Mort du dessinateur PIEM

12 novembre 2020 0 commentaire

DISPARITION. Plus connu sous le pseudonyme PIEM, Pierre de Barrigue de Montvallon est décédé ce jeudi 12 novembre, jour de son anniversaire, à l’âge de quatre-vingt-dix-sept ans.

Ce journaliste et dessinateur de presse a successivement collaboré, dès 1947, à de multiples publications parmi lesquels Témoignage Chrétien, La Croix ou le Figaro. Il travailla également pour l’hebdomadaire Le Point mais aussi pour de nombreux titres régionaux. Ses dessins ont fait l’objet de plusieurs recueils.

Mais il se fait connaître du grand public en participant aux émissions télévisées Le Petit Rapporteur et La Lorgnette animées par Jacques Martin au milieu des années 1970. Piem usait d’un humour pince sans rire, flirtant parfois avec le non-sens ou l’absurde, faussement naïf du point de vue graphique mais sincèrement engagé contre la bêtise et la médiocrité.

Mort du dessinateur PIEM
Piem, entre Chaval et Siné.
© Piem
Piem en 2016.
Photo : D. Pasamonik (L’Agence BD)

Retiré en Touraine, le dessinateur avait fait l’objet en 2016 d’une grande exposition rétrospective lors du festival BDBoum.

« J’étais socialiste et je dessinais dans "Le Figaro", c’était une autre époque ! » nous racontait-il lorsque nous l"avons rencontré lors de son exposition rétrospective au Festival BD Boum à Blois en 2016. Mes batailles avec [le dessinateur-vedette de la maison] Jacques Faizant n’avaient pas d’importance. Il était chiant et croyait dans ce qu’il faisait. Chaval, Bellus,... c’étaient des bons dessinateurs. Ils pratiquaient la discipline du dessin sans parole ! Ma passion à moi, c’était l’humour anglais : Jérôme K. Jérôme, etc. Pour les gens de Charlie Hebdo, j’étais classé : nous étions des dessinateurs bourgeois ! En réalité, je ne me suis jamais considéré comme un dessinateur. Quand j’ai eu le plaisir à monter sur les planches dans des émissions comme "Le Petit Rapporteur" avec Jacques Martin, cela a été pour moi un vrai bonheur. L’humour est une pirouette qui permet de faire passer des choses très graves plus facilement. Je ne sais pas s’il sert à débroussailler le malheur, mais il peut parler de la vie, de la mort, de l’espérance... S’il se contente de dire "untel est un con", c’est dérisoire. L’humour facile est une trahison qui me met mal à l’aise. Cabu est entré dans l’humour de manière humaine. C’était un vrai personnage tout en étant un vrai dessinateur. »

Peu après le massacre de la rédaction de Charlie Hebdo et l’assassinat de Cabu, ce dessinateur qui avait commencé dans le métier en travaillant pour Témoignage chrétien alors que c’était encore une feuille clandestine de la Résistance se rassurait en se disant que ces événements terribles avaient au final « redonné du sérieux à l’humour. » [1]

PG + DP

Piem, Jacques Martin et Daniel Prévost

[1Propos recueillis par Didier Pasamonik.

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