Marvel 14 : Les super-héros contre la censure !

11 janvier 2012 6 commentaires

Sortie en DVD le 28 février prochain du film documentaire « Marvel 14 : Les Super-héros contre la censure » réalisé par Philippe Roure et Jean Depelley.

Les super-héros Marvel sont apparus en France dans les années 1960, d’abord dans France Soir, puis dans le magazine Fantask des éditions LUG, interdit après sept numéros, aussitôt terrassé par la censure.

Mais cette interdiction donna naissance à deux nouveaux titres : Strange et Marvel. Ce dernier fut supprimé lui aussi après 13 numéros… et le Marvel 14 devint une légende, tandis que, pour survivre, Strange gouachait consciencieusement les images susceptibles de déplaire aux censeurs.

À travers cette revue mythique, le documentaire de Roure et Depelley revient sur la censure exercée à l’époque par une commission chargée de faire appliquer la loi du 16 juillet 1949 sur les publications destinées à la jeunesse.

Nous y entendons, entre autres choses passionnantes le témoignage de Jean-Yves Mitton, qui travaillait à l’époque pour les éditions Lug, nous expliquer comment ils retouchaient (et le plus souvent massacraient), au sein de l’atelier, les dessins de la Marvel pour les besoins de la censure française (voir les extraits dans la bande annonce). Édifiant !


Après avoir pas mal circulé en festival et être passé à la télévision (TV5 Monde), le film, qui remporta le Prix du documentaire et prix du jeune public au festival Festiv’art de Limoges en 2010, sort enfin en DVD le 28 février prochain.

Ce DVD comprend le documentaire de 52 minutes ainsi que sa version de 26 minutes, un entretien avec Claude Vistel (directrice de publication des éditions Lug), une interview des réalisateurs, etc.

À noter encore que le film sera projeté également lors du festival d’Angoulême (26-29 janvier 2012) les vendredi 27 à 17h, samedi 28 à 13h30 et dimanche 29 à 17h, en présence des réalisateurs.

Interview de Philippe Roure et Jean Depelley réalisé par Cinewebradio.com, mise en ligne le 15 novembre 2010

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À lire sur le même sujet, sur ActuaBD, une interview de Bernard Joubert.

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6 Messages :
  • Marvel 14 : Les super-héros contre la censure !
    11 janvier 2012 16:10, par Michel Dartay

    Le pire est que ce Marvel 14 existe, car des petits malins ont fait tourner leur imprimante-laser. Il s’agit d’une contre-façon réalisée sans aucune autorisation, ni française, ni américaine. Les numéros se vendent sous le comptoir de certaines officines peu scrupuleuses, et on en trouve parfois en vente sur ebay, à des prix totalement ridicules pour du faux (de 100 à 300 euros le fascicule de 80 pages). Pour info, ce Marvel 14 contient les deux épisodes de Fantastic Four (Kirby et Sinnot) repris plus tard par Lug dans l’album les Inhumains sont parmi nous, ainsi qu’un Spider-Man de Ditko repris dans Strange aprés la parution des Silver Surfer et quelques Doom/ Kazar d’Astonishing Tales. Seul inédit jusqu’ici, un Captain Marvel plutôt médiocre.Comicbox propose un article sur ce phénomène dans son dernier numéro.

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  • Il n’y a pas qu’envers la bd américaine que cette censure sévissait, le Spirou la Corne du rhinocèros fût expurgé de ses pistolets et autres revolvers pour la parution en album.

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    • Répondu par Francois Boudet le 12 janvier 2012 à  09:42 :

      Oui, la BD franco-belge également, et aussi la BD bien française comme par exemple "Poncho Libertas" de Marijac et Le Rallic, qui a subi ces outrages (dessins retouchés, avec des cadavres qui disparaissent mystérieusement de l’image, etc. - voir le lien)...

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  • Il n’y a pas que Les super-héros contre la censure !
    12 janvier 2012 08:29, par Alban Day-Sinnais

    Dans le même esprit, coté BD européenne, on peut citer pêle-mêle le fameux revolver de Billy The Kid bébé dans Lucky Luke ou les (més)aventures de Buck Danny obligé de laisser partir les avions qui viennent d’abattre un ailier pour ne pas passer au-dessus de la Corée du Nord ou encore la coutelas indien qui s’évapore des pages de Jerry Spring et l’inspecteur Crouton empêchant (un paradoxe, surement ! ) la publication des premiers Gil Jourdan. La liste est très loin d’être exhaustive.

    Tous victimes de la trop fameuse "loi du 16 juillet 1949 sur les publications destinées à la jeunesse" qui a usé beaucoup de gommes et obligé scénaristes et dessinateurs à devoir se justifier. Et elle continue à sévir.

    Il serait peut-être temps que le Législateur réagisse et constate que nous sommes en 2012 ?!

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  • Marvel 14 : Les super-héros contre la censure !
    12 janvier 2012 10:29, par Chuan Yu-Jun

    Un des producteurs du documentaire affirme que Joe Simon s’est fait volé son personnage par Timely. C’est faux. Au tout début des années 70s, le rusé Joe Simon a été plus rapide que Marvel à renouveler le copyright qui était arrivé à son terme. Joe Simon a ensuite négocié l’abandon des droits à la Marvel contre espèces sonnantes et trébuchantes. Il serait plus juste (et encore...) de dire que Joe Simon a volé le personnage à Jack Kirby (co-créateur) pour le revendre à la Marvel.
    (Source : The Jack Kirby Collector)

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    • Répondu par Jean Depelley le 29 février 2012 à  18:20 :

      En tant que réalisateur du doc et collaborateur régulier du Jack Kirby Collector, je souhaite donner quelques éclaircissements sur Captain America. Pour plus d’information, voir mes articles sur BDZoom…. Je ne serais pas si tranché sur la question. Tout dépend du point de vue.

      Selon Joe Simon, Captain America a été créé par lui tout seul (ce qui a été prouvé), alors qu’il travaillait en tant que directeur de publications free-lance pour Timely. Mais le patron de la maison d’édition ne respecte pas ses engagements financiers envers Simon et Kirby (25% d’intéressement aux profits générés par la revue). De plus, une fois sous les drapeaux, Simon s’aperçoit que Goodman a cédé les droits du personnage à Republic Pictures pour une adaptation en serial. Simon a donc un sérieux grief contre Goodman, À la fin de la période de 28 ans d’exploitation par Timely/Atlas/Marvel, les contenues des dix premiers numéros de la revue du personnage lui reviennent donc. Goodman a oublié de demander le renouvellement des droits et Simon le prend de vitesse. Il faut dire que le merchandising Marvel bat son plein et que Captain America se retrouve en dessin animé à la télévision…

      Jack Kirby est directeur artistique free-lance de Timely en 1940. Il a coréalisé avec Simon les 10 premiers n° de Captain America. En, 1966-67, il travaille à nouveau pour Goodman (toujours en free-lance) et a besoin de son salaire. Goodman lui présente la situation d’une façon faussée : son ex-camarade Joe Simon voudrait récupérer le personnage pour lui tout seul. Jack dessine à l’époque la série dans Tales of Suspense. Il risque de perdre des commandes et les intéressements aux profits de Marvel que Goodman lui promet (encore !) depuis 1961. Goodman propose aussi de lui donner la même somme que Simon touchera de Marvel au cours des négociations à venir… si Jack l’aide. Jack prend sottement le parti de Goodman contre Simon et signe un papier dans lequel il admet avoir travaillé en 1940 sous contrat (perdant ainsi le bénéfice des copyrights de Captain America, avec son statut free-lance).

      Des négociations sont trouvées entre Simon et Goodman et Simon finit par signer le même papier que Jack contre la somme de 7500 dollars (qui ne lui seront jamais complètement versés). Jack apprend la chose incidemment en novembre 1969, mais ne touchera jamais rien de Goodman !

      Dire que Simon a volé Kirby est donc très discutable… Les deux hommes ont toujours tout partagé à 50%. Je dirais plutôt que Goodman a bien berné tout le monde…

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