Pour Tardi, c’est reparti comme en 14 !

30 août 2008 6 commentaires

Comme promis, Tardi commémore à sa façon les 90 ans de la fin de la Grande Guerre avec un nouvel album sur ce sujet. En attendant sa sortie, il le prépublie dans un journal spécialement dédié, ainsi qu’il l’avait entrepris pour le Secret de l’étrangleur, et le dernier Adèle Blanc-Sec.

Après des albums-phare tels que C’était la guerre des tranchées, Trou d’obus, ou encore Varlot Soldat, Tardi s’est imposé comme le dessinateur de cette sombre période de notre histoire.

Dans cette nouvelle évocation, le récit se concentre sur les hommes, tels qu’ils l’ont vécue, avec son décalage, ses atrocités, et ses faux-semblants. Débutant dans les campagnes colorées, le dessin prend progressivement les teintes de la boue et de la noirceur pour s’enfoncer dans l’enlisement des tranchées.

Avant sa sortie en album prévue en octobre, le Journal de Guerre comptera trois numéros, cernant les trois premières années du conflit : 1914, 1915 et 1916.

Pour Tardi, c'est reparti comme en 14 !

Aux quinze pages de bandes dessinées, sont ajoutées cinq passionnantes pages de photos d’archives, d’affiches d’époque et une chronique explicative des évènements marquants du conflit. Ils sont signés par l’historien Jean-Pierre Vernay, qui assure depuis des années, aux côtés du dessinateur, le travail de documentation historique auquel s’adossent l’ensemble de ses albums portant sur la Grande Guerre.

Commander le Journal de guerre : 1914 sur Internet

CLD

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6 Messages :
  • Pour Tardi, c’est reparti comme en 14 !
    30 août 2008 15:27, par Pierre

    Ah...si Tardi pouvait nous lâcher un peu avec "sa" guerre, et boucler la série Adèle où il s’est passablement enlisé...

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    • Répondu le 30 août 2008 à  15:57 :

      Voilà un commentaire particulièrement stupide Pierre, d’abord il n’y a rien à "boucler" avec Adèle Blanc-Sec, c’est une série feuilletonnante sans fin, auront-on demandé à Hergé de "boucler" Tintin ? Ensuite Tardi fait un fabuleux travail de mémoire sur la première guerre mondiale, prouvant que le medium bande dessinée a des ressources propres qui ne doivent rien à la littérature, ni au cinéma, ni à l’illustration. "C’était la Guerre des Tranchées" est un chef d’oeuvre, un livre poignant dont on ne sort pas indemne, Tardi y rend hommage à tous ces jeunes gens qui, comme son grand-père, se sont retrouvés dans un cauchemar ou ils ne furent que des pions, de la chair à canon. "Le Der des Ders" montrent les conséquences de cette guerre, tout en étant un très bon polar. Dans notre époque où d’autres jeunes soldats (engagés volontaires eux) se font tuer par la stupidité de leurs dirigeants, le focus de Tardi sur cette période noire a toute sa légitimité et son intérêt.

      Comme en plus c’est en travaillant sur ce sujet que Tardi a le moins tendance à la facilité et au baclage (Ô combien décevant sur ses derniers albums), on peut s’attendre comme les quelques cases présentées ici le prouvent, à un travail graphique d’une très grande qualité.

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      • Répondu par Pierre le 30 août 2008 à  16:32 :

        (à x)
        Quand je dis que Tardi s’est enlisé dans la série d’Adèle, je ne fais que reprendre ce que j’ai lu dans une de ses interviews, même s’il n’a pas employé le mot "enliser"..Il précise d’ailleurs que le prochain tome sera le dernier, et qu’il arrête cette série..
        Je suis tout à fait d’accord sur ce que vous dites à propos de ses ouvrages précédents sur la "grande guerre", ce que je pense, c’est qu’à force de creuser le même sillon, soit on se répète fâcheusement, soit on banalise son sujet, ce qui est bien pire...
        Quant à la mort récente de jeunes engagés volontaires, vous me permettrez de penser que la stupidité n’est pas dans le camp de leurs dirigeants... (je ne crois pas qu’on puisse faire le parallèle avec les poilus.. même si ces derniers sont partis "la fleur au fusil", ils n’étaient pas à proprement parler des "engagés volontaires", loin s’en faut ! (c’est du moins ce que me disait mon grand-père, qui a eu la chance de revenir de Verdun, presque indemne..)

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    • Répondu par Daniel B. le 2 septembre 2008 à  11:38 :

      C’est pas "sa" guerre, c’est aussi la notre.
      20 millions de mort, la "connerie" d’officiers qui poussaient leurs hommes à l’abattoir sans même les y mener... Un monde et une époque à raconter, pour moi pas de doutes !
      Par contre, j’espère qu’à la différence de La Guerre de tranchée, ca sera plus une bd qu’un récit illustré.
      Le Der des Der est pour moi beaucoup plus expressif.
      Je comprend que pour Tardi il soit plus facile de dessiner ses impressions que faire un récit. Un album de BD n’est pas une suite d’aquarelles.

      Le sujet, en tous cas, est indiscutable !

      J’aimerais bien voir Tardi continuer avec l’oeuvre de Léo Malet (en noir et blanc). Je me suis lassé d’Adèle.

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      • Répondu par Richard le 4 septembre 2008 à  14:23 :

        C’est la nôtre, bien sûr, mais sa vision est bien la sienne, et bien partielle. Votre commentaire sur les officiers me fait penser à du Besancenot parlant de l’entreprise privée : légèrement partisan et court de vue, et sans doute mal informé. Vous n’avez pas dû lire beaucoup de témoignage de l’époque. Certes, il est bien plus facile, aujourd’hui, d’assimiler les soldats aux ouvriers et les officiers aux patrons, et d’en tirer l’une des ces synthèses lumineuses d’intelligence auxquelles les bobos bolchos nous ont habitués. C’est tranquillement oublier que les officiers généraux républicains étaient nommés par le pouvoir pour leur docilité intellectuelle plus que pour leurs compétences militaires, que la plupart des Français étaient des revanchards fanatiques grâce à l’endoctrinement scolaire de la troisième République (République qui a inventé la circonscription obligatoire, d’ailleurs, et qui avait transformé l’armée en ascenseur social), etc. Bref, c’est plaquer sur un conflit mondial des perspectives bien moisies de petit Français toujours prêt à être du côté des opprimés pourvu que cela n’implique aucune prise de position dangereuse au quotidien.
        Tardi est devenu le chantre des mensonges du peuple bobo, toujours avide de bonne conscience rétrospective (du côté des soldats en 14-18, avec une fausse vision lutte des classes, mais contre le militaires par principe ; idem avec sa vision poujadiste à l’envers des années 50, et ses lamentables et verbeuses adaptations de Manchette ). Sa faillite en tant que dessinateur des troubles contemporains n’en est que plus navrante. Où est passé le dessinateur de Griffu ?

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  • Pour Tardi, c’est reparti comme en 14 !
    1er septembre 2008 00:56

    Pierre, Tardi était déjà lassé d’Adèle après le 3ème album.

    Et je ne suis pas d’accord , ces albums et dessins sur la ders-des-ders sont à mon avis conventionnels et terriblement décevants, par rapport à l’attente. Je n’y vois aucune trace d’inspiration. Est-ce pourquoi il revient sans cesse sur le sujet ?

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