Uchronie[s] New Moscow, T. 1 – Par Corbeyran et Nicolas Otero – Glénat

7 novembre 2012 0 commentaire

Après la déception New Beijing, Corbeyran enchaîne un nouveau scénario poursuivant ce cycle construit en trois fois trois albums.

Du côté de New York, nouvelle évolution : c’est la Russie tsariste et Moscou qui se sont installés dans la baie d’Hudson River. Dans ce monde parallèle, la révolution d’octobre 1917 n’a jamais eu lieu et le régime absolu est plus fort que jamais grâce à la découverte de la fusion noire censée apporter paix et prospérité au monde.

Mais cette paix sociale apparente n’est qu’une façade et couvre une réalité autrement plus sombre de prisons qui regorgent d’opposants au régime. Le professeur Paskevitch est l’un d’eux. Son tort ? Avoir osé dire à ses étudiants que dans une autre réalité le régime bolchévique était en place. Mais une vieille connaissance, Zack Kosinski, va lui venir en aide en échange de services et d’informations déjà connues des lecteurs qui ont suivi la série.

Ils vont croiser sur leur route une jeune femme à la recherche de sa mère qui aurait bénéficié de certains attraits de la fusion noire.

Uchronie[s] New Moscow, T. 1 – Par Corbeyran et Nicolas Otero – Glénat
Uchronie[s] New Moscow – Tome 1
Corbeyran et Nicolas Otero – Glénat ©

On comprend vite que l’on va nager dans les mêmes eaux que dans l’album précédent. Moscou à remplacé Beijing mais les modalités d’application sont les mêmes. Basé à nouveau sur un trio composé de deux hommes et d’une femme qui vont passer par des péripéties plus ou moins originales, le récit prend pied dans un régime qui mise sur son système sécuritaire. La majorité des protagonistes ont droit de visiter les geôles ou au minimum de côtoyer quelques sbires pas vraiment accommodant.

La fusion noire et ses dérivés constituent le fil rouge du récit mais le scénario n’ajoute assez de grain à moudre pour pousser plus avant la découverte de l’invention. N’arrivant pas à se défaire des redites constantes qui polluent le récit, cette histoire manque de rythme et n’arrive jamais à se libérer des contraintes inhérentes à la figure imposée.

Heureusement, le dessin a des atouts dans la manche. Avec des contours tortueux, les personnages ont une implication amplifiée. Les cadrages et les couleurs sont soignés et, en dépit de quelques bévues et d’un trait parfois schématique et anguleux, Nicolas Otero (AmeriKKKa) crée une atmosphère particulière avec un trait qui se situe entre celui des comics et une ligne plus classique. Mais on ne ressent pas sur les visages les tensions qui devraient habiter les protagonistes. Le scénario n’aidant pas avec son problème de cadence. A contrario, certaines scènes sont surjouées sans nécessité manifeste.

Uchronie[s] New Moscow – Tome 1
Corbeyran et Nicolas Otero – Glénat ©


Entre une vision qui tourne par moment à la caricature et un scénario qui, dans l’ensemble, se tient mais dont l’ambition ne compense pas le manque de rythme, on ne peut que constater la faible réussite de ce nouveau dérivé qui transforme l’essai en échec.

VG

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