Watchmen : chef-d’oeuvre en péril ?

7 mai 2005 0 commentaire

Résumé des épisodes précédents : il y a maintenant deux mois, Paul Greengrass (Bloody Sunday), troisième responsable en date du projet, annonçait que l’adaptation cinématographique tant attendue du chef-d’oeuvre multi-consacré d’Alan Moore et Dave Gibbons venait d’entrer dans sa phase de préparation. Or, à examiner de près les déclarations du metteur-en-scène, il s’avérait qu’il s’agissait bel et bien de la préparation du film et non de celle du tournage - qui devrait, aujourd’hui encore, débuter en juin de cette année, dans les studios de Pinewood, au Royaume-Uni. Nos lecteurs anglophones pourront consulter les pièces du dossier via le Alan Moore Fan Site. Pour les autres : difficile de résumer simplement le propos pour le moins nébuleux de l’intéressé. Ainsi, si, d’un côté, il affirme que l’attrait principal de l’adaptation réside pour lui dans l’actualité que le propos des auteurs de l’oeuvre originale lui paraît avoir gardé ; de l’autre il nous annonce que l’action du film, elle, sera située de nous jours, afin que les spectateurs n’aient pas l’impression d’avoir affaire à un film d’époque. Autre attrait de la BD qu’il prétend vouloir restituer dans le film : son caractère polyphonique - tout en affirmant, par ailleurs, que Manhatthan et Ozymandias en sont pour lui les véritables protagonistes. Et ainsi de suite. Difficile de démêler le vrai du faux dans cette suite d’affirmations contradictoires. Après cette entrée en matière, une seule chose était sûre, c’était que, en ce qui concerne le contenu au moins, plus rien n’était sûr...

Dernier rebondissement en date : cette semaine, le magazine Variety faisait état d’inquiétantes rumeurs : de nouveaux responsables (Brad Grey et Gail Bergman) ont été nommés à la tête de la Paramount ; ils ont donc pu jeter sur le budget prévisionnel du film (qui, selon certaines indiscrétions, s’élèverait déjà à une bonne centaine de millions de dollars) un oeil au moins aussi neuf que celui de Greengrass sur le script - et aurait incité celui-ci à voir les choses en moins grand. Selon certaines sources, ils auraient même parlé de jeter l’éponge. Toujours est-il qu’une partie de l’équipe londonienne a déjà été libérée de ses obligations.

Les dernières nouvelles sont donc moins bonnes que prévues, mais meilleures qu’il n’y paraît. D’une part, ce ne sont pas les restrictions budgétaires qui risquent d’effrayer Greengrass, que les prédécesseurs de Grey et Bergman avaient justement choisi pour sa capacité à appliquer l’économie, non seulement narrative, mais aussi (surtout) financière d’une production indie à un produit "maison" (The Bourne supremacy). D’autre part, il faut rappeler que Time-Warner (par ailleurs propriétaire de DC Comics), est derrière toute l’affaire - si Paramount Pictures se désistait, "on" n’aurait donc sans doute aucun mal à trouver un remplaçant...

EP

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

  Un commentaire ?