Rabaté, Grouazel et Locard à l’honneur aux RDV de l’Histoire 2019 !

19 octobre 2019 0 commentaire

Voici quelques jours se tenaient les Rendez-Vous de l’Histoire, à Blois. Dans ce cadre a été remis, comme chaque année depuis 2004, le prix Cheverny. Cette remise a été précédée de l’inauguration de l’exposition consacrée à La Déconfiture de Pascal Rabaté, en présence de l’auteur.

Rabaté, Grouazel et Locard à l'honneur aux RDV de l'Histoire 2019 !
Pascal Rabaté lors du vernissage de son exposition.
Photographie : Tristan Martine

Le parcours propose de s’immerger dans cette poignante évocation dessinée de la débâcle de mai-juin 1940, racontée à hauteur d’homme. La dynamique équipe du festival BD Boum, ici dirigée par Sylvain Gache, commissaire de l’exposition, a choisi de faire dialoguer les planches originales de Pascal Rabaté avec des objets d’époque, prêtés par des institutions ou des particuliers.

Le début de l’exposition nous entraîne sur les routes de l’exode, empruntées par d’hétéroclites convois de civils et de militaires, régulièrement mitraillés par l’aviation allemande. Le visiteur croise un vélo posé contre un mur, des journaux d’époque vantant la supposée supériorité de l’armée française, des fusils et des pistolets, avant de tomber sur des tracts éparpillés sur le sol. Il s’agit des caricatures anti-anglaises d’Oskar Garvens larguées par avion au-dessus des lignes françaises pour démoraliser les soldats, que Pascal Rabaté a fait figurer dans une planche hommage à Tintin au pays de l’or noir.

Chaque pièce de l’exposition fait écho à une scène des deux albums, recréant l’atmosphère intimiste des maisons – vides ou occupées – dans lesquelles les soldats trouvent refuge, quand ils le peuvent. Les décors s’effacent lorsque paraissent les planches les plus poignantes, comme celle du suicide de l’officier ou les sévices endurés par les prisonniers africains, dont certains sont sommairement exécutés par les Allemands.

Au fil de cette déambulation, des images de films, comme Week-end à Zuydcote, Les Égarés ou En mai, fais ce qu’il te plaît, viennent immédiatement à l’esprit. L’éclairage et l’encadrement, tous deux très réussis, permettent de profiter pleinement de l’art de Pascal Rabaté.

À savourer jusqu’au 30 novembre, notamment dans le cadre du festival BD BOUM, dont nous vous reparlerons.

Le Prix Château de Cheverny de la bande dessinée historique a été ensuite remis aux deux lauréats qui succèdent à Rabaté, lauréat l’an passé pour La Déconfiture (Futuropolis) : Florent Grouazel et Younn Locard. Ces deux auteurs ont créé une œuvre de fiction imbibée d’histoire, et nous publierons bientôt un entretien avec ces deux jeunes artistes autour de leur rapport à cette période et au travail des historiens de la Révolution.



Sylvain Gache présente l’exposition dont il est le commissaire, devant Pascal Ory et Pascal Rabaté

Le prix fut remis par Mme de Vibraye, la châtelaine de Cheverny, qui subventionne ce prix de 3000 euros. Celle-ci nota, non sans humour, l’ironie de la situation : "C’est moi, issue d’une des rares branches épargnées par le rasoir républicain, qui suis chargée de vous remettre ce prix !".

Lors de cette cérémonie, les lauréats, honorés et émus ("C’est presque un poids que les historiens se penchent ainsi sur notre travail !") ont accepté de donner le titre de leurs deux prochains volumes, puisqu’il s’agit d’une volumineuse trilogie : après ce premier volume, intitulé Liberté, le deuxième tome qui sortira dans trois ans s’appellera Égalité et le troisième, trois ans plus tard, portera comme titre « Ou la mort  » !

Rendez-vous l’an prochain, à Blois, pour l’exposition qui sera consacrée à ce magnifique album !

PC et TM

Younn Locard et Florent Grouazel recevant leur prix.
Pascal Ory, président du jury, Paul Chopelin et Tristan Martine, membres du jury, écoutent le discours de réception du prix Château de Cheverny de la bande dessinée historique 2019 à Florent Grouazel et Younn Locard.
Photographie : Nicolas Mémeteau
Mme de Vibraye remet leur prix aux deux auteurs
Photographie : Nicolas Mémeteau

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