Le rédac-chef de Pif Gadget écrit à BDParadisio à propos d’ActuaBD

30 juin 2006 4 commentaires

Interpellé par les propos échangés sur le forum de BD Paradisio, à propos de notre article au sujet de Pif Gadget, l’"ex-rédacteur en chef de Pif ?" [1] n’entend pas participer au débat qui appartient aux "fidèles" du forum. Mais il demande à ce site de publier in extenso son communiqué sur le site de BDP, si BDP le veut bien :

"Simplement, j’ai constaté que beaucoup de réactions se nourrissaient de commentaires sur le texte d’Actuabd. L’article que Didier Pasamonik nous a fait l’honneur de rédiger est son analyse de la situation de Pif, analyse fondée sur la base de notre communiqué de presse (envoyé
depuis à d’autres médias...). Incorrigibles bavards (on est
journalistes...) nous avons pondus un texte trop long pour être cité in-extenso. Certains passages sont donc contractés, sans pour autant que le fond en soit dénaturé le moins du monde. Didier Pasamonik est trop pro pour permettre à son site de relayer des brûlots.
"

Il demande, "pour permettre de sortir au plus vite de commentaires sur un commentaire d’un texte " de publier l’original.

Il précise notamment :

"Vous verrez par exemple que nous n’avons jamais prétendu que les auteurs n’étaient pas payés. François Corteggiani, responsable du secteur BD, a toujours été d’une extrême vigilance et d’une grande pugnacité pour défendre les intérêts des dessinateurs et scénaristes."

Il ajoute :

"En revanche, je le confirme que certains auteurs, et pas des moindres, sont obligés de réclamer leur dû (que se soit les congés payés, leur 13ème mois, leurs droits sur les personnages, etc...). C’est notamment le cas de personnes à qui il conviendrait de témoigner quelques égards vu leur rôle dans l’histoire de Pif."

Puisque MM. François TOULAT-BRISSON et Alain BÉTHUNE veulent que leur communiqué soit publié in extenso, nous vous le livrons ci-dessous.

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Communiqué de presse du 28 juin 2006

PIF : ON PURGE BÉDÉ...

Chères consoeurs, chers confrères,

Pif Gadget est en grave difficulté, comme vous le savez. « Un de plus ! » direz-vous. Il est vrai que la situation de la presse n’est pas brillante, particulièrement dans le secteur de la BD jeunesse. Ces derniers mois ont vu s’accumuler disparitions ou mise en sursis de titres pourtant soutenus par de grands groupes d’édition. Alors comment pourrait-il en être autrement d’un mensuel dont le seul actionnaire est le quotidien l’Humanité, lui-même bien mal en point ? ! Justement, cette situation n’était pas fatale. Elle est le résultat d’une conjonction d’incompétence, d’opacité et d’autoritarisme, somme fort dangereuse dans un contexte aussi difficile…

Ton gadget : la porte !

Après avoir perdu 16 pages en décembre 2005, deux titres en janvier 2006, 110 000 lecteurs depuis le n°2 (dont 25 000 au seul mois de janvier 2006), deux salariés en mars et l’ensemble des rédacteurs pigistes, après avoir planté ses fournisseurs (l’un d’entre eux vient de déposer son bilan) et accumulé 1,5 million d’Euros de dette en moins de deux ans, en redressement judiciaire depuis avril, Pif Éditions licencie 3 salariés de plus : une secrétaire administrative, le rédacteur en chef (François Toulat-Brisson) et le directeur artistique du magazine (Alain Béthune). N’en jetez plus !

Dix petits nègres

L’ambiance à Pif fait penser au roman d’Agatha Christie où les protagonistes disparaissent les uns après les autres. Pour faire Pif, ne resteront dès juillet que 2 maquettistes et un demi-poste de SR, une assistante de direction et un responsable des pages BD (travaillant à mi-temps depuis le Vaucluse). Bon courage, les gars !

Les énigmes de Ludo

Le rédac-chef de Pif Gadget écrit à BDParadisio à propos d'ActuaBD Les maigres piges rédactionnelles avaient été « rapatriées » en interne depuis janvier et confiées au rédacteur en chef. Il est viré. Les rubriques seront-elles rédigées par des « bénévoles » de l’Huma ?
- Richard Médioni fournissait les 6 pages du « Journal des jeux » mais refuse de poursuivre sa collaboration dans ces conditions. Sera-t-il remplacé par les pronostics du tiercé ?
- Leurs congés payés n’ont toujours pas été réglés aux dessinateurs et scénaristes, qui menacent de ne pas livrer leurs planches. Certains auteurs « historiques », non rémunérés depuis des mois, envisagent de saisir la Justice. Les remplacera-t-on par les dessins du courrier des lecteurs ?
À la fin de l’histoire, il ne restera que le directeur de la rédaction, Patrick Apel-Muller, salarié de l’Humanité en tant que « Rédacteur en chef exécutif », et « détaché » à Pif Éditions (dont il est cependant actionnaire…).

Pas glop

Poursuivre dans cette voie réduira à néant la « continuation d’activité » de Pif Éditions prononcée par le Tribunal de Commerce. Cette situation nous semble couronner près de deux ans d’une gestion incohérente et opaque, menée par une direction pour laquelle les arguments d’autorité remplaçaient un dialogue professionnel et un dialogue social inexistants.

Bougredane et Bougredandouille

Ce n’est pourtant pas faute d’avoir tiré des signaux d’alarme. En vain.
Sur tous les plans, l’incurie est patente : mise en place pléthorique sans mesures réelles de revente des invendus avant d’atteindre 2 millions d’exemplaires en stock, fichier abonnés et relations lecteurs sous-traités (aboutissant à des lecteurs mal traités), droits dérivés inexploités, politique d’édition désastreuse, absence de site Internet, lancement raté de nouveaux titres coulés 6 mois plus tard, contrats d’auteurs non signés, planification des gadgets inexistante, dessinateurs et pigistes payés avec un an de retard, fournisseurs impayés, collaborations supprimées sans préavis ni indemnités, marchés perdus faute d’y répondre…

Pif, Pam : Plouf !

- En novembre 2005, notre gérant/directeur de la publication (alors directeur financier de l’Humanité) avouait benoîtement « ne consacrer que 10% de son temps à Pif, et encore, surtout par mails ».
- Quelle implication pouvait-on attendre d’un « Directeur, Directeur de la rédaction » (P. Apel-Muller, dit « Pam ») donnant la priorité à ses fonctions à l’Humanité ?
- Pourquoi maintenir dans l’Ours le bras droit de Marie-Georges Buffet, désormais collaborateur du groupe communiste au Conseil régional de PACA, officiellement co-rédacteur en chef et membre du Comité de direction, bien que n’assumant plus cette fonction depuis septembre 2004 ?
- Pourquoi le Comité de direction ne s’est-il jamais réuni en présence de ses quatre membres ? Géré en dilettante, Pif Gadget n’a pas eu la direction qu’il méritait.

Soyons constructifs…

Nous pensons que nombre de pistes pour pérenniser Pif existent, qui n’ont pas été suffisamment explorées : réduction du grammage du papier et recherche d’un format plié plus économique, édition de « poches », matériel peu onéreux et rentable, édition d’albums souples reprenant les éléments du « Journal des jeux » et des BD au moment des vacances, exploitation des produits dérivés, gadgets « farces et attrapes », participation mieux ciblée aux festivals où notre lectorat est présent, confection de produits peu onéreux mais permettant une connivence avec Pif Gadget…

Fin de l’épisode

Nous sommes en colère. Comment ne pas l’être quand sont licenciés ceux qui n’ont jamais compté leurs efforts et leur temps pour respecter les lecteurs, malgré les bâtons dans les roues d’une direction maintenue dans son pouvoir de nuisance ? Forts du soutien de nombreux auteurs, nous ne comptons pas assister en silence à un nouveau « chien écrasé »…

Nous tenons à Pif Gadget. Ce titre peut non seulement être sauvé, mais également faire l’objet d’un vrai développement. À condition d’être confié à des professionnels.
À suivre ?

François TOULAT-BRISSON et Alain BÉTHUNE

[1C’est ainsi qu’il signe sa missive.

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

 
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4 Messages :
  • qu’en est-il au jour d’aujourd’hui, en juillet 2008 ? Pif-Gadget existe-t-il toujours ? Si oui, qu’en est-il du contenu des derniers numéros, vu les licenciements massifs de l’équipe éditoriale ?

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    • Répondu le 7 juillet 2008 à  14:25 :

      Toutes les réponses ne se trouvent pas sur Internet, dingue non ! Allez donc faire un tour en kiosque... (J’adore les questions contenant la réponse qu’espère celui qui les pose)

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      • Répondu par ernos le 7 juillet 2008 à  15:28 :

        en kiosque dans ma région en Belgique, on ne trouve Pif-Gadget nulle part, mon bon monsieur !

        Vu ?
        d’où ma question...

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