Les Ch’tis font des p’tits

28 mai 2008 9 commentaires

Après le succès phénoménal du film français Les Ch’tis joué par les deux comiques Kad Merad et Dany Boon. Il n’est pas étonnant que le monde de la bande dessinée s’y intéresse. Mais là c’est une véritable déferlante d’albums sur ce thème qui est annoncée par les éditeurs.

Entre août et octobre de cette année, La bande dessinée va donc largement se mettre au Ch’ti, avec :
Les Ch'tis font des p'tits La Vérité sur les Ch’tis de Monsieur B – Vent des savanes
- Les Blondes en Ch’tis de Gaby et Dzack – Soleil - ATTENTION : Uniquement sur le Nord-Pas de Calais.
- Les Ch’tis : un petit coin de paradis de Turalo et Panetier – Soleil
- Les Ch’tis de Pascaud et Jackillu – Jungle
- Les blagues Ch’tis et Une enfance Ch’tis de Jean-Luc Loyer – Delcourt

et l’adaption officielle du film toujours chez Delcourt :
- Bienvenue chez les Ch’tis de Veys et Coicault – Delcourt

OW

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9 Messages :
  • Si je comprend bien, il suffit qu’un bon film batte tous les records pour que des éditeurs en manque d’inspiration se ruent dans la brêche. Il est probable qu’à part l’adaptation du film, il n’y aura pas trop de droits à verser ("Chti" doit être dans le domaine public,comme "biloute" et le fameux "Hiiinn" !!). Quel manque d’imagination toutefois. Ce n’est pas en donnant dans la récup facile que les éditeurs vont redorer leur blason. Tout cela risque seulement de susciter de nouveaux achats au rayon culturel des hyper-marchés (et trois mois après chez les soldeurs bradeurs et cie).p> Messieurs les éditeurs, votre attitude de suiveur est pitoyable et j’espère que tous ces bouquins pondus avec opportunisme vous resteront en travers de la gorge, pour ne pas dire autre part. Normalement un editeur ou un directeur de collection est là pour donner un souffle, lancer des nouveaux concepts. Les plus grands succès ont témoigné d’un véritable pari (pas gagné d’avance) qui a rencontré les goûts du public. Vous voulez des noms ? Delcourt et Boudjellal ont connu une certaine fortune avec la bande à Renaud et l’heroic-fantasy tendance populaire, Filippini a gagné son pari de BD d’aventures historiques, Menu a imposé sur la durée le genre de la BD indé, Goscinny, Leblanc et Delporte ont créé trois très beaux catalogues.

    Et quand je vois cette annonce, je trouve cette apathie et cette impuissance créative éditoriale tellement pitoyable....

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    • Répondu par Perdraux le 28 mai 2008 à  22:26 :

      bah, si ça peut amener de l’argent à un éditeur, argent qu’il pourra utiliser pour monter de nouveaux projets plus "confidentiels", artistiques...non ?
      Restons optimistes, c’est pas nouveau ce phénomène de récupération.

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    • Répondu par pavillon le 29 mai 2008 à  10:29 :

      ...Je viens de retrouver une BD de Cabu tiré du film l’inspecteur Labavure qui date des années 80...Le phènomène de récupération d’un film à succès n’est pas neuf.
      Maintenant, soyons clair.
      On frappe toujours sur ce style de BD populaire, mais n’oublions pas que si l’on écartait ce genre de BD à fort potentiel commercial, pour ne mettre que des séries plus difficiles d’accès pour un public basique n’ayant aucune culture BDphile (la majorité), beaucoup d’éditeurs plongeraient avec dans son sillages beaucoup d’auteurs...
      Il faut de tout pour faire un monde, chacun a le droit de choisir ce qu’il a envie de lire.
      Ce n’est pas méprisable d’autant que la majorité (sauf Jungle) des éditeurs qui ont des séries "populaires" se diversifient sur d’autres terrains.
      Alors bon...

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    • Répondu par Sergio Salma le 3 juin 2008 à  11:04 :

      Ils ont bien fait plusieurs films Astérix , il n’y a pas une semaine sans sortie au cinéma d’une adaptation d’une célèbre BD alors pourquoi pas dans l’autre sens ?

      Alimentaire ?! Mais les auteurs confirmés , les grands comme les petits font tous ce métier aussi pour manger. Ils sont très peu nombreux , je pense, les dessinateurs et scénaristes qui n’ont pas à se préoccuper de faire entrer de l’argent en pratiquant leur art.

      Je remets en question ce cliché "alimentaire" car il recouvre un aspect péjoratif . Il induit que l’Auteur avec un grand "A" comme dans Art ne devrait pas payer de loyer ni de fournitures scolaires à ses mômes.
      Même celui qui met ses tripes dans ses planches est bien heureux de pouvoir vivre de son travail pour pouvoir continuer à le faire.

      Je ne suis pas sûr de cette thèse tant de fois entendue : il faut éditer des titres de bandes dessinées sans risque , promises à un succès assuré pour que d’autres bandes dessinées puissent voir le jour. Il y a trop d’inconnues. Chaque titre a ses colonnes "entrées&sorties financières". Il n’est d’ailleurs pas certain que les Ch’tis en BD soient indiscutablement rentables. Il y a des droits à payer qui imposeront à l’éditeur d’en vendre un certain nombre . Parmi cette profusion , il y aura du bon et du moins bon et vraisemblablement l’un ou l’autre titre tirera son épingle du jeu et fera gagner de l’argent. Ayons une pensée émue pour toutes ces équipes, scénaristes,dessinateurs, coloristes en train de s’activer pour être dans les librairies au moment de la sortie du DVD.

      Je tiens à préciser que je ne suis pas particulièrement "client" de ce genre de bandes dessinées ; je réagis surtout à l’attaque un brin violente contre cette minuscule frange de livres "à-vocation-populaire-et-sans- autre-prétention-que-d’amuser" alors que la majeure partie du marché de la bande dessinée répond à une demande incessante du public. Un public vorace et impatient qui impose de nouvelles règles. Contrairement à l’idée répandue , ce ne sont pas les éditeurs ces vilains profiteurs qui conduisent le navire. Ils ne sont souvent que des personnes qui répondent aux besoins, aux demandes, aux envies.
      Ils sont d’ailleurs bien souvent décontenancés par l’ampleur du succès d’un titre et déçus d’ échecs inattendus .

      Idem pour Dany Boon d’ailleurs ( initiales BD ? un signe ?) ...qui aurait pu prévoir ?

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      • Répondu par Laurent Panetier le 13 juin 2008 à  00:21 :

        Bonjour,
        Intéressant ces discussions. D’autant plus intéressant que je suis le scénariste des Ch’tis chez Soleil.
        D’abord merci à Sergio pour ce commentaire et cette franchise, je suis tout à fait d’accord avec toi et j’irai même plus loin : que l’on me cite quelqu’un qui ne travaille pas pour l’argent ? Et je confirme que j’ai des factures à payer en fin de mois, et donc même si c’est un plaisir et une passion, je fais de la BD pour en vivre. Désolé de casser le mythe de l’auteur désintéressé.
        Moi je me suis amusé à écrire ce Tome 1 et j’espère que notre album sortira du lot, car avec Turalo, Aurélie (la coloriste) et Jean (Soleil)nous nous sommes investis pour faire quelque chose d’original et de sympa, et de drôle aussi j’espère.
        Après, de toute façon, il ne faut pas se faire d’illusion, la grande cohorte des gens qui commentent sans avoir vu une case ou lu une bulle, ne manquera pas de nous lincher, heureusement que d’autres nous liront avant de juger....Alimentaire mon cher Watson :-) !!!!

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  • Les Ch’tis font des p’tits
    29 mai 2008 11:22, par J.Jouvray

    Un petit bémol pour Jean Luc Loyer qui est originaire de cette région et qui avait déjà travaillé sur ce thème dans "les mangeurs de cailloux" chez Delcourt...

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  • Les Ch’tis font des p’tits
    3 juin 2008 01:47, par Romain Delonge

    En général j’aime bien Turalo mais avec ses derniers albums je trouve qu’il mange a tous les rateliers... Beaucoup de BD que je qualifie d’alimentaires...

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    • Répondu par pavillon le 3 juin 2008 à  09:56 :

      ..."bouffer à tout les rateliers"...

      j’adore ces jugements et ces raccourcis !
      Je ne sais pas ce que vous faites dans la vie cher monsieur, mais à la qualité de vos réflexions, j’imagine que votre travail n’est composé que de choses intéressantes et valorisantes.
      Que votre talent professionnel vous fait fuir la vulgarité du quotidien pour ne vous consacrer qu’à des taches de hautes qualités pour des gens de qualités...
      Faut redescendre mon vieux, qu’un dessinateur soit impliqué de temps en temps dans ce type d’album n’enlève rien à ses qualités.
      Je ne crois pas une seule seconde que Turalo considère cette BD comme l’oeuvre de sa vie, mais comme un moyen de gagner un peu sa croûte.

      Vous pensez qu’il devrait travailler à l’usine pour subvenir à ses besoins du quotidien et consacrer le reste de son temps pour l’oeuvre de sa vie ???

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  • Oui, je mange aussi.
    17 juillet 2008 17:14, par Eric "Turalo" Dérian

    Chers tous,
    Mon attitude et ma production me deçoivent aussi, parfois, mais manger reste effectivement un soucis quotidien (mais généralement, c’est chez moi que je mange, et exceptionnellement au restaurant quand il y a quelque chose à fêter).
    Mais, au fond, je suis d’accord avec chacun d’entre-vous…
    Tant qu’à faire, puisqu’il ne s’agit pas d’une blague (comme espéré plus haut), autant essayer de faire que ce soit un peu drôle, non ?
    Donc, pour ma part, je fais de mon mieux, avec les moyens que l’on me laisse (et en bonne compagnie).

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