Locos Gringos : Vers un accord avec les héritiers de Jijé ?

16 janvier 2012 15 commentaires

Le journal Le Soir vient de publier la réaction de Benoît Gillain, l’aîné des enfants de Jijé, qui parle au nom de sa fratrie de l’album Grincos Locos dont la sortie a été bloquée chez Dupuis.

Il considère que l’on montre son père dans la BD de Yann & Schwartz de manière vulgaire : « Les auteurs n’ont jamais connu mon père. Il n’avait rien à voir avec ce grossier personnage. L’image qu’on donne de lui est malhonnête. Derrière des faits à peu près exacts, on dessine quelqu’un qui jure tout le temps alors qu’il n’a jamais prononcé un gros mot de sa vie. Il porte un tricot de corps avec des bretelles, court parfois en caleçon : je ne l’ai jamais vu comme ça ! Il loge Morris et Franquin dans la soupente d’une hacienda et leur fait payer le couvert, lui qui était la générosité même... »

Il récuse tout droit à la parodie et ne voit pas l’hommage fait à l’auteur de Jerry Spring. Il dit que sa famille pensait d’abord faire interdire le livre et que les discussions avec Dupuis tendent vers l’addition d’un cahier qui serait "un droit de réponse". Il refuse cependant que paraisse le deuxième livre qui devrait mettre en scène la célèbre rencontre entre Morris et Goscinny à New York, grâce à l’entremise d’un ami de Jijé.

Constitué de témoignages de première main (Franquin, Morris,... avec lesquels Yann a travaillé sur Marsupilami et Lucky Luke) fortement romancés, cette "biographie non autorisée", partielle et tendrement partiale, fait l’objet de bien des controverses. Isabelle Franquin pense que la polémique est "excessive".

Chez Dupuis, c’est "No Comment" sur toute la ligne. On essaie de réparer les dégâts de ce qui apparaît comme un manque de tact plus qu’autre chose. On sait que les auteurs, comme les ayants droit sont des grands sensibles...

DP

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15 Messages :
  • Locos Gringos : Vers un accord avec les héritiers de Jijé ?
    16 janvier 2012 11:20, par Reval Zelantius

    Maintenant que l’on a enfin quelques arguments de la partie Gillain, il peut être intéressant de confronter ses arguments avec les gens qui ont vraiment connu Gillain et qui ne sont pas parti pris somme le fils Benoît. Je suis certain que la "contre enquête" apparaitra sur les pages d’Actua BD. Benoît Gillain, au vu de l’article ci dessus, semble bien présomptueux, et la réaction de la fille de Franquin laisse penser que l’on est plus dans la susceptibilité que dans la raison.

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    • Répondu le 16 janvier 2012 à  11:59 :

      les gens qui ont vraiment connu Gillain

      un enfant ne connaît pas ses parents ?

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      • Répondu par luc le 16 janvier 2012 à  12:20 :

        quel enfant connait toutes les facettes (y compris les plus intimes) de la vie de ses parents ?

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        • Répondu le 16 janvier 2012 à  13:08 :

          quel enfant connait toutes les facettes (y compris les plus intimes) de la vie de ses parents ?

          je ne dis pas le contraire, je trouve juste étrange que l’on considère que Yann ait automatiquement raison contre les enfants de Jijé et co. Parce que qui connait toutes les facettes (y compris les plus intimes) de la vie d’une personne ?

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    • Répondu le 16 janvier 2012 à  19:34 :

      Que le fils Gillain aie son mot à dire sur ce premier opus, mettant en scène son père sous des aspects qu’il récuse, c’est bien normal.
      Mais ce qui m’épate un peu, c’est ça :

      Il refuse cependant que paraisse le deuxième livre qui devrait mettre en scène la célèbre rencontre entre Morris et Goscinny à New York, grâce à l’entremise d’un ami de Jijé

      .
      Le fils Gillain aurait donc un avis décisionnaire sur un bouquin dans lequel apparaîtrait un ami de son père ?
      Ca va loin...

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      • Répondu par FOIN le 17 janvier 2012 à  02:38 :

        Moi qui ait connu Anne Goscinny au sortir de son adolescence, je souhaite bien du plaisir aux auteurs à propos du second tome à venir.
        Richard Foin

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      • Répondu par RG le 17 janvier 2012 à  12:00 :

        Je crois qu’il faut mettre au point certaines choses : il n’y a pas de guerre entre Dupuis et la famille Gillain, la fille de Franquin est sur la même longueur d’onde que les enfants Gillain, malgre ce qui a ete dit, il ya eu de la part des auteurs un manque de tact, on aurait au moins pu advertir que toutes les scenes sont reelles, je doute que le wallon Jije jure en bruxellois, on a quand même son mot à dire (je parle de Benoit Gillain) quand on met dans sa bouche la question dirigee à son pere "Combien d’allemand as tu tue pendant la guerre ?", si ça c’est rendre hommage a Jije....

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        • Répondu par François Junior le 18 janvier 2012 à  01:27 :

          Quel fatras de mots, j’en ai mal à la tête. Une phrase de cinq lignes, où tout se juxtapose sans discernement ... Aérez votre discours et votre pensée, monsieur RG ! (Et n’utilisez pas ce pseudo à la légère, d’autres héritiers pourraient en prendre ombrage...)

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  • Locos Gringos : Vers un accord avec les héritiers de Jijé ?
    18 janvier 2012 01:31, par François Junior

    Il serait intéressant de connaître l’avis de Laurent Gillain, qui, pour avoir travaillé avec son père (sous le pseudo de Lorg) connait peut-être mieux la BD et ses codes que Benoît Gillain (qui semble réagir justement bien benoîtement, d’après les propos rapportés par Le Soir).

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  • Je prends la liberté de me joindre à la discussion en espérant pas être trop à côté de la plaque...

    Je m’appelle S.Rosse : dessinateur, collaborateur et ami du regretté Charlie Schlingo.

    Comme vous le savez peut-être, il y a près de 3 ans Teulé et Cestac ont sorti une biographie de cet auteur- une des premières bio d’auteur de bd je crois. Je fus contacté par Jean Teulé -comme beaucoup d’autres- pendant la création de cet album (nous avions Charlie et moi une amitié et une collaboration de 15 ans).

    Au fil des questions je me rendis compte qu’au final je n’avais rien de bien extraordinaire à raconter sur ce type pourtant hors du commun. Les anecdotes ne sont que ce qu’elles sont finalement : des anecdotes, qui perdent de leur importance au fil des ans, et font place à d’autres. Mais je crois avoir essayé au mieux de communiquer à Teulé les "ambivalences" d’une longue amitié.

    Teulé me fit parvenir son album : ici et là je reconnaissais mes mots. Parfois ils étaient placés dans la bouche d’autres personnages. Les évènements également ne suivaient pas nécessairement une linéarité historique.

    Personnellement je n’en fus ni choqué, ni dérangé. Mais je ne suis pas la seule personne au monde à avoir connu Schlingo : bientôt au "sein" du cercle des amis de Charlie (des gens merveilleux, drôles, intelligents) advint la discorde. Pour ou contre l’album ? Un point de vue loin des théories. Enflammé.

    En racontant la vie de personnes décédées il y a peu d’années, les émotions des partenaires ayant partagés la vie des personnes en question viendront toujours en contre-pied de la biographie : il ne portait pas ces habits là, il ne parlait pas ainsi, cet épisode est faux car il me l’a raconté autrement

    Moi je trouve qu’on oublie que ces personnes ne sont pas seulement des dessinateurs, des amis, pères, époux. Ils ont leur part de mystère. Et c’est à travers des livres, un travail de mémoire -et même de fiction !- qu’on s’approchera finalement de l’humain.

    J’espère ne blesser personne- mais c’est fatalement un exercice plus que délicat car on "conjure" un disparu aîmé et chéri par beaucoup.

    De cette expérience -de cette confrontation des plus désagréables- j’ai appris tout au moins de la diversité de l’expérience humaine. Personne ne peut comprendre pleinement la vie d’un autre. Un type que j’ai connu pendant 15 ans avait déjà vécu 25 ans avant qu’on se rencontre. Et les heures où il rentrait seul chez lui, ou plus tard chez sa compagne, moi je n’en connais rien. Elle, elle a son mot à dire aussi !

    Tout comme les ayants-droit de Jijé, Morris, Franquin... Mais comme je l’ai dit alors et je le maintiens : il ne faut pas moins de livres, il en faut plus ! Et des meilleurs !

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  • Benoit Gillain devrait savoir ce qu’il souhaite : ["Mon père ne mérite pas d’être oublié par la jeune génération"
    http://www.actuabd.com/Benoit-Gillain-fils-de-Jije-Mon ]
    Jijé a plus l’image de quelqu’un ayant eu un sens de l’humour et de la dérision : "Que Barbaridad" (qui malmenait ses propres héros) ou la participation involontaire de Derib dans Jerry Spring en sont des exemples parmi tant d’autres.

    Le fait qu’un album raconte de façon peut-être iconoclaste cette aventure n’entâche pas les personnes, leur oeuvre et leur talent et ne peut que remettre sur le devant de la scène des auteurs qui le méritent plus que tout autres.

    Quel dommage de gâcher tout cela.

    Quant à interdire un album racontant la rencontre entre Morris et Goscinny, je ne vois pas en quoi les Gillain sont concernés sachant que Jijé n’a été qu’un intermédiaire !!!

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  • Benoît Gillain a raison quand il explique que Yann manipule la réalité : " Il loge Morris et Franquin dans la soupente d’une hacienda et leur fait payer le couvert, lui qui était la générosité même... ".

    Présenter une personne généreuse à l’extrême sous les traits d’un grigou, c’est malhonnête et malsain. Gros malaise...

    Sous prétexte de "gags", Yann dérape de nouveau.
    Gros malaise...

    Cela me rappelle que j’ai été très choqué de la légèreté avec laquelle Yann et Schwartz abordent la réalité de l’occupation et de la Shoah dans " Le Groom vert de gris ", mais c’est une autre histoire.

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    • Répondu par Brian Addav le 18 janvier 2012 à  16:58 :

      Ah la la...
      Cher Casa, je vous invite à lire l’album (en vous procurant les journaux où il a été pré-publié).
      Vous vous rendrez compte qu’il fait un contraire le portrait d’un Jijé tout en générosité, n’hésitant pas à aider ses deux protégés Morris et Franquin..

      Je vous invite aussi à consulter l’excellent ouvrage de Numa Sadoul, Et Franquin créa Lagaffe, dans lequel Annie Gillain, p43, parle de Franquin et notamment de ce voyage au Mexique et du "garage attenant à la maison" dans lequel se sont installés Morris et Franquin, qui "en clochards", "dorment sur des journaux".

      (On pourra aussi inviter Benoît Gillain à faire de même).

      Ce qui est malhonnête et malsain, c’est de s’appuyer sur des bribes d’informations, sur des jugements partiaux et erronés pour refaire encore une fois le procès à charge de Yann. A se demander ce qu’il a pu faire pour mériter cela à chaque album qu’il sort !

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    • Répondu par lio le 18 janvier 2012 à  18:04 :

      dans ce cas on devrait mettre Milos Forman en prison pour son film "amadeus" ou salieri est faussement vu comme un musicien aigri et raté, ce qu’il n’était pas.Il n’empêche que le film est intéressant et est une fiction.La faroucherie et la susceptibilité est la mère de toute les guerres.Et pour l’album ici décrit, il n’y a rien de diffamant, même si non conforme à la pensée d’un des fils...

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