Pompéi - Par Frank Santoro (trad. Fanny Soubiran) - çà et là

14 février 2014 15 commentaires

Un peintre amoureux entre deux femmes, un apprenti frustré mais admiratif, un volcan qui tremble... Pompéi est bien le drame annoncé, avec d’un côté une trame ô combien classique - judicieux pour une intrigue située en l’an 79 après J.C.- et de l’autre la fameuse éruption qui allait engloutir la ville romaine sous des amas de cendre.

Les éditions ça et là ont déjà défendu [1]ce graphisme austère, à la limite de l’inachevé. Leur catalogue compte nombre d’œuvres similaires. Santoro oblige de fait le lecteur à inventer l’histoire sur le plan de la forme. Mais qu’on ne s’y méprenne pas : nulle manque de technique ici, comme en témoignent certaines expressions parfaitement rendues. Dans cette recherche de l’épure, du cœur des passions humaines et du courroux de la nature, l’auteur va perdre du monde en route. D’autres pourront y trouver une forme de profondeur, voire un hommage aux grands anciens de l’antiquité. Pour ma part, la balance penche plutôt vers la première hypothèse.

DT

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Pompéi - Par Frank Santoro (trad. Fanny Soubiran) - çà et là
© éditions ça et là 2014

[1Brigitte et la perle cachée, B+F, Sept saisons pour ne parler que des parutions récentes

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15 Messages :
  • Pour être épuré c’est épuré.
    Tellement épuré que l’on peut se demander si c’est un choix artistique de l’auteur où tout simplement pour finir au plus vite son histoire.
    Puisque c’est épuré, jugeons ce qui reste. Pour ma part je trouve ça enfantin et pas fini. Quand aux dialogues que j’ai pu feuilleter ils sont tout à fait mièvre et inintéressant.
    Pompéi a fait l’objet de bandes dessinées bien plus belles.
    Vous me direz que la fin de Pompéi n’est que contexte. D’accord ? Mais contexte à quoi ? Quelle histoire ?

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  • C’est fou le nombre d’auteurs qui ne savent pas dessiner mais qui dessinent quand même.

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    • Répondu par Sergio SALMA le 16 février 2014 à  12:02 :

      C’est fou le nombre de gens incultes, déphasés et violents qui ne devraient pas commenter et qui commentent.

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      • Répondu par Bob le 16 février 2014 à  16:09 :

        Il me semble qu’exprimer une sévère critique envers un livre n’est pas forcément violent et encore moins une preuve d’inculture. Je ne commente que ce que je lis et qui éventuellement me donne envie de réagir en positif ou en agacement. Pour ce qui est du présent volume je l’ai feuilleté en librairie, il se lit d’ailleurs extrêmement vite et en un petit quart d’heure j’en ai lu bien plus que la moitié. Ce genre de dessin ne m’attire pas à priori et à posteriori non plus. Je ne pense pas faire preuve d’inculture ou de manque de curiosité dans ma démarche.
        Si j’exprime une critique négative envers ce livre c’est parce qu’il ne m’a pas plu. De plus il ressemble à une branche de la bande dessinée que je vois de plus en plus avec des dessins épurés, pas de très bonne qualité et qui donnent des pages et des pages non colorées (et je n’ai rien contre le noir et blanc au contraire) et qui semblent inachevées. Ma critique est une forme d’agacement contre cette bande dessinée simpliste, qui se targue souvent d’être intimiste et qui et souvent peu inspirée.
        Quand je pense à des scénaristes qui réfléchissent à tout un découpage pour densifier leur récit, tenir en haleine le lecteur, voir quels éléments placer et les distiller au bon endroit et qu’en face je vois dans ce "Pompéi", une page où un personnage propose à une femme du vin, je trouve que certains devraient s’exercer à l’exercice du 46 pages, juste pour montrer qu’on a pas besoin d’utiliser autant de papier pour mettre en scène des choses banales.
        Après je suis ouvert toute forme de récit et je trouve notamment dans la collection Ecriture de Casterman des récits épurés de grande valeur.
        Quand au contexte romain de Pompéi il ne sert à rien ici. Quitte à nous faire voyager dans une autre époque autant nous y mettre carrément avec du décors.
        Quand je vois ce que Philippe Delaby pour l’époque Romaine arrivait à faire avec application et temps, cela à côté ressemble presque à du foutage de gueule.

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        • Répondu par Alex le 16 février 2014 à  23:09 :

          Mais non, vous avez beau vous tortiller comme un ver on n’échappe pas à ce que ces commentaires sortent des plus profonds marécages de la psyché. Ils sont intolérants, car ils ne commencent par un "Moi, je trouve que..." -ou similaire. Ils sont abscons : des dessinateurs qui ne savent pas dessiner (sic !), des "auteurs" -je vous cite- qui se foutent de la gueule du monde (re-sic). Tout ça est bien flou et teinté de préjugés propres à la personne qui les a émis. Votre opinion est importante, mais elle doit être relativisée par rapport à ce que d’autres gens connaissent d’une réalité et d’un dynamisme qui se situent bien loin de votre perception et de vos lectures. Vous n’êtes le porte-parole de personne d’autre que vous-même, même si votre message est publié.

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          • Répondu par Oncle Francois le 17 février 2014 à  12:42 :

            Il ne vous aura pas échappé, cher Alex, qu’un film américain du même nom sort très bientôt en France. Opportunisme de l’éditeur, ou plutot du traducteur, donc ? J’ai vu ce weekend la bande-annonce, c’est absolument bluffant de réalisme, et le spectateur se retrouve immergé dans l’Antiquité, grâce à des effets spéciaux réussis. C’est ce Pompéi-là que je vais encourager par l’assentiment de mon porte-monnaie.

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            • Répondu par Alex le 18 février 2014 à  02:17 :

              Allons Tonton, de quel opportunisme parlez-vous ? Même si ce livre a été réalisé certainement dans une période brêve les temps de fabrication et de mise en place font que les deux créations ne peuvent être connectées, vous devriez le savoir. J’ajoute, je suis loin d’être un fan de Santoro -dans un mail qui apparaitra peut-être après la rédaction de celui-ci je parle de ses "disciples", qui me semblent plus intéressants ou plus en "phase". Ceci dit, j’irai certainement voir aussi le "Pompéi" hollywoodien. Comme vous j’ai un faible pour ces indulgences coupables et ces régressions mentales, en toute sincérité.

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          • Répondu par Bob le 17 février 2014 à  19:01 :

            Mais libre à vous d’aimer ce genre d’œuvre cher Alex, quand à moi, elle n’a pas convaincu mon porte monnaie de s’ouvrir.
            Quand à ma psyché elle se porte bien et de temps à autre elle exprime de l’admiration comme parfois du rejet envers certaines oeuvres. C’est ainsi qu’on se construit en étant plus ou moins sensible à certaines choses. Quand à la relativisation de mon opinion, rien ne vous empêche de ne pas le lire et de passer votre chemin.
            Sinon méfiez vous de vos sic sic ils ont tendance à ne pas être fidèles aux propos de leur auteur.
            Cordialement.

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            • Répondu par Alex le 18 février 2014 à  02:00 :

              Pour les "sic" vous avez parfaitement raison -pardon. Je vous conseille toutefois de rester ouvert, d’élargir vos vues. Santoro est fédérateur et formateur -vous l’ignorez peut-être... Il y a toute une école d’auteurs qui travaillent dans sa ligne (l’école australienne notamment). Avec l’incroyable Simon Hanselmann comme disciple numéro 1 et fer de lance. Ce que je veux dire en résumé c’est qu’une demi-ligne d’avis du consommateur que vous êtes ne font de vous ni un expert ni un juge- une fois encore, je vous aurais laissé tranquille si vous aviez écrit : "JE n’ai pas aimé ce livre". Et c’est bien entendu une opinion totalement valable. Ce qui m’a fait réagir sur votre message très peu intéressant c’est la déconnection notable avec la création contemporaine et l’avis au couperet émis néanmoins avec la belle certitude d’un Bouvard ou Pécuchet.

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              • Répondu par Bob le 18 février 2014 à  09:05 :

                Si vous citez "Bouvard et Pécuchet", alors je vous laisse le mot de la fin. Vous comprendrez sûrement ce trait d’humour littéraire. Et à l’avenir, passez votre chemin au lieu de perdre du temps à réagir à un message "très peu intéressant" monsieur Alex Talon.

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                • Répondu par Alex le 18 février 2014 à  23:44 :

                  Le mot de la fin vous me l’offrez majestueusement mais il était facile à prendre : dès votre première intervention il n’y avait pas de suite envisagée de votre part dans la réflexion. Fin également pour moi de cet conversation inutile, je vous l’accorde.

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                  • Répondu par Sergio Salma le 23 février 2014 à  01:12 :

                    Cette réaction première et épidermique" j’ai pas aimé cet album léger >ça me fait penser à toute une école graphique pauvre > ces non-dessinateurs se foutent de ma gueule> comparé à certains c’est vraiment des nuls" me rappelle les commentaires de mon cher papa qui quand il voyait un film de cow-boys à la télé commentait en souriant : " Tss, ces Américains..."

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                    • Répondu le 24 février 2014 à  11:54 :

                      Je ne connais pas la signification du "Tss Tss" de votre papa, mais c’est vrai qu’il y en a eu un sacré paquet de mauvais western.

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                  • Répondu le 24 février 2014 à  11:53 :

                    "Majestueusement". L’autre se moque de vous je crois, "Bouvard et Pécuchet" est un roman inachevé de Flaubert :)
                    Lu ce weekend Pompéi de Santoro et pour seul commentaire je dirai qu’il n’y a pas lieu à toute cette polémique. Les rares décors accompagne un récit bien terne.

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  • Adeptes de Cecil B. DeMille, passez votre chemin ; amateurs de Wim Wenders, par ici :

    Dans ce que j’ai lu de plus émouvant en BD en 2013, il y avait des choses comme Dans un recoin de ce monde (de Fumiyo Kouno), Goggles (de Tetsuya Toyoda), Le Détective triste (de Jason), et ce Pompeii (sic, en V.O.).

    C’est vrai que sur les trente premières pages, avant d’entrer dans l’histoire, le style graphique peut sembler gênant : le sentiment de lire une ébauche, ou le découpage d’un projet de film. Mais justement, à la longue, le lecteur imagine le reste, comme au théâtre, ce qui amplifie les émotions. (Un aspect revendiqué par l’auteur avec le rideau qui se referme sur les planches, en dernière page de cette tragédie.)

    Peut-être qu’il faut avoir été à Pompéi, ou avoir vu un bon documentaire dessus, pour avoir tout le contexte de la fin du livre : quand on a retrouvé la ville, on a coulé du plâtre dans les cendres durcies, ce qui a dégagé des statues ayant la forme des victimes, exposées depuis au musée ; on y trouve, entre autres, un jeune couple allongé sur le côté, imbriqués comme des petites cuillères, enlacés dans la mort.

    Il faut absolument apprécier ses trente dernières pages pour comprendre la force de ce livre, elles sont le but et le cœur de l’histoire : ce jeune couple qui n’aura plus que quelques heures pour s’inventer une vie entière à travers quelques images, avant de mourir et de renaître de leurs cendres dans un musée. Comment ne pas se souvenir de Bobin :

    « Je pense à ces animaux fossiles qui sont dedans la terre, à ces cerfs fossiles que parfois l’on exhume, à cette empreinte minutieuse de leurs os dans les pierres. Pris dans le mouvement où la mort les a chevauchés. Ils courent depuis des siècles. Depuis des siècles. Immobiles. Ce serait là une assez juste image de l’écriture. »

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