« Spirou, en mal de contenu ? », la réponse de Frédéric Niffle.

2 décembre 2009 45 commentaires

Notre interrogation concernant un éventuel problème de contenu pour le journal de Spirou a suscité de nombreux et vifs échanges dans notre forum.

Le rédacteur en chef de l’hebdomadaire de la bonne humeur, Frédéric Niffle, a tenu à réagir à notre article et à certains propos.

Dans un message qu’il nous a envoyé par mail, destiné à être posté sous l’article incriminé, il met les points sur les « i ».

Frédéric Niffle convient qu’il n’est pas simple de remplir le journal chaque semaine, surtout lorsque l’on veut tenir une ligne de qualité. Il souligne qu’il est en particulier difficile de trouver de nouveaux projets de qualité dans le domaine « tout public » : « Les auteurs aujourd’hui proposent peu de chose en tout public : L’immense majorité des productions étant soit franchement jeunesse, soit ado-adulte. Le tout public à la Lucky Luke, Astérix ou Spirou est devenu une denrée rare. Sans compter qu’il faut trouver 200 planches par mois et qu’il y a 250 éditeurs qui se battent pour séduire les meilleurs auteurs ».

Il défend plus loin son choix de publier aujourd’hui la dernière aventure de Jules d’Émile Bravo et nous fait part de sa volonté d’améliorer le journal, « encore et encore » notamment en annonçant la parution de quatre numéros spéciaux dans ces prochains mois.

NA

LE MESSAGE DE FREDERIC NIFFLE :

« Bonjour,

Toutes vos réactions sont intéressantes et souvent pleines de bon sens. Mais entre le bon sens et la réalité, il y a malheureusement souvent une belle marge.

Bien sûr qu’on aimerait proposer uniquement de l’inédit. Bien sûr que l’idéal (du point de vue de Dupuis) serait que ce soit uniquement issu du catalogue Dupuis. Bien sûr que l’idéal serait de rester strictement dans le cadre "tout public". Mais la réalité est que les auteurs aujourd’hui proposent peu de chose en tout public, l’immense majorité des productions étant soit franchement jeunesse, soit ado-adulte. Le tout public à la Lucky
Luke, Astérix ou Spirou est devenu une denrée rare. Sans compter qu’il faut trouver 200 planches par mois et qu’il y a 250 éditeurs qui se battent pour séduire les meilleurs auteurs. Alors, oui, effectivement, ce n’est pas simple de remplir chaque semaine le journal, c’est même particulièrement difficile si l’on a à cœur de tenir une ligne de qualité. Jules répond de tout évidence à ces critères. Pas de chance, cette série est éditée par
Dargaud. Fallait-il s’en priver pour une question de fétichisme éditorial ?
Nous avons plutôt fait le choix de ce qui était bon pour le journal. Le but est évidemment que les prochains Jules paraissent dans SPIROU. Nous avons demandé à Emile Bravo de réaliser 44 marges pour que ceux qui ont déjà lu cette aventure de Jules (maximum 10 % des lecteurs de SPIROU, en toute logique) puissent tout de même avoir une petite histoire inédite en bonus.

Pour le reste, et dans le désordre, la ligne du journal est le tout public, ce qui exclut les histoires résolument adultes comme Largo Winch ou
Jeremiah. Nos lecteurs se répartissent entre 50 % enfants et 50 % « adultes » (+ de 16 ans). Il n’est donc pas question de se couper du public jeunesse.
Mais il nous arrive parfois de sortir de notre ligne tout public, en publiant par exemple le magnifique Petit Poilu de Pierre Bailly. C’est une exception pour le plaisir, ce n’est pas notre ligne.

Le journal de Mickey est une publication jeunesse qui se fournit en piochant dans le catalogue de différents éditeurs (notamment Dupuis) et qui a très nettement moins de planches à trouver chaque mois.
Aujourd’hui, aucun autre magazine que Spirou ne doit trouver autant de contenus BD chaque semaine. C’est tout simplement incomparable.

L’un des intervenants a raison : la presse jeunesse a perdu 15% cette année.
Le journal Spirou, quant à lui, n’a perdu que 2-3 % sur l’ensemble de 2009, avec cependant une nette progression depuis janvier. Nous gagnons effectivement des parts de marché sur ce secteur en grande difficulté. Cette année également, et cela pour la première fois sans doute depuis des lustres, le journal ne perd plus d’argent, et cela, sans la moindre page de publicité (le journal Tchô !, par exemple, a jusque 10 pages de pub par mois).

Améliorer un hebdo est une affaire de longue haleine. Beaucoup de choses ont déjà été faites depuis plus d’un an, et nous cherchons jour (et nuit) de quoi l’améliorer encore et encore.

En attendant, nous espérons que vous apprécierez nos prochains numéros spéciaux : le spécial noël de 100 pages, le spécial 50 ans de Boule & Bill, le spécial nouvel an avec son calendrier SF, et le spécial Angoulême avec en supplément un journal concocté par Guillaume Bouzard.

Merci de soutenir le dernier dinosaure de la BD ! »

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

 
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45 Messages :
  • Je suis abonné à Spirou que je lis depuis... très longtemps ! Je fais donc partie des + de 16 ans (j’ai 44 ans).

    Pour moi, le plaisir est toujours le même : dès sa réception dans la boîte aux lettres, je me jette dessus et je reste vigilant à pouvoir le lire avant tout le monde... (oui, j’ai un peu honte, à mon âge).
    Effectivement, tout ne me plait pas dans ce qui est publié mais ça ne me dérange pas plus que ça, car ayant des enfants, je constate que les niveaux de lecture ne sont pas les mêmes dans la famille.
    Un constat cependant : je pense que Spirou est plus particulièrement adapté à partir d’un certain âge, que je ne situe pas avant 12 ou 13 ans. J’ai en effet pu me rendre compte que mes 3 enfants , avant cet âge, ne manifestaient pratiquement aucun intérêt à le parcourir, alors que depuis leur adolescence, cela a fortement changé. Était-ce dû à un contenu moins bon pendant leur enfance, je ne saurais le dire...

    Quant au fait de republier des séries déjà sorties en album, ça ne me chagrine pas plus que ça du moment qu’elles sont de qualité pour deux bonnes raisons :
    je les relis en feuilleton et y trouve un nouveau plaisir, comme si j’assistais à nouveau à l’accouchement de l’œuvre.
    Et puis surtout, j’ai vu mes enfants découvrir des séries comme Lucky Luke (La Caravane) qu’ils n’auraient jamais lues alors qu’elles figurent en bonne place dans notre bibliothèque ! Mais quand ce ne sont pas leurs vieux ringards de parents qui les leur font lire, du coup, ça passe tout seul...

    Continue Spirou !

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    • Répondu par Joël le 2 décembre 2009 à  19:22 :

      Merci pour l’avis du rédacteur : abonné depuis de nombreuses années aussi, le plaisir est là. Je prenais même l’habitude d’écrire une lettre tous les deux ans pour donner un avis de lecteur (pour la première fois je l’ai fait par mail et ... je n’ai pas eu de réponse).
      Le plaisir est là temps qu’on a droit à de la qualité : Royaume, Esteban, Jules, Piou, Antarctique, les Spirou, etc sont des séries qui correspondent à cet esprit. Mais si certaines vont se faire éditer ailleurs, c’est que Dupuis n’attire plus la bd tout public : ça c’est inquiétant.
      Veillez cependant à la cohérence : Maki ou Trondheim, à côté de petit poilu, c’est le grand écart. Les vilains mots, ils ont toujours existé, ce n’est pas pour ça qu’il faut retrouver aujourd’hui presque chaque semaine un "merde, putain, con, etc." Un peu d’imagination pour éviter cela.

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      • Répondu par axelmunshine le 2 décembre 2009 à  23:20 :

        Je comprends l’avis de F. Niffle que ce n’est pas facile de remplir une revue chaque semaine, mais c’est vrai j’ai trouvé spirou changé depuis quelques temps avec une baisse de qualité. Je le lis d’ailleur plus rapidement, sautant certaines pages qui a mon avis n’ont pas leur place dans cette revue (ex. Sam & Jake). Spirou je le connais depuis 1958 ou je l’ai découvert à Bruxelles au moment de l’Expo (j’avais 10 ans, j’en ai maintenant 61), depuis je ne l’ai jamais quitté, je me suis d’ailleur abonné rapidement. J’ai peur que F. Niffle nous fasse le même coup que pour ses albums, tout le monde en a acheté emerveillé et puis tout s’est arrété nous laissant sur notre faim (voir Felix ou les mini-recits schtroumpf !) n’est ce pas ce qui attend maintenant l’hebdo ?

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    • Répondu par François S le 3 décembre 2009 à  11:17 :

      "A partir de 12- 13 ans" ? Ma fille aînée, 10 ans, est abonnée à Spirou depuis deux ans et le dévore chaque semaine. Et avant, elle lisait les numéros de l’époque Tinlot que j’avais à la maison... Quant à ma seconde fille qui a 7 ans et demi, elle attend avec impatience que sa grande soeur ait fini pour pouvoir le lire à son tour.

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  • Bien sur qu’on l’aime notre spirou, je viens de recevoir les spécial noel avec une chouette couv de geerts, j’ai juste feuilleté je lirais ce soir au lit.mais il m’a lair génial. je regrette tout de meme la lointaine époque ou les histoire paraissait un an après la prépublication en album. c’était du bonheur on pouvait tout lire, la les 44 planches que j’achete je ne lis pas pour garder la primeur de l’album. bonne continuation et continuer a l’améliorer ! pourquoi ne pas repasser a 68 pages et garder de temps en temps les posters ou autre sup, et passer plus de série lombard et dargaud, mais inédites !

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    • Répondu par Joël le 2 décembre 2009 à  21:27 :

      Ils ont déjà du mal à remplir avec 52 planches, t’imagines avec 68 !
      Evidemment, après avoir supprimé plusieurs séries tout public (Violine, Billy the cat, Scrameustache, Buck Danny...) et remballé leurs auteurs, ça devient dur de remplir un journal. Non, ce qui semble clair, c’est que Dupuis ne fait plus rêver les auteurs comme il y a 15 ans. C’était un honneur d’être publié dans le journal puis d’avoir son album estampillé Dupuis. Maintenant, Dargaud, Lombard, Dupuis, même combat :-(

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      • Répondu le 2 décembre 2009 à  23:22 :

        Les éditions Dupuis n’ont pas "supprimé" le Scrameustache.
        Nous l’avons fait "émigrer" de notre initiative aux éditions Glénat où il se porte bien mieux.

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        • Répondu le 3 décembre 2009 à  11:11 :

          De votre initiative ??? Ce n’est pas du tout ce que raconte Gos !!!

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          • Répondu par Walt le 3 décembre 2009 à  11:50 :

            De notre initiative !

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            • Répondu par François S le 3 décembre 2009 à  17:47 :

              Ah ! Pardon ! Je croyais que c’était M. Niffle qui disait "de notre initiative" ! Un quiproquo digne de Feydeau ou de Tournesol !

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        • Répondu par Joël le 4 décembre 2009 à  11:21 :

          Oui, le mot était trop fort, d’autant que je savais cette info. Disons qu’il n’était pas correctement/suffisamment bien traité chez Dupuis, d’où cet exil.

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          • Répondu par Oncle Francois le 4 décembre 2009 à  21:16 :

            Ce transfert (terme normalement utilisé pour les grands joueurs de football) est remarquable,il est comparable à celui de Pellerin vers Soleil dont il est aisément devenu l’auteur le plus brillant, de Franquin vers le Lombard ou vers Fluide Glacial quand il eut envie d’aller voir ailleurs, de Druillet vers Stock (mauvais exemple !!), de Franquin (encore) vers marsu, de le vice-Trondheim vers Dargaud et Delcourt, de Sfar vers Gallimard. La liberté, c’est la vie ! c’est un vieux briscard expérimenté qui vous le dit, en espérant que cette belle leçon vous serve de guide de vie dans vos nolifes (ou vies normales), ce qui m’épargnerait de prècher la bonne parole dans le vide !!

            Bien évidemment, pour pouvoir user au mieux de cette liberté, il faut déjà avoir un certain talent, et ne pas avoir trop de scrupules pour son ancien employeur qui vous a permis d’émerger alors que vous n’étiez qu’un jeune débutant parmi d’autres. Mais c’est une autre histoire, comme disait l’autre !°)

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            • Répondu par Walt le 5 décembre 2009 à  09:17 :

              Les éditeurs ne sont pas les employeurs des auteurs. Ce sont des partenaires.
              Et dans le cas d’un "transfert" global (fonds compris) comme celui-ci, il s’agit d’une négociation commerciale dans laquelle personne n’est vraiment lésé si elle est bien menée.

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  • « Spirou et la baisse d’audience.
    2 décembre 2009 22:10

    Monsiuer Niffle dit : "L’un des intervenants a raison : la presse jeunesse a perdu 15% cette année. Le journal Spirou, quant à lui, n’a perdu que 2-3 % sur l’ensemble de 2009, avec cependant une nette progression depuis janvier. Nous gagnons effectivement des parts de marché sur ce secteur en grande difficulté."

    Ok mais bon 5000 ventes par semaine en France, c’est quand même très très peu. Il s’agit des chiffres officiels...

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    • Répondu par Glotz le 2 décembre 2009 à  22:40 :

      C’est vrai.

      Selon l’OJD, 36.884 exemplaires vendus, dont plus de 30.000 pour les abonnés, sur un tirage moyen de 50.400 (le reste fait les reliures, j’imagine). En 2005 le tirage était de 51.100 pour 44.900 exemplaires vendus au numéro donc la baisse est quand même notable (moins 8.000 exemplaires vendus au numéro) même si les vente en reliures doivent compenser.

      Dans le même temps le journal de Mickey est passé de 162.000 à 145.000 ventes, pour un tirage passé de 188.000 à 183.000.

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      • Répondu par Frederic Niffle le 2 décembre 2009 à  23:13 :

        Sauf que vous oubliez la Belgique et l’export.
        Il ne s’agit ici que des chiffres pour la France, marché très difficile pour Spirou.
        Nous tirons entre 90.000 et plus de 100.000 ex chaque semaine.

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        • Répondu par olivier le 3 décembre 2009 à  09:03 :

          Oui, mais malheureusement c’est la France qui fait le marché, comme pour les ventes d’albums. Et de quel export parlez-vous ? Au Québec par exemple, la presse est en crise depuis plusieurs années.

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          • Répondu le 3 décembre 2009 à  09:44 :

            "Oui, mais malheureusement c’est la France qui fait le marché"

            Apparemment, pour Spirou hebdo, ce qui fait le marché du journal, c’est principalement la Belgique. Relisez ce qu’il vous dit !

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            • Répondu par olivier le 3 décembre 2009 à  13:31 :

              "pour Spirou hebdo, ce qui fait le marché du journal, c’est principalement la Belgique"

              Quelle ambition !!!

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          • Répondu par Frederic Niffle le 3 décembre 2009 à  10:47 :

            La France est un marché difficile en Kiosque car la concurrence y est terrible.
            Ainsi, il se vend autant de Spirou en France qu’en Belgique.
            Par ailleurs, le journal a des abonnés dans une soixantaine de pays.
            Et 15000 exemplaires sont écoulés sous forme de recueils.
            Le Québec et la Suisse sont effectivement de petits marchés.

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            • Répondu par Joël le 4 décembre 2009 à  11:32 :

              Je dois bien reconnaitre qu’en vacances, je ne vois jamais de journal dans les librairies ou même les supermarchés en France. Donc, comment faire ? les abonnements ? Mais alors encore moins visible... les numéros spéciaux sont déjà une façon d’être mieux placés 4, 5 fois par an. Et les campagnes dans les albums qui eux, se retrouvent un peu partout. Courage, y a moyen ! (je ne peux imaginer Spirou disparaitre de ma boite aux lettres)

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  • « Spirou, en mal de contenu ? », la réponse de Frédéric Niffle.
    3 décembre 2009 07:07, par Frenchoïd

    " le magnifique Petit Poilu de Pierre Bailly. " ? Céline Fraipont appréciera...

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  • Abonné depuis maintenant un an, j’ai décidé de la faire au vu de l’arrivée de tous ces nouveaux auteurs ("Spirou" bien entendu)tels que Bravo, Trondheim, Bouzard, Bianco, Tarrin, Pedrosa, Libon ...
    Ce renouvellement était pour moi plus que nécessaire et insuffle un vrai nouveau souffle à un journal qui en avait bien besoin. De plus, les suppléments apportent une originalité que j’attends souvent avec impatience.
    De même pour la galerie des illustres (ah, JC Menu en noir et blanc dans Spirou !)
    Tout ça pour dire que je pense que ce journal suit la bonne direction et qu’il faut lui laisser le temps de continuer sa mue ...
    Voilà !

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    • Répondu le 3 décembre 2009 à  13:11 :

      ...et c’est à cause de la moitié de ces auteurs que bon nombre de lecteurs fuient le journal ! Ne sont-ils pas très bien, dans leur albums ? Ne pourraient-ils pas ouvrir leur propre magazine ? Cela leur fait plaisir d’être les BD que l’on saute, après un soupir de déception ? D’être à la traîne du Petit Spirou et des Tuniques bleues (ils s’en fichent : ils ont eu le chèque) ? Et que viendrait donc faire JC Menu dans Spirou ? Il est prévu de fermer "Lapin" et d’émigrer chez les industriels du livre, c’est ça ?

      "La galerie des illustres", c’est de la culture bédéphile distrayante (BD) dans un esprit magazine (interview). Il est bon d’y voir afficher de la diversité. Elle ne représente cependant pas la cible première du journal, mais juste une fenêtre ouverte sur d’autres horizons (pas plus qu’une fenêtre).

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      • Répondu le 3 décembre 2009 à  16:50 :

        En même temps, être fier d’être une cible, c’est être fier de se faire tirer dessus. Une cible, c’est une proie, une victime, une balle entre les deux yeux.
        Ouvrez-vous et vous verrez qu’autour de votre petit cercle, il y a des choses très intéresantes... et plus vous vous y intéresserez, plus elles le seront.
        Autrement, contentez-vous d’être une cible et ne venez pas pleurer si on vous manque.

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      • Répondu le 3 décembre 2009 à  18:37 :

        On se demande où vous allez chercher que bon nombre de lecteurs fuient le journal. Vous travaillez chez Spirou ? Il semble plutôt qu’ils gagnent des parts de marché, non ? Toujours cette éternelle querelle stérile entre les anciens et les nouveaux. Les nouveaux étant évidemment les anciens de demain.

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        • Répondu le 4 décembre 2009 à  12:45 :

          Ce n’est pas une querelle entre les anciens et les nouveaux, mais entre la bande dessinée populaire et une BD appréciée par ceux qui ont dépassé le niveau populaire pour aller vers autre chose. C’est très bien d’avoir évolué, de s’être lassé d’une certaine "facilité" (qui plaît cependant à beaucoup de monde) pour aller vers une complexité enrichissante... mais pourquoi diable vouloir à tout prix balayer la philosophie de base pour la remplacer par la nouvelle, dans les supports mêmes dans lesquelles elle peut s’exprimer ?

          Vous voulez mettre de l’opéra dans un cirque à la place des artiste traditionnels, remplacer la grille de programme de TF1 ou M6 par celle d’Arte, placer du Rommer dans les magazines pour enfants, installer des dessins minimalistes dans Spirou à la place de Janry, Lambil ou Delaf...

          Et si vous appliquiez les leçons de votre immense culture pour admettre la diversité, et bannir de votre comportement la dictature culturelle qui vous pousse à investir un medium populaire pour le changer à votre goût, au lieu de vous confronter à une concurrence saine et démocratique ?

          Oui, la BD populaire ne doit pas être populiste et facile, et j’approuve tout à fait M. Niffle dans sa recherche d’une BD tout-public à la Astérix, Lucky Luke ou Spirou, mais non, elle ne doit pas se laisser envahir par un "mieux-disant culturel", artificiel et imposé à des lecteurs qui n’en demandent pas tant.

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          • Répondu par Grid le 4 décembre 2009 à  17:23 :

            Je suis d’accord, Spirou = BD populaire, étant un lecteur depuis 30 ans, si vous commencez à y coller toute la nouvelle BD, genre 80% de la sélection d’Angoulème 2010 par exemple, vous allez déjà me faire fuir moi.
            Donc, conservez quand même de la BD populaire et conventionnelle. Cdt.

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            • Répondu le 4 décembre 2009 à  20:22 :

              De la BD conventionnée contre de la BD honoraires libres ?

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  • je ne comprend pas très bien où serait le problème que Spirou édite du non-Dupuis, depuis l’intrégation des trois maisons d’édition en un seul groupe je trouve même cela une bonne idée, pourvu que le public soit satisfait. C’est un peu comme si untel refuserait de boire de l’Orangina parce que il déteste le schweppes (les deux boissons faisant partie du même groupe). Plus sérieusement, il y a un équilibre à trouver entre d’une part des séries "sures", d’autre part le "laboratoire" et enfin le contenu rédactionnel qui se doit d’être attirant pour les jeunes, qui tout de même font le gros des ventes (enfin, leurs parents :-)). Cela fait un certain temps que je pense à offrir l’abonnement à mes enfants : je ne demande donc qu’à être convaincu... J’attend de voir ce fameux numéro de Noel pour trancher.

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  • Comment le journal de Spirou pourrait-il retrouver une cohérence et un véritable esprit Spirou dans l’animation si Mr Niffle habite Montpellier comme je l’ai lu ailleurs ? L’esprit de Marcinelle est à Marcinelle.

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    • Répondu le 4 décembre 2009 à  09:47 :

      C’est quoi l’esprit de Marcinelle ? Il n’y a pas un seul auteur qui habite à Marcinelle. L’esprit de Bruxelles dans les années 50-60 éventuellement, mais aujourd’hui, les auteurs sont dispersés partout en France, en Belgique, en Suisse, au Canada...
      Quand vous parlez d’esprit, vous voulez dire des fantômes qui hanteraient les locaux de Marcinelle ?

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      • Répondu par olivier le 4 décembre 2009 à  17:23 :

        Et ce n’est pas prêt de changer. Quel espoir laisse-t-on à tous ces étudiants de St-Luc qui rêvent de percer dans la BD et espèrent un jour être publiés dans le magazine de Marcinelle. Est-ce que quelqu’un pense à eux à la rédaction ?

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        • Répondu le 4 décembre 2009 à  20:21 :

          Eh bien, la même chance qu’aux autres. Depuis quand est-ce qu’on juge en fonction de la nationalité ? Il y a un mot pour qualifier ça.
          Cela dit, à St-Luc, ils sont très peu tous publics dans leur démarche. C’est vraiment un enseignement qui se veut très pointu, bien loin de l’esprit Spirou.

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          • Répondu par olivier le 5 décembre 2009 à  09:03 :

            Vous êtes naïf ! Le copinage, ça existe aussi.
            Il ne s’agit pas de favoriser les jeunes auteurs belges, mais d’en tenir compte.

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            • Répondu le 5 décembre 2009 à  10:35 :

              Ben, Niffle est belge, non ?

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              • Répondu par olivier le 7 décembre 2009 à  09:51 :

                "Ben, Niffle est belge, non ?"
                Seulement sur son passeport.

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    • Répondu par Joël le 4 décembre 2009 à  11:19 :

      Disons que si la fontion de rassembleur est occupée par quelqu’un d’autre, ce n’est pas grave (imaginons Hugues Dayez ou Gilles Dal se charger de rassembler les auteurs lors d’orgies bédéesques), Niffle serait dans ce cas le "découvreur" de talents. En vidéo conférence, peut-être ?

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      • Répondu par Oncle Francois le 4 décembre 2009 à  21:02 :

        Il y a aussi les SMS (à ne pas confondre avec le sadomaso-sado, quoique question de souffrance et de frustration, le SMS (à ne pas confondre non plus avec la MST...)reste bien là. Rien ne veut une vraie rencontre en réel, c’est moi qui vous le dit, bien cordialement !°)

        Plus sérieusement, et s’il semble que le Journal de Spirou ait perdu son âme, il conviendrait de s’interroger sur ce qui motive celà.

        Question sérieuse à Monsieur Niffle maintenant : la remarquable intégrale Gil Jourdan en cours de publication chez Dupuis sera t’elle suivie par la reprise des Félix ? C’est le bruit qui court chez certains libraires de Bruxelles, généralement bien informés....

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        • Répondu par joel le 5 décembre 2009 à  07:20 :

          moi j’attends celle de bobo (il y a un guignol sur internet qui dit que paul lui a léguer le personnage vu ce qu’il en a fait bonjour les dégats !) et celle de jess long ! mr Niffle c’est prévu ?

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        • Répondu le 5 décembre 2009 à  10:51 :

          Il faudrait surtout expliquer ce que c’est que "l’âme de Spirou".
          Il y a si peu de ressemblance entre le Spirou de Delporte et celui de Tinlot, si peu entre celui de Vandooren et celui de Pinchart...
          Alors ?

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  • Ce qui me gene le plus dans le journal actuellement, c’est la vitesse à laquel sont publiés les 44 pages : seulement 5 ou 6 semaines. C’est trop vite expédié et il n’y plus le plaisir du suspense à chaque numéro. Autant acheter directement les albums en librairie.

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    • Répondu le 21 décembre 2009 à  23:44 :

      C’est chaque fois en 6 semaines. Avant, c’était en 8.
      Sinon, il y a l’histoire à suivre en fin de numéro : 2 pages par semaine.

      La vitesse de publication, ça dépend des séries. Papyrus ou Coup de foudre, il ne se passe tellement rien en quelques pages qu’il faut bien 9 pages pour avoir l’impression d’avancer. Par contre, Jules, c’est très dense et ça pourrait s’étaler sur plus de semaines.

      Mais en général, on est très loin de la façon dont on faisait la BD dans les années 50 ou 60, où il y avait du suspense toutes les deux pages. Aujourd’hui, c’est beaucoup plus dilué, le manga est passé par là !

      Et perso, je n’ai pas assez de mémoire pour me souvenir d’une histoire pendant deux mois ! Je regarde tellement de séries, de films, de BD que je n’ai plus l’esprit pour tenir longtemps une histoire... comme on pouvait le faire à l’époque où il y avait beaucoup moins de divertissements.

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      • Répondu le 22 décembre 2009 à  10:27 :

        Vous êtes trop diverti, trop gâté. Faudrait jeûner un peu et revenir à l’essentiel et absorber moins de trucs dilués...
        En 1950, une orange apportait autant de vitamine C que 8 oranges produites aujourd’hui. Ce qui s’applique à l’agriculture semblerait aussi s’appliquer au reste.

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      • Répondu par thierry le 22 décembre 2009 à  14:10 :

        la question des "à suivre" ... ça fait 25 ans j’ai l’impression qu’on se pose la pose, la question....
        en 1984 déjà, le journal proposait uns série de 44 pages sur 4 ou 6 numéros, souvenez-vous...
        et le Tintin de Greg proposait des maxi chapitres depuis la fin des années 70...
        je crois que c’est un véritable problème : parce que l’argument qui précède est extrêmement valable, ou on ne publie que des histoires complètes, ou des gags, ou alors on adopte une solution panachée...

        solution que certains n’aiment pas, en disant : moi dans ce cas, je préfère acheter l’album !

        je réponds "ben dis donc vous avez bien de la chance moi mes moyens ne me le permettent pas".
        pour que j’achète un album, faut que ce soit INDISPENSABLE ou GENIAL.

        souvent, j’aime bien une série, mais désolé je n’achète que 2 ou 3 albums par moi... j’ai un loyer, une femme des enfants, etc... (3 chats qui bouffent, les gueux...) donc pas beaucoup de place pour l’album, dans la bibliothèque, et dans le portefeuille. Si y a pas ça dans Spirou, eh bien pour moi... c’est fini.

        Certains se plaignent de la publication de matériel existants ailleurs : PAS MOI pour la raison que j’ai cité, je ne connaissais pas le JULES, de Bravo, je trouve ça excellent, je me moque qu’il soit édité ailleurs... Je préfère une très bonne série dans Spirou même éditée ailleurs, que pas de bonne série...

        Perso, n’en déplaisent à certains, je trouve le spirou très très bon depuis la nouvelle formule, même si j’ai hurlé de le voir perdre des pages.

        Lecteur depuis 1969, possesseur des receuils depuis le numéro 52 à nos jours, je pense avoir un avis sur la question.

        Moi c’est le spirou de Tinlot qui a fini par me gonfler... je n’en pouvais plus des animations lourdes, lourdes, lourdes... (ex : le gag de Cauvin rédac chef ou pas...) j’avais fini par laisser tomber. Je n’en pouvais plus...

        Je me disais "Tinlot ? ce mec est mégalo ou quoi ? je me fous de lire les histoires du boss, je veux de la bonne BD"
        et à part les petits hommes, (et les scénars sans queue ni tête) le scrameustache (avec les fusées dessinées à la règle et les galaxiens , les schtroumpfs du pauvre) ou encore Papyrus (qui n’a jamais su choisir entre fantaisie et réalisme...) je ne voyais jamais rien de nouveau, à part du cauvin toutes les pages... (si si recomptez, à l’époque c’était impressionnant...)
        Cauvin, c’est bon comme du champagne, seulement voilà, du champagne à tous les repas, on s’en dégoute...

        le problème du spirou d’aujourd’hui, c’est que le spirou de tinlot n’a pas su préparer l’avenir. Aucun rédac chef n’a aussi PEU présenter de NOUVEAUTES en BD que lui ! des animations, oui... des BD... alors là, nul.... on avait l’impression que les gens de spirou répondaient aux nouveuax auteurs "eh, oh, nous on a cauvin, ça nous suffit, allez voir ailleurs !"

        pas étonnant si les caisses artistiques je journal sont un peu vides...

        Bon, tout ça pour dire que moi j’aime beaucoup le spirou d’aujourd’hui...

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