Un Lichtenstein pour 43 millions de $, le comics original pour 431 $ !

26 novembre 2011 25 commentaires Actualité
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Un Lichtenstein pour 43 millions de $, le comics original pour 431 $ !
Deconstructing Roy Lichtenstein
À gauche, la vignette du comics Steve Roper de Saunders et Overgard. À droite, le tableau de Lichtenstein.

Dans un article paru sur le site web Artinfo, le 17 novembre dernier (pointé par The Cartoonist), on apprend que le tableau de Lichtenstein I Can See The Whole Room ! ... And There’s Nobody In It s’est vendu à New York pour 43 millions de dollars.

En 1988, le même tableau s’était vendu 2 millions de dollars. En 1961, année de sa conception, il avait été soldé pour 450 $. Quel rendement financier ! Les peintures de Lichtenstein ont la côte et constituent à ne pas en douter une valeur refuge en cette période d’incertitude financière.

La question qu’on est en droit de se poser est la suivante : est ce que tout cela a bien du sens ? Habituellement on est bien en peine de juger faute de base comparative. Mais ici, Lichtenstein s’est inspiré d’un comics et les différences entre les 2 œuvres sont peu nombreuses : là, un mot en moins, ici, un peu de jaune, quelques modifications aux traits du personnage et finalement on agrandit le tout.

Pourtant le comics original dont il s’est inspiré ne s’est vendu en août dernier sur eBay que pour 431 dollars ! Alors qu’en est-il de la valeur intrinsèque de l’œuvre ? Est-ce que les comics originaux sont sous-évalués comme le pense David Barsalou qui depuis plus de 30 ans s’applique à retracer l’origine des peintures de l’artiste pop art via son travail Deconstructing Roy Lichtenstein ? Ou est-ce l’œuvre de Lichstentein qui est surévaluée ?

Les spécialistes du marché de l’art sauront trancher, les autres auront leur petite idée.

MK

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25 Messages :
  • Quand vous dites "le comics original", vous parlez de la planche originale ou de la première édition du comics ?
    Si c’est juste un exemplaire de l’édition originale, 431 dollars, c’est plutôt pas mal.

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  • Les spécialistes du marché de l’art sauront trancher, les autres auront leur petite idée.
    En tout cas, en regard de votre article il n’y a pas lieu à réfléxion. C’est la sempiternelle guerre de tranchée -à votre décharge je viens de lire aujourd’hui un billet bien grâtiné d’un critique d’art qui dénie à la bande dessinée l’appellation d’art graphique (le billet est bien argumenté mais coincide avec une visibilité grandissante du médium qui semble inquiéter ce bon monsieur)

    SVP, évitons ces travers. Je me dois de rappeler que ce tableau précis est le sujet d’une polémique vieille d’un demi-siècle. Alors ce ton populiste sur le marché de l’art est sans intérêt. C’est un marché ! Qu’en attendiez-vous ??!

    Non, je n’aime pas beaucoup le ton de votre article qui peut distancer encore un peu plus le public d’une approche stimulante avec l’art moderne et contemporain. Vous ne faites aucunement mention à la dimension critique des artistes pop face à la société de consommation et, entre autres sa manipulation de l’image. Vous nous servez la soupe quotidienne : il a copié ! Pff ! Warhol a copié : Dick Tracy entre autres dans ses toutes premières toiles Et pouquoi ? Pour se faire plein d’argent ? (Ah oui, 1960. Copier Mickey Mouse, la clé du succès !) Jess Collins, pas un dessinateur pop en soi, est l’influence majeure de tout ces artistes avec son collage "Tricky Cad" - c’est le lien entre le surréalisme et le Pop Art.

    Vous, vous nous parlez de gros sous. Cela en raconte plus sur notre époque et ses fixations que vous ne voudriez l’admettre. Zéro pointé, copie à réviser.

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    • Répondu par LC le 27 novembre 2011 à  02:04 :

      Zéro pour votre commentaire à côté de la plaque.

      On compare le prix de l’oeuvre originale (est-ce l’imprimé ou le dessin original ?) et celui de sa copie sur toile par un artiste qui, bien qu’il ait marqué l’histoire de l’art du XX ème siècle, ne présente artistiquement aucun intérêt. La copie est bien moins maitrisée que l’original, comme un mauvais décalque.
      Que la mauvaise copie vaille plus que l’oeuvre originale en dit long sur la connerie des soit-disant spécialistes, on n’est pas dans le cas d’un paquet de Brito ou une boite de soupe par rapport à une sérigraphie de Warhol, mais d’une oeuvre face à une copie de cette oeuvre.

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      • Répondu le 27 novembre 2011 à  11:00 :

        C’est justement l’inverse, c’est l’original en tant que simple case tirée d’un comic quelconque qui n’a aucun intérêt . Un machin populaire comme il y en a à la pelle et dont tout le monde se fout à part les gens du métiers et certains lecteurs.

        Ici Lichtenstein a été sensible à cette image, il l’a vue.Il a vu cet oeil qui s’ouvre dans le carré noir d’un tableau, où la lumière révèle un autre oeil qui nous apparait selon un mode de représentation contemporain de son époque. Ce n’est pas qu’une vignette, c’est un discours. Une mise en abyme de la représentation.
        C’est le déplacement,, la stylisation ( très réussie à mon avis ), son utilisation comme tableau, qui fait oeuvre.

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        • Répondu par Jo le 27 novembre 2011 à  19:53 :

          Un machin populaire comme il y en a à la pelle et dont tout le monde se fout à part les gens du métiers et certains lecteurs.

          Ah non, c’est l’inverse, c’est le "tableau" de Lichtenstein qui est un machin snobinard comme il y en a à la pelle et dont tout le monde se fout à part les spéculateurs et les galeristes. La bd intéresse plein de monde et donne du plaisir aux lecteurs.

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        • Répondu par LC le 27 novembre 2011 à  20:04 :

          la stylisation ( très réussie à mon avis )

          Le cou n’est pas au bon endroit, la main est complètement ratée, bref c’est une mauvaise copie parce que Lichtenstein ne sait pas dessiner, c’est d’ailleurs pour ça qu’il en est réduit à copier l’oeuvre d’artistes pour tenter de fabriquer la sienne, c’est un escroc, comme beaucoup de soit-disant artistes du 20 ème siècle.

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    • Répondu par Fred Boot le 27 novembre 2011 à  03:39 :

      Vous ne faites aucunement mention à la dimension critique des artistes pop face à la société de consommation et, entre autres sa manipulation de l’image.

      Je ne vois pas en quoi payer cette toile 43 millions de dollars est un acte qui continue cette dimension critique. Par contre cela prolonge sa dimension historique : une toile qui pose la question de la manipulation de l’image à l’ère de sa reproductibilité est devenue une icône pour super-riche. Je ne crois pas que ce soit de la faute de la plèbe populiste.

      Quant à ne pas critiquer le marché parce que c’est un marché, c’est un peu comme dire que c’est normal parce que c’est normal. Oui, on dirait bien que ce que représentait le pop-art est mort...

      Euh... Copie à réviser, monsieur le professeur ? ;)

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    • Répondu par MK le 27 novembre 2011 à  21:38 :

      Pour répondre à votre critique, je vous renvoie à l’artiste Hans-Peter Feldman qui a exposé en 2011 au musée Guggenheim de New York 100 000 coupures de billets de 1 dollar sur lesquelles il avait affublé un nez de clown au président George Washington. Les murs de la salle où étaient exposés son installation étaient littéralement tapissés de billets verts. Comme les billets de banque, les oeuvres d’art n’ont pas de valeur inhérente sinon celle qu’on veut bien leur donner. De façon spectaculaire, cet artiste nous donne à réfléchir sur la notion de valeur de l’art. S’interroger sur la valeur d’une oeuvre d’art n’est pas dépassé malgré ce que vous pouvez penser. Et ce d’autant plus lorsqu’elle atteint des prix exhorbitants.

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      • Répondu le 28 novembre 2011 à  03:51 :

        100 000 coupures de billets de 1 dollar sur lesquelles il avait affublé un nez de clown au président George Washington.

        Quelle imagination presque cent ans après Marcel Duchamp parodiant la Joconde en l’affublant de moustaches (LHOOQ 1919). Vous êtes bien aimable en affublant Hans-Peter Feldman du titre d’artiste, vous êtes dans la combine.

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      • Répondu par jony le 28 novembre 2011 à  22:19 :

        Comme les billets de banque, les oeuvres d’art n’ont pas de valeur inhérente sinon celle qu’on veut bien leur donner.

        Faux.
        Le relativisme petit bourgeois a en effet toujours eu du mal avec la couleur comme fréquence, comme énergie, et avec l’oeuvre comme source de fréquence vibratoire et donc comme objet de pouvoir intrinsèque et pourquoi pas par la suite fréquences quantifiables ...mais bon, les conneries sociétales c’est toujours plus spectaculaire c’est vrai, et ça n’engage pas le corps comme réceptacle de perception...

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        • Répondu par LC le 28 novembre 2011 à  22:58 :

          valeur inhérente...relativisme...fréquence vibratoire...intrinsèque...fréquences quantifiables ......sociétales...réceptacle de perception...

          Bravo pour la parodie, c’est tout à fait les logorrhées absconses (ahah !) dont abreuvent les faux artistes sans talent pour faire du vent et vendre leurs croutes à des idiots qui se croient intelligents.

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          • Répondu par jony, t’as vu... le 29 novembre 2011 à  09:05 :

            Bravo pour la parodie, c’est tout à fait les logorrhées absconses (ahah !) dont abreuvent les faux artistes sans talent

            non, loupé, c’est le discours de la science, qui envisage l’oeuvre, comme la musique en terme de fréquence, et donc d’action sur un environnement...mais il est vrai que l’obscurantisme alimenté par les gesticulations mentales ne goûte pas trop le réel à l’état pure...Peur de prendre des risques, c’est plus simple de rester dans le mondes des idées...avec le ventre plein tout de même ^^

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            • Répondu par LC le 30 novembre 2011 à  03:26 :

              En plus vous ne goûtez pas l’ironie, vous avez vraiment tout faux...

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    • Répondu par lola le 1er décembre 2011 à  01:14 :

      j’avoue que je serai bien curieux de savoir dans quel magazine rétrograde on peut encore trouver une destitution du statut d’art de la bd en 2011 ?
      citer ses références ne fait jamais de mal... merci d’avance.

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      • Répondu par Alex le 2 décembre 2011 à  20:21 :

        Le quotidien de langue suédoise est "Huvfudstadsbladet" (hbl.fi) C’était la semaine dernière ou y’a 10 jours. Le critique journaliste auteur du papier est Erik Krupskoff.

        La Guerre de Tranchée ne m’intéresse pas. Les réactions à mon message, tout comme l’article de ce quotidien démontre que d’un côté comme de l’autre les positions sont fermes.

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        • Répondu le 3 décembre 2011 à  00:08 :

          La Guerre de Tranchée ne m’intéresse pas.

          Vous avez tort, c’est une très bonne bande dessinée de Jacques Tardi.

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          • Répondu par Alex le 3 décembre 2011 à  11:48 :

            Vous avez tort, c’est une très bonne bande dessinée de Jacques Tardi.

            J’ajoute que celle-ci non plus ne m’a jamais beaucoup intéressé.

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        • Répondu par LC le 3 décembre 2011 à  00:16 :

          Pas besoin d’aller jusqu’en Suède pour trouver des bas du front, en France on a cette pauvre Natacha Polony qui considère que les BD ne sont même pas des livres (même les livres jeunesse ne sont pas des livres pour elle) :
          "Une bande dessinée n’est pas un livre parce qu’elle ne met pas en jeu les mêmes processus mentaux dans le cerveau de celui qui la lit." On découvre donc qu’elle se proclame neurologue, spécialiste des processus mentaux.

          http://blog.lefigaro.fr/education/2010/12/-les-jeunes-lisent-ou-le-prototype-de-lescroquerie-intellectuelle.html

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          • Répondu par Alex le 3 décembre 2011 à  18:39 :

            Merci, pour le lien. C’est du grand n’importe quoi, "un livre de bande dessinée n’est pas un livre". Surréaliste !

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            • Répondu par lola le 4 décembre 2011 à  00:04 :

              en fait, je suis prêt à croire que les processus mentaux sont un peu différents associer un texte avec une image demande une gymnastique de l’esprit parfois difficile pour ceux à qui l’on a interdit d’en lire étant enfant. j’en veux pour preuve une bd de lax sur l’indo que j’avais prêté jsutement à un ancien de l’indo. il l’avait trouvé "très bien" mais très difficile à lire... c’était la première bd qu’il lisait de sa vie et associer répétivement texte et image était pour lui une gageure, comme faire une randonnée à saute-mouton. Cela semble aberrant et pourtant... c’est un peu comme lire le dictionnaire : en soi lire une définition ou une case ne pose pas de problème mais lire toute une bd ou tout un dictionnaire c’est usant pour qui n’en a pas l’habitude. (il arrive à des gens de lire des dictionnaires en entier par plaisir, j’en fais partie)
              toujours est-t-il que même si les processus mentaux sont plus complexe pour lire une bd, ça ne change pas pour autant la définition d’un
              livre... elle semble être un peu tombée dans la gouttière avec sa théorie de pseudo-neurologue. sans doute une victime de la politique : "la bd est un danger pour l’instruction de vos enfants, ce n’est pas de la vraie littérature", discours moisi datant des années 20/30 lorsque les journalistes ont dû composer avec les images dans leurs colonnes.
              du coup son discours "novateur" de neurologue prend 90 ans dans les dents... outch !

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  • J’en vois au moins un ! La BD est sous-valorisée par rapport à l’art contemporain.

    Cette affirmation énoncée, argumentons, voulez-vous ? Il y a eu de nombreuses ventes d’originaux de prestige à Bruxelles ou à Paris récemment. L’auteur BD le plus coté est sans nul doute Hergé. Suivent Uderzo, Franquin, Peyo, Tillieux, Jacobs, Will et tant d’autres.

    Tous ces auteurs sont décédés, me direz-vous, hélas. Atteints par la limite d’age ! Ils ont donné à la BD ses lettres de noblesse, ont vendu des centaines ou des dizaines de millions d’albums de par le monde. Précisons qu’avant de connaitre la consécration des albums, ils ont connu le suffrage et le verdict de la presse.

    Ils ont imaginé des univers personnels d’évasion universelle, ainsi que la syntaxe de la BD, lui donnant ses plus beaux chefs-d’oeuvre, dans l’anonymat relatif de la presse jeunesse des années quarante à soixante-dix (Spirou, Tintin et Pilote), loin du bling-bling stérile actuel d’une presse attentive aux môdes du moment, à l’air du temps, et à ses émotions futiles.

    Ces auteurs que vous connaissez sont des titans ! Et pourtant, une planche d’Hergé se vend moins d’un million d’euros (ce qui est quand même beaucoup à l’heure actuelle : le prix d’un 100 mètres carrés pour les Pharisiens, ou , meilleur choix pour un acheteur avisé, d’une très jolie gentilhommière des Ardennes, avec grand jardin et dépendances), une de Jacobs, Uderzo ou Peyo beaucoup moins !!

    D’où vient le problème ? Il me semble (merci pour le lien très instructif qui permet de s’aviser des usurpations répétées) que ce monsieur Lichtenstein n’est qu’un copiste en vogue dans les galleries. Mais il n’a rien créé !!

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    • Répondu le 28 novembre 2011 à  03:46 :

      Hergé. Suivent Uderzo, Franquin, Peyo, Tillieux, Jacobs, Will et tant d’autres.
      Tous ces auteurs sont décédés, me direz-vous, hélas.

      Renseignez-vous mon gars, Uderzo est toujours vivant. Et Bilal côte bien plus que Tillieux, Jacobs ou Will.

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      • Répondu par Oncle Francois le 28 novembre 2011 à  09:23 :

        Mes excuses à Uderzo, toujours vivant (mais ayant pris sa retraite). Cela ne change rien à ce que je voulais dire : ses oeuvres se vendent quelques centaines de milliers d’euros tout ou plus, comme les plus belles de Bilal. Ce qui est dérisoire par rapport à des peintres modernes comme Lichtenstein !

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        • Répondu le 5 décembre 2011 à  23:26 :

          Mes excuses à Uderzo, toujours vivant (mais ayant pris sa retraite).

          Ah d’accord ! Alors, en tant que jeune retraité (vous le répétez assez souvent), vous êtes "presque" mort également !

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  • C’est pas cher pour un pays du Benelux, je suis sûr que la Syldavie vaudrait plus (tout ce qui touche à Tintin vaut plus cher).

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