16e édition des Rencontres du 9e art d’Aix-en-Provence : bande dessinée et arts associés, du 6 avril au 25 mai 2019.

20 mars 2019 0 commentaire
  • 16e édition pour ces Rencontres qui ont conquis une place particulière dans l’univers des festivals BD en France, en proposant une programmation très « arty », où des cartes blanches sont laissées à des auteurs qui peuvent s'essayer à des exercices graphiques. C’est aussi un lieu unique pour découvrir et rencontrer la richesse de l’offre BD européenne et, dans une certaine mesure, mondiale.
16e édition des Rencontres du 9e art d'Aix-en-Provence : bande dessinée et arts associés, du 6 avril au 25 mai 2019.
Michel Frasset, "pape" des Rencontres
Photo : Jérôme Blachon

Michel Fraisset, directeur de l’Office du tourisme d’Aix-en-Provence qui organise le festival et Serge Darpeix, le directeur artistique, assument totalement les choix et la ligne directrice de ces Rencontres : mettre en lumière des artistes en leur proposant non pas une simple exposition de dessins originaux mais une plongée dans leur univers. Un parti-pris très intéressant et audacieux au vu des autrice et auteurs invités.

Toutefois, pour la seconde année, exit le week-end de dédicaces - pour des contraintes budgétaires - au profit d’expositions et de happenings en ville. Faire d’Aix une ville de bande dessinée pendant deux mois, voilà l’ambition des organisateurs. Nous ne pouvons qu’y souscrire, dans une ville très étudiante mais qui a tendance à devenir, année après année, une ville-musée, immuable et surprotégée.

Les Rencontres du 9e Art font d’ailleurs partie des quelques festivals cités dans le rapport de Pierre Lungheretti, La bande dessinée, nouvelle frontière artistique et culturelle, rapport remis au Ministre de la culture Franck Riester en janvier dernier, pour l’ambition de ses expositions où la question artistique est centrale.

La programmation 2019 est alléchante mais, comme d’habitude, il faut la creuser pour en découvrir toute la richesse. En effet, il n’y a pas d’artistes connus d’un très large public, même si certains ont été primés et largement reconnus par leurs pairs. Des artistes novateurs, poussant la recherche graphique dans ses derniers retranchements et représentant une génération décomplexée, touchant tous les styles et toutes les techniques.

Le monde d’Andy
© Typex

L’exposition phare propose une plongée dans l’univers d’Andy Warhol par Typex, auteur néerlandais qui a produit une biographie dessinée remarquable sur Rembrandt en 2015. Sur Warhol, « le pape du pop art », l’artiste a travaillé cinq ans pour produire une biographie graphique de plus de 500 pages.

Il serait fastidieux de présenter chaque exposition. Signalons tout de même :

  • Caroline Sury qui proposera une fable déjantée et onirique à partir de son album Un matin avec Mlle Latarte
  • Hugues Micol qui revisitera le mythe du Far West et des grands espaces américains dans une exposition largement fondée sur le travail réalisé pour l’album Whisky
  • Éric Lambé qui offrira une vision très personnelle, décalée et humoristique de l’œuvre de l’incontournable aixois Cézanne.
Le travail du haircut football club
  • Stéphane de Groef (auteur de l’affiche du festival), présentera son univers très personnel, illustré aux crayons de couleur, et animera des workshops avec des étudiants. Il avait déjà réalisé un travail similaire, mais au crayon gras cette fois, dans l’album You don’t own the road
  • Gaëtan Dorémus et Philippe Lechermeier présenteront une exposition pour enfants autour de leur personnage de Till l’espiègle.
  • Saïd Sassine, après Wakfu, fera découvrir en avant-première l’univers de son prochain album, Bonbon super, « manga global » scénarisé par Julien Neel à paraître l’année prochaine aux Éditions Glénat : c’est donc un making-of de l’album qu’il nous proposera.
L’art du "sous-bosckisme"
© Laurent Lolmède

Trois événements méritent en outre que l’on s’y attarde :

  • En premier lieu, une collection de sous-bocks dessinés par Laurent Lolmède et ses amis. Depuis plusieurs années, l’auteur, bien connu des festivaliers aixois pour y être régulièrement invité, est un pionnier du mouvement du « sous-bosckisme », avec ses crayons rouges et bleus. C’est une partie de sa collection qui sera exposée à Aix, mais c’est aussi l’occasion pour lui d’inviter des amis à participer au mouvement et à exposer leurs œuvres.
  • Serge Darpeix, inventeur et représentant du Haircut Football Club
    Photo : Jérôme Blachon

    Ensuite, comme une blague potache, Serge Darpeix a proposé à quelques dessinateurs de travailler sur les coupes de cheveux improbables des joueurs de foot, sur le format de cartes Panini. Ainsi est né le Haircut Football Club. Mais, les réseaux sociaux aidant, c’est un véritable phénomène mondial qui s’est créé et les organisateurs du festival reçoivent maintenant tous les jours des propositions venant des quatre coins du monde, comme autant d’illustrations de la créativité d’un village mondialisé des illustrateurs, de la France à la Chine, de l’Argentine à la Finlande... Comme quoi, le football inspire, fussent les choix capillaires douteux des joueurs…

  • En dernier lieu, un artiste est mis à contribution pour réaliser un jeu de cartes dont les pièces sont réparties chez différents commerçants et lieux associés au festival, comme une chasse au trésor dans l’ensemble de la ville. Succès garanti chaque année. Après un jeu des 7 familles en 2018, c’est un jeu d’association « tête – corps » qui est créé par Sophie Guerrive. Elle proposera également un coloriage géant, fresque murale et interactive à la disposition des passants, installée sur les « Champs Élysées » aixois (le Cours Mirabeau). Rappelons qu’elle avait réalisé en 2017 une exposition à Angoulême, Honneur et profit.
© Sophie Guerrive

À tout cela, il faut ajouter les rencontres et animations organisées sur l’ensemble des deux mois. Une programmation originale et riche, comme d’habitude, qui peut être déroutante pour qui ne la regarde que d’un œil. Mais vous trouverez tous les détails sur le site officiel du festival.

Comme l’année dernière, l’absence d’un temps fort sur un week-end étale les moments de rencontre. Si le samedi 6 avril sera la journée de lancement avec le maximum d’auteurs présents, beaucoup ne seront à Aix qu’au moment d’une rencontre ou au vernissage de leur exposition. Mieux vaut donc bien consulter le programme pour s’assurer des dates de la présence effective de telle ou tel artiste avant de prévoir votre déplacement, si vous souhaitez le ou les rencontrer.

(par Jérôme BLACHON)

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