Les éditions Niffle passent sous le pavillon Dupuis

21 octobre 2013 15 commentaires Actualité
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Frédéric Niffle était éditeur avant de devenir rédacteur en chef de Spirou. Un petit éditeur, certes valeureux, mais dont le patrimoine était principalement composé de licences d’auteurs de chez Dupuis (Van Hamme, Franquin, Tillieux...). Quoi de plus normal que de le retrouver racheté par la maison qui l’emploie ?

D’autant que la rédaction en chef de l’hebdomadaire de la bonne humeur ne lui permettait pas de gérer correctement son petit label. Il va maintenant pouvoir le faire pendant les heures de bureau...

Cela se concrétisera par une nouvelle collection patrimoniale : 50/60 (pour 1950/1960, dans un format oblong qui évoque la collection Copyright de Futurpolis) qui reprendra en demi-planches de grand format des albums signés des grands auteurs de la BD belge, commentés par Hugues Dayez.

DP

Les éditions Niffle passent sous le pavillon Dupuis

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15 Messages :
  • Les éditions Niffle passent sous le pavillon Dupuis
    21 octobre 2013 12:36, par Polstar

    50 x 60 c’est très grand comme format et presque carré, ça va pas être pratique à ranger.

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    • Répondu par hugues dayez le 21 octobre 2013 à  15:25 :

      50/60 et pas 50X60. Ce n’est pas un format, ce sont les décennies 1950 et 1960. Le format sera de 25x 25cm. Donc tout à fait lisible et accessible à tous. Le prix avoisinera les 24 euros.

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      • Répondu par Didier Pasamonik (L’Agence BD) le 21 octobre 2013 à  16:40 :

        50/60 et pas 50X60. Ce n’est pas un format, ce sont les décennies 1950 et 1960. Le format sera de 25x 25cm. Donc tout à fait lisible et accessible à tous. Le prix avoisinera les 24 euros.

        Au temps pour moi. Je corrige. Merci pour ces précisions.

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  • En lisant la présentation de l’éditeur, on relève quelques perles.
    http://img11.hostingpics.net/pics/4979055060.jpg

    "Grâce au format carré de l’album, les planches en deux parties sont exposées en vis-à-vis, respectant ainsi le format de création (les auteurs travaillaient en demi-planches), ce qui a pour effet de mieux apprécier le dessin."

    Les pages sont réalisées en deux demi-pages pour une question pratique, technique, mais la page est conçue dans son entièreté. Séparer les deux demi-pages n’a rien d’un respect, je ne vois pas en quoi ça permet "de mieux apprécier le dessin", et ça tue la force de la page.

    "Débarrassé de ses couleurs (souvent peu harmonieuses) et méticuleusement restauré, le dessin est magnifié et les œuvres prennent une ampleur littéraire."

    Chez Dupuis les couleurs étaient harmonieuses, plus qu’au Lombard, et le dessin est conçu pour une mise en couleur. Si c’était prévu pour du N&B ils auraient contrasté différemment leurs pages, ils comptaient aussi sur la couleur pour l’ambiance etc...

    Je ne vois pas du tout en quoi séparer les pages et les mettre en N&B leur donnerait une "une ampleur littéraire", à la limite une ampleur esthétique, mais littéraire, je ne vois pas le rapport.

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    • Répondu par Frederic Niffle le 21 octobre 2013 à  23:05 :

      Quelques explications...

      Ça permet de mieux apprécier le dessin car il y a un bord blanc libéré qui touche chaque case. Aucune case n’est étouffée et l’œil cerne mieux le dessin. C’est frappant pour ceux qui l’ont vu.

      C’est une particularité de ces années-là où les planches étaient construites en deux parties, avec des petits A et B.

      A cette époque, les planches n’étaient pas pensées pour l’album, mais pour le journal avec un suspense en bas de page. En montrant une seule planche par double page, on retrouve le suspense de fin de planche, car l’œil ne peut plus se promener sur la planche suivante comme c’est le cas dans les albums avec deux planches en vis-à-vis. (En outre, les vis-à-vis dans le journal ne sont pas les mêmes que ceux dans l’album). C’est d’ailleurs l’un des intérêts de la lecture manga, où le suspense est accentué grâce à la réduction du nombre d’infos par page : on ne voit plus d’un seul coup une longue scène, il faut tourner les pages pour la découvrir, un peu comme en littérature.

      Ce qui vieillit le plus dans la BD, ce sont les couleurs. Elles étaient réalisées à peu près n’importe comment, pas par l’auteur qui donnait juste des indications. Franquin, par exemple, n’a jamais été satisfait des couleurs, loin de là.
      Des auteurs ont eu plus de chance que d’autres, mais certaines couleurs font bien mal aux yeux.
      Mais ici, il est question du dessin, de ce qui est de la seule patte de l’auteur.

      La littérature laisse la place à l’imagination et à l’histoire. Moins de couleurs, c’est davantage d’imagination et c’est aussi visuellement moins enfantin. En étant sur un rythme de pages plus long (88 pages au lieu de 44), on est davantage dans une lecture "littéraire".

      Bref, une autre façon de découvrir ces petites merveilles.

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      • Répondu le 22 octobre 2013 à  04:04 :

        En étant sur un rythme de pages plus long (88 pages au lieu de 44), on est davantage dans une lecture "littéraire".

        En faisant une édition case par case vous pourrez faire d’un 44 pages un 440 pages, format manga, une nouvelle vie pour tous les Tillieux franquin peyo Will etc... une manne, et ce sera encore plus une lecture "littéraire".

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      • Répondu par Cadet le 22 octobre 2013 à  04:08 :

        ... Et accessoirement d’engranger quelques tunes supplémentaires avec des œuvres rentabilisées depuis des décennies tout en les dénaturant... Visuellement moins enfantin ? Allons, ce sont des oeuvres qui ont été pensées pour un public juvénile. Quel intérêt à nier leur nature, souci vain de respectabilité ? Il est vrai que les intégrales ont déjà bien amorçé cette démarche visant à les couper de leur public initial ; elles ont clairement été pensées pour un public adulte et pour bien des séries (Gil Jourdan, Tif & Tondu) les albums ne sont plus disponibles à l’unité. Ces histoires sont intemporelles ? Mais alors pourquoi s’imaginer qu’un môme d’aujourd’hui ne pourrait les appréhender aussi bien qu’un vieux nostalgique ? Vous vous souciez du rythme de lecture, ne pensez-vous pas que les commentaires en bas de page d’Hugues Dayez (quel qu’en soit leur contenu) risquent de le compromettre impitoyablement ? Lorsqu’on entre dans une histoire, ce n’est pas pour être continuellement rappelé à la réalité par des anecdotes sur sa création... Franquin n’a jamais été satisfait des couleurs apposées sur ses planches ? Jusqu’au début des années 60, certes ; par la suite je ne l’ai jamais vu avoir que des louanges pour le travail de Leonardo. Serait-il plus satisfait par les récentes recolorisations de Jannin ? Rien n’est moins sûr : à coup d’effets Photoshop tentant vainement d’imiter l’aquarelle, elles étouffent le trait de Franquin dans un moiré qui nie et compromet sa netteté et sa précision. Je me doute doute bien qu’elles se basent sur les quelques illus en couleur directe que Franquin a réalisé, ce qui est une grave erreur de jugement ; support, technique et finalité diffèrent du rendu qu’il visait pour une planche. Deux poids deux mesures, les documents rares & inédits (tous ouvrages confondus) sont systématiquement reproduits en prétendu fac-similé - en réalité de mauvaises photos numériques non retouchées (ah, ce culte du papier jauni, des tâches de colle et des couleurs décalées !). Mais on s’éloigne sensiblement du sujet d’origine, bien que tout ces points témoignent des errances de Dupuis dans la gestion de son patrimoine.

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        • Répondu par Oncle Francois le 22 octobre 2013 à  12:07 :

          Plutôt d’accord avec Monsieur Cadet, dont je salue l’argumentation.

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        • Répondu par Frederic Niffle le 22 octobre 2013 à  13:08 :

          Au nom de quelle tyrannie ne serait-on pas autorisé à pouvoir découvrir autrement une œuvre que dans les seules caractéristiques que vous citez ?
          Il n’y a pas qu’un seul public plongé dans un même moule.
          Je ne sais pas combien de versions différentes il y a d’un même album de Tintin, par exemple, mais c’est chaque fois intéressant.

          Et en effet, cette collection 50/60 ne s’adresse pas aux enfants.

          Vous qui semblez soucieux de la qualité du rendu, vous devez constater que les reproductions des planches de Gil Jourdan dans les albums ne sont pas dénuées de faiblesses : traits à moitié effacés ou bouffés, taches, etc. J’ai passé deux mois à les restaurer pour retrouver la beauté originale du trait de Tillieux. C’est ce qui sera permis de voir dans cette collection. Car bien sûr, la couleur masque le dessin pour partie.

          Quant aux commentaires de Hugues Dayez, là, c’est vraiment le plaisir de critiquer pour critiquer : il est très simple de lire d’une traite l’histoire sans se préoccuper du commentaire, et d’y revenir plus tard pour approfondir la lecture.

          Il sera plus simple aussi d’en parler lorsque vous aurez vu le travail (cette manie de critiquer sans même avoir vu le résultat). En tous cas, la famille Tillieux a été très séduite par le projet (qu’elle a vu) et n’y a rien constaté de dénaturant ou irrespectueux.
          J’aurais été le premier à ne pas accepter de dénaturer l’œuvre de Tillieux que je pense connaitre particulièrement bien.

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          • Répondu le 23 octobre 2013 à  17:44 :

            fan de Tillieux, je suis très curieux de voir ça !
            sinon, est-il envisageable (et envisagé) de voir le reste de la saga Félix réédité dans la même optique éditoriale, je veux dire une association Niffle/Dupuis ?

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          • Répondu par bertrand Pissavy-Yvernault le 24 octobre 2013 à  13:01 :

            Je me réjouis quant à moi de cette initiative. Bravo Frédéric ! Peut-on espérer avoir accès aux pages originales de Tillieux dans cet album ?

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      • Répondu le 22 octobre 2013 à  16:05 :

        La littérature laisse la place à l’imagination et à l’histoire. Moins de couleurs, c’est davantage d’imagination et c’est aussi visuellement moins enfantin.

        Vous devriez sortir une édition avec QUE le texte des bulles (en police d’imprimerie, ça fait moins enfantin), débarrassé de ces dessins qui l’infantilisent, ça laissera plus de place à l’imagination et à l’histoire,ça fera plus littérature donc, et on n’aura enfin plus honte de lire ces horribles illustrés, ces petits miquets pour débiles et analphabêtes. Je comprends mieux le titre de la collection, c’était la façon de voir la bd dans les années 50 et 60.

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        • Répondu par Michel Dartay le 22 octobre 2013 à  22:35 :

          Mais non, il ne s’agit pas de ça ! F. Niffle ne cherche pas à faire des sous sur un bouquin qui s’adresse au public limité des collectionneurs, ou à dévaloriser le dessin de Tillieux. Là, le livre est proposé à un prix abordable (24 euros), alors que des tirages limités se vendent plutôt entre 100 et 150 euros (dont justement, les tirages grand format noir et blanc de Tillieux,Peyo et autres). Niffle a bien restauré ses précédents ouvrages, alors pourquoi lui jetez vous la pierre ainsi ? Si le livre ne vous plait pas, vous n’êtes pas obligé de l’acheter ! Il S’agit d’une proposition de lecture complémentaire, alternative et facultative. La voiture immergée étant l’un des chefs d’oeuvre de Tillieux, je me le procurerai certainement.

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  • Et ils repassent les plats encore et encore. C’est pas avec ce genre de politique éditoriale qu’ils vont renouveler le lectorat chez Dupuis.

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  • Bonjour.
    C’est quand même navrant, alors que Frédéric Niffle participe à la conversation, qu’il se fasse étriller de la sorte.
    C’est quand même pas compliqué, quand on connaît son parcours, de lui faire crédit d’un minimimum de bienveillance pour la BD. Et Dayez aussi.

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