Royaume-Uni : Vives réactions contre un projet de loi de censure

29 mars 2009 9 commentaires

Auteurs de bande dessinée et artistes graphiques bataillent contre un nouveau projet de loi réprimant les représentations sexuelles dans les BD et le dessin d’humour. Destiné à combattre la violence et la prolifération de sites pédophiles sur l’Internet, cette loi vise notamment certains mangas hentaï et aurait pour effet de mettre sur le banc des accusés des œuvres aussi considérables que Lost Girls ou Watchmen.

L’association Comic Book Alliance qui réunit quelques-unes des plus grandes signatures de la bande dessinée anglaise, parmi lesquelles Neil Gaiman, Bryan Talbot, John Reppion et même Leah, la fille d’Alan Moore, ont émis un communiqué de protestation.

Même si le gouvernement anglais proteste de sa bonne foi en disant que la bande dessinée ne sera pas concernée par cette loi, la plupart des observateurs considèrent qu’elle constitue une loi de répression destinée à criminaliser les création.

DP

Source : The Indepedent

En médaillon : Lost Girls d’Alan Moore et Melinda Gebbie. (c) Delcourt

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9 Messages :
  • Lost girls est très loin d’être une oeuvre considérable, du moins sur le plan du dessin, mais il faut lutter contre toute censure, surtout quand il est question de bande dessinée. Après les sud-africains à Angoulême, Alice en Angleterre ? Soyons vigilants.

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    • Répondu par François Pincemi le 29 mars 2009 à  14:26 :

      Je ne vois pas ce que viendrait faire Watchmen au ban des accusés. Si la BD met en scène de la violence, elle n’en fait pas l’apologie, bien au contraire. Le jeune Rorschach assiste à l’accouplement (vulgaire et sans romantisme, ni même érotisme) de sa mère lorsqu’il est enfant, cela le traumatise. Mais c’est en retrouvant le criminel pédophile (l’assassin de la petite fille) qu’il décide de radicaliser son action. Je recommande cet excellent film impressionnant par la qualité de ses effets spéciaux à tout amateur de bon cinéma adapté de bonnes BD ! Il n’y en a pas tant que ça, figurez-vous, mes amis !

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    • Répondu par Fred Boot le 29 mars 2009 à  19:07 :

      Lost Girls n’a rien de considérable ? Soyons humble : je cherche encore qui pourrait faire un dixieme de cela en France.

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      • Répondu par Bob l’éclair le 29 mars 2009 à  22:48 :

        Bien entendu, "l’herbe est toujours plus verte ailleurs" vieille rengaine, pourtant la créativité de la France n’a vraiment rien (mais alors rien du tout) à envier aux anglo-saxons.

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        • Répondu par Fred Boot le 30 mars 2009 à  00:21 :

          Okay, dans ce registre il y a eu entre autre Topor.

          Mais aujourd’hui ? Quel francophone fait un travail aussi pointu sur l’érotisme au travers de figures littéraires marquantes pour qu’on se permette de dire que Lost Girls n’a rien de considérable ? Arthur de Pins ? ;)

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  • Lu l’article de The Independent :

    Pas de source concernant les prétendus risques pour Watchmen, et on cherche encore en quoi la séquence évoquée a un lien avec la pédophilie. L’auteur de l’article a dû sortir le nom de cette bd de son chapeau pour coller à l’actu.

    Pour le reste, l’impression assez vive que d’un côté il y a les méchants mangakas qui font des dégueulasseries et de l’autre les respectables auteurs britiches. Quel traitement simpliste.

    M’enfin, ceci ne retire rien à l’imbécilité de cette loi.

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    • Répondu par Didier Pasamonik (L’Agence BD) le 29 mars 2009 à  20:02 :

      Pas de source concernant les prétendus risques pour Watchmen, et on cherche encore en quoi la séquence évoquée a un lien avec la pédophilie. L’auteur de l’article a dû sortir le nom de cette bd de son chapeau pour coller à l’actu.

      Encore une de vos désagréables et fausses affirmations à l’emporte-pièce dont vous êtes coutumier, M. Fred Boot. Si vous aviez lu l’article, vraiment, vous n’auriez pas manqué cette phrase :

      There are even fears that Watchmen, one of the industry’s most critically acclaimed graphic novels, could risk being banned because one of the main superheroes sees his mother having sex when he is a young child.

      Il y est clairement indiqué que Watchmen est également susceptible d’être visé par cette loi.

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      • Répondu par Fred Boot le 30 mars 2009 à  00:14 :

        Je sais bien que vous ne m’appréciez pas, mais j’ai tout aussi bien lu la phrase et je réitère : en quoi cela la scène est-elle de l’ordre de la pédophilie ? Pas d’acte sur l’enfant ou par l’enfant, pas plus qu’une perversion d’adultes qui viserait à l’obliger à être voyeur. Je suis certain qu’en se foulant un peu plus, le journaliste aurait plutôt pu nous parler d’un ou deux titres japonais qui rappelleraient que ces obscurs mangas venant du Soleil Levant n’ont pas forcément plus de déviances pédophiles que les Watchmen, alors qu’ils pourraient être touchés les premiers par la loi (c’est en partie l’introduction de l’article). Ah oui, cela aurait été de l’information et de l’ouverture sur le monde...

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  • La censure en Angleterre a toujours été un formidable moteur pour la création. D’un côté, la reine Victoria et Margaret Thatcher . De l’autre, Lewis Caroll, Oscar Wilde et The Sex Pistols.... Donc, cette provocation est plutôt de bon gout, n’est-il-pas ?

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