Lecture en confinement #10 : "Enfants sauvages des tropiques" - Par Akvilé Magicdust (trad. Guillaume Malod) - Les Requins Marteaux

26 mars 2020 0 commentaire

CONFINEMENT. Dixième jour de confinement... Un cap ? Pas vraiment : la routine de chacun reste la même, entre obligations professionnelles, temps réservés à la famille et attente des décisions gouvernementales. Les lectures, elles aussi, se suivent. Mais elles ne se ressemblent pas. De la bande dessinée jeunesse aux expérimentations graphiques les plus trash, la bande dessinée alternative offre une infinie variété de plaisirs intellectuels. Suite donc de notre plongée dans des parutions jusque-là injustement négligées.

Il en est des bandes dessinées comme de la vie en générale. Qui aurait cru que l’année 2020 aurait pu être chamboulée à ce point ? Voilà qui était inattendu et peut laisser pantois. Tout comme le livre de la dessinatrice lituanienne Akvilé Magicdust, Enfants sauvages des tropiques, récit fantaisiste et coloré paru chez Les Requins Marteaux à l’automne 2019 - une éternité semble-t-il.

Lecture en confinement #10 : "Enfants sauvages des tropiques" - Par Akvilé Magicdust (trad. Guillaume Malod) - Les Requins Marteaux
Enfants sauvages des tropiques © Akvilé Magicdust / Les Requins Marteaux 2019

Prolongation de pages lisibles sur Vice.com, Enfants sauvages des tropiques raconte l’été d’un trio de jeunes gens désinvoltes, accros à leurs smartphones et aux réseaux sociaux, et pas méchants pour deux sous. L’un, prénommé Space-Elf, rentre sur sa planète Kepler 187f, qu’il trouve magnifique mais où il s’ennuie. Les deux autres, Lucy et Tigre, vont se dépayser en pleine jungle sud-américaine pour vivre au rythme de la population locale. Ils gardent le contact grâce à Internet, qui apparemment de souffre plus de zones blanches.

Le changement n’est pas toujours facile à vivre. Space-Elf se morfond et peine dans les relations à distance. Lucy doit se restreindre dans l’usage de son téléphone portable, elle qui aime tant à faire des selfies, faute de pouvoir le recharger suffisamment. Quant à Tigre, qui porte bien son nom, il est déboussolé. Les petites et grosses bêtes de la jungle l’effraient et ce n’est pas ses bagages, préparés alors qu’il avait la gueule de bois, qui peuvent lui être d’un grand secours.

On l’aura compris, même si ses protagonistes ont bien des tics de notre époque, Akvilé Magicdust - « poussière magique », quel pseudo ! - ne s’embarrasse ni de singer le réel, ni de coller à un genre. Situations absurdes, personnages farfelus et dialogues décalés rendent son livre inclassable. Le chatoiement des couleurs et l’originalité des compositions ajoutent à la singularité de l’ensemble. Une vraie-fausse aventure amazonienne cachant une légère comédie de mœurs par une dessinatrice venue de Vilnius et écrivant en anglais : surprenant, non ?

FH

Enfants sauvages des tropiques © Akvilé Magicdust / Les Requins Marteaux 2019

Enfants sauvages des tropiques - Par Akvilé Magicdust - Les Requins Marteaux - traduction par Guillaume Malod & lettrage par Céline Merrien - édition originale : Tropical Wildchilds, auto-édition, 2018 - 18 x 26 cm - 80 pages couleurs - couverture souple - ISBN 9782849612576 - parution le 22 novembre 2019.

Consulter le site de l’autrice & lire les premières pages de l’ouvrage.

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