Le directeur artistique du FIBD, Benoît Mouchart, conteste l’accusation de certains auteurs.

31 janvier 2007 20 commentaires

A la suite de l’article d’ActuaBD signé Charles-Louis Detournay, « Angoulême 2007 : L’heure des comptes », les réactions n’ont pas manqué dans le forum, en particulier en ce qui concerne le manque de communication entre le Festival et les auteurs. « Un jour, peut-être, écrit le dessinateur Maëster, ils essaieront aussi d’être à l’écoute des auteurs, de les considérer autrement que comme de simples employés des éditeurs et de leur demander leur avis. ».

A la suite de quoi, nous apprenons, toujours sur le forum, que l’Association des Auteurs de BD avait adressé au moment du Festival un communiqué (totalement passé inaperçu) pour se plaindre du rendez-vous manqué entre les auteurs et les responsables de la manifestation angoumoisine. Par ailleurs, Benoit Mouchart affirme avoir rencontré le représentant de l’Association des Auteurs « quelque mois avant le festival », une rencontre entre les parties étant prévue « dans les prochaines semaines. »

Au passage, Benoit Mouchart stigmatise certains « journaux dits ‘spécialisés’ », les accusant d’avoir émis des critiques « destructrices ». Cette remarque fait écho au discours de Franck Bondoux au moment de la remise des prix et aux propos tenus lors de la conférence de presse de fin de festival.

On ne manque pas d’être surpris par la pugnacité de ces diatribes répétées alors que des questions restent encore sans réponse. Est-ce là le rôle du Festival ? Nous ajoutons cette question aux autres.

DP


LE MESSAGE DE BENOIT MOUCHART

Bonjour,

Voici une lettre que nous avons adressée à tous les auteurs invités, rédigée en début de semaine dernière. Il semble que certaines attachées de presse à qui nous avions confié ce courrier ne l’ait pas transmis et nous le regrettons. Je rappelle que Franck Bondoux, Délégué général du Festival, a par ailleurs redit pendant la Cérémonie de remise des prix que le festival était "au service de tous les professionnels, auteurs et éditeurs". Par ailleurs, j’ai rencontré Christian Mattiucci quelques mois avant le Festival, et nous avons convenu d’organiser une réunion dans les prochaines semaines : pas de procès d’intention, donc, merci... (Nous avons eu notre compte dans ce registre, avant même que le Festival n’ait ouvert ses portes. Nous réclamons maintenant, dans l’intérêt de tous, que nous puissions travailler dans la sérénité, et que si des critiques doivent être émises, elles doivent absolument rester dans un domaine constructif et non plus destructeur, comme cela a souvent été le cas, dans certaines colonnes de journaux dits "spécialisés".)

Très cordialement,

Benoît Mouchart


EXTRAIT DE LA LETTRE DU FIBD AUX AUTEURS INVITES A ANGOULEME

Chère amie auteure, cher ami auteur,

Nous sommes très heureux de vous accueillir cette année à Angoulême : c’est votre présence qui assure à notre événement toute sa légitimité auprès du public, dont font partie vos lecteurs. C’est notamment grâce à vous que le rendez-vous du Festival, proposé chaque année à Angoulême, a pu au fil du temps consolider la reconnaissance artistique, médiatique et institutionnelle, unique au monde, dont jouit la bande dessinée en France et de plus en plus, en Europe.

Le Festival d’Angoulême est naturellement au service de tous les professionnels de ce champ de l’édition : nous œuvrons chaque année pour que la bande dessinée soit considérée avec le même respect que tous les autres arts vivants. A ce titre, les expositions et les événements que nous produisons (rencontres, débats et spectacles) n’ont d’autre but que de témoigner de la formidable diversité culturelle de la bande dessinée des années 2000 en France, mais aussi sur tous les continents, au plus près de toutes les problématiques de notre temps.

Plus que jamais l’équipe du Festival s’est donnée comme objectif d’être à vos côtés et à votre écoute en privilégiant les échanges d’idées pour que le Festival d’Angoulême continue d’incarner, dans l’intérêt de tous, le rassemblement de toutes les bandes dessinées.

(...)

Dans l’attente du plaisir de vous rencontrer pendant les quatre jours de cette manifestation qui est d’abord la vôtre, nous vous souhaitons un excellent Festival !

Très cordialement,

Franck Bondoux, Delégué général Benoît Mouchart, Délégué artistique Philippe Mottet, Maire d’Angoulême


LE COMMUNIQUE POSTE SUR LE FORUM DE LA MAISON DES AUTEURS EN DATE DU 29/1/07.

Dans le cadre de notre volonté de participer d’une manière constructive au développement du Festival international de bande dessinée, et face à la difficulté que nous avons eu de rencontrer les organisateurs, nous avons envoyé le présent communiqué aux journalistes ainsi que sur le site de l’acbd (www.acbd.fr )

Nous comprenons que les organisateurs ont eu beaucoup de difficultés à
organiser l’édition 2007 du festival (changement d’équipe dirigeante au
cours de l’année, déficit de l’édition 2006, problèmes de communication avec la mairie, gestion du déménagement obligatoire des bulles du Champs de mars vers Monthauzier).

Pour autant, nous pensons que les auteurs sont des partenaires importants – de fait – du festival, au moins à égalité avec les éditeurs, et nous espérons que les organisateurs comprendront leur demande naturelle d’être au minimum tenu au courant de décisions sur l’organisation du festival qui au final les concernent directement.

FIBD 2007 : ET LES AUTEURS DANS TOUT ÇA ?

« Où a-t-on vu que les vaches du salon de l’agriculture avaient leur mot à
dire sur ledit salon ? »

Alors que s’ouvrent ces jours-ci les portes du 34e Festival International de la Bande Dessinée à Angoulême, l’Association des auteurs de bande dessinée [adaBD] monte au front !

L’adaBD est à ce jour la seule association représentative des auteurs de
bande dessinée. Elle est reconnue par les organismes et institutions nationaux partenaires des auteurs que sont les sociétés d’auteurs, les organismes sociaux (Agessa, Maison des artistes, Ircec, etc.), le Centre national de la bande dessinée et de l’image (CNBDI). Son siège social est à Angoulême et elle est donc facilement joignable par le FIBD.

Mais manifestement, le FIBD préfère se passer du partenariat des auteurs.

Aussi l’adaBD fait ici connaître ses désapprobations sur cette 34e édition.

. L’adaBD regrette très vivement d’avoir été mise devant le fait accompli
après avoir suivi les tribulations de la préparation de cette 34e édition
par seule voie de presse.

. L’adaBD déplore certaines décisions prises et aurait aimé être au moins
consultée. Son apport aux réflexions et aux décisions aurait pu être
constructif.

. L’adaBD s’inquiète des changement de lieu qui rendent très difficile les
déplacements et obligent les auteurs à rester dans l’enceinte des dédicaces.

. L’adaBD désapprouve ainsi totalement l’augmentation des tarifs d’entrée qui pénalise le public, les petits éditeurs et rend dans l’esprit du public les auteurs « redevables » de dédicaces. L’adaBD rappelle que les auteurs ne gagnent absolument rien sur les dédicaces, voire même sur les albums vendus dans l’enceinte du salon des éditeur (1).

. L’adaBD s’avoue extrêmement déçue, alors que ses représentants appuyés par le président Lewis Trondheim lui-même ont insisté pour rencontrer l’équipe dirigeante du FIBD et lui faire part de leurs inquiétudes, leurs idées et leurs demandes, voire de leurs griefs, tout au long de l’année 2006, de n’avoir obtenu qu’un seul rendez-vous fin septembre. Rendez-vous qui n’a permis qu’une prise de contact sans véritable dialogue malgré les promesses souvent renouvelées des dirigeants du FIBD (2).

. L’adaBD se demande enfin si le FIBD s’intéresse véritablement aux visiteurs, s’il a une véritable réflexion éditoriale et culturelle.

Pour conclure, l’adaBD exige que le FIBD prenne enfin en compte l’avis des auteurs, acteurs essentiels d’un festival. Sans auteur, pas de festival.

–––

association des auteurs de bande dessinée [adaBD]
www.adabd.com
contact.adabd@wanadoo.fr

–––––––––––––––––––––––––

(1) Albums qui sont trop souvent encore considérés comme exemplaires
de promotion ne donnant pas lieu à rémunération au profit des auteurs.

(2) L’équipe dirigeante se contentant de faire part de ses problèmes en
prétextant, à l’époque, qu’elle ignorait si le festival se ferait, semblant,
en cela, vouloir couper cours à toute proposition de l’adaBD.

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

 
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20 Messages :
  • Sans les auteurs, pas de festival... ben... sans les éditeurs, pas de festival non plus... ou du moins pas un festival de cette ampleur. Et sans organisateurs, pas de festival non plus...

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    • Répondu par Benoît Mouchart le 1er février 2007 à  10:02 :

      Didier, à quoi te sert sans cesse de chercher ainsi à attiser les braises ? Je ne comprends vraiment pas. Pour ma part, je ne cherche à entretenir aucune polémique, et avec toute l’équipe du Festival, nous nous sommes d’ores et déjà lancés dans la préparation de l’édition 2008.

      Benoît

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      • Répondu par Didier Pasamonik le 1er février 2007 à  10:55 :

        Cher Benoit,

        Je t’invite à relire les posts en réaction à l’article très constructif et pas du tout "destructeur" de Charles-Louis Detournay. Nous avons été les premiers surpris par cette polémique dont nous ignorions tout. Le "manque de communication" entre les auteurs et le festival qui est constaté n’est d’ailleurs pas, semble-t-il, le fait du seul festival, et nous n’avons pas manqué de le souligner.

        Mais il est vrai que cette façon de laisser entendre que les journalistes spécialisés seraient les "fossoyeurs" du festival alors que ses contradictions et ses faiblesses sont criantes ; cette manière d’appeller à la "responsabilité" qui n’est rien d’autre qu’une volonté de domestiquer, pour ne pas dire plus, la presse ; cette hyper-sensibilité à la critique qui est la vôtre et qui a été maintes fois répétées lors de ce festival, toujours en amalgamant l’ensemble des médias spécialisés alors que tous n’ont pas été aussi virulents que dBD à votre endroit, devient un peu irritant.

        J’ajoute que cette hypersensibilité à la critique dénote d’un esprit peu enclin à l’ouverture, et par conséquent peu constructif. On ne s’améliore pas sans un minimum d’objectivité.

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        • Répondu par S. du aaablog le 1er février 2007 à  16:01 :

          Ces contestations sont curieuses. J’ai vraiment du mal à comprendre en raison de quoi une association externe réclame le droit de s’ingérer dans l’organisation d’un événementiel qui ne lui appartient pas, sous prétexte que ces membres y participent. Surtout sur des points aussi sensibles que la politique de prix, les choix d’architecture, et la couleur du papier peint. A ce moment là, laissons aussi les lecteurs s’ingérer dans l’écriture des œuvres qu’ils consomment sous prétexte qu’ils en paient le prix ; après tout, ces deux situations relèvent exactement du même registre.

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          • Répondu par Maëster le 1er février 2007 à  19:10 :

            Cher Monsieur S.
            l’association "externe" ne réclame pas "le droit de s’ingérer" (et de se digérer ?) mais demande à être entendue, à ce que les auteurs soient entendus, notamment (mais pas seulement) concernant le droit d’entrée d’un festival qu’ils animent par leur travail (non rémunéré), puisque au final (vous en conviendrez peut-être), ce sont les auteurs qui se retrouvent face au public et aux lecteurs, dont certains s’exclament "ah, mais j’ai payé assez cher, je veux ma dédicace !".

            Et ce sont bien, dans une certaine mesure, les auteurs qui, par leurs dédicaces et leur présence, font venir une grande partie du public.

            Peut-être regrettez-vous que nous ne soyons pas encore réduits au sort enviable de ces travailleurs des pays "émergents" à qui l’on demande de bosser pour des clopinettes sans l’ouvrir.

            Quant à la couleur du papier peint, si vous aviez vu ma chambre, il y aurait beaucoup à dire.

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            • Répondu par S. du aaablog le 1er février 2007 à  22:46 :

              Bonsoir Monsieur Maëster. Je prends le temps d’écrire une longue lettre afin de poursuivre le débat plus sereinement.
              Lorsqu’il s’agit de décider de l’aménagement des espaces et de la tarification des entrées, j’ai le sentiment qu’il ne s’agit pas de demandes justifiées, mais d’ingérence. De même lorsque je vois des mots comme « exiger » dans des courriers officiels. Certes, vous participez à faire vivre ce festival comme n’importe quel lecteur vous fait vivre en achetant vos livres. Or, j’aimerais sincèrement voir votre visage si l’un de vos assidus lecteurs devait vous assenez un : « désormais, j’exige à être entendu sur l’écriture de vos albums, je les paie suffisamment cher pour avoir le droit de maîtriser ce qui s’y trouve. C’est moi qui, du moins en partie, vous fait vivre oui ou non ? ». Ou même si le festival vous exigeait une ligne de conduite, en vertu de tel ou tel besoin, et en vous signalant que désormais, seuls tels types d’auteur de bande dessinée seraient conviés. Ce serait le monde à l’envers, et pourtant c’est exactement ce que vous faites.
              Il n’empêche, j’entends parfaitement vos revendications, et elles sont légitimes, simplement mal adressées. Je suis plus que d’accord sur le fait que vous méritez plus de considération, des rémunérations de dédommagement, car les festivals sont des machines à cauchemarder pour les auteurs invités. Simplement, vous oubliez de rappeler qui s’enrichit principalement de votre travail : votre employeur.
              Avec le lot de difficultés qu’a dû surmonter le festival pour offrir une édition digne de ce nom, débarquer pour les pourrir en argumentant qu’il aurait dû s’organiser autour de vos besoins, c’est injuste. Je sais que ce n’est pas parfait, j’y étais en tant que professionnel comme vous, et logé à la même enseigne. Mais de nombreux efforts étaient faits pour palier au manque de confort des professionnels tout en gardant à l’esprit que la priorité était d’aménager au mieux les structures pour l’accueil du public. La chèvre et le chou étaient très très bien dosés. Pour le supplément nécessaire pour être à votre aise, je reste persuadé que c’est aux employeurs, et non aux hébergeurs, d’aménager des conditions d’accueils raisonnables ; c’est eux, et principalement eux, qui tirent profit de votre présence et de votre travail. Il s’agit, une fois encore, de savoir si lorsque vous venez sur Angoulême, vous travaillez principalement à l’enrichissement du festival, ou de votre éditeur ?
              De même, lorsque pour incriminer le festival et justifier votre droit d’ingérence, vous dites « ce sont les auteurs qui se retrouvent face au public et aux lecteurs, dont certains s’exclament "ah, mais j’ai payé assez cher, je veux ma dédicace !". », vous savez pertinemment que cette attaque est fallacieuse puisque ce comportement n’est en aucune façon lié au festival ou à sa tarification. Pour avoir animé un débat sur ce sujet auquel vous participiez déjà avec virulence, pour être libraire depuis dix ans, nous savons tout deux que cette phrase est entendue à chaque dédicace, festival, librairie ou brocante du coin, entrée payante ou non. Le « j’ai payé assez cher » désigne le livre, et concerne encore une fois l’éditeur, et n’est en aucun cas occasionné ou spécifique à ce festival.
              Enfin, pour en finir avec le mythe agaçant de la dédicace reine des attractions de la bande dessinée, la bipolarisation du dernier festival a montré que le coin librairie est autant visité que les espaces culturels. Les deux attirent de la même manière, n’en déplaisent aux commerçants.
              Voila ce qui me permet de dire que certes, nous n’étions pas tout confort, mais il y a des raisons indépendantes comme les travaux ou le manque de financement. Or, des efforts indéniables ont été faits. Mais un festival a des limites, notamment financières, et il se doit d’équilibrer son budget tout en satisfaisant au mieux toutes les parties. Par soucis d’égalité, les auteurs n’ont ni plus ni moins de privilèges à recevoir que les autres parties, toutes le font d’ailleurs vivre d’égale manière. Et c’est là-dessus que je m’appuie pour dire que ce dernier festival est une immense réussite : sur le sujet de l’équité et du respect de tous, personne n’a pu prendre cette édition du festival en défaut. Espérons simplement une ville soignée et plus de moyens pour les éditions à venir. Quant aux ressources que vous méritez en récompense de votre travail, je pense simplement qu’il existe des portes plus pertinentes sur lesquelles taper en premier.
              Cordialement.
              S.

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              • Répondu par f*Parme le 2 février 2007 à  08:58 :

                Juste une correction... les auteurs ne sont pas les employés des éditeurs. En France (et j’imagine en Europe), les auteurs sont indépendants et ont leur numéro de SIRET. Les auteurs sont les associés des éditeurs... Un auteur est considéré comme une entreprise.

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                • Répondu le 2 février 2007 à  14:25 :

                  A une nuance juridique pres...qu on a pas besoin d’avoir des salariés pour etre consideré comme un employeur, avec toutes les obligations de protections et de garantie liées au statut d’employeur.
                  N° de siret, siren ou d’urssaf ne permet pas de differencier le statut.
                  Seule l’importance de la proportion de l’apport financier dans la remuneration globale de l’auteur, determine QUI est son employeur reférendaire.....
                  D’ou les contrats...

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                  • Répondu par f*Parme le 4 février 2007 à  09:57 :

                    "Seule l’importance de la proportion de l’apport financier dans la remuneration globale de l’auteur, determine QUI est son employeur reférendaire..... D’ou les contrats..."

                    En langage clair, ça veut dire quoi ? Parce que je crois avoir compris un truc mais ça ne me semble pas logique. L’apport financier dont vous parlez est généralement un à-valoir, rarement un fixe... On peut aussi ne demander aucun à-valoir et être rémunéré au premier album vendu ou trouver d’autres combinaisons, jouer sur les couloirs de répartition... alors expliquez-moi à partir de quelle proportion on "détermine QUI est son employeur référendaire"... Pour ma part, je considére mes éditeurs et mes producteurs comme des associés et même parfois, comme des clients.

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                    • Répondu le 9 février 2007 à  10:15 :

                      Le droit social est different du droit commercial.
                      On peut considerer comme association de "fait" un auteur et son editeur.
                      Mais la jurisprudence social est sans appel pour statuer sur re-qualification en statut de salarié, un prestataire independant (Prof liberal, Prof artistique, Eurl, sarl) dés lors qu’il y a dependance financiere, dans le temps et dans la masse entre le donneur d’ordre ( le client) et le soumissionnaire (le fournisseur). en d’autres termes, un auteur exercant en sa qualité de profession liberale inscrit au RM ou RC, mais n’ayant qu’un seul editeur ou un bien un editeur representant la plus grande part de ses revenus, et que cette relation dure dans le temps
                      (subjectif), cela constiturait dans les faits une reelle dependance à l’editeur et en cas de cessation de relation commerciale de la part de l’editeur, le tribunal pourrait statuer sur une re qualification du contrat en contrat de travail et obtenir pour l’auteur des indemnités de rupture ( indemnités de licenciement)- serge

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                      • Répondu par f*Parme le 10 février 2007 à  14:31 :

                        Serge, merci pour vos précisions. C’est très intéressant. Je suis donc bien content d’avoir plusieurs éditeurs (BD ou pas) et producteurs :-) Vous devriez proposer de tenir une rubrique juridique sur ce site, ce serait enrichissant pour tout le monde ;-)

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                • Répondu le 2 février 2007 à  22:47 :

                  Les auteurs sont les associés des éditeurs...

                  Tout à fait. Les auteurs et les éditeurs ne peuvent pas exister les uns sans les autres, rappelons le (à moins de s’auto-éditer, mais à ce moment là l’auteur devient aussi éditeur, logique...).

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              • Répondu par Maëster le 2 février 2007 à  11:52 :

                Cher Monsieur S.
                (je suis obligé de continuer à vous nommer ainsi puisque vous dédaignez avancer à visage découvert, bien que nous nous connaissions apparemment)
                je m’en voudrais d’allonger inutilement ce sujet par de longues diatribes.

                Le sujet des festivals et des dédicaces alimente toujours de longs discours où s’opposent et se répondent de nombreux arguments, plus ou moins pertinents.

                Les auteurs "n’exigent" que dans la mesure où, lorsqu’ils demandent simplement à être entendus, ils sont considérés comme quantité négligeable.

                Les auteurs, en général, ne réclament même pas d’être payés ou dédommagés pour venir en dédicace et c’est leur faire un faux procès que de déplacer le débat sur ce terrain.

                Je veux bien imaginer la prochaine édition du FIBD de manière originale ; d’un côté, le Salon des Editeurs ("la plus grande librairie BD du monde") et les expos, avec entrée payante, de l’autre, les dédicaces des auteurs dans des lieux d’accès gratuit (hôtel de ville, centres d’expo, cafés, librairies en ville, etc). Je serai curieux de voir si le nombre d’entrées enregistré n’est pas divisé par trois ou quatre, voire plus.

                Quant au prix d’entrée, c’est bien celui-là qui pose problème ; mes lecteurs (mais j’ai de la chance) ne m’ont jamais montré d’exigence particulière par rapport au prix des albums. Par rapport au prix d’entrée pour avoir le privilège de faire la queue, si. Et je les comprends.

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                • Répondu par S. du aaablog le 2 février 2007 à  14:11 :

                  Monsieur Maester,
                  Désolé de vous être apparu masqué, ce n’était pas mon intention puisqu’un simple coup de google vous conduira immédiatement jusqu’à moi. Mais arrêtons là : Internet est de loin l’espace le moins propice au débat intelligent et apaisé, et nous n’arriverons à rien ici. Il est évident que nos vues, bien que pas forcément contraires, ne sont en tous cas pas en tous points conciliables ; c’est la vie. Peut-être aurons-nous l’opportunité dans discuter un jour dans d’autres conditions.
                  Cordialement

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              • Répondu par Joëlle Wintrebert le 14 février 2007 à  02:43 :

                Abasourdie par ce fil de discussion qui ressemble fort à un dialogue de sourds.
                Je ne suis pas auteur de BD, mais écrivain, et comme telle habituée des Salons du livre et autres festivals associés.
                M. S. du aaablog écrit à propos du festival :
                "Par souci d’égalité, les auteurs n’ont ni plus ni moins de privilèges à recevoir que les autres parties, toutes le font d’ailleurs vivre d’égale manière."
                On vient pourtant de lui expliquer qu’un auteur présent ne gagne pas un sou sur le festival. Certains ne seraient même pas défrayés. Et aucun droit d’auteur n’est versé sur les albums vendus dans ce cadre ? Ahurissant !
                Bref, cela veut dire qu’un auteur présent sur le festival perd plusieurs jours de création, vie sociale et familiale sans **rien** recevoir en retour, sur un plan matériel. Certains en sont même de leur poche, puisqu’ils doivent payer voyage, restauration et hébergement. Le moins qu’ils puissent demander, me semble-t-il, c’est un peu de considération et qu’on les tienne informés de la sauce à laquelle ils seront cuisinés.
                M. S du aaablog, vous êtes libraire. Je doute que vous veniez sur le festival pour le simple plaisir de humer le parfum de la culture. Vous dites d’ailleurs que le secteur librairie du festival a fort bien marché. Vous avez donc, vous, gagné votre vie. Toute la différence est là. C’est également le cas des éditeurs. Quant aux organisateurs du festival, ceux qui le font tourner ne sont pas bénévoles, j’imagine, ils gagnent leur vie, eux aussi. Tout comme les monteurs des chapiteaux, les hôtesses, etc.
                Ces braves gens sont payés.
                Reprenons la phrase citée plus haut :
                "Par souci d’égalité, les auteurs n’ont ni plus ni moins de privilèges à recevoir que les autres parties, toutes le font d’ailleurs vivre d’égale manière."
                Où se trouve l’égalité en l’occurence ? Où se trouve l’équité ?
                Toutes les parties, c’est-à-dire vous, M. S. du aaablog, les libraires, les éditeurs, feraient vivre un festival à l’égal des auteurs ?
                Ne vous en déplaise, M. S., supprimez les auteurs, vous n’aurez plus de festival. Ce qui est extraordinaire, c’est qu’ils acceptent encore, alors qu’ils font vivre un secteur florissant de l’édition française, d’être si mal traités.
                Un autre point m’étonne. Les auteurs ont donc des numéros de SIRET, ils fonctionnent avec des charges d’entreprise, alors que le système des droits d’auteur (avec affiliation AGESSA) serait beaucoup plus avantageux pour eux ? J’avoue que quelque chose m’échappe, là.

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                • Répondu par S. du aaablog le 15 février 2007 à  08:51 :

                  MLLE J.W

                  Je ne suis encore jamais allé au festival d’Angoulême en tant que commerçant. Désolé donc, je n’y vais qu’à titre culturel. Quant à votre ton outré, peut-être est-il dû au fait que vous ne lisiez qu’une ligne sur deux de mes réponses : je me suis déjà exprimé sur les points que vous soulevez plus haut. Relisez et vous verrez qu’il n’a jamais été question de nier l’exploitation des auteurs. Bien au contraire. Juste de rappeler **qui** les exploite, lorsque exploitation il y a. Il est agaçant de voir des gens s’en prendre à des boucs émissaires pour les blâmer de leurs problèmes. Parce que pour moi, lorsque l’on réclame des demandes de considération et des mesures à prendre auprès d’un festival, et bien je ne vois toujours pas le rapport entre le fait qu’un auteur ne touche anormalement rien sur les ouvrages vendus en salon et le choix des emplacements géographiques d’un évènementiel. Ou entre le déplacement d’un auteur qui sera honteusement non rémunéré **sur un Stand éditeur** et le prix des entrées du même évènementiel. Demandez au festival de corriger cet état de fait, c’est pour moi comme exiger du gouvernement français qu’il prenne en charge de payer pour la marée noire de L’Erika, parce que cela ce passe sur son sol. Je ne suis pas d’accord : il y a des gens qui produisent ces biens et font du profit, c’est à eux de payer.

                  Quant à la phrase « supprimer les auteur… » que vous brandissez comme une terrible menace. Supprimer quiconque madame, et il n’y aura plus rien, c’est le principe d’une société, c’est une chaîne et, inévitablement, chaque maillon est indispensable. D’où le besoin d’équité de la part d’organisateurs qui souhaite mettre en relation plusieurs maillons d’un même milieu socioprofessionnel et culturel. L’égalité républicaine est un sujet qui ne me semble pas galvaudé.

                  Le fait est que l’on parle souvent d’un manque de considération des auteurs, alors que le problème revient sans cesse, encore et encore et encore, sur le sujet de l’argent et de la rémunération. Le voila, le vrai problème. Et il est vrai. Mais ce n’est pas parce qu’il y a crime que l’on doit sacrifier n’importe quel innocent sur la place publique. Je trouve inadmissible que des personnes travaillent au profit d’une entreprise sans toucher de contrepartie financière. Mais que l’on s’en prenne aux vrais responsables, pour une fois. Une fois tout le monde payé normalement, je doute qu’il persiste encore ce genre de débat contreproductif qui ne sert en rien au rayonnement de la bande dessinée et du livre en général.

                  Voir en ligne : Pour J.W

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        • Répondu le 1er février 2007 à  16:18 :

          Aaaah le rêve !

          Une fois débarassé de son coté foire.
          Sans ne rien devoir a personne, le festival pourrait se concentrer sur la création et la gestion du patrimoine en toute liberté, en faisant des choix et en imposant une politique culturelle forte.
          J’idéalise je sais !

          Pour moi le festival n’a pas a se laissé dicter ses choix ni par les éditeurs, ni par les auteurs, ni par les journalistes. Il devrait être indépendant. Mais rester attentif au avis extérieur ca ne peut pas faire de mal.

          Angoulême, c’est le règne du consensus.
          On ménage la chèvre et le choux .
          Un peu plus de polémique ca pourrait justement faire du bien et faire avancer les choses.

          Par contre aux auteurs de proposer ce qui relève de leur compétence : des projets créatifs, adapté au festival. (Un bon exemple : le musée feraille)

          Le problème c’est que :
          1- Les organisateurs ne comprennent pas bien les auteurs,
          (l’auteur de bd est une race bien a part)
          2 -Et les auteurs ne savent pas ce que c’est que d’organiser quelquechose.

          Vu de paris avec le temps les choses ont l’air d’évoluer dans le bon sens.
          Sur le papier c’est toujours sympa, mais dès qu’on débarque à Angoulême en général on se rend compte qu’il n’y a aucune exigence.
          J’avoue que je ne suis pas venu cette année.
          Mais le programme avait l’air de proposer des choses attirantes.

          On a tout de même l’impression que les gens du festival toujours dans le feu de l’action,(C’est un boulot prenant, je le concois) ne prennent pas le temps de se poser pour remetrre en cause un certaines nombre de chose. Le manque de recul sans doute.

          La bd est un art qui a toujours besoin de se faire comprendre.
          Le festival oeuvre encore trop mal en ce sens.

          Yassine
          (La purée)

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          • Répondu le 11 février 2007 à  10:16 :

            Quant on sait que les editeurs financent la venue des auteurs et les chapiteaux et que la ville verse plus d’un million d’euros au Festival.... On mesure tres vite le niveau d’independance du Festival.... sans autre commentaire, la dure realité.
            Sourire

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  • "Sans éditeur, pas de festival..." ?

    Voire. Il existe de nombreux festivals, fort sympathiques et chaleureux, d’où les éditeurs sont absents. Disons plutôt : sans éditeur, pas de salon des éditeurs.

    Il ne s’agit pas de stigmatiser telle ou telle corporation (auteurs, éditeurs, organisateurs, partenaires institutionnels ou financiers, bénévoles le cas échéant -ne les oublions pas, lecteurs) mais bien de comprendre et d’intégrer que chacune est partie prenante d’un festival d’une ampleur telle qu’Angoulème.

    Depuis quelques années, les auteurs, via l’adaBD ou à titre individuel, tentent de faire entendre leur voix et partager leurs expériences (parfois si riches). On se souvient peut-être que nous avions déjà manifesté notre profond désaccord quant à l’augmentation substancielle du prix d’entrée pour le public. Ou plutôt on ne s’en souvient plus, puisqu’on a recommencé cette année, sans plus de concertation qu’autrefois.

    Elle est très aimable, cette lettre des responsables du FIBD aux auteurs invités, mais outre qu’elle semble ne pas avoir été reçue par les destinataires (et je trouve particulièrement mesquin d’incriminer les attachées de presse), M. Mouchart nous avoue qu’elle fut rédigée la semaine précédant le festival.

    Les auteurs réclament depuis longtemps déjà d’être associés aux discussions préalables à l’organisation de l’évènement, et au minimum informés au fur et à mesure, et on leur envoie une lettre (d’invitation) quelques jours avant le début de la manifestation... C’est bien là le coeur du problème.

    L’adaBD n’a pas fait mieux en ne rédigeant son communiqué qu’à la veille du festival mais du moins voulait-elle attendre de savoir si elle serait tenue au courant ou laissée dans l’ignorance. On a préféré jouer avec elle la carte "on ne sait pas si le festival se fera alors ne venez pas compliquer les choses".

    Je sais que depuis au moins avril 2006, l’adaBD a tenté de rencontrer M. Mouchart ou le FiBD, sans succès jusqu’en septembre où, grace peut-être à l’intervention de Lewis Trondheim, deux représentants furent reçus pour que leur soient exposées les difficultés de cette année charnière. Ce n’est pas ce que j’appelle une collaboration ni même un dialogue.

    Mais je prends acte des bonnes résolutions de M. Mouchart pour l’édition 2007 et je suis sûr qu’il aura à coeur de la préparer avec tous les partenaires.

    Parce que je le répète, un Salon des Editeurs qui ne proposerait de dédicaces que des éditeurs risque d’être bien triste.

    Je sais que l’adaBD, pour modeste et discrète qu’elle soit, liste actuellement les idées et les propositions (ainsi que les doléances) de ses adhérents. Gageons qu’il en sera tenu compte et que les auteurs ne seront plus considérés (et ne se laisseront plus considérer) comme de gentils moutons qu’on mène brouter.

    Arrêtons la BêêêêDé attitude.

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  • Il est assez irritant de constater que l’adaBD se targue de représenter les Auteurs. Elle ne représente que ses adhérents et ne peut en aucun cas parler pour les Auteurs en général. L’adaBD ne représente qu’elle même.

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