Sotheby’s à son tour pris d’assaut par le Neuvième Art

9 juillet 2012 10 commentaires

Le 4 juillet dernier, la maison Sotheby’s tenait à Paris sa toute première vente entièrement consacrée à la bande dessinée, sous l’égide du galeriste Jean-Marc Thévenet, qui faisait office d’expert. En tout, 95 lots relevant du Neuvième art (exception faite de deux lots – des celluloïds provenant de films d’animation des studios Walt Disney), dont 27 ont trouvé preneurs, ont rapporté un total de 650 000 euros.

Des œuvres allant de Töpffer à Giraud-Moebius, en passant par Pratt, Mattotti, Franquin, Loustal, Tezuka, Uderzo, Tabary, Peyo, Morris, Bilal, Druillet, Crumb, Jim Davis, Joost Swarte, Willy Vandersteen, Cuvelier et plusieurs autres étaient à vendre. Selon Sotheby’s, le prix moyen des lots était de 23 900 euros.

La grande vedette de la vente était, comme toujours, Hergé : pas moins de 17 lots se rapportaient à son œuvre (exception faite d’un buste de sa personne, réalisé par Nat Neujan). La pièce maîtresse de la vente : une planche tirée de L’étoile mystérieuse réalisée en 1941 et adjugée à 234 750 euros, frais compris. L’estimation originale de la pièce était de 220 000 à 240 000 euros.

Certains lots n’ont toutefois pas trouvé preneur, comme ce fut le cas pour cette illustration à l’encre de Chine du Crabe aux pinces d’or réalisée en 1944, dont la valeur était estimée entre 240 000 et 260 000 euros.

Trois artistes, Olivier Ledroit, Michaël Matthys et Olivia Télé Clavel ont connu un record de vente personnel.

MSJ

Visiter le site Internet de Sotheby’s consacré à la vente.

En médaillon : Illustration de Walter Minus, extrait d’un triptyque estimé entre 6 et 8000 euros. (c) Walter Minus

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10 Messages :
  • Sotheby’s à son tour pris d’assaut par le Neuvième art
    10 juillet 2012 08:57, par Enzo Cisson

    Le ton de cet article est gentiment poli pour cacher que cette vente a été un beau flop en comparaison avec les ventes que l’on peut voir chez Artcurial ou Millon. 27 œuvres vendues sur 95 !! 72% de déchet. Le montant total brille mais tient surtout à quelques œuvres d’Hergé qui ont assuré la majorité du chiffre d’affaires de la vente.

    Sotheby’s a voulu intégrer cet univers lucratif mais y est rentré par la petite porte. Erreur de positionnement déjà par le visuel utilisé pour communiquer : Walter Minus ! Hyper représentatif de la bande dessinée ! On s’interrogera sur le casting avec Jean-Marc Thévenet en expert. Expert certes mais il traine sa remorque de casseroles le bonhomme.

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    • Répondu par klafou le 10 juillet 2012 à  16:57 :

      J’ai écouté jean Marc Thévenet parler sur inter de cette vente comme un économiste froid et borné. Ont été employés, les termes : "part de marché", "plus value" "spéculation", "investissement", qui sonnent une fois pour toute le glas d’un esprit de passion et creuse un fossé entre deux mondes de BD, les riches et les pauvres.

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    • Répondu le 10 juillet 2012 à  22:21 :

      Le dessin de Walter Minus est agréable, mais sa renommée internationale n’est pas des plus flagrantes. Experts à Drouot ou à Artcurial, messieurs RB et EL ont des fichiers clients bien plus fournis. Monsieur Thevenet a voulu faire d’Angoulême une festival élitiste. C’est son droit, mais maintenant qu’il touche des commissions sur les lots vendus, il va peut-être comprendre où vont les gouts du public... et ses carnets de chèques !!

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  • Illustration de Walter Minus, extrait d’un triptyque estimé entre 6 et 8000 euros

    Estimé par qui ? Par Jean-Marc Thévenet ? Parce que le Walter Minus ça ne vaut pas ça, il y a 3 ou 4 ans j’ai vu des pages en vente à 400 euros.

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    • Répondu par Enzo Cisson le 11 juillet 2012 à  08:33 :

      Cependant le lot en question a fini à 9,375 EUR. L’estimation n’était donc pas totalement mauvaise. Après que ça les vaille ou pas, c’est la loi du marché des enchères. Le prix est celui que l’on veut bien y mettre. Et on ne confondra pas les dessins "early" de Walter Minus, que je trouve bien plus intéressants, essentiellement des années 1980 avec ses trames typiques, qui se vendent encore pour juste quelques centaines d’Euros chez Petits Papiers par exemple, et ses toiles grand format (celle ci fait 3 fois 64,5 cm de large sur 81 cm de haut).

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      • Répondu par klafou le 11 juillet 2012 à  13:38 :

        des spéculateurs fabriquent l’engouement vous ne pouvez pas le nier, il suffit de voir le prix d’une planche de Chaland, que j’adore et pour lequel j’ai une grande admiration, mais qui n’a jamais connu le succès et de grosses ventes, ses livres ne sont même pas réédités. Enfin bon, encore un débat en forme de constat.

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        • Répondu le 11 juillet 2012 à  21:10 :

          A vous lire l’engouement pour les originaux de Chaland serait donc fabriqué par des spéculateurs !

          Drôle de constat ....

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        • Répondu par Rocco Pindavent le 11 juillet 2012 à  23:19 :

          "ses livres ne sont même pas réédités ?"
          Et bien très bonne nouvelles pour vous ! Les intégrales chez les Humanos, Les Freddy Lombard chez les Humanos Pocket aussi, le Spirou chez Champaka, bientôt le Jeune Albert en grand format encore chez les Humanos... Changez de libraire, il vous a tout caché, mais tout est réédité chez Chaland dans les toutes dernières années.

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          • Répondu par Oncle Francois le 16 juillet 2012 à  21:11 :

            Monsieur Chaland eut une carrière météoritique et inoubliable. Dans les pages de Métal Hurlant, il rendait avec dextérité un respectueux hommage aux grands Maîtres du passé (Jijé, Tillieux, Franquin des années cinquante). Il me semble qu’au niveau des déliés de son subtil encrage, il surpasse ses mentors ! Quant au scénario, j’ai rarement lu plus drôle. C’était une mine d’idées, et un merveilleux fabuliste. Vous souvenez-vous des subtils et cyniques messages qu’il faisait passer dans juste une demie-planche du Jeune Albert ?

            "Ce sont toujours les meilleurs qui partent", le refrain est connu. Victime d’un brutal et injuste accident de la circulation, en revenant d’une festival d’Angoulême, Monsieur Chaland inscrivait sa brève mais brillante carrière en hommage à la disparition du grand Maurice Tillieux. Mais sa mémoire mérite d’être honorée à toujours, par les amateurs et les collectionneurs de bonnes bandes dessinées. Que dis-je, d’excellentes BD !

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            • Répondu par lezilus le 21 juillet 2012 à  19:38 :

              Chaland ne revenait pas d’Angoulême lors de son accident fatal en plein mois de juillet à Paris,vous confondez avec Tillieux, disparu dans les mêmes circonstances 12 années auparavant.Il était son élève le plus brillant, et dépassa son maître en virtuosité.Le reste de votre commentaire est on ne peut plus judicieux.

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