P’tit Boule & Bill : Une qualité inégale

1er novembre 2011 13 commentaires

Cela a du sens de cherche à « chaîner » une série pour la jeunesse comme Boule & Bill, Titeuf, Cédric ou les Schtroumpfs avec des produits pour primo-lecteurs car, pour lire leurs aventures dans la version classique inventée par leurs auteurs respectifs, il faut déjà être un bon lecteur et appréhender les subtilités de la langue comme de l’humour.

Or, nos petites têtes blondes ont accès à l’univers de ces personnages dès l’âge de trois ans grâce à la télévision avec, à la clé, des audiences considérables. C’est pourquoi il est bienvenu de créer des supports de lecture qui vont les amener progressivement à découvrir les albums de bande dessinée.

Encore faut-il que ce soit réussi. Cette nouvelle collection P’tit Boule & Bill est un bon exemple des errements de cette démarche. Conçu pour les petits (cartonnage solide, papier quasi « indéchirable »,…), cette collection dessinée par Jose Luis Munuera sur des textes de Laurence Gillot entreprend de « cartooniser » l’univers de Jean Roba. Pourquoi pas, si l’on s’inscrit dans la logique évoquée ci-dessus, prolonger sur le papier une sorte d’esthétique de télévision ?

Sauf qu’elle est irrémédiablement laide et que la pauvreté de l’animation causée par le manque de budget se trouve reproduite ici sans aucune justification. Dans les années soixante, la collection Carrousel chez Dupuis dirigée par Will, avec des illustrateurs comme Matagne, arrivait à mêler de splendides gouaches avec les univers de bande dessinée sans que le créateur d’origine, souvent associé au projet, ne se sente insulté.

On se demande ici pourquoi Laurent Verron qui a excellemment repris la série régulière n’a pas été sollicité pour cette aventure. On y aurait gagné car le dessin de Munuera est ici aussi approximatif que celui d’un intervalliste coréen.

Certes, il y a une différence de qualité entre le premier et le deuxième volume, bien plus respectueux, mais quand même, il serait indiqué que Verron mette sa patte sur les suivants (en crayonnant les personnages par exemple) pour éviter que la laideur d’une animation au rabais ne s’installe dans nos librairies.

DP

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P'tit Boule & Bill : Une qualité inégale

(C) Dargaud

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13 Messages :
  • Bonjour,

    Incroyable article ! Si je vous suis, ce qui n’est pas évident tant vous mélanger à longueur de phrases le dessin animé et le livre en question, le dessin de Munuera est donc “irrémédiablement laid” et reproduit “la pauvreté de l’animation” des dessins animés. Ceci dit sans aucune justification si ce n’est le j’aime/j’aime pas qui vous est propre. Il est dommage que sur un site qui se veuille autre chose qu’un blog vous ne vous donniez pas la peine de proposer une critique. Peut-être est-ce “par le manque de budget“ que vous pointez.

    Vous vous référez également à une époque où ce genre de livre était réalisé “sans que le créateur d’origine, souvent associé au projet, ne se sente insulté”. Je suis en admiration devant votre talent journalistique qui vous a donc permis de recueillir l’appréciation de monsieur Jean Roba. Jean Roba vous aurait d’ailleurs révélé qu’il se sent insulté par cette reprise de ses personnages. Outre le côté amusant et ubuesque de votre diatribe, vous pourriez tout de même respecter les personnes et leurs opinions bien que celles-vi ne soient plus en vie. Et oui, même en ce 1er novembre (vous l’avez exprès !), attribuer une pensée fausse (puisque par nature inconnue) à une personne est un procédé inacceptable qui renvoi l’amusement à ses pénates.

    Et quid du scénario ? Car n’oublions pas que vous parlez là d’un livre avec une histoire, une narration, une… vous savez, ce que beaucoup d’auteurs et de lecteurs estiment être le principal. A preuve du contraire, ça ne l’est pas pour vous, ça n’a pas même l’heure d’une ligne dans votre article.

    J’aurais voulu vous dire à quel point ces deux albums m’ont attendri. A quel point je les ai apprécié. A quel point la tendresse qui se dégage de chaque dessin, l’amour familial qui se lit entre les personnages (chien compris), la beauté simple des histoires m’ont touché, me faisant fantasmer une enfance que je n’ai pas eue.
    J’aurais voulu vous rétorquer par une analyse de ces albums. Mais la réaction à votre texte a asséché mon envie, il n’y a plus que regret de l’avoir lu. Il a pourri le petit plaisir que j’ai eu en découvrant ces deux albums. Je vais donc les lire, à nouveau, pour retrouver cette sensation et oublier celle procurée par votre lecture.

    Je me souviens d’une phrase de Jean Roba, “Boule et Bill, c’est comme un album de photos de famille : on n’y range que du bonheur.” C’est ce que j’ai retrouvé, personnellement dans ces deux albums.

    Alexandre

    PS : Votre remarque sur les intervallistes coréens est certainement la plus savoureuse de votre article. Vous pointez, quelques lignes plus haut, les budgets des dessins animés. Les budgets expliquent un mauvais dessins animés, la nationalité coréenne un mauvais talent ? Je ne vous taxe pas ici de racisme, ce serait un raccourci par trop facile, ou peut-être de racisme ordinaire, celui qui naît non pas par volonté mais par paresse, paresse de penser, j’oserais même ici un néologisme, “l’auto-populisme”. Vous me direz ce post-scriptum facile et peu fondé, je ne m’en cacherais pas, il comporte beaucoup de mauvaise foi quant à l’interprétation que je fais de vos mots.

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    • Répondu par Kev le 1er novembre 2011 à  14:51 :

      Pour voir du racisme dans la remarque sur les intervallistes coréens, il faut être bien con.
      (C’est vrai que ces dessins sont bien pourris)

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  • P’tit Boule & Bill : Une qualité inégale
    1er novembre 2011 10:30, par Giaccomo

    Je ne connais pas ces livres, je ne peux pas juger sur leurs qualités.

    Mais en lisant juste l’article, je vois des dessins ravissants (désolé, le vocabulaire n’est pas mon fort, c’est tout ce qui me vient).
    Certes ce n’est pas du Roba, mais qualifier ces dessins "aussi approximatifs que ceux d’un intervaliste corréen" me semble un peu fort (et je ne connaissait pas cette nouvelle comparaison, peut être que ceux-ci apprécieront).

    Je trouve étrange cette éxigence dans une qualité graphique. Même si ce n’est pas comparable, car destinée à un autre public, je n’ai pas vu dans la dernière interview de Matthieu Sapin, de critique de ce genre à propos de son travail.
    Je croyais que Matthieu Sapin avait une vingtaine d’années.
    On aurait pu dire par exemple, que Monsieur Sapin dessine comme un étudiant en prépa d’école d’art, à qui il serait difficile d’accéder en première année si il ne fournissait pas un peu plus d’effort.

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    • Répondu par lebon le 1er novembre 2011 à  14:27 :

      Sapin ou Munuera même combat, l’industrie de la bande dessinée produit 95% de choses pas vraiment essentielles en paquet de douze, du rien à emporter ou à manger sur place, du divertissement vide a collectionner sur votre Ipad, de l’ennui quoi. Vive Hergé ! Vive Martin ! Vive Jacobs ! Vive Franquin ! Vive Chaland ! Vive Blutch ! Vive Tardi ! (et encore bien d’autres), cure de tout ça, matin, midi et soir, il fait beau aujourd’hui.

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      • Répondu par Sergio Salma le 1er novembre 2011 à  23:05 :

        Salut Lebon. Vous commencez à échauffer tout le monde avec vos sentences méchantes. Vous savez quoi ? Je ne vais pas polémiquer. Je vais même vous dire que vous avez raison. 95 % . Oui c’est à peu près ça. Je ne sais pas quel âge vous avez mais quel qu’il soit c’est dramatique. Non pas d’avoir les idées que vous avez mais de penser à diffuser ce genre de message désespéré sans comprendre que c’est sur vous -même que vous geignez. Sur votre existence qui vous réjouit si peu. Car il vous faut des maîtres et des génies pour vous sentir vivre. Comme vous devez trouver la vie morne . Vous aspirez sans doute à un grand destin, ou peut-être regardez-vous, l’oeil glauque ,dans votre rétroviseur. Vous êtes jeune et c’est pitié de penser comme ça mais ça vous passera ( probablement ). Vous êtes vieux et votre cerveau se rabougrit, gris et triste d’avoir raté en grande partie votre parcours. Vous êtes un demi-vieux, comme un vulgaire fromage et c’est encore plus pathétique . Offrir votre signature (déguisée de surcroît) juste pour signaler la médiocrité. Vous avez le fantastique loisir de pouvoir vous répandre et vous le faites dans le seul souci de vous attirer l’antipathie. Ou de montrer votre perspicacité parce que voyez-vous, il faut détruire pour exister. On vous a fait croire à cette bêtise , votre cerveau adolescent jubile de ce plaisir iconoclaste. Sauf que vous ne cassez rien, vous ne faites que dire la banalité suprême. Vous vous agenouillez devant les talents incontestés et vous vous acharnez sur des personnes qui se débrouillent, qui se dépatouillent dans la vie de tous les jours. Vous êtes un misérable parce que votre attitude est non seulement blessante mais elle relève surtout d’une incompréhension totale de votre statut de lecteur, de spectateur. Vous pensez avoir un pouvoir ( en glorifiant ou en incendiant) vous ne faites que considérer vos frères comme des imbéciles. En ça, un jour, ça se retournera contre vous ; car vous vous morfondez à ainsi étaler votre veulerie et votre cruauté. On vous imagine une espèce de demi-sourire carnassier, pensant comme l’imbécile qui raie une carrosserie qu’il accomplit là un acte majeur de rébellion. Au contraire, vous signez votre stupidité en théorisant dans le vide. Les 5 % dont vous parlez ont en horreur votre comportement. Et les gens dont vous vous réclamez sont votre exact contraire. Des gens humbles, discrets et surtout aimables. Vous pensez avoir compris des choses, un tel message ironique et de haine déguisée ne vous donne que l’aspect d’un enfant martyrisé . On aurait presque envie de vous plaindre et puis on se dit que l’insupportable pensée qui vous meut est une insulte à toutes nos petites vies où on essaie de s’en tirer. Que l’on soit artiste ou boulanger, terrassier ou poseur de tuiles, on ne mérite pas vos petits crachats perfides et vos piques débiles. Sur d’autres sujets, vos jugements faisaient mal. Vous dites et écrivez ce qui vous passe par la tête sans pudeur aucune. Elle est là, étalée, votre manière de vous défendre dans la vie. Dans votre jugement à propos de dessins, de bandes dessinées ou toutes ces choses aussi futiles qu’indispensables, vous mêlez votre goût et votre dégoût. Vous pouvez provoquer la mort et la tristesse le savez-vous ? Vous avez beau siffler qu’il fait beau aujourd’hui, vous êtes d’humeur noire. 95 % des choses qui nous entourent sont dispensables ?! Non. 100% des choses qui nous entourent sont dispensables. Pauvre pomme.

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        • Répondu par lebon le 2 novembre 2011 à  10:56 :

          Monsieur Salma, calmez-vous un peu s’il vous plaît, ne perdez pas votre sang froid, rédigé dans ces conditions vos propos n’ont aucune importance. Vous n’êtes le juge de personne ici, et je voudrais vous dire que votre avis m’intéresse toujours, bon c’est vrai vous n’avez pas l’art de la synthèse, quand il faut vous lire, on fait du café, on décroche le téléphone, et bien faire cet effort ne me dérange pas.
          J’espère qu’en tant que membre de la rédaction, vous allez me permettre d’intervenir sans censure (je me soumets juste à l’appréciation du modérateur) et qu’en homme libre, vous ne ferez rien qui m’empêche d’exprimer mes idées différentes des votres ou carrément opposées, mais aussi parfois parallèles. Je souhaiterais vous dire que nous ne sommes plus dans l’époque de la BD de papa hélas, mais dans une ére de médiocrité culturelle toutes catégories dont l’art de la BD à, à souffrir aussi. Je choisis de résister, de dire ce que je pense et y en a marre de patauger dans cette polution !
          Dans "pour en finir avec le cinéma" de Blutch, il y a cette phrase, dans le passage sur Michel Piccoli, "il ne guette pas le suffrage des autres" et bien vous voyez Monsieur Salma, c’est quand on ne cherche pas ou plus à plaire aux autres qu’on sait qu’on est libre. Dans les vrais bons livres il y a toutes les clés, tous les carburants, toutes les réponses, c’est là, à portée de main et ça ne coûte pas cher mais c’est précieux, ça balaye toutes les imbécilités du monde.

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      • Répondu par Blancou le 2 novembre 2011 à  10:15 :

        Où est l’intérêt de parler de votre Panthéon de la bande dessinée en réponse à une critique sur un ouvrage consacré à Boule et Bill ?

        Quelle pertinence y a t-il à parler ici de Matthieu Sapin qui ne doit représenter qu’un pourcentage bien faible de votre tranche de quatre-vingt-quinze ?

        Que l’on publie des titres qui ne soient "pas vraiment essentiels" mérite t-il de casser leurs auteurs dès qu’une petite tribune vous est offerte ?

        José Luis Munuera a t-il vraiment la prétention que vous semblez lui accorder ?

        Tardi et Blutch (pour ne reprendre de votre liste que les auteurs vivant) aimeraient-ils être associés à votre commentaire inutile et haineux ?

        Et enfin, avez-vous lu ce nouveau titre de P’tit Boule et Bill ?

        Vous aurez certainement l’intelligence de comprendre que vos réponses ne m’intéressent pas, j’espère seulement que vous trouverez réponse pour vous-même.

        La seule question de mon coté est : pourquoi avoir perdu mon temps à réagir à ce que vous avez écrit ?

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  • Il y a une chose qui me surprend, pour une fois qu’il est possible d’avoir des images sur ActuaBD qui ne se réduisent pas aux dimensions d’un timbre poste c’est dans une critique qui nous dit combien ils sont mauvais. Ca me semble un peu paradoxal. Ceci-dit cela permet aussi d’aller dans votre sens.

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    • Répondu le 1er novembre 2011 à  14:53 :

      Ca me semble un peu paradoxal

      Au contraire c’est pour montrer le bien fondé de cette critique.

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  • P’tit Boule & Bill : Ecouteeez !
    1er novembre 2011 21:13, par Oncle Francois

    Ici, il s’agit d’initier les petits jeunes à la lecture de Boule et Bill, rien de plus ! Monsieur Verron est peut-être excellent dans la prolongation de la série initiale, mais il n’avait peut-être pas envie de faire des livres pour les jeunots. Donc il n’y a rien qui me choque dans cette tentative, sachant que je n’en serai de toute façon pas client ! Les aquarelles de Munuera sont plutôt jolies, laissez-lui une chance de réussir ! Le propos de l’éditeur n’est clairement pas de faire comme avec le Petit Spirou (plutôt déluré et insolent), mais de proposer un point d’entrée sympa aux juvéniles, histoire d’en faire ensuite des habitués de la série. Pourquoi pas ?

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  • je confirme : on a plus l’impression de lire ici un jugement personnel à l’emporte pièce sur une œuvre (qu’on ne peut juger que par les dessins ci-dessus) qu’une critique raisonée sur des albums à paraitre.
    Coté arguments du rédacteur : ’j’aime pas’, ’ça fait cartoon coréen’... > "c’est un peu court, jeune homme"

    quant au talent de Munuera, il "est une évidence" et "son succès lui tient lieu de plébicite" (je reprend en cela un argumentaire avancé Didier Pasamonik au sujet de Joan Sfarr !)

    Pour mémoire ce sont des albums destinés à des jeunes enfants donc un graphisme plus coloré et un trait plus rond

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  • P’tit Boule & Bill : Une qualité inégale
    14 novembre 2011 19:03, par Gil42

    N’importe qui peut faire des albums comme ceux-ci.
    Il suffit de bien dessiner et d’avoir une petite histoire à raconter des plus banal.
    D’ailleurs il n’était pas nécessaire de prendre Boule et Bill comme personnages.
    Mais il est vrai que c’est plus porteur qu’avec des noms inconnus.

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  • Je ne crois pas avoir vu l’info ici, il y a un film adapté de Boule et Bill qui va sortir, avec Marina Foïs dans le rôle de la mère (c’est par un interview de l’actrice sur France5 dans Avis de sortie qu’on apprend ça).

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