Mais que fait donc le syndicat ? ActuaBD ouvre une tribune aux auteurs

23 novembre 2009 49 commentaires

La question (faussement) angélique d’Henri Filippini enflamme nos forums. L’éditeur des éditions Glénat profite de sa semi-retraite pour lancer le brûlot.

Mais la question est complexe car un bon nombre de pratiques ne sont pas figées dans le métier de la bande dessinée :

Par exemple, la question de la répartition des droits entre les dessinateurs et les scénaristes, obligatoirement basée sur un accord au cas par cas.

Doit-elle aller jusqu’aux originaux dont la vente constitue de plus en plus une source de revenus appréciable pour certains auteurs ? La question reste pendante.

Par ailleurs, de plus en plus d’éditeurs essayent de parer à la concurrence et à l’abondance de la production en payant des droits forfaitaires et de faire partager son risque par l’auteur, voire en ne lui aucun à-valoir. Faut-il établir un SMIC pour les auteurs ? C’est une bonne question.

Enfin, l’arrivée du numérique favorise l’émergence de fédérateurs de blogs où les auteurs postent gratuitement mais se trouvent ainsi des lecteurs et parfois un éditeur.

De nouveaux modèles économiques se mettent en place : ainsi Lewis Trondheim crée-t-il une bande dessinée directement pour un éditeur (Bludzee pour Ave !Comics)

Ainsi aussi, les éditions Sandawe viennent de lancer la première maison d’édition basée sur le « Crowd Funding » transformant les lecteurs en « édinautes ».

Certains auteurs, sous le couvert de l’anonymat, répondent sur le forum. D’autres, non-anonymes et même célèbres comme Sergio Salma ou Joseph Béhé, interviennent également.

Tout cela démontre que notre métier est en mutation et que les interrogations subsistent.

Pour les auteurs (non anonymes) qui voudraient s’exprimer sur ces sujets, nos colonnes sont ouvertes. Nous sommes prêts à leur offrir une tribune dans une nouvelle rubrique intitulée : « La Parole est aux auteurs ». Libre à nos lecteurs de réagir ensuite dans nos forums.

Les auteurs (ou organismes professionnels) qui désirent s’exprimer peuvent envoyer leurs contributions à : infos@actuabd.com

Le comité de rédaction jugera s’il y a lieu ou non de publier l’article en raison des responsabilités légales qui lui incombent et de l’intérêt supérieur de nos lecteurs. Nous éviteront ainsi toutes les prises de tête inutiles.

DP

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49 Messages :
  • voire en ne lui aucun à-valoir

    voire en ne lui donnant aucun à-valoir

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  • Il y a déjà un forum pour les auteurs, dont une partie est publique et une autre leur est réservée, sur le site de l’AdaBD : http://www.adabd.com

    Il y a aussi un réseau social (à la Facebook) réservé aux auteurs de BD : http://auteursbd.ning.com/

    L’avantage est que contrairement à ActuaBD, il n’est accessible qu’aux auteurs, et n’est pas modéré.

    Le désavantage est qu’il ne permet pas de sensibiliser le grand public à nos problèmes, ce qui serait le cas ici.

    Maingoval

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    • Répondu le 24 novembre 2009 à  15:27 :

      Ce site vient apparemment d’être hacké !!!

      Un coup des éditeurs !??

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  • Chers tous, même les anonymes (qui peuvent avoir leurs raisons, après tout)

    Cela fait une dizaine de jours que, pour cause d’absence, j’observe de loin, tout ce qui s’est dit à partir du billet de Mr Filippini.

    Depuis sa création, je fais partie du comité de pilotage du Groupement des auteurs de BD du SNAC (nom complet de ce fameux syndicat des auteurs-mais-que-fait-il). Néanmoins, je m’exprime ici en mon nom propre et les réflexions qui suivent n’engagent que moi.

    J’aimerais déjà apporter une précision sur le fonctionnement du syndicat : il a été créé grâce au soutien, évidemment moral, mais également financier d’un certain nombre d’auteurs qui ont chacun versé au moins 1000 euros pour permettre sa création. Ce sont nos "membres fondateurs" parmi lesquels on compte effectivement Arleston et Trondheim, que j’ai vu souvent cités ici comme l’exemple même d’un syndicat qui ne s’occuperait que des problèmes des "riches". Même quand on gagne très bien sa vie, 1000 euros, ce n’est pas rien. Surtout, quand on gagne très bien sa vie en BD, croyez-moi, on n’a que faire, mais alors vraiment rien à faire, de l’action d’un syndicat. Et qu’on ne me dise pas que 1000 euros pour les uns, c’est comme 10 pour la plupart, je ne connais personne qui jette même 10 euros dans la rue, au gré du vent. Alors pourquoi l’ont-ils fait ? Je ne veux pas répondre à leur place mais en cherchant bien, je suis sûr qu’on peut trouver des pistes de réponses. Quoi qu’en pense certains, il est des mots dont la définition a encore cours dans le dictionnaire quotidien de pas mal de personnes, des gros mots même comme « militant », « convictions », « solidaire », etc, etc. . On peut toujours rire de ça, pas de soucis. On vit assez bien avec, aussi, parfois.

    Mais ces auteurs fondateurs, même s’ils interviennent pour certains directement dans l’action syndicale au gré des besoins, ne gèrent pas tous le syndicat au quotidien, loin de là. Ceux qui le font, ce sont les membres du comité de pilotage, des types comme JP Peyraud, Cyril Pedrosa, Olivier Jouvray, Christian Lerolle, Mik’ Le Galli, Virginie Augustin, etc. (la liste complète est en présentation de notre site). Vous avouerez qu’on s’éloigne déjà pas mal de l’auteur "bobo" à succès (ça veut dire quoi ça au fait ?) qui veut garder ses "acquis" et ses "privilèges" (Hmm... Lesquels ?). Nous gagnons tous notre vie, plus ou moins bien, grâce à la bande dessinée et nous ne nous plaignons pas. Mais notre vie de tout jeunes auteurs débutants est encore bien proche et c’est bien par conviction que nous nous sommes réunis puis animons au quotidien, tant bien que mal, ce groupement des auteurs de BD. Quelles convictions ? Tout simplement l’idée qu’il y a énormément de choses à améliorer dans notre condition, que celle-ci est effectivement de plus en plus sujette à une lente mais réelle dégradation et surtout que nous sommes mathématiquement plus forts ensemble que tout seuls. ça n’empêche pas les individualités, ça ne méconnaît pas l’extrême variété des situations et des pratiques mais nous sommes persuadés qu’il y a un socle commun sur lequel on peut et on doit agir.

    Cela fait déjà un long préambule mais je suis obligé de ne pas faire plus court pour le reste. Sachez également qu’au moment où nous avons découvert le billet de Mr Filippini, cela faisait déjà bien longtemps que le débat de la rémunération animait le comité. Nous étions même en train de définir les possibilités d’action futures sur ce sujet. Car, quoiqu’on pense de la personne de Mr Filippini et de sa légitimité à mettre ces questions sur la table, il est indéniable que son constat est juste. Les remontées que nous avons chaque jour en provenance des auteurs le prouvent indéniablement. Mais Mr Filippini peut se contenter de montrer du doigt. Pas nous. Contrairement à ce que j’ai également lu sur ce site, « inventer de bonnes questions » est bien plus simple que de trouver des réponses. Or, à quoi cela sert-il de dénoncer sans rien proposer en face ? Et c’est bien la question, essentielle, des revendications qu’il faut définir le plus sûrement possible avant de s’aventurer sur ce terrain-là. Ce n’est pas le lieu ici de s’étendre sur toutes lesdites propositions possibles que nous avons déjà pu lister ou recueillir.

    Mais un seul exemple pour illustrer la difficulté du dossier : on parle d’un prix minimum à la planche (un « SMIC-planche » si on veut, bien que le terme soit pour le moins impropre). Lequel ? Combien ? Allez, avançons-nous et disons 250-300 euros, une fourchette de base très acceptable pour un « jeune-auteur-qui-débute ». Mais à ce prix-là, quid de la foule des éditeurs qui ont peu de moyens pour financer des livres, livres qui pourtant sont souvent reconnus comme « essentiels » ? On les vire du paysage bédéphile ? Pas notre souci en tant que syndicat d’auteurs direz-vous. Oui mais si on enlève dudit « paysage » tous ces « petits » éditeurs (« petits » par leur capacités de financement), auquel vous rajouterez toutes les collections d’éditeurs plus fortunés mais payées aux fameux forfaits, combien de livres en moins dans l’année ? Et par voie de conséquence, combien d’auteurs, jeunes et moins jeunes, qui n’ont plus aucun débouché pour leurs livres ? Des centaines, je vous l’assure.

    Vous me direz, si nous étions un syndicat d’auteurs « riches et privilégiés », nous pourrions tendre vers cette voie. Virer cette lie ambitieuse qui ne fait rien que casser les prix du marché et rester entre nous avec nos prix de pages faramineux et acquis jusqu’à la retraite. La surproduction ma p’tite dame, là est le mal.

    Oui mais au fait, toi qui me lis, tu te considères comme faisant partie du « surproduit » ou du « produit justifié » ?

    Ce n’est pas à un syndicat de répondre à cette question, il me semble. Sauf peut-être dans l’ex-URSS. Penchant d’’un côté, nous serions très vite des « Stals ». De l’autre, un syndicat de « privilégiés ». Dans les deux cas, nous ne serions pas crédibles, encore moins suivis et écoutés.

    Rien que ce petit exemple illustre à quel point le sujet est délicat à traiter. Alors que fait le syndicat en attendant que toutes les discussions et hypothèses sur le sujet aboutissent à de vraies propositions ? (puisque c’est la question du sujet).

    Il défend déjà. Becs et ongles. Pas les acquis de quelques-uns. Les droits de tous les auteurs. Celui d’être payé quand on a signé un contrat et que les pages ont été rendues, celui de recevoir ses droits d’auteurs et d’être réellement informé de l’exploitation de son œuvre, celui d‘être réellement associé aux adaptations de ladite œuvre plutôt que d’en être clairement dépossédé avec des conditions iniques, celui de toucher l’argent du droit de prêt, celui d’être mieux couvert socialement en interpellant quotidiennement les organismes sociaux qui s’occupent de lui, celui surtout d’être informé, d’être conseillé juridiquement, d’être soutenu moralement, d’être accompagné, notamment financièrement, devant les tribunaux quand il n’y a plus d’autres solutions, etc, etc.

    Oui, c’est long. Oui, ce n’est pas spectaculaire. Oui, c’est (très) difficile. Les « y’a qu’à » et les « faut qu’on » n’ont qu’à venir suivre, ne serait-ce qu’un mois, les échanges de mails quotidiens au sein du comité pour comprendre un poil à quoi ça ressemble de se taper de la littérature syndicale par milliers de lignes. Les mêmes n’ont certainement jamais étés roulés dans la boue par tel ou tel éditeur paranoïaque et ulcéré qu’un syndicat ose l’attaquer au nom d’un illustre inconnu pour une obscure somme de 1500 euros, un bouquin jamais sorti ou un contrat jeté au caniveau comme on jette un mouchoir sale. Cela, chaque membre du comité l’a vécu depuis trois ans, parfois plusieurs fois. En moins de trois ans d’existence, ce machin que des générations d’auteurs appelaient de leurs vœux depuis plus de 50 ans (oui, les premières tentatives avortées remontent aux années 1950 !) a défendu, la plupart du temps avec succès, près de 80 auteurs dans des médiations dont certaines ont fini devant les tribunaux. Combien avant l’existence du syndicat ? L’anonymat et la non-publicité faisant généralement partie du règlement final nous empêchent de les évoquer publiquement. Mais chaque jour, des auteurs sont renseignés, accompagnés et conseillés dans leurs négociations, des représentants d’auteurs BD siègent désormais dans les organismes sociaux, rencontrent le ministère, poussent les éditeurs à changer leurs méthodes, réfléchissent à ce que sera l’environnement juridique et artistique des auteurs dans les années qui viennent.

    Alors oui, on n’a pas tout fait. Oui, le chantier est immense. Oui, on ne trouve pas le temps de communiquer suffisamment. Parfois, on a même nos propres livres à réaliser, aussi incroyable que ça puise paraître. Figurez-vous qu’au maximum, on est 15 grognards à crapahuter quotidiennement sur ces sentiers-là. Et que personnellement, j’accueillerais avec joie tous les « y’a qu’à » et les « faut qu’on » de la terre bédéphile, rien que pour me sentir parfois moins seul.

    Mais en fait, c’est faux. On le sent bien que la prise de conscience que nous appelions de nos vœux est désormais bien répandue chez une majorité d’auteurs. Sans syndicat, nous n’aurions sur ces pages qu’un débat sur sa nécessaire création. Désormais, nous en avons un sur ses différentes actions possibles. J’appelle quand même ça un progrès.

    Je vous quitte ici. Je m’en vais demain gagner ma vie 4 jours à Marseille à parler de la BD que j’adore. Je sais qu’à mon retour, j’aurais bien 150 mails de mes copains du comité. Pas au sujet de ce billet non. Juste pour les affaires quotidiennes à gérer. J’entendrais bien sans doute encore, souvent peut-être, "mais qu’est-ce que vous branlez ?!". J’allumerais ma 32è clope de la journée. Je passerais la seconde de la caravane syndicale et brinquebalante. Et je commencerais à lire le courrier.

    Salut à vous,
    Kris.

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    • Répondu le 24 novembre 2009 à  10:43 :

      Allez, avançons-nous et disons 250-300 euros, une fourchette de base très acceptable pour un « jeune-auteur-qui-débute ». Mais à ce prix-là, quid de la foule des éditeurs qui ont peu de moyens pour financer des livres, livres qui pourtant sont souvent reconnus comme « essentiels » ?

      Parlons peu mais parlons clairement.
      1/ 250-300 euros brut ou net après les charges sociales (AGESSA,IRCEC) et les dépenses professionnelles diverse (local, électricité, matériel...) ? Vous vous basez sur quoi pour définir un tel prix de base ? Moi, je dis qu’il faut toujours demander plus pour obtenir moins. Avec une mollesse pareils, si un éditeur vous lit, il rigole.
      2/ Un syndicat d’auteur se doit de défendre l’intérêt des auteurs, pas celui des "gentils petits éditeurs". Parce qu’autrement, ça va vite devenir du n’importe quoi. Un petit éditeur a autant le devoir de financer la création de ses auteurs qu’un gros, non ? Parce qu’autrement, la prise de risque sera vite déséquilibrée. Si le SNAC commence à défendre l’intérêt des petits éditeurs, il restera mou et va se tirer une balle dans le pied.
      3/ Expliquez-moi en quoi la surproduction serait favorable à la création en général et aux auteurs en particulier ?

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    • Répondu le 24 novembre 2009 à  10:56 :

      Ne faut-il pas oublier ces histoires de prix de planches puisque un grand nombre de livres aujourd’hui sont dans des formats qui ne permettent pas cette répartition. Quand l’auteur vient avec un récit de 150 pages ou plus, quand le format est lui-même plus petit et où une page correspond "grossièrement" à une demi-page voire à un tiers de page, l’éditeur n’est-il pas obligé de revoir le prix global ? On est là encore dans des considérations anciennes. Il y avait un prix de page possible parce que l’on publiait dans une revue généralement( allez demander aux auteurs des éditions Artima et compagnie si en 1960 ou 70, ils étaient payés comme ceux de Tintin, Spirou , Pilote etc...).

      Le forfait correspond à la manière la plus simple de rétribuer un auteur qui justement veut sortir du canevas , 46 pages couleurs et cartonnés , albums qui se vendent entre 9 et 12 euros.

      Puisque nous sommes de plus en plus nombreux à vouloir amener des récits hors de ce format , comment voulez-vous que l’éditeur puisse payer en gardant des prix de pages aussi élevés ? C’est une utopie puisque son seuil de rentabilité serait deux fois plus difficile à atteindre pour un bouquin de 100 pages. Le poste le plus cher pour la fabrication d’un livre c’est l’auteur. Le papier, cartonné ou pas , le format ne sont presque qu’anecdotiques. Il faut aussi voir que le bouquin qui coûtera à l’éditeur un certain prix de fabrication devra voir son prix de vente augmenter pour rester rentable, viable. L’auteur en acceptant de travailler pour un livre qui coûtera 20 euros ne se tire-t-il pas une balle dans le pied ?

      Avant de parler des droits d’exploitation audiovisuelle ou aujourd’hui plus probable de replacements au format numérique, ne faudrait-il pas que les auteurs débutants sachent simplement de combien il faut disposer d’argent dans la vie de tous les jours( nourriture, loyer,loisirs, moyens de locomotion mais aussi lois sociales, impôts ...) et adapter leur travail en conséquence plutôt que de travailler sur des récits (qui évidemment nous obsèdent ou nous tiennent à coeur) sans savoir combien et comment ce travail sera rémunéré ? Se protéger en somme selon ses capacités, facilités, qualités et défauts .

      En revanche, la protection entre personnes est une chose très délicate. J’entends souvent dire tel éditeur n’a pas payé ou n’a pas été correct ; ce même éditeur se conduit pourtant idéalement avec d’autres auteurs qui en vantent le comportement. C’est un feeling personnel et malheureusement dans un marché où plus de 4000 nouveautés sont proposées, la loi de l’offre et de la demande joue contre les auteurs et amène son lot de situations déséquilibrées. A chacun de savoir en dessous de quel seuil il n’acceptera pas de descendre. Et de jauger les personnes avec lesquelles il se prépare à collaborer.

      Pour ce qui est du seuil de revenus minimum, c’est complexe puisque c’est toute la corporation qui est responsable. Comment ? Je crois que justement suppléer à nos besoins en allant dans les écoles par exemple( aussi passionnante soit cette démarche) ou bien encore en vendant des originaux( aussi lucratif que ce soit), ça a donné l’occasion aux éditeurs de pouvoir payer moins pas mal d’auteurs. Qui ont donc ( bien involontairement bien sûr) fait descendre les cours.

      En débutant dans le métier , j’ai fait des comparaisons et je m’étais rendu compte que la plupart des écrivains , des écrivains -jeunesse et des illustrateurs jeunesse( je veux donc parler de toute cette frange de la littérature aux milliers de sorties annuelles) , tous ces auteurs étaient payés des clopinettes. Avec en plus, des droits d’auteur de 1 ou 2%. Puisque les deux mondes ne se côtoyaient que très peu, chacun restait sur des bases très différentes. je me sentais privilégié en comparant mes revenus à ceux d’auteurs pourtant très reconnus, et même très bons vendeurs. Sauf qu’ils étaient tous ou presque amenés à aller dans les écoles ! Sans vouloir discréditer cette démarche que je trouve admirable( et que j’ai pratiquée d’ailleurs) je me suis rendu compte que ça faussait toute l’approche. Et en définitive que l’état en payant des conférenciers -auteurs entretenait donc une situation où l’éditeur( tous genres confondus) pouvait payer très peu. Et tenez-vous bien, il y a de nombreux cas où l’auteur ne touche RIEN. Dans cette humeur qui prévaut et qui indique qu’un livre est une chance, des centaines de livres sortent sans que les auteurs en vivent. ils sont profs, journalistes etc...

      Les démarches en AMONT , avant de commencer le travail proprement dit est la chose la plus importante. Ce n’est pourtant pas encore bien dans les moeurs ; combien de quadragénaires qui se contentent de 1500 euros (bruts !) parce qu’ils se sont engagés dans des "formules" qui ne permettent plus d’en sortir sans risque ? Un succès de vente seulement peut les sauver.

      Il y a environ 20 ans a commencé le grand déclin ; c’est la fin des revues( bénéficiaires) qui est la base de ce grand changement. On a beau dire en se lamentant que les éditeurs paient plus mal que jadis, c’est pourtant obligatoire puisque son revenu à lui a baissé, puisque la conjoncture(sans parler de crise) est différente. Oui, il était plus confortable de vivre de la bande dessinée il y a 20 ans. Mais il était plus difficile d’être publié ! Et ô combien plus difficile. Oui c’est tragique puisque la vie est plus chère aujourd’hui et que le pouvoir d’achat devrait être revalorisé.

      Mais s’il y avait 20 revues et 1000 auteurs, il n’y a plus aujourd’hui que 4 ou 5 revues ( purement bandes dessinées mais il y en a d’autres où il faut prospecter aussi et puis évidemment internet qui change tout) et 3000 auteurs ! La donne a changé sévèrement.
      Les bouquins étaient il y a 20 ou 30 ans un des postes principaux pour l’argent de poche ; aujourd’hui jeux-vidéos etc...ont tout changé .

      J’aimerais insister sur un autre point qui me semble perpétuellement occulté involontairement .
      Je crois que globalement on est revenus à une situation ancienne. Celle de l’époque où les auteurs ( les années 50) étaient très peu payés (et très peu considérés d’ailleurs). Ils étaient tous obligés de travailler beaucoup. Les Uderzo , les Goscinny étaient des stakhanovistes qui feraient blêmir les Sfar d’aujourd’hui. Tillieux et presque tous avaient de multiples séries. Ils travaillaient pour plusieurs revues et il y avait un "standard" de publication, un rythme de travail qui ne se reflétait pas dans le marché de l’album (quasi-inexistant) mais dans les parutions en revue. La culture était celle-là et des gens comme Charlier ou Goscinny ont défendu un autre point de vue et ont crée un schisme pour parler comme à la radio. On a tout revalorisé et c’est toute la profession qui en a été changée.

      Sont après arrivées les années 80 et forcément de nouvelles générations d’auteurs qui ont "profité" de cette revalorisation( sans compter de la perception bien plus positive des artistes en général). On a donc établi de nouveaux standards et la profession a donc (dans le mouvement culturel de ces années-là, créations de revue, traductions multiples , montées en puissance de nouveaux éditeurs) affecté une certaine somme au poste"auteur".
      Ce qui a eu comme conséquence une adaptation générale des moeurs. Puisqu’une page est payée 300 euros ( actuels) j’ai besoin de environ 2400 euros mensuels, je vais donc faire 2 pages/semaine. Et cette culture, cette vision des choses a enfanté un certain comportement, engendré une vision du métier.

      Cette vision qui fait dire à pas mal de lecteurs qu’une nouvelle génération en sortant de ces standards est une génération qui bâcle. Or, des gens comme Uderzo , toujours lui, réaliste ou humoristique( il était les deux) n’a pas travaillé moins vite.

      La situation générale ayant évolué singulièrement, aux artistes de revoir aussi le raisonnement ( prix de page, rythme de parution, marché).

      Il y a une réflexion globale à envisager ; on parlait de mémoire dans une des interventions ; c’est intéressant aussi de savoir où l’on est, historiquement et géographiquement pour estimer les possibilités. Et non pas se dire" comment piquer le plus possible d’argent à l’éditeur qui est un grippe-sou à la base".

      Ce n’est que mon point de vue et je considère que la création d’un syndicat ou d’une association d’auteurs est une chose évidente et indispensable ; certaines personnes ont plus besoin d’être encadrées , soutenues, conseillées que d’autres.

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      • Répondu par Sergio Salma le 24 novembre 2009 à  12:10 :

        J’ai oublié de signer .
        Pardon de faire long mais la situation est complexe. Impossible de ne pas exposer tous les paramètres...et encore, ils n’y sont pas tous .

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        • Répondu par Steph le 24 novembre 2009 à  17:58 :

          Prendre garde de ne pas oublier aussi un paramètre, le suivant : comment un auteur BD est il perçu en 2009 par l’establishment financier ?

          Pour avoir tenté un prêt auprès ’une dizaine de banques, j’avais plus l’impression d’être considéré commme un romanichel ou un montreur d’ours, notre profession a été étudiée et épluchée ( revenus, délai de revenus, irrégularité desdits revenus, j’en passe et des meilleures ...)

          et bien tous les costards cravates ont du dire ( hola, non fiable, povre, fauché,
          métier louche etc ... ) d’ou aucune possibilté du moindre prêt malgré de bonnes ventes - pour moi ( entre 23/24000 ex / an en moyenne )

          malgré ça, j’ai jamais pu en faire fléchir aucun !!!! Par contre, m’ont ils tous dit ou laissé entendre : si vous arrêtez vos "mickeys à la con" et retourner DA dans la com, on aimerai mieux, et là tout redeviens possible ;

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          • Répondu par Sergio Salma le 25 novembre 2009 à  13:17 :

            Je ne crois pas que la banque aie quelque chose contre les auteurs de bandes dessinées. Elle a en revanche un oeil sur vos comptes des 4 ou 5 dernières années et à cause de cet historique, vous êtes que vous le vouliez ou non classé dans une...case. Les chiffres sont sans appel ; si vous avez un revenu dans la norme, plus ou moins fixe , ils se fichent de votre activité ; c’est en partant d’une moyenne que sont octroyés les prêts . Si vous êtes en dessous des barèmes moyens, si vous flirtez trop souvent avec le découvert, les risques sont plus grands. Vous prêteriez vous, votre argent , à quelqu’un dans votre situation ? Sachant que le métier bancaire n’est pas de financer nos modes de vie mais de gagner du fric sur notre manque de moyens.
            La banque préférera prêter à un saltimbanque riche plutôt qu’à un employé pauvre.

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      • Répondu le 24 novembre 2009 à  16:00 :

        Ils n’y sont pas tous. Mais ton analyse expose très bien la situation présente et ses origines.

        "Ne faut-il pas oublier ces histoires de prix de planches puisque un grand nombre de livres aujourd’hui sont dans des formats qui ne permettent pas cette répartition. Quand l’auteur vient avec un récit de 150 pages ou plus, quand le format est lui-même plus petit et où une page correspond "grossièrement" à une demi-page voire à un tiers de page, l’éditeur n’est-il pas obligé de revoir le prix global ?"

        Il faut bien partir d’un point. Que ce soit le prix d’une page ou d’un livre, ce qui compte, c’est de pouvoir juger si l’a-valoir proposé par un éditeur correspondant au travail à effectuer et si cet à-valoir est suffisant ou pas. S’il est suffisant, tant mieux et tout le monde est heureux. S’il ne l’est pas et si l’éditeur ne peut proposer plus, comment financer le projet ? L’auteur doit-il casser sa tirelire, doit-il négocier ses droits audiovisuels, numériques, dérivés, étrangers autrement ? Doit-il compter sur les aides d’état ?

        Ce qui est certains, c’est que si un auteur s’engage à produire une œuvre alors qu’il sait qu’il n’aura pas assez d’argent pour tenir jusqu’au bout, Il va dans le mur. Et si d’autres auteurs entrent dans le même jeu, on va tous dans le mur. C’est complètement pervers, malsain et suicidaire pour l’ensemble de la profession.

        Le travail de l’auteur, c’est de créer une œuvre. Le travail d’un éditeur, c’est de la financer et de la faire connaître.
        Et que l’éditeur soit petit ou gros, il a le devoir de financer cette œuvre.
        Alors, à partir de cette logique simple comme bonjour, l’État doit-il n’aider que les petites structures ? Les aides données directement aux auteurs sont-elles raisonnables ?
        Et continuons de poser des questions avant d’apporter des réponses et de foncer dans n’importe quelles directions.

        Lorsque le syndicat commence à batailler pour la préservation des droits audiovisuels avant de se battre pour une clarification des rémunérations de base, je me dis que je n’ai pas envie de cotiser pour. Et je crois que si beaucoup d’auteurs hésitent à se syndiquer, ce n’est pas parce qu’ils sont mous ou autistes ou demeurés, mais tout simplement parce qu’ils trouvent que la logique de ce syndicat n’est pas claire, divisée, dans tous les sens...

        Alors, l’analyse de la situation exposée par Sergio est une base intéressante pour commencer à préciser des objectifs, un programme de revendications. Et ensuite, il faudra se battre étape par étape. Les droits audiovisuels à ne plus céder aux éditeurs. Est-ce une priorité pour la majorité d’entre nous et a-t-on bine jaugé les conséquences ?...

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        • Répondu par Sergio Salma le 25 novembre 2009 à  14:05 :

          "S’il ne l’est pas et si l’éditeur ne peut proposer plus, comment financer le projet ? L’auteur doit-il casser sa tirelire ?"

          Oui, en quelque sorte. Il doit s’organiser (s’il y tient) pour financer lui-même son désir. Calculer son temps de travail, jauger l’avenir, les suites possibles. Pareil quand on nous propose un travail de com. On le fait en ajustant le prix. il n’y a pas de prix pour un dessin. Il y a un prix selon le travail, le commanditaire, l’importance de la campagne etc...Pour les pages c’est pareil selon le projet , l’éditeur etc...

          " L’auteur doit-il négocier ses droits audiovisuels, numériques, dérivés, étrangers autrement ? "
          Absolument anodin au moment de la signature du contrat. ça ne change rien aux revenus immédiats. Et ça ne changera d’ailleurs jamais rien dans 85 ou 90 % des cas.

          "Doit-il compter sur les aides d’état ?"

          Pourquoi pas. Je trouve bien plus sain de solliciter des aides de cet ordre plutôt que d’aller en vadrouille dans les écoles de France et de Navarre. C’est très noble mais c’est un mauvais calcul. On part plusieurs jours, on se déconnecte de nos univers( certains diront qu’ils se nourrissent de cet ailleurs, oui bon) , on met 2 jours pour s’en remettre.

          Le CNL a été créé pour cela. La SACD vient aussi apporter une aide substantielle. Voilà des organismes qui sont des aides pour ceux qui font des livres( ou autres) et qui n’obligent pas les auteurs à quitter leur table de dessin ou leur ordinateur. Ce sont des revenus disponibles auxquels on a droit. La SOFIA aujourd’hui s’occupe de rétribuer les auteurs. Voyez les sites de ces organismes et les prérogatives.
          Evidemment on ne parle là (SACD et SOFIA) que d’auteurs ayant déjà une "oeuvre".

          Pour les débutants, la réserve d’argent est à évaluer selon l’ampleur de la tâche. Et il faut rester réaliste( même quand on fait de la bd humoristique !). Si on fait 46 pages ou 200 pages, combien de temps cela prendra ? Combien de mois avec des soucis éventuels ? Sans compter que la mise en route du projet demande un investissement de temps à risque. Je considère que la première année ( au moins) est une année d’investissement . Après il faut sans arrêt jongler.

          "Le travail d’un éditeur, c’est de financer l’oeuvre et de la faire connaître. Et que l’éditeur soit petit ou gros, il a le devoir de financer cette œuvre. "

          Pardon de vous reprendre, cher..., mais voilà bien une philosophie qui risque de vous faire stagner dans un entre-deux bizarre et qui ne vous rendra pas heureux( sauf succès fulgurant).
          L’éditeur n’est pas un organisme prêteur. Vous, auteur, vous vous associez ponctuellement avec un éditeur. Il a la structure , vous avez la matière. Il a déjà dépensé des sous pour faire fonctionner l’entreprise avant que vous ne vous pointiez. Vous n’êtes pas le seul évidemment. L’association entre vous implique un investissement de la part de l’éditeur . Il ne vous finance pas, il vous paie une avance afin de proposer dans quelques mois un ouvrage sur le marché. Il espère que ça marchera, il espère au moins ne pas perdre d’argent. il a simplement envie que ce livre existe. Parfois c’est un coup de coeur, parfois c’est un calcul. Il paie ses employés, ses chauffeurs, ses imprimeurs . Il ne les finance pas.

          Pardon de jouer avec les mots mais c’est très important dans ce cas de figure. Comme j’ai d’ailleurs lu ici ou là le terme avaloir. Quelle jolie faute , presque un lapsus. Recevoir un à-valoir dit bien ce que cela veut dire et dans quoi on s’engage. Certains auteurs craignent-ils d’être avalés ? Ou de voir leur argent avalé ?

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          • Répondu le 26 novembre 2009 à  06:58 :

            En clair, pour vous, vive le libéralisme, que rien ne bouge dans les relations entre auteurs et éditeurs et pas besoin de syndicat. Chacun pour soi.

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            • Répondu par Sergio Salma le 26 novembre 2009 à  08:56 :

              Mais non , pas du tout. Il y a justement une concertation à organiser, connaître les données. Il faut que les auteurs partagent les informations mais en sachant qu’il y a presque autant de cas de figure qu’il n’y a d’albums. Je ne crie pas vive le libéralisme, mais il faut se rendre compte que les structures qui nous entourent sont ce qu’elles sont ; il faut s’y insérer en connaissance de cause.

              C’est tabou de parler argent entre artistes. Premier mur à faire tomber. Je me suis toujours méfié des groupes même si dans ce cas, il se formera toute une série de groupes , ce sera hétérogène ( c’est pas moi qui invente cet état de fait, avez-vous lu les différents échanges quant aux partages des droits et rétributions scénariste-dessinateur ?!)

              J’ai aussi envie de croire en une solidarité mais les données sont tellement complexes . Le syndicat ou l’association d’auteurs peut je crois indiquer aux deux parties un code de conduite"de base" mais ce sera à chacun de voir comment l’envisager.

              ce n’est pas le"chacun pour soi" qui méprise les autres, c’est une prise en charge personnelle selon les individualités. Ce n’est pas exactement pareil et pitié ne vous réfugiez pas dans cet esprit revanchard, il n’y a nulle part dans mes interventions cette idée de mépris pour les regroupements. Et pensez-vous que si j’en avais rien à foutre des autres, je passerais des heures à tenter d’exposer un point de vue pour faire avancer le schmilbilck ?

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              • Répondu le 26 novembre 2009 à  18:42 :

                Je me doute que non...
                Pourquoi un syndicat serait-il plus utile qu’un bon agent ou un bon juriste ?

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                • Répondu par Fred le 26 novembre 2009 à  21:34 :

                  Parce que tout le monde n’a pas les moyens de se payer un bon juriste.

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                  • Répondu par Sans nom, pas fou le 27 novembre 2009 à  01:16 :

                    Je vois la relation auteur/éditeur comme un partenariat, pas comme un bras de fer permanent,

                    Bien entendu, mais là vous parlez de la situation idéale...Dans mon cas je demande, lié à mon contrat, un budget marketing. Je peux « rogner » sur mes avances, si je vois que l’éditeur s’investit. C’est une prise de risques assez équitable je trouve. De fait, le rapport bi-annuel me donne une idée assez précise sur la promotion de mon travail.

                    Donc, vous êtes plutôt pour un syndicat soft qui n’intervient que lorsqu’il y a un contentieux entre un auteur et un éditeur. Un médiateur...

                    Et c’est très important aussi ! Connaissez-vous le prix des avocats –même si ceux spécialisés dans le droit d’auteur font partie du fait de leur clientèle des moins honéreux. Je peux vous dire, il y a 6 mois –problème : je trouve cet avocat donc. Une demi-heure de consultation « Votre cas est clair mais si on se retrouve en face du tribunal de commerce, ca devient 10 fois plus cher et vos chances c’est du 50/50 ». Heureusement pour moi, tout s’est résolu. Mais 1500e pour 30 mn de « mingling » plus un fax ?! Aïe !
                    Le SNAC, c’est une question de bon sens finalement.

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                    • Répondu le 27 novembre 2009 à  09:48 :

                      Mais alors, pourquoi un syndicat type SNAC plutôt qu’une société civile qui récupèrerait les droits et proposerait des services juridiques et une mutuelle et des aides comme la SACD ? De quoi ont le plus besoin les auteurs ? De l’un de l’autre ou des deux ?

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                      • Répondu le 27 novembre 2009 à  13:50 :

                        Des deux. Un bon arrangement vaut mieux qu’un mauvais procès.

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    • Répondu par LC le 24 novembre 2009 à  14:05 :

      On peut aussi considérer que conclure un contrat avec une toute petite structure éditoriale et une manière de faire de l’auto-édition sans perdre d’argent et en s’évitant les contraintes/démarches de la fabrication/distribution. Alors oui les avances sur droits sont inexistantes ou très faibles, mais la part des droits peut-être de 12%, ce qui est le haut de la fourchette, mais ne représente pas grand-chose sur des tirages à 2000 exemplaires (en espérant atteindre 1 000 exemplaires vendus).

      Quel intérêt pour l’auteur alors ? Pas gagner sa vie c’est sûr, mais voir son livre exister, et se voir exister en tant qu’auteur.

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      • Répondu le 24 novembre 2009 à  16:44 :

        Auteur-gratuit. Un nouveau statut dans ce monde d’après la chute du mur glorieuse et de la précarité honteuse.
        D’auteur-gratuit à amateur, il n’y a qu’un pas.

        "On peut aussi considérer que conclure un contrat avec une toute petite structure éditoriale et une manière de faire de l’auto-édition sans perdre d’argent et en s’évitant les contraintes/démarches de la fabrication/distribution."

        Avec une logique pareille, vous perdez forcément de l’argent puisque vous ne pouvez pas financer votre travail. Et même si vous habitez encore chez vos parents, ils payent la nourriture, le lit, le toit et l’électricité. Et le matériel, vous faites comment ? Vous le volez ou on vous le donne ?

        "mais la part des droits peut-être de 12%"
        La belle carotte ! Avec une logique pareille, vous pouvez aussi jouer au Loto et espérer gagner toutes les semaines tellement vous avez de la chance...
        Et demain, vous allez avoir tellement de succès avec votre bouquin tiré à 2000 exemplaires et placé à 500 dans les tiroirs des libraires que Zep sera jaloux...
        Non, désolé, le Père Noël n’existe pas !

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        • Répondu par LC le 24 novembre 2009 à  20:58 :

          Avec une logique pareille, vous perdez forcément de l’argent puisque vous ne pouvez pas financer votre travail. Et même si vous habitez encore chez vos parents, ils payent la nourriture, le lit, le toit et l’électricité. Et le matériel, vous faites comment ? Vous le volez ou on vous le donne ?

          Ce travail est financé par mon travail, rémunéré, dans la presse. Le dessin de presse payé à la pige laisse beaucoup de temps libre, autant l’employer à faire des livres qu’on a envie de faire plutôt que des produits pour supermarché. Quand au loyer, je n’en ai pas, je suis propriètaire de ma maison, et la nourriture et l’électricité, que je fasse ce livre ou pas, la dépense reste la même, quand au matériel, ça ne reste que du papier et de l’encre, rien de très cher, et il y a un abattement sur les revenus à déclarer pour les frais quand on est journaliste.

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          • Répondu par stéphane Créty le 24 novembre 2009 à  23:39 :

            être auteur est aussi un choix de vie ; Ce n’est pas sans quelques frissons que l’on quitte un métier aux revenus fixes et mensualisés pour plonger dans une activité sans (ou très peu..) de gilets de sauvetage....pas d’assedic, une couverture sociale qui vous coute un bras, la précarité inhérente et réitérée à chaque nouveau contrat,etc...mais ce choix de vie n’implique pas qu’il faille manger la charogne avec le sourire..
            Discuter de la nécessité d’un syndicat est vain...cette nécessité échappe juste aux rétifs à toutes actions collectives et à quelques badernes à qui le statut artiste exclue la notion même de groupe, que la faim inspire, que toutes tentatives d’union fleurent trop la fonctionnarisation socialisante...j’en connais, et des plus illustres...

            J’ai longtemps hésité, repoussé ma décision d’adhérer, mais les derniers avatars filippesque ont été un déclencheur...oui, je pense que la bataille des droits audiovisuelles ne touchent qu’une infime partie de la profession, et que des problèmes comme la rémunération des auteurs, le statut des coloristes et le plafonnage de leurs revenues, etc, devraient être pris immédiatement à bras le corps..mais quit à grogner, que cette grogne soit fertile et s’intègre à une réflexion générale.

            une ptite réflexion à propos de la surproduction...si les éditeurs payaient convenablement leurs auteurs, peut etre que ces derniers ne seraient pas dans l’obligation de cracher de la planche et de multiplier les projets pour grapiller un revenu plus ou moins convenable....

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            • Répondu le 25 novembre 2009 à  07:09 :

              Je partage vos analyses et celle sur la surproduction est une évidence. Il y a juste un truc que je ne partage pas avec vous, l’expression "choix de vie". Quelle horreur ! Il faut retirer sa de votre tête. C’est une expression toute faite entendue à la TV, à la radio et lue dans la presse. C’est pratique, vous placez ça dans une conversation et ça vous donne un air posé. C’est un peu comme "réapprendre à vivre" ou "le Président est venu au chevet de l’agriculture" ou "une affaire à suivre" ...

              Et qu’un éditeur accepte ou refuse votre manuscrit ou qu’un livre se vende ou pas, c’est un choix de vie aussi ou c’est le choix de vie des autres ? Avoir des choses à dire, s’exprimer, c’est un choix de vie ou une nécessité ?...

              Pour revenir a des choses plus sérieuses. Il est évident que la surproduction est liée aussi au prix peu élevé des ouvrages que les auteurs cèdent aux éditeurs. Cela a deux effets. Le premier est que si c’est pas cher pour un éditeur, pourquoi se priver et ne pas tenter. Dans le tas, il y aura bien un ouvrage qui remboursera les autres. Pour l’auteur, le livre terminé, il ne lui reste qu’à en faire un autre juste derrière pour survivre. Et plus il y a de livres sur le marché, plus il y a de choix pour les lecteurs. Et plus les choix sont diversifiés et plus il est difficile de défendre son livre. Cela divise les ventes. Le lectorat ne se multiplie pas par deux tous les ans. Et plus on avance, et plus ça s’accélère. Ainsi, ceux qui veulent s’en sortir s’ils ne font pas un best-seller, sont obligés de produire de plus en plus de livres pour maintenir leurs revenus.

              La contrepartie me direz-vous, c’est que plus d’œuvre sur le marché, c’est plus de chance à tous de pouvoir s’exprimer, plus de chance d’avoir des livres qui sortent du lot. Ben voyons !... La porte ouverte à la démagogie, oui ! Moi, je vois surtout plus de clones et de bouquins bâclés qui ne tiendront pas dix ans.

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              • Répondu par stephane crety le 25 novembre 2009 à  10:20 :

                je tiens à ce terme "choix de vie"...non par acceptation d’abus , mais parce que faire de la bd, ètre auteur implique un certain nombre de sacrifice, mais aussi, des avantages non négligeables...être auteur ne se restreint pas à dessiner des mickeys toute la journée, c’est accepter avec conscience les particularités de ce statut, prendre en compte l’environnement socio économique....je le répète, pas de retraite (ou si peu...), une couverture sociale lapidaire, pas de filet de sécurité..c’est de notre responsabilité de considérer ces apres versants de notre métier, non pas pour l’accepter comme une permanence infranchissable, mais comme une réalité actuelle.

                les avantages, ? travailler chez soi, voir grandir ses gosses, faire ce que l’on aime...mais ces dernières choses ne dissimulent pas les abus...je me souviens d’un éditeur, qui, dans le contexte d’une négociation contractuelle, prit comme argument pour minorer mes avances, le fait que je faisais un métier merveilleux(je veux, mais ca mon gars, ca ne te permet pas de me payer à grands coup de latte..).

                La fragilité est consubstantielle à ce statut.Cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas lutter pour la réduire.

                stéphane créty

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                • Répondu par stephane crety le 25 novembre 2009 à  12:15 :

                  En relisant les diverses interventions, j’ai été consterné par les tiraillements entre scénariste et dessinateur, du moins, de la part de deux intervenants( anonyme, c’est plus pratique...)..l’image de ragondin se disputant les miettes tombées de la table du maitre s’est imposée....cette recherche imbécile des limitations de l’origine de l’oeuvre, et des rémunérations subséquentes, est PITOYABLE, imbécile.et quid du coloriste dans cette jolie tambouille ? discussion absconde d’autant plus dans le contexte actuelle, ou la grande majorité des auteurs ne percoivent que les avances sur droit....nous comprennions que la réponse égotique ne convient qu’aux égocentriques...
                  Parce que la singularité, les petits arangements entre copains, sont le terreau de toutes les déviances de ce métier.Copinage, prévarication, népotisme, superficialité des liens.Les éditeurs jouent depuis longtemps sur cette tendance des auteurs à se vivre comme un archipel, en laissant dans le clair obscur ,avec la complicité des auteurs, les rémunérations individuelles, les clauses contractuelles présentées comme de privilèges, alors que le cadre juridique les y contraint.

                  cette prise de conscience de "classe", c’est l’unique justification du syndicat, parce , a contrario de ce que pense la société, le syndicat n’est pas un cabinet d’avocat à moindre cout ou à cout mutualisé...que l’on active de manière clientèliste lorsqu’on se trouve dans une situation scabreuse.. ;le syndicat, c’est la prise de conscience d’intérêt commun, convergent, et la volonté de suppluer la faiblesse indivuelle par la force d’action et de réflection.C’est autant se définir collectivement que vouloir être un contre poids .
                  mais bon, pour certains, collectif, groupe, communauté, c’est des gros mots...mais ceux là n’ont pas besoin de nous pour nourrir leur mysanthropie...

                  stéphane créty

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                  • Répondu le 25 novembre 2009 à  15:49 :

                    cette recherche imbécile des limitations de l’origine de l’oeuvre, et des rémunérations subséquentes, est PITOYABLE, imbécile.et quid du coloriste dans cette jolie tambouille ?

                    Pas si abscons et imbécile, l’histoire du partage des droits. Plutôt atypique dans le paysage actuel... La place des coloristes, il faut en parler aussi. Sinon, je ne vois pas comment on peut défendre sainement un SMIC pour une page de BD ou une augmentation des tarifs de base.

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                  • Répondu le 25 novembre 2009 à  15:57 :

                    Et puis, relisez votre commentaire. À propos du partage des droits, vous êtes plein de contradictions.

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          • Répondu le 25 novembre 2009 à  06:42 :

            Vous rémunérez votre travail par un autre travail. Vous trouvez que c’est un système sain et qu’il doit se démocratiser ? Après tout, si vous faites de la BD à côté de votre travail principal, la BD devient un hobby, un passe-temps, de l’amateurisme... et les éditeurs peuvent dormir tranquille. Non, si on fait des bandes dessinées, il faut se rémunérer avec ses bandes dessinées. Un dessin de presse, c’est plus rapide à faire qu’une page de Bourgeon. Votre arrangement fonctionne pour vous et le reste ne compte pas ?

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            • Répondu par LC le 25 novembre 2009 à  13:32 :

              Après tout, si vous faites de la BD à côté de votre travail principal, la BD devient un hobby, un passe-temps

              En est-il autrement en littérature ? Combien d’écrivains en France ne vivent que de l’écriture ? Très peu. La plupart ont un autre métier (souvent prof, ou journaliste), les chiffres de vente d’un roman ne permettent pas de vivre exclusivement de ses droits d’auteur. Faut-il pour autant arrêter d’écrire ? Combien de chefs d’oeuvre n’existeraient pas ? Mieux vaut des Delerm qui gagnent leur vie dans l’éducation nationale que des Marc Levy et des Romain Sardou qui pissent de la copie pour le club France Loisir, chacun ses goûts, je n’échangerais pas un bouquin de Matt Konture contre tous les Ric Hochet.

              Quand à l’amateurisme, je le place plus dans l’incompétence que dans le mode de rémunération. En quoi trois pages publiées dans un magazine de bd (et payées 1 500 euros)seraient plus ou moins amateures que 60 pages publiées dans un livre qui ne rapportera que 1000 euros à l’auteur. Le travail est le même.

              Un éditeur ne donnera pas plus à l’auteur que ce qu’il peut rapporter, sinon il risque de ne pas rester éditeur très longtemps. Je vois la relation auteur/éditeur comme un partenariat, pas comme un bras de fer permanent, et l’existence du syndicat est primordiale puisque certains éditeurs ne voient pas les choses comme ça.

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              • Répondu le 26 novembre 2009 à  18:56 :

                Je vois la relation auteur/éditeur comme un partenariat, pas comme un bras de fer permanent, et l’existence du syndicat est primordiale puisque certains éditeurs ne voient pas les choses comme ça.

                Donc, vous êtes plutôt pour un syndicat soft qui n’intervient que lorsqu’il y a un contentieux entre un auteur et un éditeur. Un médiateur...
                Pour ce qui est du partenariat, on pourrait aussi envisager que le rôle de l’éditeur pourrait se contenter d’être celui d’un sponsor, non ?
                Poussez plus loin votre réflexion parce que là, j’avoue que si je suis éditeur et que je vous lis, je me dis que vous êtes à croquer...

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                • Répondu par LC le 26 novembre 2009 à  21:06 :

                  j’avoue que si je suis éditeur et que je vous lis, je me dis que vous êtes à croquer...

                  Ce n’est pas du tout ce que se disent ceux que j’ai attaqué en justice et contre qui j’ai gagné...

                  (pourriez-vous signer vos commentaires, même d’initiales, histoire de pouvoir suivre les interventions)

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        • Répondu par LC le 24 novembre 2009 à  22:40 :

          PS : Et je ne suis pas un auteur gratuit, puisque mon avance sur droits équivaut aux droits d’auteur d’un tiers du tirage initial.

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          • Répondu le 25 novembre 2009 à  07:10 :

            ... Ben, négociez une avance qui correspond à la totalité du tirage initial et vous serez encore moins gratuit.

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            • Répondu par Oncle Francois le 26 novembre 2009 à  13:01 :

              Voila pour une fois un sujet sérieux. Mais désolé, je n’ai pas vraiment d’opinion sur la question. Il me semble toutefois que les auteurs qui font des albums en phase avec les goûts du public vivent mieux que ceux qui jouent aux artistes incompris, voire maudits. Vivre correctement de son travail ou s’amuser, telle est la question, et oui messieurs, et il faut choisir !

              Il me semble toutefois que ce dossier aborde le thême des tirages et des ventes chez les petits éditeurs. Il me semble que l’attachement nostalgique et rétrograde au support papier freine pas mal de choses. Ma foi, si j’étais un jeune auteur doué et ambitieux mais inconnu, si j’avais une bonne histoire toute faite dans mon carton à dessin, je ne perdrai pas mon temps à envoyer des photocopies aux éditeurs ou à quémander des RV aux directeurs de collection !! C’est la meilleure faço qu’on me pique mon concept astucieux, ou le style graphique que je me suis savamment fabriqué.

              Je scanne mes planches et je les mets en ligne gratuitement, je fais un peu de buzz autour, et comme mon travail ne peut être trouvé en librairie, les consultations explosent : 5 000, 10 000, 50 000 par mois ! Ensuite les journalistes commencent à s’intéresser à moi : actuaBD et bodoi m’interviewent, ce qui renforce ma notoriété. Je dédicace au festiblog de Paris, puis je sympathise avec Trondheim à un salon BD de province, et il me propose de me publier dans sa collection chez Delcourt, à moins que son copain Sfar ne me le propose chez Bayou de Gallimard. Et voila, le tour est joué. Seul bémol, il s’adapte surtout à l’humour. Le problème reste entier pour le dessin réaliste.

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              • Répondu le 26 novembre 2009 à  14:52 :

                Le blog c’est pour le zapping, les trucs courts, vite faits, qui se veulent drôles, pas pour des histoires plus ambitieuses qui nécessitent d’emmener le lecteur dans l’oeuvre, là le livre est irremplaçable.

                La lecture sur ordinateur est fatigante, on décroche vite.

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                • Répondu le 26 novembre 2009 à  18:46 :

                  La BD sur écrans. L’avenir de la BD ou pas ? Faut-il ne pas céder ses droits numériques ? Et si l’avenir de la BD numérique était plutôt le livre en papier ? Là encore, dans les combats que mène le SNAC sur la question des droits numériques, est-ce une priorité ou pas ?

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              • Répondu le 26 novembre 2009 à  18:29 :

                Ma foi, si j’étais un jeune auteur doué et ambitieux mais inconnu, si j’avais une bonne histoire toute faite dans mon carton à dessin, je ne perdrai pas mon temps à envoyer des photocopies aux éditeurs ou à quémander des RV aux directeurs de collection !! C’est la meilleure faço qu’on me pique mon concept astucieux, ou le style graphique que je me suis savamment fabriqué.

                Quelle drôle de vision des éditeurs. Les éditeurs sont toujours à l’affût de bons livres et de talents puisqu’ils ont besoin pour vivre. Ils ne piquent pas les bonnes idées et les styles graphiques. Si un jeune auteur arrive avec tous les talents dont vous parlez, il trouvera forcément un éditeur.

                C’est un mythe de croire qu’internet est LA nouvelle façon de faire découvrir des génies. Le phénomène très mode des blogs autobiographiques qui racontent leur nolife de tas d’adulescents n’est pas une révolution ou un apport incroyable... Tout le monde trouve ç acool parce que tout le monde pense et raconte la même chose. Tu parles d’un creuset d’idées neuves ! Et les blogs les plus célèbres sont pour la plupart ceux d’auteurs qui étaient déjà publiés ou qui perçaient déjà dans la pub.

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              • Répondu le 26 novembre 2009 à  18:33 :

                Seul bémol, il s’adapte surtout à l’humour. Le problème reste entier pour le dessin réaliste.

                Normal, la "potacherie" demande moins de sueur et l’autobiographie moins d’imagination que la fiction... Pour ce qui est du dessin réaliste ou du dessin-dessin (Franquin, c’est aussi travaillé qu’un dessin réaliste), il faut du temps, beaucoup de temps et donc, de l’argent plus d’argent pour faire.

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                • Répondu par LC le 26 novembre 2009 à  21:00 :

                  Pour ce qui est du dessin réaliste ou du dessin-dessin (Franquin, c’est aussi travaillé qu’un dessin réaliste)

                  Si Franquin c’est du "dessin-dessin" (?), qu’est-ce qu’un "dessin-non dessin" ?

                  En disant "c’est aussi travaillé que", vous sous-entendez que ça prend autant de temps à faire ? Parce que figurez-vous que souvent faire du dessin réaliste c’est plus facile et plus rapide, car on peut avoir recours à la photo pour les décors comme pour les personnages, il n’y a pas de transposition à faire comme c’est le cas dans le dessin non-réaliste (dessin "humoristique" c’est trop restrictif).

                  Ce n’est pas parce qu’un dessin semble plus travaillé, qu’il l’est ou qu’il a demandé plus de temps à faire.

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                  • Répondu le 27 novembre 2009 à  07:30 :

                    Un croquis. Un rough.
                    Par opposition, un dessin-dessin, ce sont des croquis, puis un crayonné poussé puis un encrage poussé. Voilà ce que je veux dire. C’est pas péjoratif. Il y a des croquis, des roughs enlevés absolument magnifiques. Ce n’est pas un jugement de valeur esthétique. C’est juste pour préciser que pour tel façon de travailler, il faut plus de temps que pour telle autre. Et il serait bon d’en tenir compte pour évaluer le prix à payer pour obtenir tel travail. Ne pas considérer que les courbes de ventes pour évaluer le prix d’une œuvre à produire. Histoire de diversifier la production... que la seule alternative ne reste pas ce que la Nouvelle BD a engendré. La Nouvelle BD a engendré une façon de faire des livres qui correspondaient à des possibilité économique...
                    La Culture a besoin d’argent. Si vous voulez pousser les choses plus loin, il faut de la cervelle, de l’imagination mais aussi de l’argent.

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                  • Répondu le 27 novembre 2009 à  08:02 :

                    Ce n’est pas parce qu’un dessin semble plus travaillé, qu’il l’est ou qu’il a demandé plus de temps à faire.

                    Ce n’est pas parce qu’une robe haute-couture a demandé plus de temps qu’il faut la payer au prix d’une robe H&M...
                    Le succès commercial du œuvre est-il l’unique paramètre à prendre en compte pour évaluer son coût de fabrication ? Je ne crois pas. Je peux très bien comprendre qu’un éditeur ne propose pas une avance importante a un auteur qui vend beaucoup et qu’inversement, il propose une avance conséquente a une œuvre longue et complexe à élaborer qui ne se vendra peut-être pas beaucoup mais qu’il est bien de faire exister. L’auteur à succès sera de toute façon très bien rémunéré par se ventes...

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  • les auteurs sont incorrigibles !
    27 novembre 2009 08:58

    Le Grill, Le Snac, L’Épicerie séquentielle ?

    ils ne pensent donc qu’à bouffer ?

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    • Répondu par xav le 27 novembre 2009 à  11:49 :

      Ils veulent manger les éditeurs tous crus ! Merci en tout cas aux auteurs anonymes qui ont lancer le débat. Vu toutes les réactions, il était temps de mettre des choses à plats...

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      • Répondu par Seb le 29 novembre 2009 à  10:55 :

        Auteurs anonymes, ce mot reviens très souvent, mais à moins de se nommer VanHamme, Druillet, Uderzo ou Bilal, la grande majorité ne doit pas avoir envie de se prendre une lettre recommandée genre : Comme vous êtes pas content, nous avons l’immense plaisir de vous permettre d’aller voir ailleurs si l’herbe est plus verte.

        Alors, c’est que mon avis, mais arrêtez de hurler sur l’anonymat des auteurs,
        faut les comprendre je crois

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  • Bonjour,
    Surpris par l’importance des réactions qui ont suivi mon billet d’humeur, je me permets ces quelques lignes. Avant tout, je suis retraité depuis trois ans et conseiller indépendant chez Glénat jusqu’en cette fin d’année. Ensuite, je serai totalement libre. Ceux qui me connaissent bien, particulièrement les auteurs, savent que je les ai toujours défendus. Si j’ai fait ce billet c’est que ce qui se passe aujourd’hui est grave pour l’avenir de la profession. Plus de la moitié des auteurs gagnent moins que le Smic, sans protection sociale sérieuse. Si je doute de l’action du syndicat c’est parce que j’ai connu le syndicat jadis conduit par Roland Garel qui avait obtenu carte de presse, congés payés, treizième mois, avantages fiscaux... pour les auteurs de BD. Je sais bien qu’il n’y a plus la presse mais ce n’est pas une raison pour se laisser tondre. Dans un mail sympathique à la suite de cette humeur Yann me disait sa désolation en voyant les auteurs riches se moquer de ce que peuvent connaître les plus faibles et les auteurs faibles baisser les bras. J’ai connu une époque où tout le monde se retroussait les manches et obtenait quelque chose. Aujourd’hui, chacun dans son coin laisse les éditeurs modifier les contrats... curieusement toujours en leur faveur. C’est triste...
    Enfin, sachez que mes propos visent autant les éditions Glénat que les autres. D’ailleurs, les éditeurs ne sont pas les seuls responsables de cette situation. Les auteurs eux aussi par leur résignation creusent leurs tombes plus sûrement que ne le feraient les éditeurs ;
    Battez-vous nom d’un schtroumpf !

    Henri Filippini

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    • Répondu par LC le 27 novembre 2009 à  23:40 :

      j’ai connu le syndicat jadis conduit par Roland Garel qui avait obtenu carte de presse, congés payés, treizième mois, avantages fiscaux... pour les auteurs de BD.

      J’ai connu Roland Garel il y a une vingtaine d’années et ses conseils m’ont permis de faire valoir mes droits aux prud’hommes, j’ai par la suite obtenu ma carte de presse et j’ai pu me faire payer comme salarié pigiste dans toutes les entreprises de presse où je publiais des dessins, des scénarios et des bandes dessinées (alors qu’ils préfèrent, en toute illégalité, payer les dessinateurs en droits d’auteurs), mais je n’ai jamais pu me faire payer en salaire lorsque je publiais dans le journal Spirou (situé en Belgique) et quand publiant dans Fluide Glacial (en France) j’ai demandé à être payé en salaire, ils m’ont simplement viré.

      La disparition de la presse de bande dessinée a effectivement rendu ce statut caduque, laissant les auteurs dans un vide juridique.

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    • Répondu par Xav le 28 novembre 2009 à  11:02 :

      Vous avez raison, mais c’est très difficile de se battre quand on travaille seul dans son coin et qu’on ne sait pas à quel son de cloche se vouer... On voit bien que la position des auteurs se dégrade jour après jour. Les éditeurs ne prennent plus de gant pour profiter de la situation. Mais que dire ? Que faire ? C’est déjà bien qu’un syndicat d’auteur existe mais il est clair qu’il manque encore de poids pour nous défendre sérieusement et se faire entendre de toute la profession. Je ne crois pas du tout aux "grands" auteurs qui défendent les plus faible en adhérent au syndicat. Il suffit de discuter à une table d’un festival pour connaître leur façon de voir les choses... Je crois plutôt à une forme de représentativité des auteurs passant par une majorité d’auteurs de "seconde" classe qui saurait se faire entendre. Mais la route est longue.............

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    • Répondu le 29 novembre 2009 à  08:30 :

      Votre (ex) patron, par exemple, Mr Filippini, est bien connu dans la profession pour être un procédurier total, sortant ses nombreux avocats plus vite que son ombre, les autres éditeurs, sans être aussi virulent ne sont par pour autant des soeurs de charité, loin de là,
      et pourtant vous dites : battez vous nom d’un chien ???? C’est bien risqué ???

      Seul un boycot complet des scénaristes et dessineux sur un Angoulème par exemple pourrait faire avancer les choses. Ainsi ont agit les intermittents du spectacle, dont je fais aussi partie, sur les festivals, , pour obtenir quelque chose.

      Une action du même genre ferait bouger les choses, avec un festival, complètement vide de sens, peut être que ça réagirait ;

      Ou alors la méthode Midam, marre des éditeurs, je roule pour moi now ;)

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