Tintin, Astérix, Lucky Luke : pourquoi il est con de brûler les œuvres du passé

10 septembre 2021 0 commentaire Actualité
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BOOMERANG. Ça n’a pas traîné : le quotidien canadien La Presse nous informe que Suzy Kies, la pétulante coprésidente de la Commission des peuples autochtones du Parti libéral du Canada qui est à l’origine de l’autodafé de près de 5000 livres dans un groupe scolaire catholique de l’Ontario, a démissionné suite au tollé mondial suscité par son initiative révélée par Radio Canada. Nous ne sommes pas surpris : quand on brûle les livres, on a des chances de se faire griller…

Mais l’autodafé canadien a eu le mérite d’ouvrir le débat sur la censure des œuvres du passé. Nous sommes tombés sur le billet Facebook du Montréalais Antoine Ouelette qui se décrit comme « Compositeur, auteur, musicologue, biologiste, chef de chœur grégorien, autiste, alouette ! » Longue liste de qualités, on a envie d’ajouter «  le café et l’addition, s’il vous plaît  ! ».

Et donc, notre compositeur a «  osé feuilleter de nouveau Tintin en Amérique, livre mis à l’index par une commission scolaire de l’Ontario et brûlé sous prétexte de « réconciliation », car les Autochtones n’y seraient pas bien représentés… »

Tintin, Astérix, Lucky Luke : pourquoi il est con de brûler les œuvres du passé
Capture d ’écran Facebook

Soulignant l’ancienneté de l’ouvrage (publié en 1932), il en analyse le propos et constate des éléments qui viennent contredire l’Anastasie ontarienne : « Tintin découvre un puits de pétrole par accident. En page suivante surviennent aussitôt des hommes d’affaire empressés d’acheter à Tintin « son » puits. Les enchères montent jusqu’à 100 000 $ (vers 1930 : une fortune !). Tintin leur répond ceci : « Ce puits de pétrole ne m’appartient pas. Il est la propriété des Indiens Pieds-Noirs qui occupent la région. » Hé ! Non seulement Tintin n’est pas raciste, mais il reconnait les droits de cette nation sur le territoire qui est le sien ! Ce n’est pas vilain pour un livre de 1932 alors que les revendications territoriales des peuples autochtones posent toujours problème en 2021... »

Et de conclure : « Il me semble y avoir là quelque chose d’assez prophétique, du moins quelques petites leçons à méditer encore aujourd’hui. Alors que la Terre brûle avec les bouleversements climatiques causés par les combustibles fossiles, brûler ce livre est être à côté de la plaque. »

Jolie analyse. Comme quoi il ne faut pas jeter tous les Canadiens avec l’eau du bain.

DP

Voir en ligne : On peut lire cet éclairant billet ICI (si vous êtes connecté à l’hydre FB)

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