Le mécénat, une solution supplémentaire pour les auteurs ?

19 février 2021 7 commentaires Actualité
Classification : tout public

CIRCUIT COURT CONTRE COURTS-CIRCUITS ? Sale temps pour les bulles, il y a de l’électricité dans l’air. Ça va mal, économiquement, pour bon nombre d’auteurs de bande dessinée. Certains commentaires sous nos articles s’en font de plus en plus le relais. Ainsi, pour beaucoup de ces créateurs, l’avenir ressemble de plus en plus à une panne de courant. Une perspective que la crise du Coronavirus et ses conséquences à long terme resserrent encore, semble-t-il. Quitte à faire de plus belle, ressembler les lendemains à un long tunnel, avec au bout une lumière de plus en plus vacillante.

Les auteurs de BD, des artistes de premier plan -n’en déplaise à quelques graphistes, illustrateurs, peintres et plasticiens de passage, mais aussi quelques commentateurs/observateurs, historiens et donneurs de prix oublieux- sont dans la tourmente. De revendications en exaspérations, l’avis de tempête touche le Festival d’Angoulême : nombre de bédéistes n’arrivent plus à vivre de leur art, même quelques auteurs "installés", apprenons-nous.

Une solution ? Peut-être le mécénat, nous explique le site spécialisé BD "Bulle d’Encre", qui en exergue d’une interview de Anthony Roux datée du 09 février 2021 qui commente, à propos de la situation : « Sorties décalées, projets avortés, interventions annulées… La période actuelle ne fait qu’accentuer les difficultés des autrices et auteurs de BD. Pour s’en sortir ou tout simplement pour rompre avec un système qui ne leur convient pas, des auteurs se tournent vers d’autres modes de diffusion. Nous sommes allés poser quelques questions à Thomas Koch, directeur marketing France de Patreon, plateforme de financement participatif fonctionnant sous forme de mécénat. »

Le mécénat, une solution supplémentaire pour les auteurs ?

Et que raconte-t-il, Thomas Koch ? Qu’il s’agit là pour les auteurs qui l’ignorent et qu’une diversification en complément pourrait intéresser au niveau de leurs expositions et de leurs revenus, une solution éprouvée : « Patreon est une plateforme qui met en relation les créateurs de contenu et leurs communautés, afin de permettre aux fans de devenir des contributeurs grâce à un système d’abonnement. Créée il y a 7$sept ans par le musicien Jack Conte, son objectif premier est de financer la classe créative et de mettre fin à la précarité des artistes en leur permettant de vivre de leur travail. Toute la plateforme a été pensée pour permettre aux créateurs de se rapprocher de leur communauté et de vivre de leur art... » Rien que ça...

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Alors que l’atmosphère semble de plus en plus électrique entre les différents acteurs du monde de la BD, une solution alternative (pas la panacée) qui proposerait du contenu inédit, directement du "producteur au consommateur" dirons-nous, pour un public prêt à s’engager financièrement pour soutenir ses auteurs préférés, et d’autres, pourrait-il contribuer à passer ce cap difficile ?

L’auteur Silver a franchi le pas et nous explique sa démarche en dessin.

La précarité des auteurs de BD ne sera bonne pour personne, en tout cas sur la durée. Surtout si on cherche ici ou là les fusibles inappropriés. Toute solution semble donc la bienvenue. Plus que de ministres ou de gentrification à marche forcée, la BD a surtout besoin de lecteurs.

PA

- L’interview de Thomas Koch sur "Bulle d’Encre" est à lire ici.

- Les explications détaillées de Silver sont à lire là.

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7 Messages :
  • L’idée semble séduisante. Lorsque l’on y regarde d’un peu plus près, on s’aperçoit que ce site référence 200.000 artistes et créatifs de tous bords. Un immense océan artistique qui va encore un peu plus noyé dans la masse la BD. Pas évident pour des auteurs BD moins médiatique de tirer leur épingle du jeu. Patreon est un Ulule bis et ce n’est pas avec ces combines digitales que l’on sauvera la BD.

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    • Répondu par Xav le 21 février à  08:22 :

      La BD n’a pas à être sauvée. Quelques auteurs peut-être, mais il y a la loi naturelle qui œuvre.

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      • Répondu par Milles Sabords le 21 février à  08:57 :

        La loi naturelle s’applique à l’échelle du vivant, avec équilibre, pour éviter que les espèces ne s’entretuent par manque d’espace vital ou de nourriture. Mais pas dans le domaine du mercantile, fabriqué par les hommes, ou le rapport de force économique prime sur l’intérêt général.

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        • Répondu par Pascal Aggabi le 22 février à  13:19 :

          Sauver la bande dessinée... En a-t-elle besoin ? Elle a l’air de se porter plutôt bien. Ce sont les auteurs qui ont plus de mal, pour différentes raisons.

          Le mécénat doit être vu comme une solution en complément de tout le reste, un plus, pas une solution de remplacement. Ce qui serait ridicule, par le peu de viabilité de la démarche pour la plupart des créateurs de ce milieu.

          En revanche les auteurs pourraient, par exemple, proposer aux lecteurs prêts à les soutenir quelques pages supplémentaires d’une histoire développée dans un album, avec un coup de projecteur sur un personnage qui le mérite, une situation. Pourquoi pas une couverture inédite imprimable, pour personnaliser son album, etc... La demande existe, il suffirait de développer avec créativité cet aspect promotionnel.
          Pour ceux, les plus poussés dans leurs retranchements : le bénéfice de quelques dizaines, voire centaines d’euros mensuels peut faire une très sensible différence, c’est certain.
          Il faut voir.

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          • Répondu par auteur chez un éditeur le 24 février à  15:38 :

            Votre idée Monsieur Aggabi, ne fonctionne qu’avec des auteurs reconnus. Pour ma part, ayant également tenté l’auto-édition (tout en étant chez un éditeur) et utilisé les moyens offert par le net, ça n’apporte pas plus de ventes à la fin du mois, ni de revenus suffisamment complémentaires. L’internet et une vaste boutique et un miroir aux alouettes pour ceux qui pensent pouvoir en tirer profit grâce à leurs albums. L’acte promotionnel n’est prometteur, et encore tout est relatif, que si votre nom d’auteur fait vendre. Par-contre, votre idée est tout à fait applicable si les éditeurs le faisaient pour leurs auteurs, ce qui contribuerait à mieux faire vendre un album. Mais la surproduction actuelle ne pousse pas l’édition à travailler au plus près chaque album publié, tout en assurant la promotion d’un univers d’auteur. Et ce ne sont pas quelques centaines d’euros qui nous sortiront de la mouise. Nous sommes comme les agriculteurs : nous produisons et des intermédiaires se gavent.

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  • le gars qui a fondé ça est vraiment parti de rien, il faut voir ce qu’il faisait au tout début, la quantité de créations qui ont jamais abouti, le temps passé ! genre des petits dessins animés d’animation avec des bouts de plasticine, les concerts devant une salle vide...il avait juste une énergie et créativité incroyables. y a vraiment qu’aux usa que y a des trucs comme ça qui arrivent.

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  • Quand on sait qu’un abruti à acheté une oeuvre numérique 60 millions, il y a de la monnaie à prendre.

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