fait partie des premiers signataires avant sa proclamation officielle alors que nous avions déjà plus de 200 signataires..."

On ne doute effectivement pas que le père de l’inspecteur Palmer, dessinateur pilier du Canard Enchaîné se serait dissocié d’une telle œuvre d’utilité publique et universelle.

LM

Voir en ligne : Le site de la Déclaration d’Addis-Abeba pour la reconnaissance du dessin de presse comme droit fondamental

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

  Un commentaire ?